‹ Dictionnaire général de biographie et d'histoireChapitre 738 sur 864 · CAL · texte numérisé non relu

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CABARETS, établissements dans lesquels on vendait du vin en détail, et où Ton donnait des repas. Les cabarets ont précédé les restaurants (K. ce mot), et datent au moins du xve siècle; mais ils furent surtout célèbres à Pai'is au xvne et au xvme. Ils étaient le rendez-vous des amis de la joie, des chansonniers et des gens de lettres. Le plus célèbre fut celui de Bergerat, à l’enseigne des Bons Enfants , dans la rue de ce nom; Boileau en parle dans sa 6e épître, et la troupe de Molière le fréquentait. Du temps de Louis XY, il y eut le cabaret de l’Epée royale , qui existe encore au coin des rues Bar-du- Bec (auj. du Temple) et St-Merry ; celui de la Pomme de pin , dans la Cité, rue de la Licorne, vis-à-vis de l’église de la Madeleine ; celui du Soleil d’or , Yieille rue du Temple, au coin de la rue de l’Oseille. C. D — y.

CABET (Etienne), avocat, utopiste, né à Dijon en 1788, m. en 1856. Peu remarqué au barreau de sa ville natale, il vint à Paris, ne put s’y faire un nom parmi les avocats, et ne réussit pas mieux dans la direction d’une agence d’affaires. Après la Révolution de 1830, on le nomma procureur général en Corse; mais, dès Tannée suivante, ses opinions très-avancées le firent révoquer. Envoyé à la Chambre des députés par son pays natal, il fit au gouvernement une vive opposition, soità la tribune, soit par des pamphlets, auj. oubliés, et dans un journal ultradémocratique, le Populaire. Poursuivi et condamné pour offense envers le roi en 1834, il s’enfuit en Angleterre, et rentra en France après l’amnistie de 1839. En 1840, il publia une Histoire de la Bévolution de 1789, 4 vol. in-8°, ouvrage mal écrit et très-passionné. Son républicanisme exagéré le brouilla avec son parti même. En 1842, il donna un Voyage en Icarie , roman philosophique et socialiste, qu’il avait puisé en Angleterre dans un Yoyage simulé d’un lord W. Carisdall : l’Icarie est une terre merveilleuse, où le communisme de tous les biens a été appliqué, et où l’Etat dirige et entretient les ateliers de tout genre. Cabet gagna quelques adeptes dans les basfonds de la société. Pressé par eux de réaliser son utopie, il obtint, en 1847, une concession de terres dans le Texas, sur les bords de la Rivière Rouge, et fit partir une petite troupe d ’lcariens, qui s’étalent dépouillés de tout leur avoir au profit de la communauté. Plusieurs accusations d’escroquerie lui furent bientôt intentées. Après la Révolution de 1848, à laquelle il ne prit aucune part, il s’embarqua pour l’Amérique, trouva sa colonie du Texas en proie à la discorde, et conduisit ceux qui lui étaient restés fidèles dans l’Illinois, à Nauvoo, d’où les Mormons venaient d’être expulsés, 1850. Puis il revint en France, où il avait été condamné par contumace à deux ans de prison, et fut acquitté. Ayant échoué à Paris comme candidat à la députation, il alla rejoindre les Icariens, et mourut après avoir vu cette association se dissoudre. B.

CAFRERIE BRITANNIQUE, colonie anglaise, détachée, de 1860 à 1864, de celle du cap de Bonne-Espérance; située srrr l’océan Indien, entre les fleuves Grand- Kei au N., Keiskamma au S., et le mont Winterberg à l’O.; 105,000 hab., dont 6 à 7,000 Européens. Ch.-L, King William’s Tmcn, dans l’intérieur des terres; ville princ., East-London , port sur l’océan Indien. C. P.

CAGLIARI (Prov. de), division du roy. d’Italie, formée du sud de l’ile de Sardaigne ; entre la prov. de Sassari au N., et la Méditerranée à l’0., au S. et à l’E. Montagnes élevées au N.-E. (mont Ginnargentu) et au S.-O. (mont Linas), entre lesquelles s’étendent des plaines basses appelées Campidani. Rivières : Tirso ou rivière d’Oristano, Uras, Demata, Sixerris, Flumendosa; marais salants et lagunes communiquant avec la mer ; climat insalubre ; sol mal cultivé, mais fertile, surtout dans les Campidani, où Ton récolte d’excellent blé, du maïs, de l’orge, des vins; belles forêts; exportation de sel et de poissons. Ch.-l., Cagliari. Quatre arrond. : Cagliari, Iglesias, Lanusci et Oristano; 13,530 kil. carr.; 372,097 hab. C. P.

CAGNIARD DE LA TOUR (Charles, baron), physicien, né à Paris en 1777, m. en 1859, entra en 1794 à l’École polytechnique, puis à celle des ingénieurs-géographes, et fut attaché, en 1811, au conseil d’État et au ministère del’intérieur. En 1851, il remplaça Gay-Lussac à l’Académie des Sciences. On lui doit 1a. transformation de la vis d’Archimède en machine soufflante, 1809 ; de nouveaux procédés pour exécuter rapidement le lissage de la poudre, 1814; la sirène, instrument d’acoustique, 1819; le peson chronométrique; une machine à étudier le vol des oiseaux ; une pompe hydraulique filiforme. Il fut l’inventeur d’un canon-pompe, etc.

CALAME (Alexandre), peintre suisse, né à Vevay vers 1815, m. en 1864, a fait des paysages très-estimés, ainsi que des lithographies et des eaux-fortes.

CALE, estrapade marine, punition qui s’administrait ainsi, à bord des navires de l’État : on mettait le condamné à cheval sur un bâton attaché à un cordage passé dans une poulie suspendue à l’extrémité de la grande vergue ; 3 ou 4 matelots le guindaient jusqu’à la hauteur de la vergue, puis lâchaient tout à coup le cordage, et le supplicié faisait un plongeon dans la mer. On le guindait de nouveau, et on lui faisait faire autant de plongeons que le portait la sentence; c’était ordinairement trois. On condamnait à la Cale pour vol, pour rébellion, manque grave à la discipline ou au service, comme s’endormir pendant son quart. 11 y avait encore la Cale sèche, qui consistait à laisser tomber le patient à 5 ou 6 pieds de la surface de l’eau. C’était la plus cruelle. Ce supplice, en usage dans la marine française avant Louis X1Y, fut aboli par un décret du gouvernement provisoire, du 12 mars 1848. C. D — y.

CALENDRIER RÉPUBLICAIN FRANÇAIS. - ( Suite et complément de l’art, qui est dans le corps du Dictionnaire, page 426, 2e colonne.) — Le tableau ci-contre donne la concordance du Calendrier républicain et du Calendrier grégorien; il indique le premier jour seulement de chaque mois républicain, pendant les 13 ans 3 mois et 8 jours que ce calendrier a duré : avec ce point de départ, il sera facile de trouver la concordance de chaque jour dans toutes les années. — Notre tableau est coupé en deux, parce qu’une année républicaine empiète toujours sur deux années grégoriennes, en embrassant d’abord les 4 derniers mois d’une de ces années, et les 8 premiers de la suivante, sauf un petit nombre de jours, comme on le voit dans nos colonnes ci-dessous.

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