BUT
en se livrant aux sciences naturelles et à la médecine, fonda, avec Bazard et Flottard, en 1821, la Charbonnerie française. Compromis dans le complot de Béfort, mais non condamné, il revint à ses travaux scientifiques, publia avec Trélat un Précis élémentaire d'Iiygiène , fut le principal rédacteur du Journal des progrès des sciences et institutions médicales, et collabora au Producteur , journal des doctrines saint-simoniennes, qu'il devait répudier plus tard. Après la Révolution de 1830, il prit part à l’organisation de la Société des Amis du peuple ; fondateur de l 'Européen, revue philosophique qui parut en 1831-32 et de 1835 à 1838, il publia encore : Introduction à la science de l’histoire, ou Science du développement de l'humanité, 1833, 2e édit., 1842, 2 vol. in-8°; Essai d’un traité complet de philosophie au point de vue du catholicisme et du progrès, 1839, 3 vol.; Histoire parlementaire de la Révolution française (avec Roux-Lavergne ) , 1833-38, 40 vol. in-8°. Après avoir été momentanément maire de Paris à la suite de la Révolution de 1848, il fut élu représentant de la Seine à l’Assemblée constituante, et reçut la présidence de cette Assemblée ; mais il la perdit après la journée du 15 mai, où il avait manqué de résolution. Il ne fut point réélu à la Législative, et rentra dans la vie privée. Depuis, il a donné une petite Histoire de la formation de la nationalité française, 1859. B.
BUCKLAND (William), géologue anglais, né en 1784 à Axminster (Devonshire), m. en 1856, professeur de minéralogie à l’Université d’Oxford en 1813, de géologie en 1816, reçut, en 1845, le doyenné de Westminster. On a de lui ; Vindiciœ geologiæ, ou les Rapports de la géologie et de la religion expliqués, 1820; Essai sur un assemblage de fossiles découverts dans une caverne de Kirkdale, 1822; De la superposition des couches dans les Iles-Britanniques, in-fol.; Reliquiœ diluvianæ, 1823 ; Description d’ossements fossiles, 1834; Geology and mineralogy, considered with reference to the natural theology, 1836, 2 vol. in-8°, trad. en français par Doyère, 1838, admirable travail, comprenant l’histoire de la formation de la croûte terrestre, et celle des êtres organisés qui l’ont couverte à une époque antérieure à la nôtre, etc.
BULGARINE. F. Boulgarine.
BULLETIN de guerre, récit officiel d’une ou de plusieurs opérations de l’armée française. Il fut inventé par Napoléon Ier, pendant sa campagne de 1805 contre l’Autriche. Il dictait lui-même les Bulletins, et y présentait les événements et les hommes comme il voulait qu’on les jugeât; c’était pour lui un moyen de faire l’opinion du peuple. Le recueil de ces Bulletins présente un mélange inouï, et toujours calculé, du langage le plus sublime et le plus familier; il n’a pas peu contribué à populariser le nom de Napoléon. Les Bulletins ont été réunis dans le Recueil de pièces authentiques sur le captif de Sainte-Hélène, Paris, 1822. - C. D— y.
BUNSEN ( Christian-Charles-Josias, chevalier de), homme d’Etat et savant allemand, né en 1791 à Corbach (principauté de Waldeck), m. en 1860, obtint en 1811 une chaire au gymnase de Gœttingue. Démissionnaire deux ans après, il visita la Hollande, le Danemark, la France, étudiant partout les langues, et, dans un voyage en Italie, s'attacha à l’historien Niebuhr, ministre de Prusse à Rome, qui le fit nommer secrétaire d’ambassade en 1818. Pendant le séjour que le roi Frédéric-Guillaume III fit à Rome en 1822, il gagna les bonnes grâces de ce prince par son érudition de théologien, et, en 1824, il remplaça Niebuhr comme chargé d’affaires; on le nomma ministre résident en 1827. Dans cette haute position, qu’il occupa jusqu’en 1838, il négocia avec le Saint-Siège la question délicate des mariages mixtes. En même temps il se livra avec ardeur à l’étude de 1 antiquité classique, coopéra activement à l’exécution du magnifique travail sur les antiquités de Rome publié par le baron Cotta, encouragea Lepsius à marcher sur les traces de Champollion dans l’archéologie égyptienne, et devint un des principaux appuis et collaborateurs de l'Institut de correspondance archéologique fondé à Rome par Gerhard en 1829, et pour lequel il fit construire en 1835 une belle salle près du Capitole. Ministre de Prusse près la Confédération helvétique en 1839, ambassadeur à, Londres en 1841, il prit l’initiative de la fondation d’un évêché protestant à Jérusalem. En 1844, il insista auprès de son souverain Frédéric-Guillaume IV pour qu’une constitution libérale fût accordée à la Prusse. En 1848, il publia un Mémoire pour soutenir les droits des duchés de Sleswig-Ilolstein contre l’oppression du Danemark ; l'année suivante, il représenta son gouvernement
dans les conférences ouvertes sur cette question entre les grandes puissances, mais ne put y faire prévaloir l'opinion allemande. Enfin, le nom de Bunsen est attaché à l’œuvre de propagande protestante entreprise dans notre siècle par les rois de Prusse. On lui doit : De jure Atheniensium hœreditario, 1813 ; ies Basiliques de la Rome chrétienne , 1843; Du rôle de l'Egypte dans l’histoire du monde, 1845; la Constitution de l’Eglise de l’avenir, 1845; Ignace d’Antioche et son époque, 1847 ; Ilippolyte et son époque, ou Vie et doctrine de l’Eglise romaine sous Commode et Sévère, 1851 ; Signes du temps, Lettres sur la Liberté de conscience , 1856, 2 vol.; plusieurs Mémoires dans les Annales et le Bulletin de l’Institut de correspondance archéologique , entre autres, un Mémoire sur la Topographie du Eorum romain, dans le Bulletin de 1835. B.
BUOL-SCHAUENSTEIN (Charles-Ferdinand, comte de), homme d’Etat autrichien, né en 1797, m. en 1865, entra de bonne heure dans la diplomatie. Ministre plénipotentiaire à Turin, quand éclata la Révolution milanaise de 1848, il demanda ses passe-ports, et fut envoyé à Saint-Pétersbourg. Appelé en 1850 aux conférences de Dresde, destinées à régler les différends de la Prusse et de l’Autriche au sujet du Holstein et de la Hesse électorale, il montra une habileté qui lui mérita l’ambassade de Londres en 1851. Successeur de Schwarzenberg en 1852 comme ministre des affaires étrangères et président du conseil, il poussa l’empereur François-Joseph à rechercher l’alliance de la France plutôt que celle de la Russie, rattacha, lors de la guerre de Crimée (1854), l’Autriche aux puissances occidentales, et fut un des signataires du traité de Paris en 1856. Après avoir développé les intérêts matériels de sa patrie par des conventions postales, des traités de commerce, de douanes et de navigation avec les Etats voisins, il perdit le pouvoir en 1859, lorsqu’une politique contraire à la sienne allait amener la guerre d’Italie. B.
BUREAU DES PAUVRES (Grand), association de bienfaisance, formée dans la bourgeoisie de Paris avant la Révolution. Elle se composait de plusieurs des plus considérables bourgeois de la ville, choisis dans chaque paroisse. Ils avaient pour fonction de prendre soin des intérêts spirituels et temporels des pauvres dont chaque paroisse était chai’gée. Le procureur général du Parlement était chef de la société. C’était parmi les membres du grand Bureau des pauvres que l’on prenait les administrateurs des hôpitaux de Paris et des environs. Ce bureau subsista jusqu’à la Révolution. C. D — y.
BUREN (Martin Van), homme d’Etat américain, né en 1782, d’une famille de colons hollandais, à Kinderhook (New-York), m. en 1862, fut ambassadeur à Londres en 1831, vice-président de la république eu 1832, et arriva à la présidence en 1837. Son administration fut troublée par des crises financières, et par des querelles avec l’Angleterre au sujet du droit de visite et des frontières du Canada.
BURGAU (Mai-graviat de),anc. pays de l’Empire d’Allemagne, situé dans l’angle que forment, avec le Danube au N., d’Echingen à Donauwerth, les confluents du Leck àl’E. et de la Guntz à l’O. Bien qu’enclavé dans le cercle de Souabe, il appartenait an cercle d’Autriche, et faisait partie de ce que l’on nommait l’Autriche antérieure. Divisé en 5 districts, il avait pour ch.-l. Guntzbouvg. Napoléon Ier, à la paix de Presbourg (26 décemb. 1805), força l’Autriche de céder le Burgau à la Bavière, qui l’a conservé ; il y forme, dans le cercle de Souabe-et-Neubourg, les arrond. de Guntzbourg, Burgau, Krumbaeh, Zusmarhausen et Wertingen. C. P.
Burgau, brg- de Bavière (Souabe-et-Neubourg), sur la Mindel, à 40 kil. N.-O. d’Augsbourg, a donné son nom au margraviat de Burgau. ( V . l’art, précédent .1
BURIvE (Robert O’Hara), voyageur anglais, né à Sf- Clérans (Irlande, comté de Galway), partit de Melbourne en 1860, avec l’astronome Wills (William-John, né dans le Devonshire en 1834), pour explorer l’Australie centrale et septentrionale, traversa le Murray, le Darling, le Cooper’s Creek, puis des déserts pierreux et des marécages, et atteignit l’emliouchure du Flinders dans le golfe de Carpentarie. Il mourut en revenant sur ses pas, avec son compagnon, 1861.
BUTTURA (Eugène), peintre de paysages, fils du littérateur de ce nom (F. le Dictionn.), né à Paris en 1812, m. en 1852, élève de Bertin et de Delaroche, remporta le grand prix de paysage en 1837. Il parvint à reproduire la nature avec une finesse d’analyse et une justesse de dessin extraordinaires.