CAR
française dans les débats est facultatif; mais pour la rédaction des archives et des procès-verbaux l’usage des deux langues est obligatoire. Les intérêts généraux relèvent du Parlement confédéré ; les intérêts locaux dépendent des législatures provinciales. La capitale fédérale est Ottawa. La Confédération a son armée et ses finances particulières. B.
CANARIS (Constantin), célèbre marin grec, né en 1792, dans la petite île de Psara (N. -O. de Chios), m. en 1860, s est fait, dans la guerre de l’Indépendance, une réputation européenne. En 1822, il vengea les massacres de Chios, en incendiant avec des brûlots la flotte ottomane. De nouveaux exploits du même genre, à Ténédos, à Samos et à Mitylène en 1824, grandirent chaque jour sa renommée. Ni l'éclat qui entourait alors son nom, ni l’honneur de représenter son pays natal à l’Assemblée nationale en 1827, ni le titre de commandant de la flotte, ni celui de ministre de la marine, qu’il eut 2 fois, 1848-49 et 1854-55, ne diminuèrent en rien la simplicité de sa vie et la sérénité de son caractère.
CANCIANI (Paul), savant italien, de l’ordre des Servîtes, né à Udine en 1725, m. en 1810, a publié un recueil précieux sous le titre de : Barbarorum leges antiquœ, Venise, 1781-82, 5 vol. in-fol.
CANINA (Luigi), architecte et antiquaire, né à Casai (Montferrat) en 1795, m. en 1856, se fixa à Rome, où il fut architecte du prince Borghèse. Le gouvernement de Pie IX le chargea de diriger des fouilles sur plusieurs points de la Campagne romaine, et, en dernier lieu, sur la voie Appia. Ses principaux ouvrages sont : Indicasione topografica di Roma antica , 1831; Descrizione storica del Foro Romano e sue adiacenze , 1834; gli Edifizi di Roma antica e sua campagna, 1848-51, 4 vol. in-fol. ; V Antica Etruria maritlima, 1846-51, 2 vol. in-fol.; V Antica città di Veii, dcscritta e dimostrata con i monument i, 1847, infol.; Descrizione delV antico Tusculo, 1841, in-fol.; la Campagna Romana esposta nello stato antico e moderno , 1848; Ricerche sull' architettura degli antichi Giudei e del loro tempio di Gerusalemme ; la Prima Parte délia via Appia, 2 vol. in-4°, 52 pl., etc. Canina avait une assez grande expérience de l’antiquité romaine; mais il manquait du sentiment vrai du dessin et de l’antique : soit qu’il copie, soit qu il restaure, soit qu’il invente, il montre une incroyable médiocrité. C. D y.
CANINO (Charles-Lucien-Jules-Laurent Bonaparte, prince de), né à Paris le 24 mai 1803, de Lucien Bonaparte et d’Alexandrine de Bleschamp ( mariée en premières noces à ÛI. Jouberthon), mort en 1857, porta jusqu’à la mort de son père (1840) le titre de Prince de Musignano. Dès l’enfance il montra beaucoup de goût pour l’histoire naturelle. En 1822, il épousa à Bruxelles sa cousine Zenaïde, fille de Joseph Bonaparte, auprès duquel il alla passer quelques années aux Etats-Unis d’Amérique. Là, il fit paraître, entre autres ouvrages, l’Ornithologie d'Amérique , les Genres des oiseaux, et la Synopsie des espèces. 11 se fixa à Rome, 1828, forma un très-riche cabinet de zoologie, publia des Observations sur la 2e édition du Règne animal de Cuvier (1831), une Faune italienne , un Système des vertèbres , une Synopsie des reptiles d Europe, etc., et fonda en Italie les congrès scientifiques. Le monde savant a adopté une partie de ses classifications. Depuis 1847, le prince de Canino se laissa entraîner aux agitations politiques : d’abord simplement libéral et admirateur du pape Pie IX, puis accepté comme l’un des chefs du parti républicain, il fut nommé membre et président de l’Assemblée constituante à Rome, 1848. Après la prise de cette ville par les troupes françaises, 1849, il voulut se réfugier en France; mais le séjour lui en fut interdit, et il n’obtint qu’en 1850 la permission de s’établir à Paris. Dès lors, le prince revint à ses études et publia deux nouveaux ouvrages : Conspeclus systematum, 1850; et Co7ispectus generum avium, 1850, 2 vol. B.
CANNABICH (Jean-Godefroi-Frédéric), géographe allemand, né à Sondershausen en 1786, m. en 1859, fut recteur du collège de Greussen, puis ministre à Niederbœsa. Après avoir donné, avec Stein, un Manuel de géographie selon les nouveaux traités de paix, 1816, il prit part à la publication d’un Manuel complet de géographie, et dirigea depuis 1821, avec le major Streit, un écrit périodique sur la géographie, le Globe, qui parut à Erfurt. On lui doit encore : Géographie portative à l'usage des écoles, 1818 ; Description statistique et géographique du royaume de Prusse, 1827, 6 vol. in-8°; Description statistique du royaume de Wurtemberg, 1828, 2 vol. in-8°; Tableau de la France, 1831, 2 vol.; Tableau de la Russie d’Europe et du royaume de Pologne, 1833.
CAPITAINE- COLONEL DES GARDES DE LA MA- RINE, titre donné en 1669, par Louis XIV, au chef de la compagnie des gardes créés parle comte de Verrnandois, élevé à la dignité d’amiral de France.
capitaine d’armes, autrefois officier, maintenant sousofficier chargé de la police à bord d’un navire de l’État.
capitaine au long cours , marin qui peut commander un navire marchand pour un voyage au long cours. Il ne reçoit ce titre qu’aprés avoir satisfait à des examens de capacité. V. notre Dictionnaire des Lettres.
capitaine de corvette, officier autrefois chargé des fonctions de second capitaine à bord des grands navires de guerre, et qui pouvait commander une corvette ou tel autre bâtiment inférieur. Il avait rang de chef de bataillon, et portait les épaulettes de lieutenant-colonel. Le grade de capitaine de corvette fut créé en 1831, pour remplacer celui de capitaine de frégate, et supprimé en 1848.
capitaine de frégate , officier de marine qui date du xvue siècle. Une loi du 3 brumaire an iv (25 octob. 1795) le fit revivre, et lui donna le rang et les insignes de chef de bataillon. Supprimé en 1836, il fut rétabli en 1848, avec le rang et les distinctions de lieutenantcolonel.
capitaine de pavillon, capitaine du vaisseau qui porte le pavillon d’un officier général.
capitaine de port, officier préposé au commandement d’un port. L’institution de ce grade remonte au moins au xiv' siècle.
capitaine de vaisseau , commandant d’un vaisseau de ligne. Il a le rang et les insignes de colonel.
CARISTIE (Auguste-Nicolas), architecte, né en 1783 à A vallon (Yonne), m. en 1862, élève de Vaudoyer, puis de Percier, remporta le grand prix de Rome en 1813. En Italie , il releva et dessina le temple de Sérapis , à Pouzzoles, dont il a fait, en 1820, une fort belle restauration. Il fut chargé, en 1823, de restaurer l’Arc d'Orange. En 1824, il éleva un tombeau dit monument des victimes de Quiberon, dans la presqu’île de ce nom (Morbihan). Caristie, inspecteur général et membre du conseil des bâtiments civils, fut élu membre de l’Institut en 1840. Il a publié : Plan et coupe d’une partie du Forum et de la Voie sacrée , 1821, in-fol.; Notice sur l'état actuel de l’arc d’Orange et des théâtres d’Orange et d’Arles,... 1839, in-fol.; Monuments antiques d’Orange, arc de triomphe et théâtre, 1857, in-fol. C. D— y.
CARLOS (Carlos-Maria-Isidor de Bourbon, dit Don), 2e fils du roi d’Espagne Charles IV, et frère de Ferdinand VII, né en 1788, m. en 1855. Livré à des études littéraires et religieuses pendant sa jeunesse, contraint d’abdiquer avec son père et son frère à l’entrevue de Bayonne en 1808, il vécut à Valençay pendant l’occupation de l’Espagne par les Français. 'Les événements de 1814 lui rendirent la liberté. Il épousa, en 1816, Marie- Françoise d’Assise, fille de Jean IV, roi de Portugal. Pendant le règne de Ferdinand VII, les membres du clergé espagnol et les partisans de l’absolutisme se groupèrent autour de lui; le roi n’ayant pas eu d’enfants de ses trois premières femmes, il devait régner un jour. Mais Ferdinand eut, en 1830, d’un quatrième mariage avec Marie-Christine, une fille, qu’en vertu des dispositions établies par Charles IV en 1789, mais qui n’avaient jamais été publiées, il appela à lui succéder sous le nom d’Isabelle II. Don Carlos refusa de prêter serment à cette reine, et fut exilé; après avoir invoqué dans un manifeste la loi salique, qui, depuis l’avénement de la maison de Bourbon, et en vertu d’une pragmatique de Philippe V, réglait l’ordre de succession au trône d’Espagne, il prit le titre de Charles V, et commença une guerre civile qui se prolongea jusqu’en 1839. Les Carlistes ayant été vaincus sur tous les points par les Chrislinos , il implora l'hospitalité de la France : le roi Louis-Philippe lui assigna Bourges pour résidence. Après quelques échauffburées de son parti, il abdiqua en 1844 sa prétendue royauté, prit le titre de comte de Molina , fut mis en liberté en 1847, et alla finir ses jours à Trieste. — Son fils aîné, Don Carlos- Luis-Maria-Fernando de Bourbon, né en 1818, m. en 1861, entreprit, en 1845, de concert avec Cabrera, de soulever la Catalogne et l’Aragon, et échoua une seconde fois en 1849. Les légitimistes espagnols le nommaient Charles Vf, mais il ne porta que le titre de comte de Monlemolin. B.
CARLOWITZ (Aloïse-Christine, baronne de), femme auteur, d’origine allemande, née à Fiume en 1797, morte en 1863, fit son éducation à Paris, et y suivit la carrière des lettres. Elle a contribué à populariser en France, par ses traductions, la Messiade de Klopstock, la Guerre