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député de Stockport. Les libres échangistes récompensèrent alors Cobden, qui s’était ruiné pour cette cause : ils lui offrirent, au moyen d’une souscription publique, 1,750.000 fr. L’illustre économiste profita de ce don patriotique pour aller en Europe et en Amérique étudier les voies et moyens du mouvement commercial. Ces voyages le ruinèrent encore, mais ses concitoyens, en appréciant l’utilité, l’indemnisèrent de nouveau. 11 figura dans les Congrès de la paix à Paris en 1849 et à Francfort en 1850. A la formation du ministère Palmerston, 1856, le département du commerce fut offert à Cobden, qui le refusa et désigna M Milner Gibson. 11 consacra tous ses efforts à l’union commerciale de la France et de l’Angleterre. Le traité de commerce de 1860 entre ces deux pays fut la consécration pratique de ses doctrines, et depuis, les autres nations de l’Europe sont entrées ou entrent successivement dans cette voie du libre échange. Cobden fut le chef de l’école libérale de Manchester, opposée à l’école protectionniste. Comme orateur, il était original, passionné, pressant, et d’une logique vigoureuse. On a recueilli, en 1850, un vol. de ses Discours. Ou en trouve plusieurs autres dans l’ouvrage de Bastiat, Cobden et la Ligue, 1845, et dans le Journal des Economistes. Dès qu’on apprit en France la nouvelle de sa mort, l’empereur Napoléon III ordonna que le buste de Cobden fût placé au musée de Versailles. V. J. Garnier, Richard Cobden, les Ligueurs et la Ligue, 1846. C. D — y.
COCCEIUS AUCTUS, architecte romain du temps d’Auguste, creusa, de Naples à Pouzzoles, et du lac Averne jusqu’à Cumes, des routes souterraines dont il reste encore des traces. On conjecture que la grotte de Pausilippe est de lui.
cocceiits ou cock (Jean) , théologien, né à Brême en 1603, m. en 1669, professa l’hébreu. Il eut un étrange système d’interpréter l’Ancien Testament : chaque passage fourmillait de sens cachés; les récits, moins susceptibles que tout le reste d’applications ultérieures, furent convertis en allusions typiques ; l’Ancien Testament devint d’un bout à l’autre une représentation énigmatique du Nouveau. Ses partisans furent appelés Coccéiens. Ses œuvres forment 8 vol. in-fol., Amsterd., 1673. C. N.
COCHINCHINE. Des événements récents ont appelé l’attention sur la Cochinchine. Un vaisseau français, le Catinat, ayant été mal reçu en sept. 1856 dans la baie de Tourane, avait été obligé de recourir à la force. Cette visite avait été suivie d’un redoublement de persécutions contre les chrétiens. La France et l’Espagne organisèrent une expédition commune contre la Cochinchine sous le commandement de l’amiral français Rigault de Genouilly. Le 1er et le 2 sept. 1858, les forts de la baie de Tourane furent pris, et les Coehinchinois repoussés dans plusieurs engagements. Mais la difficulté des communications, l’insalubrité du climat et le défaut de forces suffisantes empêchèrent les alliés de marcher sur la capitale, Hué ; alors, laissant une garnison dans Tourane, ils allèrent, au sud de l’Empire, attaquer le fort important de Saïgong, qui fut pris (1859) . Les chrétiens indigènes, dont les missionnaires avaient promis le concours, n’apparaissant pas, la France, qui préparait sa seconde expédition en Chine, ajourna ses projets contre l’Annam; le fort de Tourane fut évacué et détruit : mais Saïgong fut conservé et même déclaré possession française (2 fév. 1860). La fin de la guerre de Chine permit de reprendre les hostilités contre les Cochinehinois, qui avaient profité de notre éloignement pour bloquer Saïgong. L’amiral Charner les chassa des lignes de Ki-Koa (24-25 févr. 1861), pendant que l’amiral Page dégageait la rivière de Don-Naï. Bientôt la prise de Mytho, des forts de Bien-Hoa et de Ving-Long (20-23 mars 1862) par l’amiral Bonard, força l’empereur Tu-Duc à signer la paix de Saïgong, le 5 juin 1862. Les trois provinces de Saïgong, Mytho et Bien-Hoa, avec l’ile de Poulo-Condore, étaient cédées à la France, une indemnité de 20 millions de fr. payée pour les frais de la guerre, trois ports du Tong-King ouverts au commerce , et la religion chrétienne tolérée dans tout le royaume. Les trois autres provinces de la basse Cochinchine, Ving- Long, Chaudoc et Hatien, avaient été laissées à Tu-Duc ; mais les intrigues des mandarins annamites, qui excitaient des révoltes dans la partie française, déterminèrent, en juin 1867, le gouverneur français à envahir et à annexer les trois provinces. C. P.
cochinchine française, colonie acquise en 1862 (F. l'art, précédent), se compose, avec l’île de Poulo-Condore, qui commande l’entrée du Cambodje, de six prov. de la basse Cochinchine, Saïgong, Mytho, Bien-Hoa, Ving- Long, Chaudoc et Hatien, bornées à l’O. par le Cambodje
et le golfe de Siam, au S. par la mer de Chine, au N. et à l’E. par des montagnes qui la séparent des provinces demeurées au pouvoir des Coehinchinois. Superficie évaluée à 2,000,000 d’hectares; le pays, coupé au S. -O. par les liras du Cambodje, au centre par le Don-Naï, fleuve large et profond et relié au premier par de nombreux bras naturels ou arroyos, est bas, humide, et produit abondamment le riz, les épices, le tabac, l’indigo, le coton ; les montagnes sont couvertes de belles forêts qui renferment, entre autres essences dures, le précieux bois de teck. Les habitants, évalués à 2,000,000, sont Coehinchinois, avec une population chinoise assez nombreuse et des Malais; la plupart sont bouddhistes; quelques chrétiens. Un commandant en chef résidant à Saïgong, capitale de la colonie, et des commandants de pi'ovince, administrent le pays par des magistrats civils indigènes, chargés de recouvrer les impôts et de rendre la justice. C. P.
COCKERELL ( Charles -Robert ), architecte, né à Londres en 1788, m. en 1863, étudia les monuments antiques à Rome, en Sicile, en Grèce, prit part aux fouilles d’Egine et de Phygalie, donna des restaurations du Forum romain, du Capitole, du Parthénon, et dirigea des constructions remarquables, entre autres : la salle d’assemblée et la chapelle du collège d’Harrow, 1819; l’Institut philosophique de Bristol, 1822. Il devint membre de l’Académie royale des Beaux-Arts, 1836, professeur d’architecture, 1840, et associé de l’Institut de France, 1841. 11 a bâti dans le genre gothique la nouvelle bibliothèque de Cambridge. Parmi ses écrits, citons : Iconographie des églises du pays de Galles ; Description artistique de la cathédrale de Lincoln.
COCOb (Iles des), groupe d’iles de l’Océanie (Malaisie) composé de 3 îlots madréporiques, situés au S.-O. de Java, par 12° lat. S. et 100° 20’ long. E., et occupés par les Anglais le 31 mars 1857. La plus septentrionale de ces îles, appelée Nortli Keeling ou Preeling Island , a environ 9 kil. de long sur 6 de large. Le groupe méridional, appelé proprement Iles des Cocos, présente au N. une baie profonde. Port- Albion ou Port du Refuge, offrant un bon ancrage pour les vaisseaux. Les naturels sont des nègres australiens et quelques Malais. C. P.
CŒUR (Pierre-Louis), prélat français, né à Tarare en 1805, m. en 1860, enseigna la philosophie dans un séminaire de Lyon. En 1827 , il alla à Paris, et, ordonné prêtre en 1829, se voua à la prédication. 11 obtint des succès par sa parole élégante et toujoui’s élevée. Il professa, pendant quelques années, l’éloquence sacrée à la Faculté de théologie de Paris, et, en 1848, accepta l’évêché de Troyes. Il vint à Paris pour y prononcer, dans l’église des Invalides, l’oraison funèbre de Jérôme Bonaparte.
COIGNET (Jules-Louis-Philippe), peintre de paysages, né à Paris en 1798, m. en 1860, élève de V. Bertin, a publié, outre un Cours complet de paysages, une suite de 60 magnifiques Vues pittoresques de l'Italie, dessinées d’après nature, 1826, in-fol. Il a envoyé aux Expositions un grand nombre de Vues de France et de Suisse.
COIN-DEL1SLE (Jean-Baptiste-César), jurisconsulte, né à Paris en 1789, m. en 1865, avocat à la Cour de Paris depuis 1823, a travaillé à l'Encyclopédie des juges de paix de V. Augier, à la Revue critique de législation et de jurisprudence, et publié en société avec M. Frédérich : Commentaire sur le Code forestier, 1827-28, 2 vol. in-8°; Loi sur la pêche fluviale, etc., 1829. Il a donné seul: Commentaire analytique du Code civil, 1835-52, 4 vol. in-4°; Limite du droit de rétention par l'enfant donataire renonçant, 1852; Observations sur l’hypothèque légale d’indemnité, acquise en temps suspect, 1855.
COLIN (Alexandre), statuaire flamand, né à Malines en 1520 , m. en 1612, fut appelé par l’empereur Ferdinand Ier à Inspruek , où il acheva le fameux mausolée de Maximilien 1er, commencé par les frères Abel, de Cologne. On lui doit encore, dans la même ville, deux mausolées qui ornent l’église de la cour.
COLLAS (Achille), mécanicien artiste, né à Paris en 1795, m. en 1859, inventa, en 1822, une machine à faire des agrafes; en 1826, une machine à graver les poinçons pour boutons irisés; en 1828, une machine à guillocher les rouleaux pour l’impression des indiennes; enfin, en 1831, un tour vertical pour réduire et graver en tailledouce les bas-reliefs et les médailles. Il en fit l’application au Trésor de numismatique et de glyptique, en 906 planches in-fol. Il l’adapta aussi à la gravure des billets écrits et autres. Collas inventa encore, en 1836, un tour pour réduire les bustes et les statues.