‹ Dictionnaire général de biographie et d'histoireChapitre 755 sur 864 · CRA · texte numérisé non relu

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tout son enseignement historique, comme le Vrai, le Beau et le Bien de tout son enseignement dogmatique. Il venait d’en donner une septième édition, et déjà il travaillait à une huitième, quand la mort l’a surpris. Cette huitième édition paraîtra par les soins de M. Barthélemy Sl-Hilaire, avec quelques pages nouvelles, les dernières qu’il ait écrites, sur la philosophie des Pères de l’Eglise.

Avec Cousin a disparu une des plus grandes et des plus originales figures de ce temps-ci. Nous n’entreprendrons pas de la peindre à notre tour ; nous aimons mieux reproduire ici quelques traits du portrait si bien dessiné et si fidèle qu’en a fait M. de Rémusat dans son discours à l’Académie française, « Combattu entre son imagination et sa raison, il prenait feu sur tous les sujets, et son esprit jetait des flammes. Les questions les plus graves, les plus hautes, revenaient aussi naturellement que les incidents de chaque jour dans ses entretiens les plus ordinaires. Partout, à tous les moments, il était prêt à s’élever des frivolités de la vie commune aux mystères de l’âme et de la destinée. Parfois, en l’écoutant, on lui eût souhaité le cap Sunium, ou ces fraîches eaux de l’Ilissus où Socrate mouillait ses pieds en parlant à Phèdre de la beauté. Mais vainement le lieu de la scène était-il moins poétique. Dans les allées de nos jardins publics, sur les quais qui bordent ce palais, qui ne l’a entendu, des heures entières, prodiguer les idées, les expressions, les mouvements qui auraient fait la fortune d’un discours préparé ? Au coin de son feu, dans sa chambre d’étudiant, qui ne l’a pas vu se lever à demi vêtu, marchant à grands pas, développer avec une émotion persuasive, avec une verve toujours renaissante, les pensées qui l’agitaient, évoquer en causant tous les maîtres de l'esprit humain, et les opposer l’un à l’autre ou les concilier ensemble, comme s’il eût espéré s’en faire écouter ? Devant un écolier de nos classes de philosophie il s'animait comme en présence d’Aristote ou de Platon, de Descartes ou de Leibniz. Il s’était fait comme une habitude de l’éloquence, car il ne pouvait guère écrire ou parler sans reproduire les deux caractères de son talent, la grandeur et la passion. »

Quoi qu’on pense de la doctrine de Cousin, il faut reconnaître qu’il a été un des plus grands et des plus puissants esprits, et, à notre avis, le plus grand écrivain de nos jours, l’ardent promoteur d’un mouvement intellectuel, philosophique et littéraire, qui a rempli la première moitié de ce siècle et qui dure encore. Ce rôle, méconnu par M. Ravaisson dans son Rapport sur l’état de la philosophie , a été parfaitement l’établi par M. Yacherot dans un article sur la Situation philosophique (Rev. des Deux-Mondes, 15 juin 1868). Ces belles et fortes études qu’il avait tant encouragées pendant sa vie, il a voulu leur venir encore en aide en fondant un prix de 3,000 fr. à l’Académie des sciences morales et politiques, où il tenait une si grande place, et en léguant à la jeunesse studieuse, à l’Université, au public savant et lettré, sa magnifique bibliothèque de la Sorbonne, avec une riche dotation pour son entretien et ses développements. Ainsi il a fait servir encore à l’encouragement de la philosophie la fortune con • sidérable qu’il a laissée. F. B — h.

COUSINEAU (Pierre-Joseph), luthier, né à Paris en 1753, m. en 1824, s’est spécialement occupé du perfectionnement de la harpe. Il imagina en 1782 le double rang de pédales, et, en 1798, un mécanisme au moyen duquel les demi-tons se font par la cheville même à laquelle est attachée la corde, sans le secours de pinces ou crochets.

CRAMER (Jean-Baptiste), pianiste, né à Manlieim en 1771, m. en 1856, élève de Clementi, se distingua par l’élégante simplicité, la merveilleuse souplesse, et la pureté de son jeu. Il est le créateur d’une grande école de piano, et son style a servi de modèle à de nombreux pianistes , KalUbrenner, Moschelès, Bertini, Chopin, etc. On a de lui des sonates, des rondos, des concertos, et 84 Études, qui sont des chefs-d’œuvre. B.

CRAWFORD (Quintin), littérateur anglais, né à Kilwinninck en 1743, m. en 1819. On a de lui : Skelches, chie/ly relating to the history, religion, learning and mann ers of the llindoos, Londres, 1790, in-8°, et 1792, 2 vol. in-8°, trad. en français par le comte de Montesquiou, Dresde, 1791; History of the Bastille, Londres, 1792, réimpr. en français par l’auteur à Francfort, 1798; Essais sur la littérature française, écrits pour l’usage d'une dame étrangère, Paris, 1803, 2 vol. in-4°, et 1815-18, 3 vol. in-8° ; Essai historique sur le docteur Swift et sur son influence dans le gouvernement de la Grande-Bretagne , 1808; Mélanges d'histoire et de littérature , 1809, in-4°; On Pericles and the arts in Greece, Londres, 1817 ; Iiesearches con cerning lhelaws, theoloyy, learning, commerce of ancient and

modem India, 1817, 2 vol. in-8°; Notices sur Agnès Sorel, MUe de La Vallière, Mmes de Montespan , de Fontanges , et de Maintenon, Paris, 1818; sur Marie Stuart et Marie-Antoinette, 1819. B.

CREUZER (Georges-Frédéric), philologue et archéologue, né à Marbourg en 1771, m. en 1858, occupa la chaire d’éloquence dans sa ville natale en 1802, et, appelé en 1804 à Heidelberg comme professeur de philologie et d’histoire ancienne, y fonda, en 1807, un Séminaire philologique. Sollicité d’accepter une chaire à l’Université de Leyde, en 1809, il quitta momentanément Heidelberg; mais, ne pouvant supporter le climat de la Hollande, il reprit ses anciennes fonctions. On a sa biographie publiée par lui-même dans les Souvenirs de la vie d’un vieux professeur, qui terminent le recueil de ses Ecrits allemands, Leipzig et Darmstadt, 1848, 10 vol.; c’est une vie toute littéraire. Le principal ouvrage de Creuzer est intitulé : Symbolique et Mythologie des peuples de l’Antiquité, et surtout des Grecs, Leipzig, 1810-12, 4 vol. in-8°. Il a été réédité avec Supplément par M. Mone, sous le titre d 'Histoire du monde païen dans l’Europe septentrionale, Leipzig et Darmstadt, 1820-23, 6 vol. Il en existe une traduction française, avec notes, par M. Guigniaut, intitulée : les Religions de l’Antiquité considérées principalement dans leurs formes symboliques, 1824-50. Creuzer a encore laissé : De l’art historique chez les Grecs, 1803; Hisloricorum grœcorum antiquissimorum fragmenta, Heidelb., 1806; Dionysus, sive Commentationes de rerum Bacchicarum Orphicarumque originibus et causis, ibid. , 1808, 2 vol.; Procli et Olympiodori in Platonis Alcibiadem Commenlarius, Francf., 1820, 2 vol.; Esquisses des antiquités romaines, Darmstadt, 1824 et 1829; Documents pour l'histoire de la civilisation romaine sur les bords du haut Rhin et du Neclter, 1833; Essai sur les connaissances des pierres précieuses, Darmstadt, 1834; une édition des Œuvres complètes de Plotin, Oxford, 1835, 3 vol. in-4°; Essai sur l’histoire de V archéologie romaine (dans les Annales de l’Institut, 1840) ; Choix de vases grecs inédits, 1839. B.

CROFT (Herbert), littérateur anglais, né à Dun.Her- Park en 1751, m. en 1816, fut associé par Johnson à la rédaction de son Dictionnaire et de ses Vies des poètes anglais, voyagea ensuite sur le continent, et finit par établir sa résidence en France. Il a laissé, entre autres écrits : Lettres écrites d’ Allemagne sur les langues allemande et anglaise, 1797, in-4° ; Dictionnaire critique des difficultés de la langue française; Horace éclairci par la ponctuation , J810, in-8u ; Commentaire sur le Petit Carême de Massillon, 1815, in-8°. On doit à Croft la découverte du Parrain magnifique de Gresset, que l’on croyait perdu. B.

CROUSEILHES (Marie-Jean-Pierre-Pie Dojibidau de), magistrat et homme politique, né en 1792 à Oloron (B. -Pyrénées), m. en 1861, fut avocat général à la Cour de Pau en 1816, maître des requêtes au conseil d’Étaten 1820, directeur de l’administration des colonies en 1823, secrétaire général du ministère de Injustice en 1824, conseiller d’État et conseiller à la Cour de cassation en 1827, pair de France en 1845, député des Basses-Pyrénées à l’Assemblée législative de 1849, ministre de l’instruction publique pendant quelques mois en 1851, et sénateur en 1852.

CROZATIER , célèbre fondeur en bronze, né au Puy en 1796, m. en 1855. Ses princ. œuvres sont la statue de Napoléon dans son costume habituel , mise en 1831 sur la colonne Vendôme à Paris, d’après Seurre, et transférée à Courbevoie depuis 1863; le quadrige qui surmonte l’arc de triomphe du Carrousel, et le magnifique vase que la reine d’Angleterre possède à Windsor. 11 a aussi exécuté plusieurs bronzes pour le château de P otsdam. En mourant , il a légué à sa ville natale une fontaine monumentale. B.

CRUSEILLES, ch.-l. de canton (Haute-Savoie), arr. et à 12 kil. S. de S‘-Julien; 892 hab.

CUNIN-GRIDA1NE (Laurent), industriel et homme politique, né à Sedan en 1778, m. en 1859, fut simple ouvrier drapier, puis l’associé et le gendre de son patron. Sa ville natale i’envoya à la Chambre des députés en 1827; il se rangea dans le parti libéral, et fut au nombre des 221 dont l’opposition au ministère Polignac amena la Révolution de 1830. Dévoué au roi Louis-Philippe et 1 un des chefs du parti conservateur, il fut presque sans interruption, de 1837 à 1848, ministre de l’agriculture et du commerce. B.

CUSTINE (Astolphe, marquis de), écrivain français, né à Paris en 1793, mort en 1857, fils du général de ce nom (F. le Dictionn.), doit sa réputation à des voyages. 11 les a racontés par lettres avec une facilité élégante et

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délicate, où la finesse toutefois semble çà et là un peu maniérée | Mémoires et voyages, ou Lettres écrites à diverses époques pendant des courses en Suisse, en Calabre, en Angleterre et en Écosse, 1830, 2 vol. in-8°). En 1838, il publia l’Espagne sous Ferdinand VII, 4 vol. On y remarque la vivacité des couleurs avec lesquelles il peignait la nature ardente, à demi africaine et orientale de la Péninsule. Son ouvrage capital est la Russie en 1839, Paris, 1843, 4 vol. in-8°, où il révélait tout ce qu’il y a de factice dans l’apparente civilisation de la Russie, qui alors en était encore

au despotisme sans contrôle de l’Asie , et au servage du Xe siècle. R.

CZERNY (Charles), célèbre professeur de piano, né à Vienne (Autriche) en 1791, m. en 1857, se forma par l’étude des œuvres de J. -S. Bach, Mozart, Clementi , Beethoven , et Albrechtsberger. 11 compta parmi ses élèves Liszt et Dœhler. Au milieu des soins du professorat , il put écrire plus de 1,000 compositions ( symphonies, ouvertures, morceaux de piano, concertos, messes, motets, etc.), qui se distinguent par une élégante facilité. B.

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