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créé général de brigade et aide de camp de l’empereur Napoléon III. Pendant la guerre d’Orient, en 1854, à la tête d'une brigade de la lre division de l’armée, il poussa une reconnaissance malheureuse dans la Dobroudseha, et, atteint du choléra qui décimait ses troupes, revint momentanément en France. L’année suivante, il rejoignit son corps devant Sébastopol, se distingua à la bataille de la Tcliernaïa, reçut le grade de général de division, et prit part à l’assaut de la tour Maiakoff. Après l’attentat du 14 janvier 1858 contre la vie de l’Empereur, il fut appelé au ministère de l’intérieur, auquel était joint le soin de la sûreté générale, et en sortit cinq mois après, quand le calme fut rentré dans les esprits. Commandant d’une division à l’armée d’Italie, en 1859, il fut tué à la bataille de Magenta.
ETATS-UNIS : Guerre civile entreles deux grandes fractions de cette confédération, le Nord et le Sud. — Elle commença en 1861, et dura jusqu’en avril 1865. L’origine de cette guerre fut, suivant les uns, l’antagonisme qui existait entre les deux régions, à propos de l’esclavage des nègres : le Nord était abolitioniste, le Sud esclavagiste. D’autres disent que le Nord n’a proclamé l’abolition de l’esclavage, en 1862-63, que pour s’en faire une arme contre le Sud; que la vraie cause de la guerre, c’est la rature des intérêts opposés des deux régions : le Nord est manufacturier; redoutant la concurrence des produits manufacturés de l’Europe, il réclame et impose des tarifs de douanes protecteurs des produits indigènes. Le Sud est agriculteur; il veut avoir des produits manufacturés à bon marché, et regarde, non sans raison, les tarifs protecteurs du Nord comme des impôts qu’il paye sans aucune compensation.
Les Etats qui se séparèrent de l’Union sont : la Caroline du Sud, le Mississipi, la Floride, l’Alabama, la Géorgie, la Louisiane, le Texas, la Virginie, le Tennessee, l’Arkansas. Le Sud commença la lutte, en s’emparant du fort Suinter, à l’entrée de Charleston (12-14 avril 1861), et ses troupes, mieux exercées que celles du Nord, et commandées par des officiers plus habiles, gagnèrent une bataille sur le Bull’s Run, près de Manassas (21 juillet). Les fédéraux, compensant ces échecs par désavantagés maritimes, bloquèrent les côtes des confédérés, et y prirent diverses positions. L’année suivante, les opérations commencèrent encore par leur être favorables : une victoire à Somerset dans le Kentucky, la prise des forts Mac-Henry et Donelson, celle de Nasliville par le général Grant, ramenèrent le Tennessee à l’Union, et assurèrent la possession du Kentucky et du Missouri ; Curtis battit les confédérés à Pea-Ridge dans l’Arkansas, Grant à Corinthe dans le Mississipi; Butler occupa la Nouvelle-Orléans, Burnside prit l’ile de Roanoke et l’importante position de New-Bern , et Mac-Clellan menaça Richmond , capitale des Etats du Sud. Mais les confédérés, évacuant Yorktown, concentrèrent leurs forces pour un effort décisif, et réussirent, malgré des échecs partiels à Williamsburg et aux Sept-Pins sur le Chikahominy, à repousser l’invasion : après sept jours de combats, qu’on appelle les batailles de White-Oak-Swamp, de Mechaniesville, de Gaines-Mill, de White-House, de Savage-Station, du James-River, et de Malvern-Hill (25 juin-ler juillet 1862), ils prirent à leur tour l’offensive, gagnèrent une seconde bataille de Bull’s Run, prirent Fairfax et Centreville, et ne furent arrêtés par Mac-Clellan qu’aux combats d’Hagernstown et d’Antietam (14 et 17 sept.). L’épuisement du Sud et l’incapacité administrative et militaire du Nord amenèrent alors un temps d’arrêt : quand les deux armées , qui étaient restées en présence entre Washington et Richmond, s’abordèrent de nouveau, Burnside, successeur de Mac-Clellan, perdit la bataille de Frederiksburg(15déc.); Hooker ne fut pas plus heureux à Chancellorsville (3-4 mai 1863), où les sécessionistes perdirent cependant un de leurs meilleurs généraux, Jackson-Stonewall, tué accidentellement par les siens. D’un autre côté, la marine fédérale avait échoué (mars-avril) dans une attaque contre Charleston. Mais la prise d’Arkansas-Post et la victoire de Roseneranz sur Braxton-Bragg à Murfresborough rendirent aux fédéraux presque tout l’Arkansas et le Tennessee. Ces événements, et sans doute aussi le désir de s’opposer à l’invasion des fédéraux dans la vallée du Mississipi, où Wiksburg et Port-Hudson étaient les seules places capables de les arrêter, déterminèrent Lee et Longstreet à conduire une seconde fois les confédérés dans le Maryland : le général Meade soutint victorieusement leur choc à Gettysburg (1-3 juillet), et au même moment Viksburg capitula, et, peu après, Port- Hudson.
Le 22 septembre 1862, le président du Nord, A. Lincoln, avait déclaré libres tous les esclaves des États rebelles qui ne seraient pas rentrés dans l’Union au ler janvier 1863. Les confédérés répondirent en condamnant aux travaux forcés les officiers blancs, et en mettant à mort non-seulement les soldats nègres prisonniers de guerre, mais encore les blancs qui les commandaient. Ils s’allièrent en même temps aux bandes féroces d’indiens, par qui ils faisaient ravager les États de l’Ouest. Unis dans le Nord au grossier parti des Copper-Heads, ils faisaient éclater à New-York une terrible émeute (13 juillet), où les gens de couleur furent massacrés, les abolitionistes menacés, et une partie de la ville livrée au feu et au pillage. Une société d’incendiaires se forma pour brûler les vapeurs du Mississipi, dont un grand nombre furent en effet la proie des flammes. Mais ces moyens ne firent que compromettre la cause du Sud en Europe et exciter l'ardeur du Nord. Le principal théâtre de la guerre, à la fin de 1863, fut le Tennessee et le N. de l’Alabama et de la Géorgie. L’importante place de Chattanooga, à la frontière de ces trois États, fut occupée par Roseneranz, pendant que Burnside s’emparait de Kingston, de Knoxville dans le Tennessee oriental, et du passage de Cumberland-Gap qui le reliait aux unionistes du Kentucky et lui donnait l’entrée de la Virginie. La situation était critique pour le Sud, qui porta presque toutes ses forces sur Chattanooga ; mais après une bataille indécise à Chickamanga (19-20 sept.), Bragg ne put reprendre Chattanooga (octobre), et fut vaincu devant cette ville (23-24 nov.) par Grant, Sherman, Thomas et Hooker. De son côté, Longstreet fut repoussé de Knoxville par Burnside (29 nov.).
La campagne de 1864 devait être décisive. Grant se chargea de l’attaque directe sur Richmond, pendant que Sherman percerait le Sud, du Mississipi à l’Atlantique, et, enlevant les ports de la côte d’où les insurgés tiraient d’Europe leurs ressources militaires, viendrait le rejoindre en Virginie. Les deux armées commencèrent en mai leurs opérations. Grant marcha sur Richmond défendu par Lee et Beauregard, livra une bataille indécise à Wilderness (5-6 mai), remporta à Spottsylvania une grande victoire (8-11 niai), et força Lee de reculer sur le Chickahominy, la dernière vallée qui couvre Richmond au N. Pendant ce temps Butler, trompant les confédérés par une fausse attaque sur Yorktown, s'emparait de City- Point, à 25 kil. S. de Richmond, et se fortifiait dans la presqu’île de Bermuda. La guerre se concentra entre Richmond et Petersburg, sa forteresse vers le Sud, sur un espace de 40 kil. défendu par de formidables retranchements. Après des assauts réciproques et sans avantages décisifs sur la position intermédiaire de Cold-IIarbour (4-6 juin), Grant commença le siège de Petersburg (17), qui isolait Richmond des Carolines. Pendant que cette menace retenait toute l’armée de Lee devant Richmond, un lieutenant de Grant, Sheridan, repoussait les confédérés de la vallée de la Shenandoah, par laquelle, dans les années précédentes, ils avaient envahi le Maryland, la Pensylvanie, et menacé Washington. En même temps Sherman envahit la Géorgie par Chattanooga , chassa Johnstone de Dalton, le battit à Resaca (14-15 mai), et s’empara, après une sanglante bataille, de la forte place d’Atlanta (2 sept.). De là, laissant son lieutenant Thomas attirer Hood dans le Tennessee et le détruire, il traversa, par une marche de 480 kil., sans obstacle, et aidé par la complicité des nègres, toute la Géorgie, et, se reliant à la flotte fédérale, prit le port de Savannah (15 déc.). Maître ensuite de Charleston (janv. 1865), de Wilmington, il rejoignit Grant en Virginie. Le gouvernement et les généraux confédérés furent alors rejetés de Richmond et de Petersburg (3 avril), Lee capitula devant Grant (9 avril), Johnstone devant Sherman, et Jefferson Davis, président du Sud, s’enfuit vers le Mississipi. Sur ces entrefaites, un fanatique du Sud, Booth, assassina Lincoln, récemment réélu dans le Nord (14 avril); Lincoln fut remplacé par le vice-président, André Johnson. Jefferson Davis fut poursuivi dans sa fuite, arrêté, et emmené à Washington, tandis que le dernier chef confédéré, Kirby Smith, qui avait annoncé l’intention de résister dans le Texas, capitulait devant les forces fédérales (mai 1865). Ainsi se termina la guerre civile. Le congrès fédéral a voté un amendement à la Constitution relatif à l’abolition de l’esclavage, amendement qui doit être ratifié, pour être valable, par les deux tiers des congrès particuliers des Etats.
En 1866, l’administration fédérale a substitué aux cinq divisions militaires qui embrassaient tout le territoire de