GAR
Bibliothèque du roi, oùl’on enfit40 portefeuilles. 16 ayant passé, on ignore comment, à la bibliothèque Bodléienne d’Oxford, le gouvernement en a fait prendre des calques, en 1860-62, pour recompléter notre collection. La Bruyère a peint Gaignières sous le nom de Democède le collectionneur d’estampes. Montfaucon l’a mieux apprécié, en disant que, sans le recueil de Gaignières, il n’aurait pu faire ses Monuments de la monarchie française.
GAILLARD (Alexandre-Théodore), né à Paris en 1793, m. en 1861, professa la rhétorique aux collèges Henri IV, Bourbon, et Charlemagne, et devint, en 1831, proviseur du collège Henri IV, puis inspecteur d’académie, et inspecteur général de l’Université. Excellent latiniste, il a laissé une très-bonne édition du de Oratore de Cicéron, annoté à l’usage des élèves, Paris, 1851, in-12 ; et une excellente traduction du même traité, 1821, in-8", 4e édit., 1852, in-12.
GAISFORD (Thomas) , helléniste anglais, né en 1780, m. en 1855, étudia à Oxford, où il obtint, en 1811, une chaire de langue et de littérature grecques. De 1815 à 1847 , il fut recteur à Westwell , puis curateur de la bibliothèque Bodléienne. On a de lui une édit, du Manuel sur les mitres des poètes grecs d’Héphestion , Oxford, 1810 , in-8° ; Poetæ minores grœci , 1814-21, 3 vol. in 16; Lectiones Platonicœ, 1820; des éditions d’Hérodote, 1824 et 1840; de Suidas, 1834; de VEtymologicum magnum, 1848; et de Théodoret, 1854.
GALICIE (Nouvelle), ou Galicie occidentale, nom donné par l’Autriche aux provinces polonaises dont elle s’empara lors du partage de 1795, par opposition à l’ancienne Galicie ou Galicie orientale, usurpée en 1772. Elle formait, au N.-O. de cette dernière, entre la Vistule, laPilicaet le Bug, un gouvernement peuplé de 1,600,000 hab., et ayant pour ch.-l. Cracovie ; il était divisé en 7 cercles. L’Autriche le perdit en 1809, où il fut donné au grand-duché de Varsovie. Lors des traités de Vienne, 1815, il fit partie du royaume russe de Pologne, dans lequel il forme les gouv. de Radom et de Luhlin. C. P.
GALT (John) , écrivain anglais, né en 1779 à Irvyne ( Ayr) , m. en 1839 , essaya du commerce et du droit, et, après un voyage en Italie et en Turquie, pendant lequel il se lia avec lord Byron, 1809-1811, fit paraître des Voyages and travels , 1812 , pleins de renseignements curieux sur le commerce du Levant. On a de lui : Vie et Etudes de Benjamin West; Vie et administration du cardinal Wolsey, 1812; Vie de Byron, 1831; un certain nombre d’écrits humoristiques (The annals of the Parish, Ayreshire Legatees , The Provost, Lawrie Todd), où il a dépeint avec charme et vérité la vie des classes moyennes et inférieures de l’Ecosse; enfin des romans historiques (Southennan , The Spæwife , Stanley Baxton , Ringan Gilhaise, Rothelan, Boyle Corbet, Lairds of Grippy ) , qui le placent parmi les imitateurs les plus heureux de Walter Scott.
GANDO , Etat de l’Afrique occidentale, dans le Soudan (Haoussa) , comprend la vallée du Niger depuis le confluent de la Tchadda jusqu’au 14" lat. N. ; entre le roy. de Sokoto à l’E., l’Yarriba et le Ouangara au S. et à l’O., et les pays soumis aux Touaregs au N. Arrosé par le Niger et ses affluents (Goulbin-Rima, Katouna), il forme une vaste plaine fertile, entrecoupée de forêts et de lacs. Riche mine de sel à Fogha. Partie de l’empire des Fellatahs de 1802 à 1817, puis royaume, le Gando estauj. en proie à l’anarchie. Les principaux pays que renferme le Gando sont, du N. au S., ceux de Libtako, de Jagha, de Dendina, de Kebbi, d'Yauri, et de Nupe ou Nyffi; les villes les plus importantes, après Gando la capitale, sont : Birni, Ssay, Komba, Yauri, Boussa, etc. — La ville de Gando, au N.-E. de l’Etat, près des frontières du Sokoto, et à peu de distance du Goulbin-Rima, fait le commerce de fer, de tissu? de coton teints en noir, et de soie grossière apportée du Nord. C. P.
GARAVAGLIA (Giovita), habile graveur, né à Pavie en 1790, m. en 1835 , élève d’Anderloni et de Longhi, succéda à Morghen en 1833 comme professeur de gravure à l’Académie de Florence. Ses plus belles œuvres sont : Hérodiade recevant sur un plat la tête de S‘ Jean-Baptiste , d’après Luini, 1813 ; une Sainte Famille de Raphaël, 1817; l’Entrevue de Jacob et de Rachel , d’après Appiani; Béatrice Cenci, David tenant la tête de Goliath , d’après le Guide; la Vierge à la chaise de Raphaël.
GARAY (Jean), poëte hongrois, né en 1812 à Szecszard (Tolna), m. en 1853, a laissé : Csalar, poëme héroïque, 1834; Arbocz , 1837, et Bathory , 1840, drames dont les sujets sont empruntés à l’histoire nationale ; Poésies lyriques, 1843; Arpadok, recueil de ballades, 1847 ; S' Ladislas, épopée en 12 chants. Ses compatriotes lui reprochent
d’avoir trop imité les poëtes allemands , surtout Uhland.
GARDE NATIONALE MOBILE, garde instituée en France lors de la nouvelle organisation de l’armée en 1868, pour concourir, comme auxiliaire de l’armée active, à la défense des places fortes, des côtes et des frontières, et au maintien de l’ordre dans l’intérieur de l'Empire. Elle se compose : 1° des jeunes gens qui n’ont pas été compris dans le contingent ; 2° des militaires de la seconde partie du contingent qui ont accompli cinq ans de service dans la ré;crve. Les premiers y servent cinq ans, les seconds quatre. Les uns et les autres peuvent se marier sans autorisation, et prendre, à leurs risques et périls, un remplaçant âgé de moins de 40 ans. Ils sont tenus de s’habiller et de s’équiper à leurs frais. Un conseil de révision par arrondissement juge les causes d’exemption. La garde nationale mobile, dont l’effectif est de 550,000 hommes environ, est organisée par départements, en bataillons, compagnies et batteries. Le nombre des bataillons dans chaque département est subordonné au chiffre de la population. Chaque bataillon comprend 8 compagnies. L’effectif de chaque bataillon ne doit pas dépasser 2,000 hommes, et celui de chaque compagnie et batterie 250 hommes. Les circonscriptions des bataillons, compagnies et batteries correspondent, autant que possible, aux divisions et subdivisions administratives du territoire. Les batteries d’artillerie à pied sont organisées dans les départements où il existe des places fortes et des villes de garnison d’artillerie. Les soldats, tant qu’ils n’ont pas justifié d’une connaissance suffisante du maniement des armes et de l’école du soldat, sont soumis à des exercices et à des réunions dans le cheflieu de la compagnie et du bataillon, pendant un temps qui ne peut excéder 25 jours dans une seule année et 2 mois et demi dans les cinq ans : si le déplacement est de plus de 12 heures, l’Etat pourvoit à leur logement et à leur nourriture. Les officiers sont nommés par l’empereur, les sous-officiers et les caporaux par l’autorité militaire : à l'exception de ceux qui sont employés à l’instruction et à l’administration, ils ne sont soldés qu’en cas d'appel à l’activité, ce qui ne peut avoir lieu que par une loi spéciale.
GARDES (Les Cent-), escadron de cavalerie d’élite, institué par Napoléon III pour être attaché à sa personne. Créé par un décret du 24 mars 1854, son effectif fut d’abord de cent hommes. Un décret du 17 mars 1858 réorganisa le corps, et en porta l’effectif à 150 hommes, dont 50 ne sont point montés. Auj. (1868) le corps entier compte 221 hommes, dont 13 officiers. L’escadron forme deux compagnies, et se recrute parmi les cavaliers de la garde impériale et de la ligne. Les conditions d’admission sont : avoir deux ans, au moins, de présence sous les drapeaux, et trois ans de service, au moins, à faire encore ; être d’une conduite irréprochable ; avoir la taille de lra 80e. Les Cent-Gardes sont assujettis à toutes les obligations imposées aux autres cavaliers de l’armée. Un officier ayant rang de colonel les commande, et le grand maréchal du palais est inspecteur permanent du corps. L’escadron prend la droite sur tous les autres corps de l’armée dans les cérémonies et préséances , et son entretien est supporté partie par le ministère de la guerre, partie par le budget de la Maison de l’Empereur.
GARNAUD (Antoine-Martin), architecte, né à Paris en 1797, m. en 4862, élève de Yaudoyer, reinnorta le grand prix d’architecture en 1817. Pendant son séjour en Italie, il exécuta diverses restaurations des monuments de Pola (Istrie). Il a fait, en 1825, le monument de Toulouse en l’honneur du Dauphin et de la guerre d’Espagne, puis en 1843-45, avec Pradier, le monument du duc d’Orléans à Versailles.
GARNERAY (Louis- Ambroise), peintre de marines, né à Paris en 1783, m. en 1857, apprit le dessin avec son père, puis s’engagea dans la marine. Après plusieurs voyages de long cours, il tomba au pouvoir des Anglais, et fut prisonnier de guerre pendant 9 ans, sur les pontons. De retour en France à la paix de 1814, il devint, en 1817, peintre du duc d’Angoulême, et, en 1833, conservateur du musée de Rouen, qu’il quitta plus tard pour entrer à la manufacture de porcelaine de Sèvres. Il se distingue par une habile composition et une rare facilité; sa touche est vigoureuse. Ses tableaux sont très-nombreux ; on cite : Vue du port de Londres, 1816 ; Episode du combat de Navarin, 1831, à Nantes; Combat de Duquesne à Agousla, à Versailles; la Pêche à la morue, à Rouen. Il était aussi graveur à l’aqua-tinta, et publia, dans cette manière : Vues des côtes de France,... avec un texte par Jay, in-fol. On a encore de lui : Voyages, aventures et combats, souvenirs de ma vie