GAS
maritime, Paris, 1851, gr. in-8°, suivi de Mes Pontons , souvenirs de 9 années de captivité. On attribue à Garneray la découverte d'une toile à peindre, dite extra -souple imputrescible. B.
GARKIER (Jean- Guillaume) , mathématicien, né à Wasigny, près de Guise, en 176(5, m. en 1840, fut en 1788 professeur de mathématiques et de fortification à l’Académie militaire de Colmar, chef de la division géométrique à la direction du cadastre de France de 1791 à 1794, examinateur pour l’Ecole polytechnique de 1795 à 1800, professeur adjoint à Lagrange dans cette école de 1798 à 1802, professeur à l’Ecole militaire de Sl-Cyr de 1814 à 1817, puis, jusqu’en 1830, professeur de mathématiques et d’astronomie à l’Université de Gand. On a de lui : Cours d'analyse algébrique, 1803 et 1814; Traité d’arithmétique, 1803 et 1818; Eléments d’algèbre, 1803 et 1820 ; Leçons de statique, 1811; Leçons de calcul différentiel, 1811 ; Leçons de calcul intégral, 1812 ; Géométrie analytique , 1813; Eléments de géométrie, 1812 et 1818; Traité de météorologie, 1837 et 1840, etc. Il a fondé, en 1825, avec M. Quételet , la Correspondance mathématique et physique.
Garnier (Adolphe), philosophe, né à Paris en 1801, m. en 1864, fit de brillantes études au lycée Bonaparte, où il eut pour professeur de philosophie Jouffrny, dont il devait être le meilleur disciple. D'abord il se fit recevoir avocat ; mais son goût était pour la philosophie plutôt que pour le barreau, comme le témoignent divers articles philosophiques qu’il publiait alors dans les journaux le Producteur et le Globe. Le succès d’une brochure sur la légitimité de la peine de mort, question mise au concours par la Société de la morale chrétienne, acheva de le tourner tout à fait du côté de la philosophie. Selon lui, la légitimité de la peine de mort dépend de l’état des mœurs et de la civilisation. Plus l'état général est misérable et plus les peines sont cruelles, plus il s’adoucit et plus elles s’adoucissent. Le principe e-t que le coupable, pour être puni, doit être mis dans une situation inférieure à ceux qui sont les plus malheureux sans être coupables. Le jour où la conscience publique jugera que l’assassin est suffisamment puni par l’emprisonnement à perpétuité, ce jour-là même, la peine de mort aura cessé d’être légitime. Reçu au concours d’agrégation, Garnier fut successivement professeur de philosophieaux collèges royaux de Versailles, de S‘-Louis, et de Louis-le-Grand, puis, en 1834, à l’École normale, où il enseigna pendant plusieurs années la philosophie, tandis que Damiron enseignait l’histoire de la philosophie. Entré à la Faculté des lettres de Paris en 1838, comme suppléant de Jouffroy, il devint, en 1845, titulaire de la chaire de philosophie, où il a professé jusqu’aux deux ou trois dernières années de sa vie devant un auditoire constamment nombreux et sympathique.
Pendant ces longues et laborieuses années d’enseignement, Garnier a publié une édition en 4 volumes des OEuvres philosophiques de Descartes, avec une introduction et des résumés, et plusieurs ouvrages de psychologie et de morale : le Précis de psychologie, 1830, in-8° ; la Phrénologie et la psychologie comparées, 1839, in-S" ; le Traité de morale sociale, 1850, in-8“. Mais l’ouvragé le plus considérable de Garnier, celui qui résume tous les autres et auquel son nom demeurera attaché, c’est le Traité des faculté » de l'âme, 1852, 3 vol. in-8°. Une seconde édition, à laquelle il n’avait pas eu le temps de mettre la dernière main, a été achevée par M. Janet et publiée peu de temps après sa mort.
Le Traité des facultés de l'âme est l’ouvrage de psychologie le plus complet, le plus riche en observations et en analyses qui ait paru en F rance de notre temps. Par l’ensemble de ses doctrines spiritualistes, Garnier se rattache à Cousin; par l’observation scrupuleuse des phénomènes de la vie intérieure, il se rattache plus directement encore à Jouffroy. Mais il n’en pense pas moins par luimême, et il garde, entre les meilleurs disciples de ces deux maîtres, sa physionomie propre et sa part d’originalité.
D’abord, en ce qui regarde la nature de l’aine, Garnier a remis en honneur cette faculté motrice universellement admise par les Anciens, et omise ou niée par la plupart des modernes. 11 démontre en effet qu’il faut rapporter à l’âme non-seulement les mouvements volontaires, mais les mouvements instinctifs que l’enfant accomplit dès sa naissance, et que nous continuons d'accomplir, joints aux mouvements habituels, dans tout le reste de la vie. Cette énergie motrice de l’âme, indépendante de la volonté, la conscience nous l'atteste d'une manière accidentelle quand nous éprouvons le choc d’un corps qui arrête le mouvement d’un de nos membres ;
elle nous l’atteste même d’une manière continue dans le sentiment de la résistance et du poids de notre propre corps. Cette faculté motrice conduit Garnier bien près de l’animisme. S’il n’ose se décider en sa faveur, il y incline visiblement, comme le prouve la conclusion même de ses réflexions sur les relations de l’âme et de la vie, à propos de l’ouvrage de M. Bouillier sur le Principe vital et l’âme pensante. « Il faut donc se borner à dire, conclut-il, que l’âme peut être la cause de la vie, quoiqu’elle n’en ait pas conscience, parce qu’elle n’a pas le sens intime de toutes ses actions. »
Les inclinations sont aussi une des parties les plus intéressantes et les plus neuves de tout le traité. Dans cette étude des inclinations, Garnier est plus complet et plus exact que les philosophes écossais, et surtout que les phrénologues, quoique ces derniers fassent consister toute la psychologie dans la recherche des penchants primitifs de notre nature et des places où ils prétendent les localiser dans le cerveau. Peut-être cette liste seraitelle susceptible de quelques réductions, mais Garnier attachait avec raison plus d’importance à noter tous les faits de conscience, sans en omettre aucun, qu’à réduire le nombre des divisions et des facultés.
Deux volumes sur trois sont consacrés à l’étude des facultés intellectuelles et des divers systèmes dont elles ont été l’objet chez les Anciens et chez les modernes. Avant tout il se propose de faire justice des théories dont les sceptiques anciens et modernes ont tiré quelque avantage pour mettre en doute la véracité de la faculté de connaître. Il insiste sur la distinction des connaissances proprement dites ou perceptions et des croyances. Les perceptions, par où il entend la connaissance immédiate d’une réalité quelconque, sont seules infaillibles, qu’il s'agisse d’un corps, de l’être nécessaire, ou de l’âme elle-même. Il n’en est pas de même de la croyance, qui, selon la définition de Garnier, n’affirme pas l’existence réelle, mais seulement l’existence possible de son objet hors de la pensée. Or, dans les croyances seulement, l’erreur est possible, mais à côté de la possibilité de l’erreur se trouve la possibilité du remède, grâce au pouvoir de suspendre notre jugement.
Garnier distingue la perception des corps de tous les phénomènes avec lesquels souvent on l’a confondue. Le rêve, la rêverie, l’hallucination, le somnambulisme, la folie, ces trompeuses images de la perception, sont analysés dans tous leurs éléments, replacés à leur véritable point de vue, de telle sorte qu’aucune confusion ne paraît plus possible, de la part des douteurs les plus obstinés, entre ces vains fantômes etla réalité elle-même. Dans l’ordre de la raison pure il admet aussi des perceptions, celles du temps, de l’espace, de la cause première. En d’autres termes, selon Garnier, le temps, l’espace, la cause première, sont trois choses nécessaires existant réellement en dehors de nous, et non pas seulement, comme Kant le prétend, de pures formes de la raison. Quant à la perfection infinie, d’où se déduisent tous les attributs de Dieu, il la regarde comme une croyance naturelle à l’esprit humain, comme un objet de foi, et non comme une intuition de la raison. L’idée du bien elle-même, selon Garnier, n’est qu'une conception et non une perception de la raison; aussi l’appelle-t-il la conception de la vertu. Cette conception idéale, quoique le modèle en soit dans 1 homme vertueux et non en Dieu, n’en demeure pas moins une règle immuable et absolue. On peut dire que nul philosophe, plus que Garnier, n’a travaillé à conformer sa vie à cet idéal. Par sa vie tout entière, vie vraiment philosophique, comme par sa méthode et ses doctrines, il soutient la comparaison avec les meilleurs d’entre les philosophes écossais du dernier siècle. F. B — r
GASPARIN (Adrien-Etienne-Pierre, comte de), fils du conventionnel , agronome et homme politique , né à Orange (Vaucluse) en 1783, m. en 1862, fit la campagne de 1806, en Pologne, comme officier de cavalerie, puis se livra à l’étude de l’agronomie et de la zoologie. Après la Révolution de 1830, il fut successivement préfet de la Loire, de l’Isère, et du Rhône, en 1831, pair de France en
1834, sous-secrétaire d'Etat au ministère de l’intérieur en
1835, et, en 1836, ministre de l’intérieur, poste auquel il renonça en 1837; il y revint en 1839, et le quitta de nouveau en 1840; peu après, il fut élu membre de l’Académie des sciences. En 1848, il a été directeur de l’Institut agronomique national, fondé alors à Versailles, et qui a été supprimé en 1852. Les principaux ouvrages du comte de Gasparin sont : Manuel de l'art vétérinaire, 1817, in-8° ; des Maladies contagieuses des bêles à laine, 1821, in-8°; des petite» Propriétés considérées dans