‹ Dictionnaire général de biographie et d'histoireChapitre 797 sur 864 · HUM · texte numérisé non relu

HUM

HUBER (Aloysius), conspirateur, né en 1812 à Wasselonne (Bas-Rhin), m. en 1865, était corroyeur. Il prit part à la Révolution de 1830, fut impliqué dans le complot de Neuilly et condamné à 5 ans de prison, subit en 1837, pour préparatifs d’assassinat contre le roi, une nouvelle captivité au Mont-S'-Michel, dut la liberté à la Révolution de 1848, et fut alors nommé gouverneur du Raincy, Membre des clubs les plus exaltés, il prépara la manifestation du 15 mai, et, après l’envahissement de la salle de l’Assemblée constituante, prononça la dissolution de cette Assemblée. Il réussit à fuir en Angleterre : mais, accusé d’anciens rapports secrets avec la police de Louis- Philippe, il vint se constituer prisonnier pour se justifier, et fut condamné par la Haute-Cour de Bourges à la déportation. Lors du rétablissement de l’Empire, il s’engagea à renoncer à la politique et recouvra la liberté. B.

HUBERT (Jean-Baptiste) , ingénieur, né à Chauny en 1781, m. en 1845, sortit de l’Ecole polytechnique en 1799, et fut placé dans le service des constructions navales. On lui doit une foule d’inventions propres à simplifier et à perfectionner le travail des ateliers, telles que : un moulin à draguer l'entrée des bassins; un moulin de sciage; une machine à tourner les vis de pointage de caronade en fer; une machine à mortaiser les caisses de poulies ; une machine à encastrer les dés de réas de poulies; une machine à tourner les gournabl s coniques; une machine à confectionner les cordages. Hubert est aussi un des constructeurs qui ont le mieux réussi à combiner les forces de la vapeur et du vent, et à donner aux navires la solidité de la structure en même temps que la supériorité de la marche.

HUC (Evariste-Régis), missionnaire lazariste, né à Toulouse en 1813, m. en 1862, partit pour la Chine dès 1839, et fut, en 1844, envoyé en Tartarie et au Thibet pour y propager le christianisme. En 1852, il quitta Macao, traversa l’Inde, toucha à Ceylan, parcourut l’Egypte et la Palestine, puis, en 1853, se fixa à Paris, où il avait déjà donné une relation de ses voyages, sous le titre de : Souvenirs d'un voyage dans la Tartarie, le Thibet et la Chine , pendant les années 1844, 1845 et 1846, 1850, 2 vol. in-8% avec une carte. Cette relation, extrêmement intéressante, obtint un grand et légitime succès, et fut traduite dans plusieurs pays étrangers. L’abbé Hue compléta sa première publication par les deux suivantes : l'Empire chinois, Paris, impr. impériale, 1854, 2 vol. in-8°, 3e édit., 1857, ouvrage honoré du grand prix Monthyon, en 1855, par l’Académie française, et traduit en anglais ; le Christianisme en Chine, en Tartarie et au Thibet , Paris, 1857, 3 vol. in-8°. Cet ouvrage, qui renferme beaucoup de documents historiques, s’arrête à l’année 1722, époque de la mort de l’empereur Kang-hi. C. D — y.

HUE.JUQU1LLA , département du Mexique, dans la division militaire de Durango ; entre ceux de Chihuahua auN., de Batopilas à l’O., de Nazas au S., et de Mapimi à l’E.; formé du S.-E. de l’anc. État de Chihuahua. 11 offre à l’E. de vastes plaines sablonneuses,, dites Désert ou Bolson de Mapimi, avec des lacs sans écoulement, entre autres le lac de Palomas; à l’O., des vallées formées par les ramifications de la Sierra Madré, arrosées par le Rio- Conchos et son affluent le Rio-Florido, et riches en mines d’or et d’argent. Ch. -1., A amenés; v. pr., Huejuquilla, située sur le Rio-Florido, par 27° 4’ lat. N. et 107° 35' long. O., et où l’on exploite les métaux précieux. C. P.

HUGON (Gaud-Amable, baron), marin français, né à Granville en 1783, m. en 1862, s’engagea comme mousse à 12 ans sur un bâtiment de l’Etat. Lieutenant de vaisseau en 1810, capitaine de frégate en 1819, gouverneur de Corée en 1823, capitaine de vaisseau en 1825, il se distingua à la bataille de Navarin, et, lors de l’expédition entreprise contre Alger en 1830, reçut la direction des navires de transport. On le nomma contre-amiral en 1831, et, à la tête de l’escadre de Toulon, il purgea l’Archipel des pirates qui l’infestaient. Ce fut lui qu’on envoya, en 1840, dans les eaux de Constantinople, afin de contre-balancer l’influence de l’Angleterre et de la Russie. Nommé bientôt après vice-amiral, puis membre du Conseil d’amirauté, il ne s’occupa plus que de travaux d’organisation, et prit une part importante à la formation de la marine à vapeur. Il entra au Sénat en 1852. B.

HUGUENIN (Jean-Pierre-Victor), sculpteur, né à Dole en 1801, m. en 1860, élève de Rameyfils, débuta au Salon de 1835 par un Hyacinthe mourant. 11 donna ensuite Charles VI et Odette de Champdivers , une Scène du massacre des Innocents, la Chute d’Éloa, une Hébé , Psyché évanouie , une Baigneuse, Mater dolorosa, etc. On lui doit un buste de Cuvier et beaucoup d’autres bustes d’hommes célèbres,

des groupes d’animaux, la Valentine de Milan ( 1846), qui est dans le jardin du Luxembourg, etc.

HUMBOLDT (Frédéric-Henri -Alexandre , baron de), naturaliste prussien, né. à Berlin en 1769, m. en 1859. Il avait le goût des voyages, une vraie passion, dit- il depuis, pour la mer et les longues navigations. A Gœttingue, il se lia avec l’un des compagnons de Cook, G.Forster, qui lui inspira le désir de visiter les régions tropicales, et il fit avec lui, en 1790, des excursions géologiques au Harz et sur les bords du Rhin. En 1790-91, il suivit à Freiberg les cours de géologie du professeurWerner, etcomposa une flore souterraine des mines de ce pays. L’année suivante, cédant sans doute à des affections de famille, il parut renoncer à ses grands projets, devint directeur général des mines de Bayreuth et d’Anspacii , fonctions qu’il garda 5 ans, tout en s’occupant de recherches scientifiques. Il perdit sa mère en 1796; alors, libre d’obéir à ses penchants et de céder à sa vocation , il quitta ses fonctions administratives, se livra plus que jamais à l’étude, et, en 1797, publia à Berlin : Expériences sur l’irritabilité nerveuse et musculaire. Peu après , se décidant à entreprendre un grand voyage d’explorations, il vendit ses propriétés, alla d’abord étudier les volcans actifs de l’Italie, puis vint à Paris pour préparer son voyage. Lorsqu’il y arriva, le général Bonaparte venait de s’embarquer pour l’Égypte ; de Humboldt obtint du Directoire l’autorisation de rejoindre l’expédition, attendit un bâtiment suédois qui devait l’y conduire, puis, ne le voyant pas arriver, entreprit un voyage en Espagne avec le naturaliste Bonpland. Là, le ministre espagnol Urquijo lui facilita les moyens de visiter les colonies espagnoles du Nouveau-Monde, et il s’embarqua en 1799, avec Bonpland , pour ce voyage tant souhaité. Ils visitèrent l’ile de Ténériflfe, puis une grande partie de l’Amérique méridionale. Leur voyage dura 5 ans, et fut très-utile pour la géographie, l’ethnographie, la géologie et l’histoire naturelle de cette belle partie du globe. De Humboldt se fixa eu 1805 à Paris, où il continua à cultiver les sciences physiques, et fut élu, en 1810, membre associé de l’Académie des sciences, et, plus tard, nommé grand officier de la Légion d’honneur. Mais son séjour eut pour but principal la publication de l’ouvrage intitulé: Voyages aux régions équinoxiales du Nouveau Continent, par A. de Humboldt et A. Bonpland, 1809, 3 vol. in-8° et atlas. Les savants les plus distingués de France et d’Allemagne prêtèrent leur collaboration à cette œuvre presque colossale : Arago et Gay-Lussac pour la météorologie et la chimie; Cuvier et Latreille pour la zoologie; Vauquelin et Klaproth pour la minéralogie ; Kunth pour la botanique. Plusieurs des collaborateurs étrangers ont écrit en latin. Ces trois volumes contiennent la partie historique proprement dite des voyages ; le reste forme six autres parties qui sont : 2e partie, Vue des Cordillères et monuments des peuples indigènes de V Amérique, 1810, grand in-fol. ; 3e partie, Becueil d’observations de zoologie et d’anatomie comparée, 1805, 2 vol. in-8° ; 4e partie, Essai politique sur le royaume de la Nouvelle-Espagne, 1811, 2 vol. in-4° et atlas; 5e partie, Recueil d'observations astronomiques , d’opérations trigonométriques , et démesures barométriques, 1808, 2 vol. in-4°; 6e partie, Physique générale et géologie, 1807, in-4°; -7e partie, Essai sur la géographie des plantes, 1805, in-4°. Cette œuvre est un. monument de la science, imparfait en tant que plan d’ensemble, mais dont toutes les parties dénotent un vaste esprit, et souvent, dans les descriptions, une belle imagination d’écrivain. La 4e partie est tout un traité d’économie politique sur la Nouvelle-Espagne, et, dans la 5e partie, l’auteur crée, à son tour, la géographie botanique. Cette partie parait avoir été l’objet de sa prédilection, car dix ans plus tard il la reprit et la développa dans un ouvrage intitulé : De Distributions geographicâ plantarum secundum cœli temperiem et altiludinem montium , 1817, in-4°. Pendant les 22 ans que dura la publication de ses divers travaux, de Humboldt ne fit que de courtes absences de Paris; mais en 1827, cédant aux instances amicales de son souverain, il retourna se fixer à Berlin, où il reçut le titre de conseiller intime. Cependant, au bout de deux ans, il songea à faire un voyage, médité 17 ans auparavant, dans l’Asie centrale. Il l’entreprit sur l’invitation de l’empereur de Russie, Nicolas 1er, qui voulut en supporter les frais, et que surtout l’utilité politique en fût subordonnée à celle de la science. De Humboldt s’associa deux savants, ses amis, et un ingénieur russe, pour partager avec lui les travaux de cette exploration. Elle dura neuf mois, contribua surtout à étendre la connaissance du magnétisme terrestre , et détermina l’empereur à faire établir en Russie des observatoires magnétiques et météo-

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