‹ Dictionnaire général de biographie et d'histoireChapitre 798 sur 864 · HUR · texte numérisé non relu

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rologiques, comme il y en avait déjà en France et en Angleterre. Environ 13 ans après, il consigna les résultats de cette expédition scientifique dans un ouvrage intitulé : Asie centrale, recherches sur les chaînes de montagnes et la climatologie comparée, Paris, 1843, 3 vol. in-8°. La France était pour de Humlioldt comme une seconde patrie, nonseulement par les liens d’amitié qu’il y avait contractés , mais par son origine même , car il descendait, par sa mère, d’une bonne famille de Bourgogne que la révocation de l’édit de Nantes avait forcée à s’expatrier. Aussi, lorsqu’il eut été reprendre son domicile habituel à Berlin, il faisait à Paris une excursion à peu près annuelle, et conserva cette habitude jusque vers la fin de 1847. il avait publié tous ses ouvrages importants à Paris en même temps qu’à Berlin, et ce fut encore à Paris qu’il donna pour la première fois : Examen critique de la géographie du Nouveau Continent, 1835-38, 5 vol. in-8°. L’âge ne ralentit en rien l’activité intellectuelle d’Alex, de Humboldt, car son repos à Berlin fut consacré à la composition d’un ouvrage qui, sous le titre grec de Cosmos (le monde), Essai d'une description physique du monde, résume l’ensemble des connaissances humaines sur le ciel et la terre. Le 1er vol. parut à Berlin en 1845; l'illustre auteur avait alors 7fi ans, et il donna un 4e vol. l’année qui précéda sa mort. C’est un ouvrage très-savant, où l’on rencontre souvent des pages magnifiques, mais c’est la matière d’un livre plutôt qu’un livre fait. On a encore de de Humboldt une foule d’opuscules scientifiques, et les Tableaux de la nature, ouvrage qu’il publia en 1807, dont il prépara une 2e édition à Paris en 1827, et qui est un recueil de souvenirs pittoresques de son voyage aux régions équinoxiales, un des éléments dont s’est formée depuis l’œuvre synthétique du Cosmos. Ces Tableaux ont été traduits en français par M. Ch. Galusky, Paris, 1851, 2 vol. in— 13; le même a traduit le Cosmos avec M. Faye, Paris, 1848-60, 4 vol. in~8°. — De Humboldt, bien que voué entièrement à la science, dut accepter quelquefois de son souverain des missions diplomatiques; il eut, entre autres, en 1830, la mission de reconnaître officiellement le nouveau roi sorti de la Révolution de Juillet. Mais toute sa gloire, tonte sa réputation, il les doit à ses travaux et à ses ouvrages : il fut, sinon un génie scientifique, au moins un esprit remarquable par la puissance de la généralisation ainsi que l’élévation des vues, et il doit à ces deux qualités d’avoir exercé une très-grande influence sur son époque. La variété de ses connaissances, bien que bornées dans chaque partie, formait en lui un ensemble très-savamment relié par une conception facile, souvent poétiquement traduite dans l’exposition. Ses voyages lui avaient appris à embrasser dans son coup d’œil scientifique l’ensemble de l’univers terrestre , pour y rechercher l’application des lois spécialement connues dans chaque science, et l’harmonie de ces lois. La météorologie et la climatologie, la physique générale, la géographie botanique et zoologique, lui doivent particulièrement un éclat qui leur a, depuis, assuré de nombreux adeptes. Ce savoir si étendu, si varié, a valu à de Humboldt le surnom d 'Aristote moderne. que lui décernèrent ses amis et ses admirateurs, et que le public lui a confirmé. C. D — Y.

HURTER (Frédéric-Emmanuel), historien allemand, né en 1787 à Schaffouse, m. en 1865, devint pasteur dans sa ville natale en 1825, abjura le protestantisme à Home en 1844, et fut nommé, en 1845, historiographe de l’empire d’Autriche. Il a publié : Histoire de Théodoric, roi des Ostrogotlis, et de son régne, 1807 ; Histoire du pape Inno-

cent III et de son siècle, 1834-42, 4 vol.; Choses remarquables des dix dernières années du xviii° siècle, 1840; Naissance et Renaissance, 1845-46, 2 vol., récit de sa conversion au catholicisme; Histoire de l'empereur Ferdinand II et de sa famille, 1850-57, 9 vol.; Matériaux pour l’histoire de Wallenstein, 1855, etc. B.

LIUSSON ( .Jean-Honoré-Aristide), sculpteur, né à Paris en 1803, m. en 1864, élève de David d’Angers, remporta le grand prix en 1830. Parmi ses ouvrages on distingue : Adam et Eve, 1834, au musée de S ‘-Orner; l’Ange gardien offrant à Dieu un pécheur repentant, 1837, au musée du Luxembourg; la statue de Bailly, à la façade de l’hôtel de ville de Paris; l’Été et V Automne, 1839, figures colossales de l’une des fontaines de la place de la Concorde; St Bernard, 1841, à l’église de la Madeleine; les bustes de Gourion St-Cyr, de Boissy d'Anglas et de M. Dambray, pour la Chambre des pairs; ceux de Suchel, Cassini, Henri III, St Louis, Blanche de Castille, Marguerite de Provence, Philippe le Hardi, au musée de Versailles; les statues de Marguerite de Provence et d ’Eustache Lesueur, dans le jardin du Luxembourg; celles d’Eustache Lesueur, de Sarrasin et de Desaix, au nouveau Louvre; Clovis, 1851, dans l’église Ste— Clotilde ; Haïdée , au musée de Grenoble, etc. B.

HUSTINGS, espèce de tribune en planches, dressée temporairement au milieu d’une place publique, en Angleterre, et sur laquelle montent les candidats au Parlement pour se faire voir des électeurs , les haranguer, recevoir leurs applaudissements , affronter leurs invectives, et quelquefois essuyer leurs violences; dans certains cas, la populace assaille jusqu’aux hustings mêmes et les renverse. — 11 y avait autrefois, dans la Cité de Londres, une cour des Hustings, qui était la plus ancienne et la plus haute des juridictions : elle existait dès le xie siècle, du temps d’Édouard le Confesseur. Plus tard, on prit le local de cette cour pour y faire l’élection des citoyens envoyés au Parlement par la ville de Londres; de là vint, suivant toute vraisemblance, le nom de Hustings donné à tout endroit où le peuple procède à une élection parlementaire, et en particulier à la manière de tribunal qui s’y trouve construit. C. D — Y.

HYDE DE NEUVILLE (Jean - Guillaume , baron), homme d’État, né à La Charité-sur-Loire, d’une famille d’origine anglaise, m. en 1857, s’affilia en 1797 au club royaliste de la rue de Clichy, dut sortir de France après le coup d’État du 18 fructidor, trama à Londres des complots contre le premier consul Bonaparte, fut même inculpé dans l’odieux complot dit de la machine infernale, complicité qu’il renia, et à laquelle ses qualités morales et l’élévation de son caractère ne permettaient pas de croire ; partit pour l’Amérique en 1805 , eut le tort de pousser Moreau à revenir en Europe pour y porter les armes contre sa patrie, ce qui était partager son crime ; rentra lui-même en France en 1814, suivit Louis XVIII à Gand pendant les Cent-Jours, fut nommé député de la Nièvre à la 2e Restauration, puis ministre de France aux États- Unis jusqu’en 1822, et continua à son retour de montrer à la Chambre un royalisme ardent, mais sans être jamais persécuteur, et tout en conservant des opinions constitutionnelles. Mais, privé d’une pension qu’il touchait depuis 1815, il se rangea parmi les adversaires du ministère Villèle, et reçut le portefeuille de la marine dans le cabinet Martignac en 1828. Renversé par le ministère Polignac, il vécut dans la retraite depuis 1830. On a de lui un Eloge historique du général Moreau, New-York, 1814, in-8°. B.

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