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Saumon, son affluent. Mines d’or, de platine, de fer et de cuivre, surtout dans le comté d’Idaho, qui a donné son nom au pays tout entier. Capit., Florence, déjà peuplée de 5 à 6,000 Européens. La population du Territoire est composée en majorité de tribus indiennes, celles des Punashli et des Nez-Percés. C. P.

ILES (Eyalet des), gouvernement général de l’Empire ottoman , comprend les îles turques de l’Archipel, Thasos, Samothrace, Imbros et Lemnos sur les côtes d'Europe, et les anciennes Spoi’ades asiatiques, Ténédos, Lesbos, Chios, Icaria, Cos, Rhodes, etc. Sa population est d’environ 420,000 hab. , dont 305,000 chrétiens et 115,000 musulmans. Sa superficie est de 2,978,185 heet. Le chef-lieu de l’eyalet est Rhodes ; il est divisé en 6 livahs. C. P.

ILOILO, port de l’ile Panay dans les Philippines, récemment ouvert par le gouvernement espagnol au commerce des autres nations; situé par 10° 35' lat. N., et 120° 25' long. E., à la pointe S.-E. de l’ile, et à l’embouchure de la rivière Ilo’ilo ; 7,000 hab. Exportation de tabac, sucre, riz, chanvre, et cuirs. C. P.

INDE. Révolte des Indes en 1857. — L’annexion du royaume d’Oude, dont le dernier souverain avait été injustement dépouillé par le gouverneur général, lord Dalhousie, en 1856, avait porté au comble l’irritation des indigènes, parmi lesquels courait une tradition , également populaire chez les musulmans et les Hindous, qui fixait à la centième année la ruine de la domination anglaise, qui datait de 1757. Dès la fin de 1856 et le commencement de l’année suivante, une vaste conspiration militaire , qui cachait une pensée d’indépendance nationale, se forma parmi les Cipatjes ou troupes indigènes de l’armée du Bengale, au moyen de symboles mystérieux qui passaient de main en main dans toute la présidence. Un préjugé religieux fit éclater la révolte ; le 3e régiment de cavalerie indigène, stationné à Meerut, ayant refusé de se servir de cartouches que les soldats prétendaient enduites de graisse de porc, substance impure aux yeux des Hindous et dont le contact seul leur faisait perdre leur caste, une cour martiale condamna 85 de ces soldats à 10 ans de prison (9 mai 1857). Mais le lendemain, le régiment tout entier se souleva , délivra les condamnés , entraîna l’infanterie indigène dans sa rébellion, et massacra ce qu’il put d’officiers et de fonctionnaires européens. Le 12, les rebelles entrèrent dans Delhi, dont la garnison indigène se joignit à eux. Un grand nombre d’Européens furent encore massacrés et les établissements des Anglais pillés. La caisse militaire, l’arsenal, les fortifications, tombèi’ent au pouvoir des révoltés, qui tirèrent du palais, où la Compagnie le tenait dans une prison respectueuse, le descendant des Mogols, et le proclamèrent roi de l’Inde, pour rallier la population musulmane au soulèvement des Hindous. Le général Reed , à la tête de quelques troupes européennes rassemblées à la hâte, vint pour reprendre Delhi : mais, arrivé presque sans artillerie, il occupa seulement les hauteurs qui commandent la ville, et fut bientôt assiégé luimême dans son camp. A la nouvelle des événements de Meerut et de Delhi, les cipayes se soulevèrent dans toutes les provinces N. -O., et massacrèrent les Européens, le 30 mai, à Lucknow, dont la garnison européenne dut se réfugier dans le palais de la Résidence, qui fut en quelques jours le seul point du royaume d’Oude au pouvoir des Anglais ; le 31 à Bareilly ; le 27 juin à Cawnpour, malgré une capitulation formelle que viola odieusement un chef indigène dépossédé par la Compagnie, Nana-Sahib ; le 27 juillet à Dinapour, puis à Sagowlie, ee qui coupait les communications entre Calcutta et Allahabad ; enfin à Midnapour et à Jessore, c.-à-d. à 25 lieues de Calcutta; ces derniers soulèvements furent aisément réprimés ; mais en même temps plusieurs régiments des armées de Madras et de Bombay refusaient l’obéissance.

Enfin, l’armée campée devant Delhi, et qui en 2 mois eut 23 combats à livrer aux insurgés, reçut des renforts. Le gouverneur du Pendjab, sir John Lawrence, avait maintenu sa province dans l’obéissance en désarmant les troupes indigènes suspectes et en profitant habilement de la haine qui animait les Seikhs du Pendjab, zélés musulmans, contre les Hindous. Il envoya le général Nicliolson au secours des Anglais, dont l’armée fut portée devant Delhi à 14,000 hommes et put sortir de la défensive. Le siège commença le 19 août, et la ville fut prise après des assauts terribles répétés pendant 6 jours ( 14-20 sept.). Le vieux roi fut pris et eut la vie sauve, pour être ensuite condamné à une prison perpétuelle ; ses fils et ses petitsfils furent massacrés sur place. Pendant ce temps, le général Haveloek avait quitté Allahabad pour délivrer les

Anglais enfermés dans la Résidence de Lucknow ; mais son armée, affaiblie par 9 victoires qu’elle dut gagner le long du Gange, n’avait pu, le 16 août, dépasser Cawnpour, et n’arriva que le 25 septembre devant Lucknow, sans pouvoir même prendre la ville : Haveloek fut lui-même assiégé dans Alumbagh, d’où il ne fut dégagé que le 17 nov. parle général en chef, sir Colin Campbell. Les Anglais de Lucknow furent délivrés, mais la ville fut évacuée presque aussitôt (23-24 nov.) par Campbell, qui ne la reprit quele 19 mars 1858, après des assauts de 5 jours, aussi terribles que ceux qui avaient délivré Delhi. La prise de ces deux villes importantes frappa au cœur la rébellion, qui n’avaitplus de centre de résistance. Dans l’intervalle et après la soumission de Lucknow, les autres places de l’Oude , des provinces N. -O. et du Roliil-Kund furent emportées, et les cipayes poursuivis de tous côtés par les généraux Grant, Leaton, Outram, Inglis, Whitlok, Rose, avec l’aide de Jung-Bahadour, souverain du Népaul. Bareilly fut repris le 7 mai 1858, Kalpi le 23, Gwalior le 19-20, et de nombreux combats contre les insurgés du centre et de l’O., dans le Bundel-Kund et le Radjepoutana, signalèrent encore les mois suivants. Une seconde campagne fut même nécessaire dansl’Oude (oct., déc. 1858), oùlaBegum, femme du dernier roi, et trois chefs indigènes, Nana-Sahib, Beni- Madho, et Tantia-Topie, avaient recommencé la guerre. Une proclamation solennelle de la reine Victoria publiée le 1er octobre, annonçant que le gouvernement de l’Inde était transporté à la Couronne, et promettant, avec l’amnistie, pour ceux qui se soumettraient avant le 1er janvier, le respect des propriétés particulières et de la religion, fut bien accueillie, et aida les opérations militaires. On recueillit plus de 1,420,000 armes de toute espèce ; sur 1,569 forts ou citadelles, on en détruisit 1,525, conservant les 44 autres pour le service du gouvernement, et enfin l’autorité britannique fut complètement rétablie dans l’Oude en janvier 1859. Le 7 avril, Tantia-Topie fut pris et pendu, Beni-Madho tué bientôt après, et Nana-Sahib disparut. — L’insurrection avait duré 2 ans, et faillit ruiner la domination anglaise; elle a augmenté la dette de l’Inde de plus d’un milliard, et mis fin à l’existence de la célèbre Compagnie ; car elle fut abolie comme puissance politique par un acte du Parlement, le gouvernement de l’Inde donné directement à la Couronne, et un ministère spécial créé pour les Indes dans le cabinet de Londres (2 sept. 1858 ), pendant que, dans la Péninsule, l’armée était réorganisée avec une proportion beaucoup plus considérable de troupes européennes, et le territoire mieux réparti entre 7 présidences par la création de celle du Pendjab, et plus tard celle des provinces Nord-Ouest, des Prov. Centrales et de la Birmanie britannique pour les territoires de l’Indo- Chine (F. ces mois au Suppl.). C. P.

INDEE, v. du Mexique, ch.-l. du département de Nazas, aux sources du Rio-Nazas, sur le haut plateau de la sierra Madré, par 26» lat. N. et 108° 7' long. O. Expbntation d’or et d’argent.

INGEMANN ( Bernhard-Severin) , littérateur danois, né en 1789 à Torkildstrup, dans 1 lie de Falster, m. en 1862, devint, en 1842, directeur de l’Académie de Sorœe, où il enseignait depuis 20 ans la langue et la littérature danoises. Ses ouvrages , qu’il commença de publier en 1811, ont été réunis en quatre collections : — 1° OEuvres dramatiques , 1853, 6 vol.; — 2° Poèmes et Romans historiques, 1817-55, 12 vol., où l’on remarque les Chevaliers noirs (épopée romantique eu 9 chants, 1814), le Chevalier du Lion (1816), la Délivrance du Tasse (1819), Waldemar le Grand et ses compagnons (1824), Waldemar vainqueur (1826), la Jeunesse d’Erik Menved (1828, trad. en français par Duokett, Paris, 1843), le roi Erik et les proscrits (1833), le Prince Otton de Danemark et son siècle (1835), la Reine Marguerite (1836) , et Ogier le Danois (1837) ; — 3» Contes et Nouvelles , 1847-53, 12 vol.; — 4° Romances, Poésies, Contes en vers, 1845-56, 9 vol. Les œuvres d’Ingemann font bien connaître les mœurs des Danois au moyen âge ; l’imitation de Walter Scott y est évidente. On peut reprochera l’auteur un excès de romantisme et de sentimentalité.

INGRES (Jean-Auguste-Dominique), peintre d’histoire, né à Montauban en 1780, m. en 1867, montra dès son enfance des dispositions pour le dessin et pour la musique instrumentale. Son père, violon et peintre distingué, l’initia à ces deux arts ; mais Ingres ne tarda pas à se prononcer pour la peinture. Alors on le conduisit à Toulouse, dans l’atelier d’un M. Roques, peintre qui, ayant visité l’Italie, en avait rapporté un goût très-vif pour Raphaël. L’élève prit ce goût, et le conserva toute sa vie. Il profita si bien des premières leçons, qu’à l’âge de onze ans, il obtint à Toulouse le grand prix de dessin.

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