LOD
terrée dans le chœur de l'église collégiale de Loches; son tombeau, détruit à la Révolution, a été restauré en 1806, et placé dans le château.
LOCH-LEVEN. V. Leven.
LOCH WINNOCH , vge d'Ecosse ( Renfrew), sur la Calder, à 12 kil. O. -S. -O. de Paisley ; 1,900 hab. Importantes filature- de coton.
LOCKE (John), philosophe et publiciste anglais, né en 1032 à Wrington (Bristol), m. en 1704, était fils d’un greffier de justice de paix qui , lors des troubles de 1640, prit parti pour la révolution, et servit dans l’armée parlementaire. Après avoir commencé ses études à Londres, au collège de Westminster, Locke passa à l’université d'Oxford, au collège du Christ, y prit ses grades en 1655 et 1658, et y obtint ensuite un bénéfice, c.-à-d. un titre (celui de fellow ou agrégé) et un traitement sans fonctions actives. La médecine , et la philosophie dont il puisa le goût dans les livres de Descartes, furent l'objet de ses études de prédilection. L’amitié d’Ashley Couper, comte de Shaftesbury , avec qui il se lia en 1666 , lui ouvrit la carrière des fonctions publiques, où il partagea les alternatives de faveur et de disgrâce de son protecteur, jusqu’à être rayé, en 1684, de la liste des membres de l'université d'Oxford , et obligé de chercher un refuge en Hollande. La révolution de 1688 le ramena en Angleterre; il fut membre du Conseil d’appel, puis du Conseil du commerce. La faiblesse de sa santé le décida, eu 1700, à résigner ses fonctions, aussi bien que les émoluments que le roi Guillaume III voulait lui conserver, pour se retirer chez une amie, lady Masham , fille du célèbre Cudworth. Il y mourut à l'âge de 73 ans. Locke fut également recommandable par son caractère et par son talent. Engagé par ses antécédents , ses goûts et ses liaisons dans la causé des libertés politiques et religieuses, il la servit par divers écrits, dont les plus considérables sont une Lettre sur la tolérance , adressée à Limborch, ministre protestant d’Amsterdam, 1689 ; un Traité sur le gouvernement civil , 1690, in-8°, où il soutient la doctrine de la souveraineté nationale contre les partisans du droit divin, et le Christianisme raisonnable , 1695, in-8-' oui le fit accuser de socinianisme. Locke a aussi composé Pensées sur l'éducation des enfants, lb93,in-8°, et un livre Sur le commerce. Mais le plus célèbre de ses ouvrages, celui qui , pour la postérité , marque surtout sa place au rang de» philosophes, c'est un Essai sur T entendement humain , Londres, 1690, in-fol. Peu de livres ont eu un plus grand nombre d’éditions, ou ont été traduits en plus de langues. Une traduction française de Coste, 1700, in-4°, a beaucoup contribué à la popularité et à la diffusion du système de Locke. Adversaire de Descartes, son véritable maître, comme Aristote l’avait été de Platon, Locke, eu niant l’in— néité de certaines idées, en assignant pour origine à toutes nos connaissances la sensation et la réflexion, c.-à-d. l’expérience des sens et l’expérience intime, à l’exclusion de la raison, en retenant peut-être à son insu, du péripatétisme et de la scolastique, la théorie des idées- images , a préparé tout à la fois l’empirisme étroit de Condillac, et l’idéalisme sceptique de Berkeley et de Hume. Mais un grand fonds de bon sens, une analyse pleine de sagacité alors même qu’elle s’égare, une exposition facile et lumineuse au point de faire parfoft. illusion sur la véritable valeur des doctrines, l’indépendance unie à la modération, la loyauté de l'honnête homme, sont les qualités réelles qui placent l'Essai sur l'entendement humain immédiatement apres les grands travaux des Platon, des Aristote, des Descartes, des Leibniz, des Malebranche. L’édition la meilleure des Ütuvres complètes de Locke est celle de Londres, 1824,9 vol. in-8°, en anglais. Les OEuvres philosophiques, publiées en français parThurot, Paris, 1821- 1825, 7 vol. in-8°, contiennent, avec les Pensées sur l'éducation, Y Essai sur l'entendement et la Lettre sur la tolérance , quelques opuscules moins importants, de ta Conduite de l'esprit dans la recherche de la vérité, un Examen de l'opinion du /’. Malebranche sur la vision eu Dieu, eu:. Dans le nombre des é< its destinés à combattre les erreurs de Locke, on distingue les Nouveaux Essais sur l’entendement humain de Leibniz, et la réfutation qu'a doftoiée M. V. Cousin dans son Cours d histoire de la philosophie moderne, 1829. B — E.
LOCKEREN. V. Lokeren.
LOCKPURT , v. des Etats-Unis (New- York), à 31 kil. N.-N.-E. de Buffalo, sur le canal de l’Hudson au lac Erié ; 13,500 hab.
LUCRE (le), v. de Suisse, cant. et à 15 kil. N.- O. de Neuchâtel ; 8,500 hab. Fabr. d’horlogerie et dentelles.
LUCMAN. f. Lokman.
LOCMAR1AKEK, vge (Morbihan) , arr. et à 65 ail. S.-E. de Lorient , petit port sur le golfe du Morbihan ;
662 hab. Pèche d’huîtres. Beaucoup d’antiquités druidiques et romaines.
LOCM1NE, ch.-l. de canton (Morbihan), arr. et à28 kil. S.-S.-E. de Napoléonville ; 1,440 hab.
LOCOROTUNDU , v. du royaume d’Italie (prov. de Bari), à 58 kil. S.-S.-E. de Bari, 35 N.-E. de Tarente, 7,295 hab.
LOCOFOCOS, c.-à-d. au lieu de feu, nom des allumettes chimiques aux Etats-Unis, donné comme sobriquet aux démocrates radicaux, parce que , dans un de leurs clubs , les lampes s’étant éteiutes , ils les rallumèrent avec des allumettes de ce genre.
LUCRE DE ROISSY (Guillaume), jurisconsulte né en 1758 à Leipzig, d une famille française, m. en 1840, était avocat au parlement de Paris en 1789. Merlin et Cambacérès le chargèrent, en 1794, de classer les lois décrétées jusqu’à cette époque. Il fut secrétaire-rédacteur du conseil des Anciens en 1795, et secrétaire-général du crm=oil d’Etat sous le Consulat et le 1er empire. On a de lui : Procèsverbaux: du conseil d'Etat , contenant la discussion du projet du Code, 1803-4, 5 vol. in-4°; Esprit du Code Napoléon, tiré de la discussion , 1806, 7 vol. in-8°; Esprit du Code de commerce, 1811-1813, 10 vol. in-8», et 1829, 4 vol. in-8»; Esprit du Code de procédure, 1816, 5 vol. in-8°; Législation de la France, 1826-32, 31 vol. in-8», etc.
LOCRES, Locri epizephyrii (c.-à-d. à l’Occident) , v. de l’Italie ancienne | Grande-Grèce ) , sur la côte E. du Brutium, au S. de l’embouchure de la Sagra. Colonie locrienne , célèbre par son législateur Zaleueus, et patrie de l’iinée, elle fut soumise par Denys l'Ancien, puis par les Bomains, qui la châtièrent rudement de son alliance avec Annibal, 205 av. J.-C. Auj. Gerace.
LOCRIDE , Locris, nom de deux pays de l’anc. Grèce : l’un, la Locride orientale, située sur la mer d’Eubée ; l’autre, la Locride occidentale , sur le golfe de Corinthe. La Locride orientale était divisée en deux parties : 1° Locride üpontienne, ainsi appelée d’Oponte, sa capitale, et bornée au N. et à l’E. par la mer d’Eubée, à l’O. par la Phocide, au S. par la Béotie, dont la séparaient les monts Opontiens ; villes princip. : Opoute, Cynos (arsenal maritime d’Oponte), Alope, Daphnonte I appartenant originairement à la Phocide ) ; 2° Locride Epimemidiexine, tirant son nom de sa position au pied du mont Cnémis, qui la séparait au S. de la Phocide, et bornée au N. par le golfe Maliaque, à l’E. par la Locride Opontienne,à l’O. par lesThermopyles; villes princip. : Cnémides, Scarphia, Nicée, Thronion. Ces deux L.oerides correspondent, dans le royaume actuel de Grèce, à la partie orientale de l'éparchie de Phthiotide, dans le nome de Phthiotide-et-Phocide. La Locride occidentale, séparée des précédentes par la Doride et la Phocide, et bornée à l’E. par le Parnasse, au S. par le golfe de Corinthe, au N. et à l’O. par l’Etolie, était arrosée par l’IIylœthus, et avait deux villes principales, Amphissa et Nnupaete. On l’appelait Locride Ozolieune on puante, de la fétidité d’une source qui coulait de la colline où, dit-on, avaient été enterrés les cadavres de Nessus et des autres Centaures. Les habitants étaient une colonie des Epicnémidiens, et leur pays correspond auj. à la partie S. de l’éparchie de Phocide, dans le nome de Phocide-et-Phthiotide. — Les traditions mythologiques de la Locride semblent Indiquer que la première population de ce pays fut une tribu de Pélasges-l.élèges, qui reçut, à l’invasion hellénique, des chefs île race éolienne, et prit de 1 un d’eux, Locrus, le nom de Locriens. Ils n’ont joué aucun rôle dans l'histoire de la Grèce. C. P.
LOCUSTE, fameuse empoisonneuse de Rome, fit périr l’empereur Claude par l'ordre d’Agrippine, l’an 807 de Rome, 54 de J -C. , et Britannicus par l’ordre de Néron, l’an 808. Ce dernier lui donna même des disciples, puis I la mit à mort, parce qu’elle tenta, dit-on, de l’empoisonner à son tour.
LODER (Ferdinand-Christian de), anatomiste, né à Riga en 1753, m. en 1832, étudia la médecine à Goettingue, séjourna plusieurs années en France, en Hollande et en Angleterre, fonda la clinique medico-cbirurgicale à léna, enseigna la médecine à Ilalle de 1803 a 1806, se rendit de là en Russie, devint directeur de l’hôpital de Moscou en j 1814, et créa l’amphithéâtre anatomique de cette ville en 1819. On a de lui : Manuel d'anatomie, léna, 1788 et 1800, in -8° ; Eléments d' anthropologie medicale et de médecine legale, ibid., 1791 , et Weimar, 1800; Journal de chirurgie , léna, 1797-1804. 4 vol.; Tatmlœ nnatomicœ , Weimar, 1794-1804, 4 vol. in-fol.; Elementa unatomiœ corporis liumani, Moscou, 1822, etc.
LODEVE, Luteva, s.-préf. (Hérault), à 52 kil. O -N. -O. | de Montpellier, dans un joli vallon au pied des Cévennes,
LOI
au confluent de la Snlondre et de l’Ergue ; 11,398 liab. Tribunaux de lre instance et de commerce; collège. La ville est entourée de vieux murs et mal bâtie. Importantes fabr. de draps pour l’armee, filatures de laine, tanneries. Comm. d'eaux-de-vie, huiles d'olive, amandes, savon, châtaignes, fruits. — Lodève passa des Romains aux Goths, puis aux Francs, fut gouvernée par ses vicomtes, puis par ses évêques, qui conservèrent cette seigneurie, et eurent le droit de battre monnaie jusqu’en 1789. Elle fut prise pâlies protestants en 1573. Patrie du cardinal de Fleury.
LODI, v. du roy. d’Italie, sur la rive dr. de l’Adda, dans la prov. et à 31 kil. S.-E. de Milan; par 45° 18' 31" lat. N., et 7° 9' 45" long. K.; 20,920 hab. Ch.-l. d’arrondissem. Evêché suffragant de Milan; 2 gymnases, lycée, bibliothèque. La ville est bien bâtie; on y remarque surtout une belle place, l’hôpital et l’église de Vlncoronata, bâtie par Bramante. C’est le centre de la fabrication des fromages dits Parmesans et Strar.chino. Ses fabriques de faïence étaient autrefois estimées. Elle fut fondée au xiie siècle, après la destruction de l’antique Laus Pompeia , et eut de longues querelles avec Milan. Il y fut conclu, en 1454, un traité qui unissait tous les Etats italiens en une seule confédération. Bonaparte y entra (10 mai 1796) après la victoire du pont de Lodi — L’anc. délégation de Lodi-et- Creme, entre celles de Bergame au N., de Milan et de Pavie a. 10., de Crémone à l’E. , et le duché de Parme au S., dont la séparait le Pô, et traversée du N. -O. au S.-E. par l’Adda, avait 11,980 kil. carr., et 210,000 hab. Sol trèsfertile en vin, grains, lin, fruits. Elève de bétail.
i.o Di- vecchio, vge du roy. d’Italie, situé à 6 kil. O. de Lodi, bâti sur les ruines de la Laus Pompeia , qui, colonisée par Pompéius Strabon, fut détruite par les Milanais au xjie s écle.
LüDIANA, LOTÎDIANAH ou LUDHEANA, v. forte de l’Hindoustan anglais i Pendjab), sur un bras du Setledge, à 200 kit. N. -O. de Delhi, 50 de Sirhind ; 47,000 hab. Fabr. île cachemires. — Presque détruite en 1846 par les Scykhs.
LODOMIRIE (pour Wladimirie) , anc. pays de la Pologne, à l’O., ainsi nommé de Wladimir le Grand, duc de Kiew, qui en fit la conquête à la fin du x® siècle. Roman Mstislavitch, descendant de ce prince, étant devenu maître de Halicz (nom dont est dérivé celui de Galicie ) en 1198, donna à ses Etats le nom de royaume de Gulicie-et-Làdomirie. Son fils , Daniel , réussit à se maintenir contre André II, roi de Hongrie, puis contre Coloman. Après lui , Léon fonda la ville de Léopol ou Lemberg. En 1340, Casimir, roi de Pologne, réunit la Lodomirie à ses domaines.
LUDS ET VENTE, somme que l’on payait au seigneur féodal pour la mutation de la censive, c.-à-d. quand l’héritage changeait de mains par une vente ou par un acte équivalent. Elle était, en général, du 12® pour les rotures. Pour les fiefs, c’était la 5® partie du prix à Paris, le quart en Nivernais, le 6® en Poitou, le 12® dans le Maine, le 13® en Normandie, etc.
LODUNUM, nom latin de Laon.
LŒFLiNG (Pierre), botaniste suédois, né à Tollforsbruch en 1729, m. en 1756, élève de Linné à Stockholm, où il soutint une thèse de Gemmis arborum en 1749, fut recommandé par ce savant à l’ambassadeur du roi d’Espagne, qui l’engagea au service de son maître. Il visita le Portugal eu 1751, resta deux ans à Madrid, où il étudia 1,400 plantes , fut envoyé dans la Nouvelle-Andalousie , en Amérique, 1754, et mourut au milieu de ses herborisations. Ses ouvrages ont été insérés dans ceux de Linné par Linné lui-même, qui a donné le nom de Læjlingia à une petite plante.
LŒRRACH. V. Lorrach.
LŒSSNITZ, v. du royaume de Saxe, sur une rivière de même nom, à 28 kil. S.-E. de Chemnitz; 5,367 hab. Cotonnades et lainages.
LOÈVE-VEIMARS. V. Veimars.
LŒWEN, nom flamand de Louvain.
LŒWENBERG, v. des Etats prussiens ( Silésie), sur la Bober, à 37 kil. O. -S. -O. de Liegnitz, 4,000 hab. Fabr. de draps. Carrières de grès.
LŒWENBERG. V. aussi LEONBERG.
LŒWENDAHL. V. Lowendahl.
LŒWENSTE1N, v. du Wurtemberg, à 10 kil. S.-E. de Weinsberg; 1,860 hab. Ch.-l. d’un comté médiatisé, dont la souveraineté est partagée entre deux branches de la maison de Lœwenstein, les Loewenstein-Wertheim-Freudenberg et les Lœwenstein-Wertheim-Rosenberg. Sources alcalines et bains.
lœyenstein (Château de). V. gorkum.
LOFODEN (Iles), archipel de l’océan Glacial arctique, sur la côte O. de la Norvège, dont il est séparé par le bras dit West-Fjord, large de 55 kil. ; par 67» 35’-69° 30’ lat. N., et 8® 35’-14® long. E.; 3,000 à 4,000 hab. Il y a 9 îles principales. Grande pêche de morues, attirant jusqu’à 20,000 pêcheurs. C’est à l’extrémité S.-O. qu’est le gouffre périlleux de Mal-Strœm. Sol montagneux et sans culture.
LOGES (Les) ancien couvent (Seine-et-Oise), a 2 kil. N.- O. et dans la forêt de Sl-Germain-en-Laye. Il fut sucprimé à la Révolution ; Napoléon I«r y établit une supcursale de la maison impériale de S^Denis. ( V. légion d’honneur.)
LO GH MAN, LAGHMAN ou LOUGHMAN, prov. de l’Afghanistan, entre celles de Kaboul à l’O., de Djelalabad au Sud et à l’Est, et l’Hindou-Kho au Nord; villes principales : Dir, Batchaour. Sol fertile; forêts giboyeuses.
LOGISTES, magistrats de l’anc. Athènes, chargés de recevoir les comptes de tous ceux qui sortaient de charge. Ils étaient nommés par la voie du sort.
LOGOGRAPHES, nom donné aux écrivains primitifs de la Grèce, à ceux qui ont consigne par écrit, en prose, les événements remarquables et même les traditions fabuleuses de leur pays. Ils marquent le passage presque insensible de la poésie épique à la prose, et ont précédé Hérodote. Tels furent Denys et Cadmus de Milet, Hellanicus de Leshos, etc.
LOGOTHÈTE, c.-à-d. qui tient les comptes , officier de l’empire d’Orient, espèce de garde-des-se“au\, chargé de mettre en ordre les dépêches de l’empereur. L.e patriarche de Constantinople avait aussi un logothète.
LOGOUN, contrée de l’Afrique centrale (Nigritie), limitrophe du Baghermé et du Bournou, au S. du lac Tchad, et traversée par le Chary; ch.-l. Kernok. On y fabrique des tissus de coton.
LOGRONO, anc. Juliobriga, en latin moderne Lucronium, ville d’Espagne ( Vieille-Castille) , capit. de la prov. de son nom, sur la rive dr. de l’Ebre, à 132 kil. E. de Burgos, 352 N.-N.-E. de Madrid, dans un beau et fertile pays; pop. de la commune: 11,50 hab. Fabr. de chaises, canapés, chapeaux; distilleries d’eaux-de-vie, tanneries. Patrie du peintre F. Navarette, du poète Lopez de Zarate. Prise par les Français en 1823. — La prov. de Logrono, division administrative du roy. d’Espagne, est formée de la partie N.-E. de l’anc. Vieille-Castille, entre la Navarre, la prov. d’Alava au N., les prov. de Burgos à l’O., de Soria au S., et l’Aragon à l’E. Sol montagneux à l’O. et au S. Superf. , 5,000 kil. carrés; 175,100 hab. en 1860.
LOGUDORO. V. Sassari.
I.OHARRA ou LOARE, anc. Calaguris Fibularensis, brg d’Espagne (Huesca), située à 61 kil. N.-N.-E. de Saragosse, 27 N. de Huesca; 1,500 hab.
I.OHEAC (André de Laval, sire de), vaillant capitaine du temps de Charles VII , fut aussi renommé pour sa fidélité que pour son désintéressement, se trouva au siège d’Orléans, à la bataille de Patay, devint maréchal de France en 1439, et mourut dans un âge très-avancé, en 1486.
LOHEIA, v. d’Arabie (Yémen), port peu profond sur la mer Rouge, à 290 kil. N. -N. -O. de Moka. Commerce de café et de grains avec le ( aire par Djedda ; 5,000 hab.
LO-HOÈI, v. de l’empire chinois (Kouang-toung), dans Pile d’Hai-nan, à 130 kil. de Khioung-tchéou ; 80.000 hab.
LOHR, v. de Bavière (Basse-Franconie), sur la rive dr. du Mein, à 33 kil. E. d’Aschaffenbourg, 37 N. -O. de Wurzbourg; 3,600 hab. Construction de bateaux; comm, de bois. Papeteries, moulins à foulon.
LOHRASP, 4® roi de’Perse de la dynastie des Kaïaniens, est regardé par quelques orientalistes comme le même que le Cambyse des écrivains grecs.
LOI COMMUNE, Common law , nom donné en Angleterre , par une assez singulière fiction , à la coutume du pays qui est virtuellement dans tous les esprits , dans toutes les consciences. On suppose que les juges , organes légaux de l’opinion publique, se conforment à la loi commune , lorsque déjà des décisions sur des cas semblables ( precedings ) l’ont fait connaître; qu’ils la déclarent, lorsqu’ils prononcent sur des questions qu’on n’a pas eu encore occasion de décider; que, dans ce dernier cas, le jugement a été rendu ainsi, parce que telle était la loi existante et vivante dans la conscience de tous les citoyens , quoiqu’elle n’eùt pas encore été manifestée. Ainsi la Common law n’est pas une loi écrite.
LOI GOMBETTE. V. GOMBETTE (LOl).
loi martiale, loi rendue le 21 octobre 1789 par l’Assemblée constituante , et d’après laquelle , chaque fois que
LOI
LOI
les circonstances nécessiteraient sa proclamation , le canon devait être tiré et un drapeau rouge placé sur la maison commune ; les rassemblements , après avoir été sommés par trois fois de se disperser, étaient dissipés par la force.
loi royale, loi qui constitua la monarchie absolue héréditaire en Danemark et en Norvège, et qui fut rendue, sans promulgation, le 14 novembre 1665. Elle établit que le roi est supérieur à toute loi humaine, chef suprême des affaires ecclésiastiques, maître des biens et de la vie de ses sujets, qu’il a le privilège de nommer aux emplois, de faire la paix et la guerre. Elle lui interdit seulement de toucher à la Confession d’Augsbourg, à laquelle il doit appartenir, et de changer l’ordre de succession, qui est en ligne directe mixte, les mâles, tant qu’il en existe, venant de préférence aux femmes.
LOI 8ALIQUE. V. SALIQUE (Loi).
Lois (chevaliers ès), jurisconsultes qui, dès le xm» siècle , et surtout au xive, prirent ce titre comme’ défenseurs légaux du roi.
LOIS AGRAIRES. V. AGRAIRES (Lois).
LOIS SOMPTUAIRES. V. SOMPTUAIRES (Lois).
LOING t Le | , Lupia , riv. de France, prend sa source à Ste-Colombe (Yonne) , arrose les départem. de l’Yonne, du Loiret et de Seine-et-Marne, et se jette dans la Seine , rive g. , près de Moret. Cours de 130 kil. , par Cliâtillonsur-Loing, Montargis et Nemours. Il n’est pas navigable , mais alimente le canal du Loing ou de Montargis , continuation de ceux de Briare et d'Orléans , et qui met la Loire en communication avec la Seine ; ce canal , commencé en 1720 , a 53 kil. de long.
LOIR , Lœdus , Lidericus, riv. de France, prend sa source dans l’étang de Cernay (Eure-et-Loir), passe à Bonneval , Châteaudun, Fréteval, Vendôme , les Roches , Château-du- Loir, le Lude , La Flèche et Durtal , arrose les départem. de Loir-et-Cher, de la Sarthe et de Maine-et-Loire , et se jette dans la Sarthe , rive g., à 8 kil. N. d’Angers. Cours de 250 kil. , navigable sur 113 , au moyen de 39 écluses. Il reçoit, à gauche, la Conie, la Long et la Meaulne ; à droite , la Thironne , le Fouchard , l’Ozane et la Braye.
loir -et- cher, département du centre de la France; ch.-l., Blois ; formé du S.- O. de l’Orléanais et d'une petite partie de la Touraine; situé entre les départem. d’Eureet-Loir au N., du Loiret, et du Cher à l’E., de l’Indre au S., de l’Indre-et-Loire et de la Sarthe à l'O. ; superf., 634,497 hect. Pop., 275,767 hab. Arrosé par la Loire, le Loir, le Cher, et entrecoupé de nombreux étangs très-poissonneux. Pays plat , fertile ( excepté au S. dans l’anc. Sologne ) en grains, légumes, fruits, chanvre; vins assez estimés. Le quart du départ, est couvert de bois ou de landes incultes. Elève de moutons, chevaux, volailles; marais à sangsues. Exploitation de pierre à fusil. Fabr. de cuirs, verres, draps, lainages, vinaigre. 11 forme le diocèse de Blois, et dépend de la cour impériale d'Orléans.
Lui RE (La) , Liger, Ligeris , le plus grand fleuve de France, naît dans les Cévennes, au mont Gerbier-des- Joncs (Ardèche ) , coule d’abord au N. -O. , puis au S. -O., et enfin à l’O., arrose les départem. de la Haute-Loire et de la Loire , sépare ceux de Saône-et-Loire et de l’Ailier, entre dans celui de la Nièvre qu’il sépare du Cher, baigne ensuite ceux du Loiret, de Loir-et-Cher, d’Indre-et-Loire, de Maine-et-Loire, de la Loire-Inférieure, et se jette dans l’océan Atlautique au-dessous de Sl-Nazaire. Cours de 1,126 kil. , par le Puy , Sl-Rambert , Roanne, Digoin , Decise, Nevers, La Charité, Cosne , Briare, Gien , Jargeau, Orléans, Beaugency, Blois, Amboise, Tours, Saumur, les Ponts-de-Cé , S'-Florent, Ancenis , Nantes, Indret, Savenay et Paimbœuf; navigable depuis Roanne. Les affluents de- droite sont : le Furens, l’Arroux, la Nièvre, la Maine, et l’Erdre ; ceux de gauche, l’Ailier, le Loiret, le Cher, l’Indre, la Vienne, le Thouet et la Sèvre-Nantaise. La hauteur moyenne de la Loire varie de 2 à 3 mèt. ; sa largeur moyenne est de 350 mèt. ; l’altitude des eaux à la source est de 1,400 mèt. La marée se fait sentir jusque dans les environs de Nantes. Le courant du fleuve est généralement rapide (1 mèt. 30 par seconde). Le manque d’eau , les crues (celle de 1846 dépassa 7 met. ) ou les glaces suspendent ordinairement la navigation pendant 4 ou 5 mois de l’année; le déplacement des sables, la formation des bancs ou grèves, la rendent difficile d’ailleurs. Sur une grande partie du cours du fleuve, on a exécuté des digues parallèles pour resserrer les eaux , ou des barrages pour les maintenir à une élévation égale. Sur la rive droite, de Blois à Angers, est ce qu’on nomme \a.Levee de la Loire; l’origine en remonte à Charlemagne et à Louis le Débonnaire; elle n’était d’abord composée que de petites digues isolées, que les seigneurs faisaient élever par
les paysans pour préserver leurs propriétés à chaque crue; Henri II, roi d’Angleterre et comte d’Anjou, la déclara monument public. Depuis la fin du xvite siècle, on a substitué aux murs en talus, qui soutenaient la levée du côté de la Loire, des perrés en pierre de tuf, reposant sur deux rangs de pilotis. La largeur actuelle de la levée à sa- base est de 25 à 35 mèt. , et , sur la voie , de 6 à 12 mèt., avec parapets des deux côtés aux abords des villes et des bourgs ; de 1496 à 1711, elle fut rompue 27 fois; elle résista en 1799 à une crue supérieure aux précédentes. Un canal latéral à la Loire ( 198 kil.) fut commencé en 1822, ouvert complètement à la navigation en 1838 , et coûta près de 30 millions de fr. ; il offre de magnifiques travaux d’art. Il longe la rive g. du fleuve de Roanne à Briare. — Le bassin de la Loire a une superficie de 131,000 kil. carr. environ ( à peu près le quart de la France) , et comprend en tout ou en partie 27 départements ; il a pour ceinture le contre-fort que la Côte-d'Or projette jusqu’à l’extrémité de la Bretagne , les Cévennes septentrionales , et la chaîne de montagnes qui se détache du massif du Lozère pour aboutir à l'embouchure de la Loire. B.
loire (La), département du centre de la France, ch 1., St-Etien ne; formé dans l’anc. Lyonnais (Forez, Lyonnais propre et partie du Beaujolais), et situé entre les départem. de Saône-et-Loire au N., du Rhône à l'E. , de l’Isère au S.-E., de l'Ardèche et de la Haute-Loire au S. , du Puy-de- Dôme et de l’Ailier à l’O. Superf., 537,108 hect. Pop., 517,603 hab. Arrosé par la Loire et le Rhône, coupé de nombreux étangs , traversé par les Cévennes et les montagnes du Forez. Les forêts, composées surtout de pins, sapins et hêtres, fournissent beaucoup de térébenthine, de goudron et de résine. Sol peu fertile en céréales Pt en vins: élève de gros bétail ; culture du mûrier, des plantes oléagineuses , de la garance , du pastel , du safran. Industrie très-active. Fabr. d’étoffes et de rubans de soie, mousselines, fers, aciers, armes, verres, bouteilles, tissus de coton , toiles , papiers ; construction de bateaux pour la Loire; exploit, très-importante de houille, fer, plomb, marbre, pierre. — Ce département dépend de l’archevêché et de la cour impériale de Lyon.
loire (Armée de la ) , nom que l’on donna en 1815 à l’armée française qui, après le désastre de Waterloo, fut éloignée de Paris et dut se retirer derrière la Loire; une ordonnance du 16 juillet la licencia, et ceux qui en avaient fait partie furent appelés, dans certains journaux royalistes, les brigands de la Loire , pour avoir servi sous Napoléon 1er.
loire (iiaute-), département du centre de la France, ch.-l. , Le Buy; formé dans l’anc. prov. de Languedoc ( Velay, partie du Vivarais, Gévaudan), entre les départements du Puy-de-Dôme et de la Loire au N. , de l'Ardèche au S.-E., de la Lozère au S. , du Cantal à l'O. Superf., 498,560 hect.; pop. , 312,061 hab. Arrosé par la Loire et l’Ailier, traversé à l’E. par les Cévennes, à l’O. par les monts de la Margeride , au S. et au N. par les montagnes du Forez. Il offre de’grandes beautés naturelles. Sol peu fertile et mal cultivé, volcanique en certaines parties; récolte de céréales et de vins communs ; élève de mulets, porcs, bêtes à cornes. Mines de bouille, fer, cuivre, zinc, plomb, antimoine. Exploit, de marbre. Pouzzolane. Sources minérales. Peu d’industrie : dentelles, soie, rubans, poteries. Emigration annuelle assez considérable. — Ce département forme le diocèse du Puy, et dépend de la cour impériale de Riom.
loire-infÉrieure, département de l’U. de la France; ch.-l., Nantes; formé de la partie S. de l’anc. Bretagne, entre les départem. d’Ille-et-Vilaine au N., du Morbihan au N. -O., l’océan Atlantique à l’O., les départements de la Ven lée au P., et de Maine-et-Loire à l’E. Superf., 681.704 hect. Pop., 598,600 hab. Peu accidenté; arrosé de l’E. à l’O. par la Loire, et par ses affluents l’Erdre et la Sèvre- Nantaise; traversé par le canal de Nantes à Brest. Il contient le lac de Grand-Lieu, et les marais salants de Bourgneuf, du Croisic, et de Guérande. Exploit, de fer, étain, granit, kaolin, argile, ardoises, houille, tourbe, aimant. Industrie agricole assez avancée : récolte de céréales, vin, fruits à cidre, lin; élève d’abeilles, de chevaux et de menu bétail. Marais à sangsues. Industrie manufacturière importante : usines à fer et à cuivre; fonderies; fabr. de toiles, cotonnades, bonneterie, chapeaux, produits chimiques; chantiers de construction maritime; corderies, tanneries, mégisseries, raffineries, brasseries, verreries, fabr. de vinaigre, etc. Commerce considérable avec l'Amérique, l’Afrique et l’Inde. Ce département forme lediocèse de Nantes, et dépend de la cour impériale de Rennes.
LOIRET (le), Ligerula , riv. de France, naît à 4 kil. S.-S.-E. d’Orléans, passe à Olivet et à S'-Mesmin, et se
LOK
LOM
jette dans la Loire, rive g. Cours de 12 kil. Ses eaux, très-abondantes, grêlent rarement, et servent de gare pendant les glaces aux bateaux d'Orléans. Pendant plusieurs mois, une partie de ses eaux se perd dans un gouffre, qui paraît avoir une communication souterraine avec la Loire.
Loiret ( Le |, département du centre de la France, ch.-l., Orléans ; formé de l’Orléanais et d’une partie du Berry , entre les départements de Seine-et-Oise au N., de Seine-et- Mame au N.-E., de l’Yonne à l’E., de la Nièvre au S.-E., du Cher au S. , du Loir-et-Cher au S.- O., d’Eure-et-Loir au N. -O. Superficicie, 676,512 heet. Pop., 357,110 hab. Arrosé par la Loire, le Loiret, et le Loing; couvert de nombreux étangs, et traversé par les canaux de Briare et i d’Orléans. Pays plat, sol fertile au N. delà Loire, pauvre j au S. dans l’anc. Sologne; récolte de grains, vins, chanvre, bois, safran, miel. Élève de bétail et d’abeilles. Carrières de pierres meulières, à chaux, et à plâtre. Fabrication de lainages, tissus de coton, bonneterie, vinaigre, poterie , etc. — Ce département forme le diocèse et dépend de la cour impériale d’Orléans.
LOIRON, ch.-l. de cant. (Mayenne), arr. et à 13 kil. O. de Laval; 331 hab. Foires pour bestiaux, toiles et fil.
LOISEL (Antoine), célèbre jurisconsulte, né à Beauvais en 1536, m. à Paris en 1617 , éleve et exécuteur testamentaire de Rarnus , ami de Cujas et de Pithou. Il suivit Cujas à Toulouse , Cahors , Bourges, Paris, Valence, puis fut successivement avocat au parlement de Paris, substitut du procureur-général , conseiller au trésor, avocat de Monsieur, frère du roi, de Catherine de Médicis, et du duc d’Anjou , avocat du roi en la chambre de justice de Guyenne , et procureur-général du roi en la chambra de justice de Limoges. On a de lui , entre autres ouvrages remarquables : Instilutes coutumières , fort estimées , Paris, 1607 , réimpr. en 1783 avec un commentaire de Laurière ; Pasquier, ou Dialogue des avocats du parlement de Paris, contenant l'histoire des avocats à ce parlement sous forme de dialogue à la mode des anciens, ouvrage réédité par M. Dupin, 1818. Le style de Loisel, parfois diffus, a de la sève et de l’originalité. Ed. T.
LOISELEUR-DESLONGCHAMPS ( Auguste |, orientaliste, né à Paris en 1805, m. en 1840, élève de Cliézy, a publié : Lois de Manou , avec traduction française, 1832-33, 2 vol. gr in-8°; Essai sur les fables indiennes, 1838, in-8°; Amarakocha, dictionnaire sanscrit, 1839-45, 2 vol. in-4°, etc.
LOIX, vge (Charente-Infér.), arr. et à 29 kil. O.- N. -O. de La Rochelle, dans l’ile de Ré; 1,300 hab. Petit port de commerce.
LOJA ou LOXA v. d'Espagne (Andalousie), près de la rive g. du Xenil , prov. et à 58 kil. O.- S.- O. de Grenade ; 17,300 hab. Fabr. d’indiennes, draps, toiles, papier. Patrie du maréchal Narvaez. Prise aux Arabes en 1486.
loja, v. de la république de l'Equateur, à 123 kil. S. de C'uenca, près des Andes; 10,000 hab. Collège. Récolte d’excellents fruits. Des forêts voisines on tire le quinquina, dont il se fait un commerce important sous le nom de Cascuritla île Loia. — L’anc. départ, de Loja, au S.-O. de la république, est aujourd’hui compris dans le départ. d’Assuay.
LOKE , génie du mal , dans la mythologie Scandinave, et père du loup Fenrir ( V. ce mol ). Les Ases se saisirent de lui , le lièrent à 3 pierres aiguës, et lui suspendirent sur la tête un serpent dont le venin lui ronge les chairs. Il recouvrera un jour sa liberté et sa force, et anéantira le monde.
LOKEREN, v. de Belgique (Flandre orientale I, sur la Durme, à 10 kil. N.- O. de Termonde, 23 N.-E. deGand; 17,300 hab. Comm. considérable en bestiaux, grair.s, huiles, lin , chanvre, toiles. Fabr. de couvertures de laine, cotons, fil de lin , fil retors, siamoises, coutils, chapeaux, dentelles et toiles de lin; savonneries, raffineries de sel, tanneries, brasseries, blanchisseries de toile. Eglise remarquable du xvne siècle.
LOKKEN , vge de Norvège, à 42 kil. S. de Trondhjem. Mine de cuivre, découverte en 1652, et exploitée depuis
LOKMAN , célèbre fabuliste arabe, que ses compatriotes prétendent avoir été contemporain de Salomon , et que des savants ont confondu avec ce roi. Le nom de Salomon , qui signifie sage en hébreu , aura été traduit par celui de Lokman, qui a le même sens en arabe; de là sans doute cette confusion. Les Fables de Lokman ont une grande analogie avec les apologues d’Esope, et M. de Sacy les jugeait imitées du fabuliste grec. La D« édition de ces Fables fu* publiée par Erpénius , en arabe et eu latin, Leyile, 1615. D’autres ont été données par Roediger, Halle, 1830, in-4°, et par Rask, Copenhague, 1832. Marcel, en 1799, et Caussin, en 1818, le3 ont publiées avec tra-
duction française. Elles ont été aussi traduites par Galland avec celles de Bidpay, Paris, 1714, 2 vol. in-12.
LOLLAND , île de Danemark. V. Laaland.
LOLLARD (Walter), hérésiarque, né à la fin du xme siècle en Angleterre, m. en 1322, enseignait que les démons, chassés injustement du ciel, y rentreraient un jour, et que S1 Michel et les autres auges seraient damnés éternellement; il ne reconnaissait pas les cérémonies de l'Eglise, l’intercession des saints et l’utilité des sacrements; le mariage n’était , selon lui , qu’une prostitution jurée. Il se choisit douze apôtres, qu’il chargea de parcourir l’Allemagne pour entretenir le zèle de ses partisans. Arrêté par ordre de l’Inquisition , il fut brûlé à Cologne. Les Lollards, persécutés en Allemagne, passèrent en Flandre, puis en Angleterre, où ils se réunirent plus tard aux sectateurs de Wicleff ; de même, ils préparèrent en Bohême les esprits pour les erreurs de Jean LIuss.
LOLLIUS (Marcus), nommé par l’empereur Auguste, l’an 730 de Rome, 23 av. J.-C., gouverneur de la Galatie, de la Lycaonie, de l’Isaurie et de la Pisidie, puis envoyé contre les Parthes avec Caïus César, petit-fils d’Auguste, se rendit coupable d’intelligences avec l’ennemi , et , pour éviter son châtiment, s’empoisonna. 11 laissa un fils, Marcus Lollius, consul en 21 , qui se fit battre en Germanie, et à qui Horace adressa la 2e et la 18e épitre de son 1 er livre.
LOMAGNE , Leomania, petit pays de l’anc. France (Bas- Armagnac); ch.-l., Lecloure ; v. princip. : Beaumont-de- Lomagne et Vie ou Lavit-de-Lomagne. Les vicomtes de Lomagne avaient le droit de battre monnaie. Auj. réparti entre les départ, de la Haute-Garonne et du Gers.
LOMAZZO (Jean-Paul), peintre, né à Milan en 1538, m. après 1591, garde de la galerie de Cosme de Médicis à Florence, devint aveugle à 33 ans, et se mit à écrire. On a de lui : Traité de peinture, Milan, 1584, in-4°, en 7 livres, dont le 1er a été trad. en franç. sous le titre de Traité de la proportion naturelle, Toulouse, 1649, in-fol.; Idea del teinpio délia pittura, 1590; des Poésies, 1587, in-4°.
LOMBARD ( Pierre ) , dit le Maître des sentences ( Magisler sententiarum), théologien scolastique, né, de parents obscurs, près de Novare en Lombardie vers 1100, m. en 1160 ou 1164, étudia à Bologne, puis à Reims et à Paris, fut, dit-on, le premier qui obtint le grade de docteur à l’Université de cette ville, enseigna avec succès la théologie, et devint évêque de Paris en 1159. On a de lui : Sententiarum lib. iv, Nuremberg, 1474, et Venise, 1477, 1480, 1486, in-fol., ouvrage célèbre, sur lequel or. a fait plus de 500 Commentaires, et où sont rassemblées, le plus souvent sans conclusion, les diverses opinions des Pères sur chaque question de théologie; Glose sur les Psaumes, Nuremberg, 1478, in-fol., etc.
lombard | Style), genre d’architecture, dont on a longtemps attribué l’invention aux Lombards, et d’après lequel un grand nombre de monuments auraient été élevés, surtout dans la Haute-Italie, depuis le vne jusqu’au IXe siècle. Contre ce faux système, la critique a prouvé que les Lombards, aussi peu civilisés que les Goths, n’ont pas plus que ces derniers apporté avec eux un genre d’architecture qui leur fût propre. Quand , après s’être établis en Italie, ils voulurent remplacer les monuments qu’ils avaient ruinés, ils suivirent , dans leurs constructions, les vieux errements du style romain dégénéré. Mais la plupart des édifices qu’ils bâtirent à Pavie, à Spolète et à Vérone, furent détruits ensuite , et remplacés par des monuments dont la reconstruction , datant du xie et du xue siècle, ne peut, par conséquent, être reportée jusqu'à la domination lombarde. Quant aux édifices remontant véritablement à cette époque, on n'en retrouve un modèle que dans les églises St-Michel et St-Ft'idion à Lacques, et le palais délia Torre, à Turin. Aucun signe particulier ne distingue, du reste, leur construction , dont le mode est tout semblable à celui que les Lombards avaient trouvé en usage au moment de leur arrivée en Italie. D — T — R.
LOMBARDE (Ligue). Née au monastère de Puntido ( entre Milan et Bergame, 7 avril 1167 1 sous le patronage du pape Alexandre 111, la ligue lombarde avait pour but la défense de l’indépendance italienne contre les prétentions de l’empereur Frédéric Ier Barberousse. Elle ne comprit. d’abord que six villes guelfes , Bergame, Brescia, Crémone, Mantoue, Vérone, Trévise, avec les habitants de Milan, récemment détruite par les Gibelins alliés de Frédéric, et que le premier soin des confédérés fut de relever. Grossie de ueuf villes nouvelles à la fin de la campagne (Venise, Vicence, Padoue, Ferrare, Lodi Plaisance, Parme, Modène, Bologne), de cinq autres encore l’année suivante (Novare, Veroeil, Corne, Asti, Tortone), elle
LOM
LOM
ne laissa à l’empereur, dans le N. de l’Italie, que deux alliés, Pavie et le marquis de Montferrat, et c'est pour couper les communications entre leurs territoires que les Lombards bâtirent en l’honneur du pape la ville d’Alexandrie. Après le départ précipité de l’empereur et pendant son absence de six années, la Ligue s’étendit même dans laRomagne, et reçut les serments de Ravenne, de Rimini, d’Imola, de Forli, qui toutefois ne prirent jamais à la guerre de la liberté une part bien active. Forcé de lever le siège d’Alexandrie en 1175, honteusement battu à Legnano en mai 1176, Barberousse fut réduit par les Lombards à signer, en 1177, la trêve de Venise; elle aboutit, en juin 1183, à la paix de Constance, où, tout en conservant, sauf dans Venise, quelques privilèges et la haute suzeraineté, il reconnut formellement l’indépendance et les droits régaliens des villes lombardes. Corne avait, en 1176, trahi la cause commune; Crémone et Tortone, la même année, Alexandrie elle-même en mars 1183, avaient conclu des paix séparées. Une 2e ligue lombarde fut formée le 2 mars 1226, quand l’empereur Frédéric II, aussi ambitieux que son aïeul, revendiqua la couronne d’Italie. Elle fut établie pour 25 ans entre 15 villes, Milan, Bologne, Plaisance, Vérone, Brescia, Faenza, Mantoue, Verceil, Lodi, Bergame, Turin, Alexandrie, Vicenee, Padoue et Trévise. Diminuée de Vérone, de Vicence, de Padoue, par les succès de l’empereur ou des Gibelins, battue par Frédéric à Cortenuova (près de Brescia, nov. 1237 ), mais toujours soutenue par les pontifes, par Grégoire IX, par innocent IV, elle triompha à la fin de son ennemi devant la ville de Parme, qu’il assiégeait, et rasa celle de Vittoria, qu’il avait élevée en vue de Parme (février 1248), vainquit ensuite à son tour et fit prisonnier son fils Ënzio à Fossulta près de Modène (mai 1249), et réduisit Frédéric à se retirer découragé dans son royaume de Naples, où il mourut en 1250. R.
LOMBARDIE. Bien qu’au moyen âge ce nom , pris comme synonyme de royaume des Lombards ( V. ce mot), ait souvent désigné la plus grande partie de la péninsule Italique, il s’applique spécialement, mais d’une manière un peu vague et sans limites bien précises, à cette vaste plaine qui forme l’Italie du Nord et qu’arrosent le Pô et l’Adige : on n’y comprend ni les petits bassins côtiers du fond de l’Adriatique (Vénétie), ni le littoral du golfe de Gênes (Ligurie). C’était là qu’était, avec Pavie, capitale des Lombards, le centre de leur puissance, et leur nom n’est resté qu’à cette portion de leurs Etats. — 1° Peuples de la Lombardie jusqu’à Charlemagne. Occupée d’abord par les Sicules, conquise successivement dans l’antiquité par les Gaulois Ambrons (vers 1400), par les Etrusques (1000 à 600), par les Gaulois de la seconde invasion, à qui elle dut son nom de Gaule Cisalpine (587 à 521, Insubres à Mediolanum ou Milan, Cénomans à Brixia ou Brescia et à Vérone, Anamans vers Parme, Boiens à Bononia ou Bologne, Lingons aux bouches du Pô, Sénons plus au sud encore), enfin par les Romains (225 à 163), l’Italie circumpadane devint tour à tour, au temps des invasions barbares, la proie de Hérules (476), des Ostrogoths (489), des Grecs (554), des Lombards (568), et des Francs de Charlemagne (774). — 2» Affrachissement des villes ; époque héroïque le la Lombardie. Partagée, dans la décadence carlovingienne, entre un certain nombre de puissants feudataires, rattachée tant bien que mal à l’Allemagne depuis Othon le Grand (962), elle vit, au milieu de l’anarchie et des incursions hongroises, ses villes relever leurs murs, rétablir leur organisation municipale, aguerrir leurs milices; si bien qu’elles surent bientôt s’affranchir et des seigneurs et du pouvoir impérial. De 1100 à 1150, elles devinrent autant de républiques démocratiques, gouvernées par des magistrats choisis parqpi tous les ordres de citoyens, et non-seulement indépendantes des seigneurs, mais les dominant. Lorsqu’ en 1154 Frédéric Barberousse, en 1226 Frédéric II, voulurent exercer sur l’Italie un pouvoir réel, ils furent en vain soutenus par quelques alliés (Pavie, le marquis de Montferrat, etc.); les deux Ligues lombardes (1167, 1226. V. ce mot), Milan à leur tête, sauvèrent la liberté italienne. — 3° Naissance des principautés. Les rivalités furieuses des villes, et, dans les villes, des divers partis (K. Guelfes, Gibelins), remplacèrent par d’horribles déchirements la lutte de l'indépendance. L’anarchie, à son tour, permit, dans la plupart, à quelque famille puissante, d’établir et d’agrandir sa domination. Milan et bientôt ses voisines obéirent aux Torriani depuis 1242, puis en 1277 aux Visconti, qui en firent un duché en 1395, et enfin aux Sforza, 1450. La maison délia Scala fut maîtresse à Vérone depuis 1260 ; celle d’Este à Ferrare depuis 1240, à Modène et à Reggio depuis 1288 et 1290 ; celle de
Carrare à Padoue depuis 1318 ; celle de Gonzague à Mantoue depuis 1328, etc. Si les petites principautés de Vérone et de Padoue disparurent dés la fin du xive ouïe commencement du xve siècle (1387, 1406), les trois Etats de Milan, de Mantoue, de Modène surtout, eurent une existence plus longue. A l’O., le Piémont, réclamé par la maison de Savoie depuis le xie siècle, et acquis définitivement par elle en 1381, et le marquisat de Montferrat, qui remontait aux'; à l’E., les possessions de Venise, qui, de 1402 à 1450, s’avança jusqu’à l’Adda, occupaient le reste de la Lombardie, quand les expéditions des Français en Italie commencèrent. Si, durant ces g.uerres, un nouvel Etat s’y ajouta, le duché de Parme et Plaisance, créé par le pape Paul III en 1545, un autre, le Montferrat, disparut presque en même temps, et fut réuni au duché de Mantoue (1536), pour être plus tard partagé entre ce duché et celui de Savoie (1631) . — 4° Domination étrangère, de plus en plus étendue. Conquis par les Français à plusieurs reprises (1499; 1500-12; 1515-22), le Milanais tomba, dès 1522, au pouvoir de Charles-Quint, qui y régna au nom d’un Sforza jusqu’eu 1535, l’occupa alors en son propre nom, et en investit en 1540 son fils Philippe, plus tard roi d’Espagne, dont les descendants le possédèrent jusqu’à la guerre de la Succession ( V. ce mot). Le traité d’Utrecht, qui la termina (1713) , donna le Milanais à l'Autriche, en l’augmentant du Mantouan, conquis par elle pendaut les hostilités (1708j. Tour à tour française, espagnole, autrichienne, pour une partie notable du pays, la Lombardie tomba tout entière entre les mains de la France dans les guerres de la Révolution et de l’Empire. Maître du Milanais et arbitre de Modène, Bonaparte, en octobre 1796, fit de l’un la République transpadaue ou Lombarde, de l’autre, en J’ joignant Ferrare et Bologne, enlevées au pape, la République cispadane, et, en juin 1797, il composa des deux Etats la République cisalpine, qui se changea plus tard en République italienne (1802), puis en royaume d’Italie (1805). La République de Venise fut détruite de même, et ses possessions italiennes ne furent laissées à l’Autriche que pendant huit ans (du traité de Campo- Formioàcelui de Presbourg, 1797-1805), pour passer à leur tour à ce nouvel Etat. Le roi de Sardaigne, privé, dés 1798, de toutes ses provinces de terre-ferme, les vit, en 1802, incorporées à la France ou au royaume d’Italie. Le duché de Parme devint aussi un département français (occupé en 1802, département du Taro en 1808). Les traités de 1815 ont rendu au roi de Sardaigne ses possessions, à l’Autriche le Milanais avec Venise et ses anciennes dépendances, sous le nom de royaume Lombard-Vénitien; ils ont rétabli les duchés de Parme et de Modène. En mars 1848, Milan tenta de secouer le joug de l’Autriche, et se donna avec tout le pays au roi de Sardaigne Charles- Albert; les petits Etats de Parme et de Modène chassèrent leurs ducs. Mais les défaites de Custozza et de Novare (juillet 1848, mars 1849) remirent les choses dans l’anc. état, renversé de nouveau en 1859. V. Suppl. Italie. R.
LOMBARDS, Longobardi ou Langobardi , c.-à-d. à la longue lance , ou à la longue barbe, peuple d’orgine Scandinave, étaient établis, au 1er siècle de Père chrétienne, entre l’Elbe et l’Oder. Après avoir habité différentes contrées de la Germanie, ils conquirent le Rugiland sur les Hérules vers 518, puis, après une longue lutte conduite par les rois Audouin et Alboin, la Pannonie et le Norique sur lesGépides en 566. De là, appelé par Narsès ( V. ce mot), Alboin conquit, en 568, tout le N. de l’Italie, excepté 1 exarchat de Ravenne, et toutes les côtes depuis le Pô jusqu’au Tibre. Après l’assassinat de Cleph, son successeur, 575, les 32 ducs institués par Alboin abolirent la royauté, et la guerre civile naquit de l’oligarchie militaire. On rétablit la monarchie en 584. Les limites du royaume s’étendirent, sous Autharis, jusqu’à Béuévent, Capoue et Salerne. Ariens à la même époque, les Lombards devinrent catholiques au temps d’Agilulf. Le roi Luitprand soumit l’exarchat de Ravenne. Les différends des Lombards avec les papes amenèrent l’intervention de Pépin le Bref (F. ce mot), 754-56; Charlemagne détruisit la monarchie lombarde en 774, laissa d’abord l’administration à des ducs lombards, mais les remplaça par des Francs après la révolte de Rodgaud, duc de Frioul, 776. Aucun prince ne reçut le titre de roi des Lombards, depuis Charles-Quint, couronné sous ce nom à Bologne, le 14 février 1530, jusqu’à Napoléon Dr, qui prit la Couronne de fer ( V. ce mol ) à Milan, le 26 mai 1805.
Rois lombards.
526 Cleph
561 Les 30 ducs.
Audoin
Alboin
LOM
LOM
Autharis
Cunibert, associé
en
Agilulf
678, roi en. . . ,
Adaloald
Luitpert
Ariovald
llagimbert
Rotharis. . . . . .
Aribert II
Rodoald
Ansprand
Aribert Ier. . . .
Luitprand
Gondibert et
Per-
Hildebrand . . . .
tharite
Ratchis
Grimoald
Astolfe
Garibald
Didier
Pertharite (rétabli). 671
lombards, nom que l’on donnait, au moyen âge, aux commerçants italiens qui vinrent s’établir en France vers la fin du xnc siècle. Ils ne se bornaient pas à faire le négoce, mais prêtaient sur gages à grosse usure. On les traitait presque avec autant de rigueur que les Juifs. Une rue de Paris, qui fut occupée par eux, conserve encore leur nom. — On donnait aussi le nom de Lombards aux maisons de prêt sur gages, qu’on a depuis appelées Montsde-Piété. — 11 y eut à Paris, rue des Carmes, un collège des Lombards, fondé en 1.334 par des Italiens.
LOMBARD-VENITIEN (royaume), anc. partie italienne de l’empire d'Autriche, entre la Suisse (Tessin, Grisons) et le Tyrol au N., la prov. du Littoral à l’E., la mer Adriatique au S.-E., les Etats de l’Église, les duchés de Parme et de Modène au S., et les Etats sardes à l’O. ; par 44° 47' 10"-46° 40' 25" lat. N., et 6» 12’- 11» 25' 5" long. E. Superficie, 47,000 kil. carr. environ; 380 kil. de l’E. à l’O., 140 du N. au S. Pop. : 5,503,473 hab. Ch.-l., Milan. Entièrement situé dans le bassin de l’Adriatique, adossé vers le N. aux Alpes Rhétiques et Carniques, ses limites étaient : à l’O. le lac Majeur et le Tessin, au S. le Pô. Il était arrosé, de l’Ouest à l’Est, par l’Olona, l’Adda, l’Oglio, le Mincio, l’Adige, la Brenta, le Bacchiglione, la Piave, leTagliamento, la Livenza, et l’isonzo, et renfermait, outre le lac Majeur, ceux de Côme, d’iseo, de Garda, et les lagunes de Venise. Toutes les eaux sont très-poissonneuses. 1 )ivers canaux le traversaient, entre autres, celui de Milan à Pavie, et celui de la Brenta, qui joint Padoue à Venise. Le climat, froid dans les régions montagneuses, est chaud dans les plaines, et, en général, salubre. Le sol, presque partout d’une fertilité prodigieuse, produit les céréales, le riz, le maïs, les plantes oléagineuses, l’olivier, le citronnier-, l'oranger, le grenadier, la vigne, etc. Pâturages nombreux et excellents ; élève d’abeilles, qui donnent un miel estimé, de vers à soie, dont les produits annuels valent, en moyenne, près de 100 millions de fr.; exploit, de mines de cuivre, de fer (120,000 quintaux métriques par an), de plomb, de houille, d’alun, et des carrières de marbre, d’albâtre, etc. Les principaux produits de l’industrie sont : soieries (16 millions de fr. par an), draps, lainages, cotons imprimés, fils et toiles de lin, verrerie, papier, savons, chapellerie, poterie, beurre, fromages, entre autres celui dit Parmesan, etc. — Le royaume Lombard-Vénitien, qui contint à peu près l’ancien duché de Milan et la république de Venise, fut réuni à l’Autriche en 1815 la partie Ouest (Lombardiel du Tessin au Mincio a été perdue en 1859; la partie Est, du Mincio à l’Adriatique. en 1866 (V. Italie, Supplément). Auparavant, il était divisé en deux gouvts, Milan et Venise, subdivisés en délégations qui portaient le nom de leurs chefs-lieux :
Gouvernement de Milan Gouvernement de Venise
( 9 délégations ). ( 8 délégations ) .
Milan.
Côme.
Venise.
Sondrio.
Padoue.
Pavie.
Vicence.
Lodi-et-Crema.
Vérone.
Bergame.
Rovigo.
Brescia.
Trévise.
Crémone.
Bellune.
Mantoue.
Udine.
Chaque délégation comprenait un certain nombre de districts, administrés par des chanceliers de la tare, et les districts se partagaient en communes, dans chacune ayant un podestat et un conseil municipal. Dans chaque gouvernement, une commission provinciale, choisie par l’empereur parmi les nobles et les propriétaires, enregistrait les impôts et en faisait la répartition. L’organisation judiciaire et le Code étaient les mêmes que dans les autres Etats autrichiens : les deux cours d’appel de Milan et de V enise détachaient un sénat ou section d’appel, l’une à Brescia, l’autre à V érone ; à ccs cours ressortissaient les tribunaux
criminels qui siègent dans les mêmes villes, le tribunal de commerce de Milan , le tribunal maritime et commercial de Venise, et le tribunal civil ou de lre instance de chaque délégation. Il y avait des universités à Pavie et à Padoue, 2,960 écoles primaires de garçons, 2,743 de filles, un Institut impérial et royal à Milan, des archevêchés à Milan et à Venise, et 18 évêchés. Les revenus du royaume étaient d'environ 80 millions de fr. V. Vénétie. B.
LO'MBART (Pierre), graveur, né à Paris en 1612, m. en 1682, passa presque toute sa vie en Angleterre. Elève de Vouet, il se fit une manière vigoureuse et correcte. Son portrait de Charles JeT, d’après Van Dyck est très-recherché. On a de lui encore une suite de 12 portraits, d’après Van Dyck; le portrait de Cromwell, d’après Walker ; la Cène et la Nativité, d’après le Poussin ; St Michel, d’après Raphaël; la Vierge assise sur un trône, d’après Annibal Carrache.
LOMBEZ, Lombaria , s.-préf. (Gers), à 36 kil. S.-E. d’Auch, sur la rive g. de la Save; 1,099 hab. Trib. de lra instance; société d’agriculture. Ville ancienne et mal bâtie ; elle se forma autour d’une ancienne abbaye d’augustins, érigée en évêché par Jean XXII, en 1317. Les Etats de Comminges s’y assemblaient autrefois.
LOMBOK, ile de la Malaisie, dans l’archipel de la Sonde, séparée de Bali par le détroit de Lombok ; par 8° 17’ lat. S. et 114° 17’ 6’’ long E. Superf., 6,200 kil. carr. Sol montagneux, en partie couvert de belles forêts, et fertile en riz. Les habitants sont mahométans, et gouvernés par un radjah, tributaire des Hollandais.
LOMELL1NA (Province de), arrond. du roy. d’Italie, dans la province de Pavie, à l’O. du Tésin et au N. du Pô. Ch.-l., Mortara. Superf., 132,000 heot.Pop., 131,788 hab. Sol plat, fertile en grains, légumes, vin, châtaignes. Elève de bestiaux.
LOMENI (Ignace), médecin et agronome, né à Milan en 1779, m. en 1838, fils d’un jurisconsulte distingué, étudia la médecine à Pavie, fut reçu docteur en 1800, et devint médecin de l’hôpital civil de Milan. Obligé, par raisons de santé, de renoncer à la carrière médicale, il se livra à l’étude de l’agronomie. On a de lui, en italien : la Politique du médecin, trad. du latin de Macoppe, avec de savantes notes, Milan, 1826; Traité de la fabrication du vin , qui fait partie de la Bibliothèque rurale de Moretti, 1829 ; Mélanges d'agriculture, et d'économie rurale et industrielle, 18.34-35, etc. Il rédigea pendant 12 ans les Annales de l'agriculture italienne. M- V T.
LOMEN1E (Antoine de), seigneur de la Ville-aux-Clercs, né en 1560, m. en 1638, fils de Martial de Loménie, greffier du conseil, qui périt dans la St-Barthélemy , fut nommé, par Henri IV, en 1595, ambassadeur à Londres, puis, en 1606, secrétaire d’Etat. Il légua à la Bibliothèque royale 340 vol. de pièces historiques, recueil précieux, connu sous le nom de Manuscrits ou Fonds de B vienne.
loménie df. brienne ( Henri-Auguste <le), fils du précédent, né à Paris en 1591, m. eii(À>66, obtint, en 1615, la survivance de la charge de sdff père, fut nommé, en 1622, par Louis XIII, gouverneur du château des Tuileries, alla en Angleterre pour dresser les articles du mariage de Henriette de France avec le prince de Galles, en 1624, engagea vainement Marie de Médicis, après la journée des Dupes, à oublier son ressentiment, et fut secrétaire d’Etat aux affaires étrangères sous le règne de Louis XIV. Il a laissé des Mémoires contenant les événements des règnes de Louis XI II et de Louis XIV, 1661, in-fol., réimpr. dans les collections de Mena lires relatifs à l’histoire de France. C’est un recueil d’anecdotes et de faits curieux, racontés avec franchise. Sa réponse aux Mémoires du comte de La Châtre, insérée dans le Recueil de diverses pièces curieuses , Cologne, 1664, in-12, est une apologie de la reine mère et sa propre justification. Ses Lettres et ses Négociations sont à la Bibliothèque impériale.
loménie de brienne (Louis-Henri de ) , fils du précédent, né en 1635, mort en 1698, fut pendant plusieurs années secrétaire d’État adjoint aux affaires étrangères, survivaneier de son père, et quitta ses fonctions avec lui, 1663; visita ensuite les cours du Nord, de l’Allemagne et de l’Italie, quitta subitement le monde et se retira chez les Pères de l’Oratoire de 1665 à 1670, s’éprit d’une folle passion jwur la princesse de Mecklembourg , et fut enfermé, pai ordre du roi, à S1- Lazare, où il resta 18 ans, au bout desquels il recouvra la raison et la liberté. Il a laissé : Itinei arium, Paris, 1660 et 1662; de Pinacothecâ , 1662, description de sa galerie de tableaux; Recueil de poésies chrétiennes et diverses, 1671, 3 vol. in-12.
loménie de brienne ( Étienne-Charles de), né à Paris en 1727, mort en 1794, fit ses études au collège d’Harcourt,
LON
LON
céda à son frère son droit d’aînesse, et entra dans les ordres. Reçu docteur en 1752, lié avec Turgot , Morellet et Dalerubert, il alla à Rome en 1758, fut nommé évêque de Condom en 1750, archevêque de Toulouse en 1763, entra à l’Académie Française en 1770, remplaça de Galonné en 1787 comme contrôleur-général des finances, ne montra qu’indécision et incapacité, fit rendre des édits impopulaires sur le timbre et sur la subvention territoriale , et reléguer à Troyes le parlement qui refusait de les enregistrer, rappela cette compagnie , refusa, puis fut obligé de convoquer les Etats-Généraux, suspendit les paiements du Trésor, et enfin céda la place à Necker, 1788. Déjà archevêque de Sens depuis un an, il obtint, en sortant (lu ministère, le chapeau de cardinal. Après un voyage en Italie, il revint à Paris en 1790. 11 accepta la Constitution civile du clergé, 1791, et donna sa démission du cardinalat. Cette condescendance aux opinions de la Révolution ne le sauva pas : arrêté à Sens en 1793, puis relâché, on le trouva mort dans son lit, quand on vint pour le saisir de nouveau, 1794. Il a laissé une Oraison funèbre du Dauphin, 1766, in-4°. — Son frère, Athanase-Louis-Marie, ministre de la guerre en 1787 , périt sur l’échafaud en
LOMMOIS (Le) , Lomacensis ou Laumensis pagus , anc. pays de Belgique, correspondait au comté de Namur et à une partie du Hainaut.
LOMOND ( Loch ) , lac d’Ecosse ( Stirling et Dumbarton); 45 kil. sur 15; la profondeur va jusqu’à 160 mét. Il contient une trentaine d’iles. Lors du tremblement de terre qui engloutit Lisbonne en 1755, ses eaux dépassèrent de plusieurs mètres la hauteur ordinaire, et furent violemment agitées.
LOMONOSOF ( Michel - Vasiliévitch ) , célèbre poète russe, né en 1711 à Denissofka pré? je Kolmogori (Arkhangel], m. en 1765, fut d’abord simple pêcheur, comme son père. La lecture de la Bible enflamma sa jeune imagination : il s’enfuit de la maison paternelle, fut admis dans uue école de Moscou, et acheva de brillantes études à S‘-Pétersbourg. Il se fit connaître par des odes sur la guerre contre les Turcs, et sur la bataille de Pultawa. Envoyé en Allemagne, eu 1736, aux frais du gouvernement, il apprit la chimie, la minéralogie et la métallurgie à Marbourg, puis en Saxe. Une ode qu'il publia sur la prise de Khotin, 1739, excita l’admiration générale. De retour en Russie, 1741 , il devint professeur de chimie à S*-Pétersbourg en 1745 , membre de l'Académie de cette ville en 1751, directeur des gymnases et de l’Université en 1760 , conseiller d’Etat en 1764. Ses Œuvres complètes ont été publiées en 1803, en 6 vol. in-4° ; on y remarque : 30 Odes, qui le placent au premier rang parmi les poètes lyriques de son pays ; des Méditations sur la grandeur de Dieu , qui ont été traduites en français; une Pétréide, poème en l’honneur de Pierre le Grand; 2 tragédies; une Histoire de Russie, trad. en français par Eidous d’après une traduction allemande de DHolbach, 1768; des Discours; des Traités de grammaire, de physique, de métallurgie, etc. Sa prose est regardée comme un modèle de pureté et d’élégance. En poésie, il est le premier Russe qui ait fait des rimes.
LOMOV | Nijni-) , v. de la Russie d’Europe, gvt et à 103 kil. de Pensa; 7,000 hab. Grande foire.
LONATO, v. forte du royaume d’Italie, située dans la province et à 20 kil. Est-Sud-Est de Brescia, près du lac de Garda ; 6,730 hab. Prise en 1509 par Louis XII. Victoire de Bonaparte sur les Autrichiens, 3 août 1796.
LONDERZEELE, v. de Belgique (Brabant), à 16 kil. N. -O. de Bruxelles; 3,300 hab. Tanneries, brasseries.
LONDINIÈliES, ch.-l. de cant. ( Seine-Infér.) , arr. et à 15 kil. N. de Neufchâtel, près de l’Eaulne; 861 hab.
LONDINO-DER1A , nom latin de Londonderry.
LONDINUM , nom latin de Londres.
LONDON, forme anglaise du nom de Londres.
eondon, v. de l’Amérique anglaise (Haut-Canada), sur la Thames, entre les lacsErié, Ontario et Huron, à 160 kil. S. -O. d’York; 12,000 hab. Grand commerce de blé.
LONDON (NEW-), v. des Etats-Unis (Connecticut), bon port de commerce sur la rive dr. et à l’embouchure de la Thames, à 61 kil. E. de New-Haven; 5,500 hab. Expédition pour la pêche de la morue et de la baleine.
LONDONDERRY, Londino-Deria, cité-comté du N. de l’Irlande, cap. du comté de son nom, port sur la Foyle, près de son embouchure dans le lac Foyle, à 193 kil. N. -N. -O. j de Dublin ; 20,153 hab. Evêchés catholique et anglican. j Hospice d'al.énés. Ecole classique ; bibliothèque. Connu. ! important de produits agricoles, surtout avec Liverpool j et Glasgow, Beaucoup d’émigrants s’y embarquent pour 1
l’Amérique du Nord. Belle cathédrale. Armements pour la pêche du hareng et de la morue. Elle doit sa forme actuelle aux 12 compagnies de Londres, à qui Jacques I«r concéda ce pays révolté. Elle a soutenu un siège de 4 mois eu 1689 contre Jacques IL Restes des fortifications. — Le comté de Londouderry, au N. de l'Irlande, a au N. l’Atlantique, à l’O. le comté de Donegal,au S. celui de Tyrone et le lac Neagh,etàl’E. le comté d’Antrim ; 65 kil. sur 35; 184,137 hab., surtout agriculteurs ; villes principales : Londonderry, Coleraine. Mines de fer. Fabr. de toiles.
londonderry ( Charles -William stewart, marquis de) , fils de lord Castlereagh, né en 1778, m. en 1854, servit en Espagne de 1809 à 1813, fut ensuite envoyé en Prusse pour renouer les relations diplomatiques entre cette puissance et l’Angleterre, et devint ambassadeur à Vienne en 1819. A la Chambre des lords, il se distingua par un torysme fougueux, combattit la réforme parlementaire et les mesures émancipatrices do l’Irlande, parla contre les insurrections de Pologne et d’Italie, et en faveur de Dom Miguel et de Don Carlos , et fit preuve d’une hostilité systématique envers la France. On a de lui : Histoire de la guerre de la Péninsule, 1828, 2 vol. in-8° ; Histoire de la guerre de 1813 et de 1814 en Allemagne et en France , 1833, 2 vol. in-8°; Souvenirs d'un voyage dans le nord de l'Europe, 1838, 2 vol. in-8°.
LONDONDERRY (Lord). V. CASTLEREAGH.
LONDRES, anc. Augusta Trinobantium, Londinum, en anglais London (du breton llyn, étang, et dinas, colline), métropole du royaume de la Grande-Bretagne, et eh.-l. du comté de Middlesex ; à 420 kil. N. -O. de Paris, 712 d’Edimbourg, 120 de Southampton ; sur la Tamise, à 72 kil. de son embouchure, à 24 au-dessous de l’endroit où la marée se fait sentir ; par 51» 30’ 49” lat. N., et 2° 26’ 12” long. O.; 864,845 hab. en 1801; 1,009,546 en 1811; 1,225,694 en 1821; 1,471,941 en 1831; 1,873,676 en 1811; 3,067,536 en 1867. C’est la ville la plus grande, la plus riche, et la plus peuplée de I Europe; elle s'étend sur un espace de 31,576 hectares; de Blackwall à Chelsea, en la traversant de l’E. à l’O., on peut parcourir entre deux lignes de maisons une distance de 11 kil.; et, du S. au N., de Wahvorth à Halloway, une autre distance de 7 kil. On compte 9,000 rues, ruelles ou impasses, 80 places publiques, 307,722 maisons, 125 églises paroissiales anglicanes, 120 chapelles anglicanes, près de 100 temples d’autres cultes chrétiens, 6 synagogues, 41 cours de justice, 14 prisons (Newgate, Millbank, Pentonville, etc.), 15 théâtres (Covent-Garden, Drury-I.ane, Queen’s opéra, S'-Jarues, Haymarket, etc.). — Résidence du souverain et des représentants des puissances étrangères. Siège de la Chambre des lords, de la Chambre des Communes, du Conseil suprême attaché au ministère des Indes orientales, des administrations de la monarchie. Evêché suflragant de Cantorbéry, et le 1er du royaume après les archevêchés. Cours de chancellerie, du Banc du roi (ou de la reine), des Plaids communs, de l’Echiquier; Cour centrale criminelle. Cour de l’amirauté. Cour du lord-maire, etc. Université, fondée en 1836; elle confère les grades des facultés de sciences et lettres, de droit, de médecine, quel que soit le culte ou l’école des candidats , mais n’enseigne point : l’enseignement est donné dans le Collège de l’Université, qui fait partie du même monument; dans le Collège royal, fondé en 1828, et donnant un enseignement complet ; les collèges ou écoles latines de S1 -Paul (1512), Christ’s- Hospital , Merchant-Tailor’s (1561), Westminster (1560), Charter-Ilouse, Gresham, City -of- London (1815) Il y a, en outre , un très-grand nombre d’établissements fondés par souscription, avec amphithéâtres, laboratoires, collections, bibliothèques (Royal-Institution , British -Institution, London-Institution, Russel-Institution , Mechanics- Institution, etc.). Les écoles pratiques de jurisprudence (Inns of court ) ne sont guère que des hôtels garnis, où la coutume veut que les étudiants aient logé avant de se qualifier jurisconsultes. Nombreux cours d’anatomie et de médecine ; école vétérinaire ; instituts de sourds-muets , et des jeunes aveugles; écoles de dessin, de peinture, d’arts et métiers, etc. Parmi les sociétés savantes, on remarque : la Société royale, pour les sciences; l'Académie royale, pour la peinture ; l’Académiede médecine; le Collège ou Académie de chirurgie ; la Société roya e asiatique; la Société royale de géographie; la Société linnéenne,qui possède de magnifiques herbiers; laSociété de statistique; la Sodé é zoologique, avec une riche ménagerie; les Sociétés de botanique, d’horticulture, des Antiquaires, de minéralogie, d’entomologie, de mathématiques, d’astronomie, de géologie, etc. Les bibliothèques et les musées publics n'ont pas, en général, la valeur et l’étendue des établisse-
LON
LON
ments de même nature à Paris. Le British Muséum, qui est public, contient à la fois une riche bibliothèque , une galerie de tableaux t un cabinet de médailles, des colléetions d’antiquités grecques, romaines et égyptiennes, des collections ethnographiques et d'histoire naturelle. Un entre aussi à la Galerie nationale , très-riche en tableaux des différentes écoles , et à l’Académie royale. Les éta- I blissements de charité sont nombreux. U y a 14 hôpitaux proprement dits , 60 di-pensaires , 36 hôpitaux spéciaux , secourant chaque année 650,000 personnes. Aucun de ces établissemeuts n’est entretenu par l’Etat ; tous vivent de dons volontaires. La misère est très-grande dans Londres, et l’on y compte beaucoup de pauvres et de mendiants. La charité privée, qui est fort active, leur a ouvert des maisons de refuge ou de travail, Worck-house , où ils sont reçus, habillés d’un habit spécial, et casernés. Mais la plupart des pauvres préfèrent leur liberté, et vagabondent | dans les rues en faisant le métier de chanteurs ou de ba- j layeurs. !
Londres est divisé par la Tamise en deux parties iné- ; gales : l’une, sur la rive gauche, comprend la Cité de Lon- I dres , la Cité de Westminster, embrassant ce que l’on en- i tend généralement par le West-End , les bourgs de Mary- j lebone, de Finsbury et de Tower Hamlets ; l’autre, sur la rive droite, comprend les bourgs de Southwark et de i Lambeth, représentés dans les Communes chacun par 2 membres. — La Cité de Londres , presque au centre de la ville, est la partie la plus ancienne, et le siège du commerce ; les rues en sont généralement étroites, humides et -sombres. Elle ne renferme que 112,247 hab. (1361), qui nomment 4 députés au parlement, et est divisée en 108 paroisses. Elle a une municipalité ou corporation , composée d’un lord-maire , de 2 sltériffs (pour Londres et Middlesex), de 29 atdermen, de 209 conseillers municipaux (common councilmen ) nommés tous les ans par les 26 j t cards ou quartiers de la Cité , d’un recorder, et d’autres j fonctionnaires d'un ordre inférieur. La bourgeoisie nomme : les shériffs et les conseillers pour un an, les aldermen pour la vie. Le lord-maire, élu aussi tous les ans, doit être pris parmi les aldermen, et avoir été shériff ; son autorité est ■égale à celle d'un lord-lieutenant de comté; il reçoit un traitement de 8,000 liv. sterl.; dans l’intérieur de la Cité, il a droit de préséance sur tous, le souverain excepté. La bourgeoisie se compose des membres ou affiliés de 81 corps de métiers , où l’admission s’obtient par héritage, apprentissage, achat, ou par privilège que concède la municipalité. A l’E. de la Cité, est le quartier récent •l'East-End, consacré surtout au commerce maritime. — La Cité de Westminster, à l’O. de la Cité de Londres, est le siège de la cour, de la noblesse, du parlement, des administrations, et le séjour des gens riches; elle comprend les quartiers de Westminster, de Tyburnia , de Belgravia , de Regent’s-Park, de Pimlico, de Brompton , de Chelsea, etc. Quoiqu’on y compte 300,000 hab., elle n’a pas de municipalité , et ne nomme que deux députés au parlement. Son chef est le high-slewurd, ordinairement un noble, nommé à vie par le doyen de l’abbaye de Westminster, et assisté d’un conseil de 16 bourgeois qui font les fonctions d'aldermen. — Southwark est le quartier des manufactures et des fabriques ; il ne dépend qu’en partie de l’administration du lord-maire. — En général, les rues de Londres sont larges, régulières, et toutes, à très-peu d’exceptions près, garnies de trottoirs dallés; on remarque Regent’s-street , Oxford-street , Piecadilly , Pall-Mall, Portland- Place , Tottenham-Court-Road . le Strand , Holborn, Old et New Bond-street, etc. Leur sol est pavé ou macadamisé en granit d’Ecosse; les plus fréquentées sont pavées. Dans les quartiers nobles ou nouveaux, les rues sont immenses, mais habituellement solitaires et silencieuses. Les maisons sont bâties en briques, couvertes en tuiles, de peu d’apparence, étroites et basses : leur exiguïté tient à ce qu’une seule famille occupe ordinairement toute une maison, et qu’il n’y a que les gens au-dessous d’une position moyenne qui habitent dans les maisons en commun. Les maisons, dans plusieurs quartiers riches, ont un aspect monumental, avec des colonnades, des frontons, le tout en briques aussi, mais couvertes d’un enduit qui simule la pierre. Presque partout, elles sont assombries d’uue teinte noirâtre uniforme , qui provient, en grande partie, de l’immense quantité de charbon de terre que l’on consomme.
Avant 1829, chaque paroisse de Londres avait ses constables particuliers et sa juridiction indépendante, ce qui amenait des conflits et rendait souvent la police impuissante. Auj. tout le service est centralisé, et placé sous les ordres d’un bureau de police composé de 2 magistrats, soumis eux-mêmes au contrôle du secrétaire d’Etat de
l’Intérieur. Le personnel de la police à Londres se côpapose de 20 surintendants (commissaires de police), 128 inspecteurs (officiers de paix), 541 sergents de police (brigadiers) , et 4,764 policemen; la dépense de ce service est d’environ 8,500,000 fr. — Le service des eaux, qui fournit 209,000 mèt. cubes par jour, dont 22,000 cubes seulement sont employés pour les services publics, est fait par 9 compagnies privilégiées, ayant des périmètres d’exploitation distincts. L’administration municipale de la Cité et les comités administratifs des paroisses s’entendent avec elles pour la fourniture nécessaire aux services publics, qui se bornent à l’arrosement des rues, à l’alimentation des pompes à incendie, aux chasses de nettoiement dans les égouts. Il n’y a que 2 fontaines monumentales à Londres, à Trafalgar square ; les bornes-fontaines y sont inconnues. — Cette ville consomme annuellement plus de 5,800,000 hectolitres de blé, 250,000 bœufs, 1,800,000 moutons,
30.000 veaux, 40,000 porcs, plus de 4,000,000 de volailles, 3,000,000 de saumons, 2,000,000 d’hectolitres de porter et d’ale, 91,000 hectolitres de spiritueux, 175,000 hectolitres de vin, le lait de 13,000 vaches. On y a importé, en 1854,
44.500.000 quintaux métriques de charbon de terre. 11 n’y a pas moins de 360,000 becs de gaz. Environ 50 marchés concourent à l’alimentation de la ville ; les principaux sont : celui des bestiaux, dans la paroisse d’Islington, prçg de Londres ; Billingsgate, pour le poisson ; Covent-Garden, propriété du duc de Bedford , pour les fruits et les légumes; Newgate, pour la viande; Leadenhall, pour la volaille et le gibier, etc.
Deux monuments religieux surtout sont remarquables à Londres: la cathédrale de St-Paul, construite de 1675 à 1710 sur les plans de Christophe Wren , et qui coûta 747,954 liv. sterl. Elle est surmontée d’un dôme et de tours latérales, avec une horloge curieuse, un bourdon qu’on ne sonne que pour la mort d’un membre de la famille royale, de l’évêque de Londres , du doyen de SL Paul, ou du lord-maire, et renferme le monument de Nelson par Flaxman, et celui de Wellington. — L’abbaye de Westminster, anc. couvent de bénédictins, a été bâtie sous Henri III et Edouard Ier; les souverains y sont couronnés. On y remarque, dans le transept méridional,
1 e Coin des poètes, contenant les monuments de Chaucer, Shakspeare, Butler, Davenant, Cowley, Prior, Gay , Thomson, Goldsmith , Gray, South ey , etc., la statue d’Addison, les bustes de Milton et de Dryden ; la chapelle de Henri VII , où l’on entre par de belles portes de chêne sculptées et dorées, et qui renferme les bannières et les stalles des chevaliers de l’ordre du Bain , les tombeaux de Henri VII , Marie Stuart , Elisabeth, Jacques Ier, Monk, et ceux des enfants d’Edouard IV ; la chapelle d’Edouard le Confesseur, où sont les tombeaux de ce roi, de Henri III, Edouard III, Richard II, Henri V, et les deux sièges en pierre qui servent au couronnement des souverains de la Grande-Bretagne. Dans le transept du nord sont les monuments de l’amiral Vernon , de lord Chatham , de Warren Hastings, les tombes de Pitt, Fox, Grattan, Canning, Castlereagh, ete. La nef offre les monuments ou tombes de Ben Jonson, W. Temple, Congrève, Pitt , Fox, etc. — On peut encore citer: l’église St-Stephens ( Sl-Etienne ), belle construction de Christophe Wren; celle de S'-Gilles, renommée pour sa sonnerie de 12 cloches et son beau cai rillon , et où sont les tombeaux de Milton et du navigateur Frobisher; celle de St-Martin, etc.
Les palais royaux | Palaces ) sont au nombre de quatre : 1° Buckingham , commencé sous Georges IV, et habité par la reine Victoria ; on y admire le gTand salon de réception , le salon vert et la galerie des tableaux ; 2“ Whilehall, i séjour des rois depuis Henri VIII jusqu’à Guillaume III , et devant lequel Charles Ier a été exécuté ; 3° St-James, résidence des rois de 1695 à 1837 ; 4° Kensington , où sont 1 morts Guillaume III, la reine Marie, la reine Anne, George III, et où naquit Victoria. — L’aristocratie a également de magnifiques palais [liouses ou mansions), parmi lesquels on distingue ceux de Lambeth, que l’on appelle toujours Lambeth Palace, résidence des archevêques de Cantorbéry ; de London, résidence de l’évêque de Londres; d ’Apsley, où vécut , depuis 1820, le duc de Wellington ; de Northurnberland , où se trouvent quelques beaux tableaux ;
; de Stafford (au duc de Sutherland), et de Grosvenor (au i marquis de Westminster), tous deux riches en tableaux; de | Lansdoume, dont la collection de sculptures est renommée ; de Bridgewater, de Bath, de ilope, avec de belles collections de tableaux, etc. — Les autres édifices importants sont: le Parlement ou palais de Westminster, sur la rive g. de la Tamise, entre ce fleuve et l’abbaye de Westminster, bâti I en style gothique par M. Barry, sur l’ec placement de
LON
LON
celui qu’un incendie dévora en 1834, avec une façade de 300 mèt. de long: surmontée de trois tours élevées; il contient la Chambre des Lords, la Chambre des Communes, la Galerie royale, la salle de SCEtienne ; on y a rattaché Westminster-Hall, ancienne salle du palais des rois, qui sert de salle des Pas Perdus, à toiture en bois sculpté, où se tenaient jadis les parlements , et qui contient les Cours de chancellerie, du Banc de la reine, des Plaids communs, et de l'Echiquier; la Tour de Londres (5 hectares de superficie), ancienne prison d’Etat, assemblage confus de tours et de bâtiments divers, dont une partie fut détruite par un incendie en 1841, et où l’on ne peut visiter, sous l’œil de gardiens en costume du temps de Henri VIII, que le musée des armes et la salle des joyaux de la couronne; le Guildhall , ou hôtel-de-ville de la Cité de Londres, fondé en 1189 , reconstruit en 1410, en partie détruit par l’incendie de 1666, puis réparé; Mansion-liouse, hôtel du lord maire, bâti de 1739 à 1753, et où l’on remarque une salle égyptienne; la Trésorerie, où sont le bureau du commerce, les bureaux du ministère de l’intérieur et du conseil privé; la Bourse ( Royal Exchange), bâtie de 1842 à 1845, et qui a coûté 180,000 liv. sterl.; le Stock Exchange, où se fait le commerce des fonds publics anglais ou étrangers, des chemins de fer ou autres actions industrielles; les hôtels de la Banque d'Angleterre, de la Monnaie et de la Poste ; le Corn Exchange, halle au blé ; le Coal Exchange , bourse au charbon ; la Douane (Custom liouse ), où travaillent 2,300 employés; les Horse guards, bâtiment occupé par le secrétaire de la guerre, le commandant en chef, l’adjudant-général et le quartiermaître général ; East-India liouse, hôtel de la Compagnie des Indes-Orientales, où est un curieux musée indien ; Somme! house, qui renferme 900 bureaux différents, entre autres, ceux du timbre de l’accise, du revenu intérieur, de l'amirauté , des lois des pauvres, etc.; Trinitg house, siège d’ur.e corporation qui s’occupe des progrès de la marine; le Monument, colonne destinée à perpétuer le souvenir de l’incendie de 1666 ( V. Colonnes monumentales).
Londres a des squares ou places carrées , dont le milieu est occupé par un jardin verdoyant. Ce sont comme des oasis au milieu de cette immense agrégation de maisons enfumées, de délicieuses promenades à l’usage des habitants des maisons environnantes. Les principaux sont ceux de Grosvenor, avec la statue équestre de George Ier; de Bloomsbury, où s'élève la statue de Fox; de Hanovre, qui possède celle de Pitt ; deSoho, avec la statue de George 1er; de ’l’rafalgar, orné de la colonne de Nelson et de la statue équestre de George IV ; de Bedford, Belgrave , Berkeley , Cavendisb, Eaton, Euston, S'-James, Leicester, Lincoln, Portman , Russel, Tavistok, Trinity , etc. 11 y a aussi des parcs ou jardins publics: Begent’s-Park , 191 hectares; Hyde-Park , 157 hect.; Victoria-Park , 107 hect.; Kensinyton- Gardcns , 106 hect.; St-Jame’s-Park , 37 hect. ; Green-Park, 25 hect., etc. — La Tamise n’est pas encaissée entre deux lignes de quais ; ses eaux, qui montent et descendent avec la marée , battent les murs des maisons qui la bordent. On la traverse sur 9 ponts, qui sont, de l’O. â l’E. : ceux de Battersea ; de Putney ; celui du Wauxhall, en fer, ouvert à la circulation en 1816; celui de Westminster, en pierre, bâti de 1737 à 1750, réparé depuis 1846; celui de Hungerford, pont suspendu, praticable seulement pour les piétons; celui du Strand ou de Waterloo, ouvert en 1817 ; celui de Blackfriars, ouvert en 1769 , et abaissé en 1837 ; celui de Southwark, dont les arches en fer s’appuient sur des pi liers de pierre, inauguré en 1819; celui de Londres ouvert en 1833. La plupart de ces ponts, longs de 300 mèt. au moins, sont en granit d’Ecosse, avec des arches d’une très-grande ouverture, et semblent devoir braver les siècles. A l'E. du Pont de Londres, entre Wapping et Rotherhithe, est le Tunnel, voie pour les voitures et les piétons, percée sous le lit de la Tamise ( V. Tunnel). — Le port s’étend , du pont de Londres jusqu’à Deptford , sur une longueur de 6 kil. , et a de 400 à 500 mèt. de large. Les navires y sont rangés de chaque côté de la Tamise, qui porte les bâtiments de haut bord, par lignes transversales de 5 à 7; dans plusieurs endroits, ils sont à flot à la marée basse. De grands bassins ou docks, communiquant avec le fleuve, reçoivent de nombreux navires; ce sont les docks des Indes occidentales, des Indes orientales, de Londres, de Sainte-Catherine , commerciaux, suppUmmtaires des Indes occidentales, et Kicioria. Leur superficie totale équivaut à 200 hectares 50 ares.
Malgré sa population, Londres n’occupe pas le 1er rang comme ville industrielle et manufacturière; Birmingham et Manchester sont de plus grands centres de fabrication.
Mais , comme capitale , elle offre un immense débouché à toute espèce de marchandises , et reçoit tous les produits manufacturés dans l’intérieur. Néanmoins, ses manufactures de soieries (plus de 10,000 métiers) , ses fabriques de coutellerie , d’horlogerie , de quincaillerie , d’orfèvrerie et bijouterie , de carrosserie , de sellerie , d’instruments de précision, de produits chimiques, ses savonneries (25 millions de kilogr. par an), ses tanneries, ses teintureries, ses brasseries (celle de Barclay et Perkins couvre 6 hectares de terrain), ses ateliers de construction de machines, ses fonderies de fer et de cuivre , les produits de ses graveurs et de ses imprimeries, jouissent d’une réputatiou méritée. — Le commerce et la banque ne se font nulle part sur une plus grande échelle, ni avec autant de régularité, ni de simplicité qu’à Londres ; le commerce y a des communications directes par bateaux à vapeur ou à voiles avec les principaux ports du monde ; la ville est le centre de 7 chemins de fer qui rayonnent autour d’elle, et peut encore employer la voie des canaux. Le mouvement de son port est très-considérable : en 1860, il a été, entrées et sorties réunies, de 21,292 bâtiments, d’une contenance totale de 5,278,242 tonneaux L’exportation aatteint une valeur de 28,000,000 liv. sterling. Londres possède à elle seule 3,553 navires, dont 580 à vapeur.
Aspect et physionomie de la ville. La première impression que Londres fait sur les étrangers est généralement triste. Cette ville immense et sans bornes apparaît comme étouffée sous un nuage noir ou gris, suivant la saison, qui plane dessus, et monte de son sein. C’est un mélange de fumée de houille et de vapeurs aquatiques. On attribue les dernières à la grande masse d’eau de la Tamise, qui, en certaines saisons, a constamment quelques degrés de chaleur de plus que l’air; car il ne tombe à Londres, année commune, que 53 centimètres d'eau pluviale, comme à Paris. Dans la ville, ce nuage pénètre partout, et souvent souille, au milieu des promenades, les habits et le visage des promeneurs. Pendant le mois de novembre particulièrement, des brouillards épais envahissent la ville, au point quelquefois d’y produire l’obscurité en plein jour. Pour remédier à cet inconvénient, l’éclairage au gai a été multiplié plus qu’en aucune autre cité, afin qu’il puisse combattre les ténèbres accidentelles. Néanmoins l’intensité des brouillards est parfois si forte , que le splendide éclairage devient alors insuffisant, et qu’il faut lui donner encore des torches pour auxiliaires. C’est chose presque impossible de se faire une idée du mouvement de l’intérieur de la ville, si on ne l’a pas vu; il est vraiment prodigieux, surtout dans les quartiers du centre: des multitudes innombrables de piétons, de voitures, de charrettes, de chevaux, se croisent dans tous les sens, avec une extrême vélocité, sans se heurter, sans le moindre cri, sans violence. Les voitures suspendues, les voitures de place, les omnibus (il y a 600 de ces voitures en commun), vont presque toujours au galop, et les plus lourds chariots même vont au trot. Cette circulation qui serait effrayante si elle était bruyante, ne suffit pas encore à la population, et il y en a une autre sur la Tamise, où de nombreux bateaux à vapeur transportent continuellement , d’un bout de la ville à l’autre , et pour une très-modique rétribution, des milliers de gens courant à leurs affaires. Le dimanche, ce mouvement est presque interrompu • toutes les boutiques sont fermées, les travaux privés ou publics suspendus , et les rues , à l’exception des principales , silencieuses et désertes, car l’immense majorité de la population se tient renfermée chez soi. Four voir la capitale de l’Angleterre sous son véritable aspect, il faut la visiter pendant ce qu’on appelle la saison de Londres, c.-à-d. depuis mars jusqu’à la fin de juillet. Alors le parlement est ouvert, la Cour et les familles aristocratiques et opulentes habitent Londres ; le reste de l’année, toute cette brillante société est à la campagne , dans ses châteaux.
Histoire. Londres était une ville presque insignifiante sous les Romains ; en 526, Erltenwin, fondateur du royaume d’Essex, y établit sa résidence; un évêché y fut fondée en 604 ; Alfred le Grand en fit la capitale de l'Angleterre à la fin du ix® siècle. Guillaume le Conquérant la prit en 1066 , et Henri ler lui donna une charte de commune eu 1100. Sous Richard Cœur-de-Lion, le nom de maire fut substitué à celui de bailli, qu’avait porté jusque-là le l«r magistrat de la ville. Louis, fils de Philippe-Auguste , appelé à la couronne d’Angleterre par les barons révoltés contre Jean-sans-Terre , fixa sa résidence à Londres; quand la mort de Jean eut changé les dispositions des partis, il y soutint un siège, et dut capituler en 1217. En 1380 , l’insurrection de Walt Tyler fut réprimée par le maire, sir William Wahvorth; celle de John Cade,
LON
LON
en 1450, n’eut pas plus de succès. Si Londres souffrit généralement peu de la guerre , elle essuya d autres desastres : en 125H , une famine extraordinaire la désola ; en 134H la Peste noire enleva 50,000 habitants. En 1665, une épidémie fit périr 100,000 personnes; en 1666, un incendie consuma, en 5 jours, 13,200 maisons et 90 églises. Divers traités ont été conclus à Londres : par celui du janvier 1671 , Charles II promettait à Louis XIV de se faire catholique, de réconcilier son royaume avec Rome, de coopérer à la guerre contre la Hollande sans^ en rien retirer que quelques îles de la Zélande et de la hollande, et acceptait 200,000 liv. stcrl. pour lutter contre son parlement, 350,000 pour les frais de guerre; celui du 13 septem. 1688 assurait à Jacques II, menacé par une révolution, l’appui d’une flotte française; celui du 18 juillet 1718 , connu sous le nom de Quadruple alliance, unissait 1 Angleterre et la France contre l’Espagne. C’est encore à Londres que se sont tenues, en 18.31, les conférences des cinq grandes puissances européennes relativement à la création du royaume de Belgique. — Londres est la patrie de Chaucer, Spenser, Thomas Morus, Bacon, Milton, Temple, Prior, Pope, Shaftesbury Chesterfield , Foe, Halley , Inigo Jones , Hogarth , Pitt , Fox , etc. B.
LONGCHAMPS, apc. abbaye de religieuses de S1 François, fondée en 1261. par Isabelle de France, soeur de Louis IX, à l’extrémité S.-O. et dans l'enceinte même du bois de Boulogne, près du village de ce nom, sur la rive droite de la Seine. Isabelle y finit ses jours en 1269, et Philippe V en 1322. De puissants personnages voulurent y être enterrés; des rois y allèrent en pèlerinage. Au xvie siècle, l’austérité de la règle se relâcha. Au xvme, on y donna, les mercredi, jeudi, et vendredi saints, des concerts spirituels. L’abbaye et le couvent ont été supprimés en 1792, et démolis pendant la Révolution, en même temps que toutes les communautés reglieuses; il n’en reste plus guère d'autres traces que l’aveuue de Longchamps qui y conduisait.
LOKGciiAMPS (Promenade de). V. Supplément. LONGEAU , ch ' de cant. (Haute-Marne), arr. et à 13 kil. S. de Langres ; 162 hab. <
LONGEP1ERRE (Hilaire-Bernard de Requeleyne , baron de) , né à Dijon en 1659, m. en 1721 , fut précepteur du duc de Chartres , qui depuis fut régent , puis secrétaire des commandements et gentilhomme ordinaire de ce prince. On a de lui de prolixes et faibles traductions en vers d’Anacréon, Sapho , Théocrite, Bion et Moschus; une tragédie de Médee , en 5 actes, inégale et trop remplie de déclamations ; et d’autres tragédies où, à l’exemple des poètes grecs, il ne mêla point l’amour dans des sujets sévères et terribles. Il n’a fait représenter que Médée, Sésostris, et Electre. 11 donna aussi un Recueil d’idylles, 1690, qui ne réussit point. G.
LONGFORD , v. du centre de l’Irlande, à 109 kil. O. de Dublin, cap. du comté de son nom, sur le Camlin, à 7 kil. de son confl. avec le Shannon ; 4,535 hab. Marchés pour grains , beurre et cuirs. — Le comté de Longford est dans le Leinster, entre ceux de Leitrim et de Cavan au N., de Westmeath à l’E. et au S., et de. Roscommon à l’O. ; 45 kil. sur 22; 71,592 hab. Sol fertile et bien cultivé. Villes principales : Longford, Granard , Ardagh , Edgeworthstown.
LOXGHI (Joseph) , célèbre graveur, né àMonza (Lombardie) , m. en 1831 , étudia son art à Rome chez Volpato, et fut directeur et professeur à l’école royale de gravure de Milan. Son burin est d’une vérité frappante et d’une exquise délicatesse. Parmi ses œuvres, on distingue : la Madeleine du Corrège; la Décollation de St Jean-Baptiste , d’après Gérard Dow; le Mariage de la Ste Vierge, d’après Raphaël ; le Jugement dernier, d’après Michel-Ange , qu’il n’eut pas le temps d’achever, etc. M. V — i.
LONGIN (Dionysius-Cassius-Longinus) , rhéteur et critique grec du 111e siècle, m. en 273. On suppose qu'il était Syrien de naissance : il voyagea pendant sa jeunesse, recueillit dans l’école d’Alexandrie les leçons des chefs du platonisme, Origène , Ammonius Saccas , Plotin , et ouvrit ensuite une école à Athènes , où son oncle , Phronton d’Emèse, enseignait la rhétorique et la grammaire. Longin lui-même cultiva et enseigna à la fois la philosophie et les lettres, et fut le premier maître de Porphyre. Il écrivit des livres sur les idées , sur l’âme, sur le souverain bien, des commentaires sur Platon et sur Ilermogène, des entretiens littéraires, des observations sur Homère et sur Xénophon, des lexiques, des seliolies sur la Métrique d’Héphestiou, une rhétorique, un traité, de l’arrangement des mots , etc. , et enfin le rupi Gijico; , ou Traité du Sublime , dont nous possédons environ les deux tiers. Quant à ses
autres ouvrages , il n’en reste que les titres ou de courts fragments. Sa Rhétorique a été retrouvée en partie dans celle d’Apsine par Ruhnkenius. La célébrité que Longin acquit dans son école et par ses écrits fut si grande, que Zénobie, reine de Palmyre , l’appela à sa cour, et voulut apprendre de lui les lettres grecques. Il devint même son principal ministre après la mort d’Odénath son époux, et pendant sa lutte contre Rome. Aurélien , à la prise de Palmyre, se fit livrer Longin, l’accusant d’avoir dicté contre lui à la reine une lettre pleine de fierté , et il l'envoya au supplice , qu’il subit avec courage. — La gloire littéraire de Longin est tout entière aujourd’hui dans son Traité du Sublime : on le lui a cependant contesté, à cause de quelque incertitude sur le nom de l’auteur, et du peu de témoignages qu’on trouve chez les anciens sur ce livre. Dans un ms., il est donné comme anonyme ; dans d’autres, il est désigné comme l'œuvre de Denys ou Longin, ce qui, après avoir paru longtemps n’être que l’indication du double nom de l’auteur, a induit de nos jours Amati et d’autres critiques à retirer l’ouvrage à Longin , pour l’attribuer soit à Denys d’Halicarnasse , soit à un autre rhéteur de ce nom. Enfin , un récent traducteur et éditeur de Longin, M. Vaucher, veut que le Traité du Sublime soit de Plutarque , fondant son opinion sur des rapports de langue et de style assez frappants, mais qui ne prouvent rien. Ce traité est moins une étude philosophique et abstraite sur la nature et les sources du sublime en général, qu’un examen élégant et ingénieux des éléments et des modèles du sublime oratoire et poétique. Longin s’y montre critique éloquent, original , plein de verve et de goût, en même temps qu’écrivain brillant et concis. Il admire et condamne avec chaleur, mais avec justesse; ses jugements ont le trait net et précis d’un maître, et les nombreux exemples qu’il tire des auteurs , sont la plupart très-heureusement choisis. Sa manière ne rappelle ni la haute méthode d’Aristote, ni les procédés techniques de Denys d’Halicarnasse , ni l’exposition savante de Quintilien : elle est irrégulière et peu didactique, mais légère, variée, entraînante, comme celle de Fénelon et de Voltaire, lesquels en effet se sont inspirés de lui. Son livre donne une idée de son enseignement, qui paraît avoir été tantôt une conversation spirituelle et familièrement éloquente sur les principes du goût , tantôt «ne analyse délicate des curiosités de l’élégance attique et des recherches du nombre oratoire , ou une comparaison rapide et animée des beautés les plus frappantes des écrivains de premier ordre. Homère et les tragiques, Platon et Démosthène, sont les auteurs que Longin commente et loue le plus souvent; mais il sait reconnaître partout le beau et le sublime ; il cite Moïse, il vante Cicéron, non par un froid éclectisme d’ Alexandrin , mais par un sentiment de large et franche admiration. C’est ce qui a tiré son ouvrage du commun des rhétoriques de son temps, et l’a rendu classique. Casaubon l’appelle un livre d'or; Boileau, qui en a donné, en 1674, une première et belle traduction française, classique également, en admire la délicatesse et la sublimité; et Fénelon va jusqu’à le mettre au-dessus de la Rhétorique d’Aristote. Cependant Longin a des défauts : il est parfois superficiel, tranchant, déclamateur, et, dans sa diction, subtil et guindé ; il est , comme Plotin disait de lui , plus littérateur que philosophe , et il descend même à des vétilles de grammairien : mais, en somme, c’est un des plus beaux génies de la critique ancienne, et un véritable précurseur des modernes dans cet art. — La lre édition du Traité du Sublime est celle de Robortello , Bâle, 1554, in-4° ; les meilleures et plus récentes sont celles de Tollius, Utrecht, 1694, in-4°, gr.-lat., avec des notes et la traduction de Boileau à la suite ; de Pearce, gr.-lat., avec des notes et les fragments de Longin, Londres, 1724, in-4°, plusieurs fois réimprimée; de Morus, ibid. , Leipsick, 1769, in-8°; de Toup, gr.-lat. , avec d’excellentes notes et des remarques de Ruhnkenius , Oxford, 1778 , 1789 et 1806, in-8° ; de Weiske, gr.-lat. , avec les notes de l’édition de Toup, des dissertations et des variantes, Leipsick, 1809, in-8° ; de M. Egger, grec seul, avec les fragments et des notes, Paris, 1837 , in-18 ; de M. L. Spengel, dans le t. Ier de3 Rhetores grwci , Leipsick , 1853, in-12 ; et de M. Vaucher, Genève et Paris , 1854, gr. in-8°, avec une trad. française du Traité du Sublime et des fragments, et des Eludes critiques sur Longin. Le Traité du Sublime a été traduit encore en français par dom Ch. Lancelot, 1775 , in-8°, avec le texte, et par M. Pujol, Toulouse, 1853, in-8° , avec texte et notes. Ruhnkenius a écrit une belle dissertation philologique de Vita et scriptis Longini , Leyde, 1776, in-4°, réimprimée dans quelques-unes des éditions modernes. M. Egger, dans un Essai sur l’histoire de la Critique chez les Grecs (Paris,
LON
LON
1849, in 8») , a très-bien apprécié Longin, et discuté la j question de l’authenticité du Traité du Sublime. Ds.
longin, nom de deux saints : l’un honoré dans l’Eglise | grecque le 16 octobre, était le centenier qui commandait j les soldats romains , bourreaux de Jésus-Christ , se eon- j vertit après la Passion, et souffrit, dit-on , le martyre à Tyane en Cappadooe ; l’autre , fêté par l’Eglise latine le 15 mars , est le soldat qui ouvrit d’un coup de lance le côté de Jésus , et fut martyrisé à Césarée de Cappadoce.
longin (Flavius), d’une famille patricienne, envoyé en 568 par l'empereur Justin II pour remplacer Narsès dans le gouvernement de l’Italie , prit le titre d’exarque. Il ne put préserver des attaques d’Alboin, roi des Lombards, que la province de Ravenne et le duché de Rome. Rosamonde, après avoir fait assassiner son mari Alboin , s’enfuit à Ravenne, où elle voulut empoisonner son complice pour épouser Longin ; forcée de boire une partie du poison, elle laissa ses trésors entre les mains de l’exarque. Longin fut rappelé à Constantinople, en 584, par l’empereur Maurice.
LONGINUS , historien polonais. V. Dlugosz.
LONG-ISLAND, c.-à-d. Ile longue, île de l'océan Atlantique, sur la côte E. des Etats-Unis, en face de New-York , dont elle n’est séparée que par le détroit de son nom ; 200 kil. sur 25; 110,406 hab. Ch.-l. , Jamatca. Sol varié.
lono-island , nom donné à une partie des Hébrides , embrassant les îles Lewis, Benbecucla , North-Uist et South-Uist.
LONGITUDE , distance d’un lieu terrestre A un méridien convenu. Elle se mesure par l’arc de l’cq iateur compris entre ce méridien et celui du lieu, et se compte depuis 0 jusqu’à 180 degrés. La longitude est orientale ou occidentale, suivait que le lieu est à l’E. ou à l’O. du méridien convenu.
longitudes (Bureau des). V. Bureau des longitudes.
LONGJUMEAU ou LONJUMEAU, ch.-l. de canton ( Seine-et-Oise ) , arr. et à 20 kil. N.-O. de Corbeil, sur l’Yvette; 1,077 hab. Il y avait tout auprès un prieuré d’Augustins, dont l’église , édifice du xme siècle , fut démolie pendant la Révolution. Grand marché pour bestiaux, fruits, légumes, grains et farines ; tanneries, mé gisseries. Fabr. de noir d’ivoire, céruse, couleurs. Meules pour les fabriques d’huile. Elève d’abeilles. — Un traité de paix fut signé à Longjumeau entre les catholiques et les protestants, le 23 mars 1568; il remettait en vigueur l’édit d’Amboise; les huguenots rendaient Soissons, Orléans, Auxerre, Blois, La Charité, et le roi payait la solde arriérée des troupes allemandes de Jean-Casimir, leur allié. B.
LONGLAND ou LANGELAND (Robert) , prêtre et poète anglais , composa vers 1362 la célèbre Vision de Pierce Plowman , satire contre toutes les classes , mais surtout -outre le clergé. Avarice, Simonie, Conscience et Convoitise en sont les personnages. Contemporain de Chaucer, il préféra à la langue anglaise , presque formée déjà, le vieux style des poètes saxons; ses vers, non rimés, se composent de mots commençant presque tous par une. même lettre. Ces vaines difficultés ont à peine laissé place à quelques élans d’imagination. On joint souvent à ce poème une autre satire contre les 4 ordres mendiants , la Croyance de P. Plowman, poème, dont le style, moins obscur, est cependant imité de Langlaud. Plusieurs pamphlets, précurseurs de la Réformation, prennent pour principal personnage P. Plowman. A. G.
LONGNY , ch.-l. de caut. (Orne) , arr. et à 20 kil. E. de Mortagne , sur l’Huine; 1,613 hab. Forges et hautfourneau.
LONGOBARDI. V. Lombards.
longobardi , brg du royaume d’Italie, dans la province et à 18 kil. S. -O. de t'osenza; 2,723 hab.
longobardi (Nicolas), né en 1565, d’une famille noble de Sicile, m. à Pékin en 1655, entra à 17 ans dans l’ordre des Jésuites, et partit en 1596 comme missionnaire pour i la Chine, où ses nombreuses conversions dans la province de Kiang-si le firent nommer supérieur-général des mis- 1 sions à la Chine. Il a laissé des Lettres écrites de Chine, en j latin, 1593, in-8°; et un Traité sur Confucius et sa doctrine, j en latin, traduit en français, Paris, 1701, in-12.
LONGOBUCCO , v. du royaume d’Italie , dans la pro- j vince et à 31 kil. N. -F. de Cosenza ; 8,989 hab. Mines de plomb. Elève de chevaux.
LONGOLATUM , nom latin de Lonlay.
LONGOL1US, nom latinisé de Longueil.
LONGOMONTANUS (Christian), astronome, né à Làngsberg (Jutland) en 1562 , m. en 1647 , recteur du gymnase
de Viborg en 1603 , professeur de mathématiques à l’Académie de Copenhague en 1605, essaya de concilier les idées de Copernic et de Ptolémée avec celles de Tycho- Brahé, dont il fut disciple; il admettait le mouvement annuel du soleil , mais il faisait tourner la terre sur ellemême pour expliquer la succession des jours et des nuits. Il crut avoir trouvé la quadrature du cercle. Ses principaux ouvrages sont : Cyclometria vera , Copenhague, 1612 ; Penlas problematum philosophiœ , ibid. , 1623, in-4° ; Inventio quadraluræ circuli , ibid. , 1634, in-4° ; Astronomia danica , Amst. , 1622, in-4°. V.
LONGO-SAR.DO , ancienne Tibula, v. de l'ile de Sardaigne, petit port à l’entrée O. du détroit de Bonifacio, à 90 kil. N.-E. de Sassari.
LONGOVICUM, nom latin de Lancaster.
LONGOVICUS , nom latin de Longavy.
LONG-PARLEMENT. V. Parlement.
LONGUE , ch.-l. de cant. (Maine-et-Lpire ), arr. et à 19 kil. S. de Baugé , sur le Lathan ; 1,735 hab. Pêche considérable de sangsues. Fabr. de toiles et de sabots. Comm. de grains , fruits , chanvre , bestiaux.
LONGUEIL (Richard-Olivier de) , né vers le commencement du xve siècle, d’une illustre famille de Normandie, m. à Pérouse en 1470, fut archidiacre de l’église de Rouen, puis évêque de Coutanees en 1453. Un des commissaires chargés en 1455 de réviser le procès de Jeanne d’Arc, il défendit avec zèle sa mémoire. Ambassadeur de Charles VII près du duc de Bourgogne , chef du conseil , premier président de la Chambre des comptes, il obtint, grâce au roi, le chapeau de cardinal. Ayant combattu la Pragmatique- Sanction , il fut condamné à une amende de 10,000 livres. Envoyé par Louis XI avec le cardinal d’Arras en Italie , il ne put obtenir du pape l’investiture de la Sicile pour le duc d’Anjou, et mourut évêque de Porto, sans être revenu en France.
longueil (Christophe de) , en latin Longolius, né à Malines en 1490 , m. en 1522 , habile latiniste de l’école des écrivains désignés sous le nom de Cicéroniens. A 19 ans, il professa le droit à Poitiers, et fut, à 22, conseiller au parlement. Mais il quitta bientôt la robe, pour se livrer exclusivement à l’étude des anciens. Ses ouvrages sont : Perduellionis rei defensiones II, Venise, 1518, in-8°; Orationes III, Paris, 1533, et Bâle, 1540, 1580 ; Epislolœ, Bâle, 1570 , in-8°, dont les expressions , les tours , sont exclusivement imités de Cicéron. Il a fait aussi, sur les 11 premiers livres de Pline l’Ancien , des Commentaires qui ont été perdus. - C. N.
longueil (Gilbert de), médecin et littérateur, né à Utrecht en 1507, m. en 1543, enseigna les belles-lettres à Deventer et à Cologne. On a de lui : des Notes sur les Métamorphoses d’Ovide, sur Plaute, Corn. Népos, les Lettres familières et les Livres à Hérennius de Cicéron ; des éditions de la Vie d' Apollonius de Tyane , et des Actes du concile de Nicce; une traduction de divers Opuscules de Plutarque, etc.
LONGUEMARE (Gouye de) , né à Dieppe en 1715, m. en 1763, avocat, greffier au bailliage de Versailles, a laissé une Dissertation pour servir à l’histoire des enfants de Clovis, 1744, et un livre Sur la chronologie des rois Mérovingiens depuis la mort de Dagobert /er, 1748.
LONGUERUE (Louis Dufour, abbé de), né à Charlevilleen 1652, m. à Paris en 1733, a écrit : Dissertation sur Talien, en latin, insérée dans l’édition des Œuvres de cet auteur, Oxford, 1700, in-8° ; Description historique et géographique de la France ancienne et moderne, avec les cartes du géographe Danville, Paris, 1719; Dissertation touchant les antiquités des Chaldéens et des Egyptiens ; Notes sur l’histoire de Justin, dans une édition de cet auteur, Paris, 1709, in-16 ; Annales des Arsucides, en latin, Strasbourg, 1732, in-4°; Recueil de pièces intéressantes pour servir à l'histoire de France, Genève ( Paris), 1769, iu-12, etc. Longuerue était profondément savant , et ses ouvrages , particulièrement ceux d’histoire, se distinguent par une solide critique.
LONGUEVAL (Jacques), jésuite , né en 1680 près de Péronne, m. en 1735, a laissé une Histoire de l’Eglise gallicane, dont il ne publia que 8 vol., auxquels les PP. lontenay, Brumoy et Berthier en ont ajouté 10, Paris, 1730- 49, 18 vol. in-4° et Nîmes, 1782, 18 vol. in-8» et in-12.
LONGUEVILLE, ch.-l. de cant. (Seine-Inférieure), arr. et à 16 kil. S. de Dieppe, sur la Scie et le chemin de fer de Rouen à Dieppe; 614 hab. Elève de mérinos; briqueterie, fours à chaux. Ruines d’un château-fort. Erigé en comté en 1453 en faveur de Dunois , bâtard d Orléans, et en duché en 1505.
Longueville (François Ier d’oRLEANS , comte de), fils du célèbre Dunois, fut gouverneur de Normandie et grand-chambellan. Il se retira en Bretagne avec le duc