NAP NAZ
NAFTA ou NEFTA , v. de l’Afrique septentrionale (Tunisie), dans le canton appelé Bilad ou Beled-el-Djérid , au S.-O. du beylik, sur les bords de la Sebka-el-IIaudiah, le Palus T rilonis des Anciens; 8,000 hab. Magnifiques plantations de palmiers; constructions élégantes. Cette ville est située sur la route de Tunis et de Gabès aux oasis du Sahara algérien (Oued-Souf, Üued-Rir) et aux villes intérieures de lAlgérie (Biskara, Constantine). C’est sans doute l’anc. Selneple de la Table Théodosienne. C. P.
NANTEU1L (Charles-François Lebœuf, dit), sculpteur, né à Paris en 1792, m. en 1865, élève de Cartellier, remporta le grand prix de Rome en 1817, et succéda à son maître comme membre de l’Institut en 1831. Ses principales œuvres sont: Eurydice mourante , 1824, dont la reproduction en bronze est dans le jardin du Palais-Royal; Ste Marguerite , 1825, à l’église de ce nom ; S1 Jean et S1 Luc, bronzes exécutés pour l’église de St-Gervais; une Naïade co'ossale en pierre, au palais de St-Cloud ; les bas-reliefs qui surmontent les portes du péristyle du Panthéon; les frontons des églises St-Vincent-de-Pa,ul et Notre-Dame-de- Lorette, et les Anges en adoration auprès de l’autel de cette dernière; les bu.vtes de Prud’hon, Quatremère de Quincy, Boucher-Desnoyers, etc. ; la statue de Desaix, à Clermont-Ferrand; Montesquieu, à la bibliothèque duSénat; Charlemagne et le président Mole, à Versailles. B.
NAP1ER (Sir Charles-James ), le conquérant du Scinde, né à Londres en 1782, m. en 1853, combattit en Espagne de 1808 à 1811, alla aux États-Unis en 1813, et ne revint qu’après Waterloo, mais à temps pour accompagner l’armée anglaise à Paris. En 1821 , il fut nommé gouverneur de Céphalonie ; mais ses demandes incessantes de réformes lui ayant attiré une disgrâce, il employa ses loisirs à écrire divers ouvrages relatifs aux sciences militaires et à l’économie politique. En 1837 , il fut chargé d’un commandement dans le nord de l’Angleterre avec le grade de général-major. Il en obtint un autre, en 1841, aux Indes orientales. Peu de temps après, il fut mis à la tète des forces anglaises envoyées dans le Scinde et le Béloutchistan. En trois années (1843-45), il dompta le Béloutchistan, ruina la puissance des émirs du Scinde, et soumit complètement les montagnards de la rive droite de l’Indus. La Compagnie des Indes, qui ne voyait pas sans inquiétude l’accroissement excessif de ses possessions, obtint son rappel en 1847. Les revers éprouvés en son absence contraignirent la Compagnie à lui rendre le commandement, 1849. A son arrivée, la guerre était terminée. U revint en Angleterre en 1851. On a de lui: Lights and Sliades of military Life, 2e édit., 1852, ouvrage imité librement de celui d’Alfred de Vigny qui a pour titre : Servitude et grandeur militaires. F — T.
napier (Georges-Thomas), frère du précédent, né à Whitehall en 1784, m. en 1855, fit la guerre en Espagne de 1809 à 1814, et prit part aux batailles d’Orthez et de Toulouse. Après être resté longtemps en disponibilité, il fut nommé, en 1837, major général et gouverneur de la colonie du Cap, et remporta des succès contre les Boërs et les Cafres. 11 revint en Europe en 1844.
nafier (Charles), marin anglais, né en 1786 à Merchistoun-LIall (Stirling), mort en 1860, contribua à la conquête de la Martinique, passa capitaine en 1809, fit partie de l’expédition de Portugal en 1810, combattit sous Wellington àDusaco et à Torrès-Vedras, fut ensuite employé dans la Méditerranée, où il prit l’ile de Ponza, et fit la campagne de 1814 contre les États-Unis. Mis en disponibilité eu 1815, il siégea à diverses reprises parmi
les whigs à la Chambre des communes, reprit du service en 1829, commanda pendant plusieurs années la frégate la Galatée , qu’il essaya de diriger à l’aide de roues à aubes, et fut un des plus ardents propagateurs de la navigation à vapeur. En 1832, il se rendit auprès de don Pedro, roi de Portugal, pour l’aider à chasser don Miguel, dont il battit la flotte atf cap S‘-Vincent (1833). Il contribua, en 1840, sous les ordres de l’amiral Stopford, au succès des opérations entreprises contre Méhémet-Ali et Ibrahim- Pacha sur les côtes de Syrie, et ce fut lui qui signa le traité imposé au vice-roi par l’Angleterre. Membre de la Chambre des communes en 1842, contre-amiral en 1846, vice-amiral du pavillon bleu en 1853, il reçut en 1854 le commandement de la flotte destinée à agir dans la Baltique contre les Russes : il avait promis de prendre Cronstadt; mais, en présence de la forteresse, il ne crut pas devoir tenter l’attaque. Son commandement lui ayant été retiré après cette campagne si peu décisive, il se plaignit en termes peu mesurés, et compromit sa popularité ; néanmoins il fut encore élu membre de la Chambre des communes en 1855 et 1857. Napier a publié : Histoire de la guerre de succession en Portugal, in-8°; la Guerre de Syrie , 1842, 2 vol.; la Murine, son passé et son présent, 1851;. Recueil de lettres adressées au limes et à lord John Russell, 1849; Ma propre vie, 1857. T3.
NARVAEZ (Ramon-Marie), général et homme d Etat espagnol, né en 1800 à Loja (Andalousie), m. en 1868, servit dans la garde royale de Ferdinand \ II, se rangea du côté des libéraux en 1822, fit campagne en Catalogne sous les or Ires de Mina, et rentra dans la vie privée lors de l’invasion française en 1823. Il ne reparut dans 1 aimée qu’en 1834, înit en déroute le général carliste Gomez près d’Arcos en 1836, pacifia par des mesures terribles la province de la Manche en 1838, mais fut obligé, deux ans après, de se réfugier en France à la suite d une insurrection contre 1 spartero, dont il s’était déclare le rival. Ayant réuni à Perpignan les partisans de la reinenière Marie-Christine, exilée comme lui, il alla se mettie à la tête de l’insurrection de 1843, qui renversa Espartero, et se fit nommer par Isabelle II président du ministère, capitaine-général, et duc de Valence. Il fit reviser la Constitution de 1837 dans un sens peu liberal, réprima sévèrement les émeutes que sa politique excitait, mécontenta par sa hauteur ses partisans mêmes, et succomba à une intrigue de palais eu 1846. Momentanément ambassadeur à Paris, il reparut à la têie de nouveaux cabinets en 1847, en 1849, en 1856 et en 1867, travaillant toujours à la restauration de l’autorité royale pleine et
entière. . .
NAYAR1T (Département de), division administrative du Mexique, borné par les dép. de Durango et de Mazatlan au N., de Frcsnillo, de Zacatecas et d Aguas-Ealientes à l’E., de Xalisco au S., et par le Pacifique à 1 U. 11 comprend le nord de l’anc. État de Xalisco ; cotes malsaines, bordées de vastes forêts; plus haut, belles vallees arrosées par le Rio-Bayona, le Rio San-Pedro le Rio Grande-de-Santiago ; riches mines d’argent cle Rolanos. Ch.-l., Acaponeta; v. pr. : Rosa-Morada. Ce departement dépend de la division militaire de Guadalaxara. L. r.
NAZ AS (Département de), division administrative du Mexique, borné par les dép. d’Huéjuqmlla et de Batopilas au N., de Cinaloa à l’O., de Durango au S , deColiahuila à l’E. ; formé du nord de l’anc. État de Durango, il tire son nom de la rivière Nazas, qui l’arrose au N.-E. et se jette dans le lac Mapimi. Il est situe sur la grande
NES
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chaîne centrale de la Sierra-Madre, et renferme de riches mines d’argent; mais l’exploitation en est rendue difficile par les incursions des Apaches et des Comanches. Ch.-l., Indee. Ce dép. dépend de la division militaire de Durango. C. P.
NEBRASKA, l'un des États-Unis de l’Amérique septentrionale, au N. -O., tire son 110m de la rivière de Nebraska qui l’arrose au Sud ; entre les États de Missouri et d’Iowa à l’E., dont le Missouri le sépare, le Territoire du Dacotah au N., celui de Wyoming à l’O. , et les Etats de Colorado et de Kansas au S.; 165,770 kil. carrés; il n’est encore peuplé que de 40,000 Européens ; le reste appartient aux tribus indiennes des Pawnees, des Otoès, des Omahas. Il a été érigé en Territoire en 1854, eu Etat en 1867, et a pour ch.-l. Omaha-City , près du confl. de la Nebraska avec le Missouri. On y trouve aussi quelques forts destinés aux troupes fédérales qui protègent la route de l’Ouest contre les attaques des Indiens, entre autres le fort Kearney, sur la Nebraska. C. P.
NEFOUSA ( Djebel), canton montagneux du pachalik de Tripoli, au S. -O. de cette ville et à l’O. du Djébel- Ghourian, forme un plateau d’environ 500 mèt. de hauteur moyenne, qui , après s’être élevé depuis le bord de la mer, diminue insensiblement jusqu’à Ghadamès. Ses vallées profondes renferment de riches plantations d’oliviers, de dattiers, de figuiers, et des terres arables qui en font le principal centre de production du pachalik. Il contient plus de 60 villages et bourgades, et à peu près 47,000 hab., Arabes et Berbères. Il est divisé en 2 arrond. politiques, ceux de Fassalô et de Naloùt, administrés par des caïds indigènes dépendant du kaïmakan turc du Djébel , qui réside au foit de Yefren. On y trouve beaucoup de ruines romaines, mais île peu d’importance. C. P.
NEFTA. V. Nafta.
NEFZAOUA, pays de l’Afrique septentrionale, au S. de la Tunisie, près des frontières de l’Algérie et du pachalik de Tripoli. II comprend le pays au S. de la grande Sebkael-Haudiah, et forme un vaste archipel d’oasis disséminées dans un terrain plat, abondamment pourvu d’eau et quelquefois marécageux ; plantations de dattiers et d'oliviers ; pâturages qui nourrissent beaucoup de bœufs. Il y a, dit-on, 101 villages, dont les principaux sont Ncgqa , Tillimin avec des ruines romaines, Gébilli. La population est formée d’Arabes nomades de la tribu des Oulad-Yaooub, soumise seulement de nom au bey de Tunis, de Khammès ou noirs esclaves qui cultivent la terre, et de Kabyles qui font le commerce avec Cabès à TE. et l’Oued-Sous à l’O. C. P.
NESSELRODE (Charles-Robert, comte de), diplomate russe, né en 1780 .à Francfort-sur-le-Meiu, m. en 1862, fut attaché en 1802 à l'ambassade de Berlin, puis à celle de Stuttgard, remplit en 1805-6 les fonctions de secrétaire de légation et de chargé d’affaires à La Haye, et devint conseiller d'ambassade à Paris en 1807. Les révélations qu’il fit, dès 1810, à l’empereur Alexandre 1er sur les armements secrets de Napoléon en vue d’une rupture avec la Russie, fondèrent son crédit auprès de son souverain, qui l’attacha à la chancellerie d’Etat, et partagea bientôt entre Capo-d’Istria et lui les attributions et le titre de ministre des affaires étrangères. La guerre de 1812 commençait à peine, que déjà Nesselrode nouait de secrètes intelligences avec la Prusse, l’Autriche et la plupart des princes de la Confédération du Rhin, dans le but de tourner les forces de l'Europe contre la France : il signa la convention de Breslau (19 mars 1813), le traité de subsides avec l’Angleterre (13 juin), et la ligue de Tœplitz (9 septembre). Én 1814, il suivit le tzar en France, signa le traité de Chaumont, et traita avec Marmont de la reddition de Paris. On le vit encore jouer un rôle important aux congrès de -Vienne 11815), d’Aix-la-Chapelle (1818), de Troppau et de Laybach (1820-21), et à celui de Vérone (1822). Conservantses fonctions sous le règne de NicolasP'r, il établit l’influence russe sur la jeune Grèce indépendante, travailla par le traité d’Andrinople (1829) à l’abaissement de la Turquie, manœuvra avec assez d’habileté pour qu’aucune puissance ne s’interposât entre la Russie et les Polonais révoltés (1830-31), ajouta encore à l’humiliation des Ottomans par le traité d’Unkiar-Skélessi (1833), et enfin, par le traité du 15 juillet 1840, sut écarter la France du concert européen. Lors des mouvements révolutionnaires de 1848, Nesselrode garda quelque temps une attitude d’observation; puis, il secourut l’Autriche contre la Hongrie, augmenta l’influence de son maître en Orient par le traité de Balta-Liman, et intervint entre la Prusse et l’Autriche, qui semblaient être à la veille de se disputer par les armes l'hégémonie de l’Allemagne. En 1853
quand survinrent en Orient les complications qui devaient armer la France et l’Angleterre contre la Russie, il soutint une politique pacifique, mais sans pouvoir la faire triompher; et son dernier acte, après la guerre de Crimée et la mort de Nicolas, fut la conclusion de la paix de Paris en 1856. Il abandonna alors la direction des affaires, tout en conservant le titre de chancelier de l’Empire. Les circulaires et les dépêches de Nesselrode sont des modèles de netteté et de précision. B.
NEUKOMM (Sigismond), compositeur de musique, né à Salzbourg en 1778, m. en 1858, élève do Haydn, fut directeur de la musique du théâtre impérial de St Pétersbourg de 1804 à 1808, pianiste de la maison du prince de Talleyrand en 1812, suivit en 1816 le duc de Luxembourg au Brésil, et reprit en 1820 sa place dans l’hôtel Talleyrand. On le considère comme un des meilleurs organistes de son temps. 11 a laissé de nombreuses compositions pour l'église, de la musique instrumentale, de la musique vocale, de chambre et de concert, en un style clair et correct. B.
NEVADA (État de), l’un des États-Unis d’Amérique, appelé ainsi de la Sierra-Nevada qui le limite à l’O., est borné au N. par l’État d’Orégon, à l’O. et au S. par celui de Californie, à l’E. par le Territoire d’Utah, et s’étend entre le 37» et le42° Iat. N., le 117° 20’ O. et la Sierra-Nevada. 11 a été organisé en Territoire en 1861, et reçu comme État dans l’Union en 1864. Cap., Carson-City , sur le Carson, à l’O. de l’État. Il comprend la partie occidentale de la grande région intérieure appelée le Grand Bassin , sur une étendue de 218,000 kil. car. Le S.-E. se compose de plaines arides, où croissent à peine quelques arbrisseaux sauvages, et pénétrées d’eaux alcalines dont les sels cristallisent à la surface; le N. -O., adossé à la Sierra-Nevada, est formé de profondes vallées où coulent des fleuves sans autre issue que des lacs intérieurs (rivière et lac Humboldl, rivière et lac Carson, lacs Mud, de la Pyramide, Bigler, Wallcers, Mono), et est encore assez sauvage; montagnes volcaniques ; immenses dépôts de ponces et de cendres, basaltes, granits et schistes. Climat extrême: + 37°à 40° dans Tété; — 18” à 20° etneige persistante de novembre à mai sur les hauts plateaux. Le Nevada a pris depuis quelques années une grande importance par suite de la découverte faite en 1859 de riches mines d’or, d’argent, de plomb argentifère, surtout dans les vallées des lacs de la Pyramide, du Wallcers, du Carson , où Ton tro'uve les exploitations déjà florissantes de Virginia-Cily , Cromstock-Claims, Goldhill, Silver-Cily, dans le district des Washoë, du nom de la peuplade indienne qui l'habite, et au N.-E. dans les districts de Reese-River et de Washington, où sont les mines de New-Ilope et de Sacramento et la ville commerçante d’Austin. On y compte déjà plus de 50,0(>0 Européens. C. P.
NGAMI ( Lac), lagune intérieure de l’Afrique australe, au N. du désert de Kalahari, à 901 kil. N. -O. de Kolobeng, par 20° 19’ lat. S., et 20° 25’ à 21° long. E ; longueur d’environ 115 kil., de l’O. à TE.; largeur moyenne de 20 à 24; il se rétrécit vers le milieu, et forme comme deux bassins ovales; il est situé à 872 mèt. au-dessus du niveau de la mer. Peu profond , il porte les marques d’un dessèchement progressif; rempli à la fin de juin, il commence à décroître à la fin de septembre. C. P.
NICCOLINI (Jean-Baptiste), poëte italien, né à Florence en 1785, m. en 1861, fut nommé, en 1807, bibliothécaire et professeur d’histoire et de mythologie à l’Académie des beaux-arts de sa ville natale. L’une de ses premières tragédies, Nabuco, fut une œuvre de circonstance où il représentait, sous des noms empruntés à l’antiquité babylonienne, Napoléon 1er, Mme Lætitia, Marie-Louise, Pie VII , etc. Ses pièces de Polyxène, d 'OEdipe, de Médée , ont eu beaucoup de succès. Il prit aussi des sujets dans l’histoire de l'Italie, Antonio l'oscarini, Jean de Procida, Béatrice Cenci, etc. On estime encore ses drames d ’ Arnaud de Brescia et de Philippe Strozzi. En 1855, Niccolini laissa publier ses anciennes Leçons de Mythologie On a de lui enfin des poésies lyriques, et un poëme de 3 chants intitulé la Pietà. B.
NICOLAIEWSK, v. de la Sibérie orientale, sur la rive g. de l’Amour, à 60 kil. de l’embouch. de ce fleuve, qui a près de cette ville 2,500 mèt. de largeur; 5,000 hab. Construite en 1854, elle est le grand établissement maritime des Russes sur le Pacifique, et le ch.-l. du Littoral de la Sibérie orientale. On y trouve une amirauté, un arsenal maritime, des cales, des chantiers de construction , une fonderie pour les machines, une bibliothèque. Elle est défendue par la forteresse de Tchnyrrah, située à 13 kil. plus bas sur le fleuve. C. P.