‹ Dictionnaire général de biographie et d'histoireChapitre 819 sur 864 · MOE · texte numérisé non relu

MOE

Instruction publique. — ordinaires...... 21,950,821

— extraordinaires . 1,535,000

Total 23,485,821

Agriculture , commerce et travaux publics.— ordinaires . 71,855,803

— — extraordinaires 70,324,300

Total 142,180,103

Ministère de la Maison de l’Empereur et

des Beaux-Arts. — ordinaires 12,079,100

— — extraordinaires... 7,100,000

Total ' 19,179,100

ministère de i.’ Algérie et des colonies. Ce ministère, créé par décret du 24 juin 1858, a été supprimé le 24 novembre 1860. Ses attributions, qui avaient été distraites du ministère de la guerre, et de celui de la marine et des colonies, ont été replacées dans ce dernier département, et les affaires de l’Algérie sont administrées auj. par un gouvernement général, résidant à Alger, exerçant l’autorité ministérielle, à l’exception de certaines parties qui ressortissent aux ministères de la guerre, de la justice et de l’instruction publique.

MINISTRES SANS PORTEFEUILLE. Les ministres d’Ètat de l’ancienne monarchie française étaient de véritables ministres sans portefeuille. Ils conservaient ce titre toute leur vie, même quand ils étaient sortis du Conseil. Il y eut aussi, sous le 1er Empire et sous la Restauration, des ministres d'Etat sans fonctions permanentes et qui quelquefois, mais rarement, étaient individuellement appelés à des conseils extraordinaires. Le nombre de ces ministres, sous Charles X, était monté à 62. Le roi Louis- Philippe eut quelquefois dans son conseil des ministres sans portefeuille, siégeant avec les ministres à département. Ce titre et ces fonctions furent rétablis par un décret du 24 novembre 1860, qui autorisa ces ministres à représenter le gouvernement dans les discussions du Sénat et du Corps législatif. Un décret du 23 juin 1863 a supprimé les ministres sans portefeuille, et donné leurs attributions au ministre d’Etat et au ministre président du conseil d’Etat.

MINOIDE MINAS, philologue grec, né en Macédoine vers 1790, m. en 1860, était professeur à Sérès lorsque l’insurrection grecque l’obligea de se retirer en France. Il y publia : Orthophonie grecque , ou Traité de V accentuation et de la quantité syllabique, 1824; Calliope , ou Traité sur la véritable prononciation de la langue grecque, 1825; Théorie de la grammaire et de la langue grecques, 1827 ; Grammaire grecque, contenant les dialectes et la différence avec le grec vulgaire, 1828; une traduction de la Rhétorique d’Aristote, 1837, etc. Chargé, en 1840, d’aller explorer les bibliothèques de la Turquie, il trouva au mont Athos les fables de Babrius, et une Réfutation des hérésies, qui paraît être l’œuvre de S1 Hippolyte. Depuis son retour, il donna encore des traductions de la Dialectique de Galien (1844), de la Gymnastique de Philostrate (1852), etc.

MIRAMON (Miguel), général mexicain, né vers 1813 à Mexico, d’une famille française du Béarn, m. en 1867, se distingua dans la guerre contre les Etats-Unis en 1816. Dans les troubles civils, il se rangea parmi les conservateurs. Après la chute de Zuloaga, il fut élu président de la République à Mexico, tandis qu’on proclamait Juarès à la Vera-Cruz, 1858. Ayant échoué dans une attaque contre cette ville, il abdiqua eu 1860, et se retira en Europe. Lors de P expédition française au Mexique, il revint dans sa patrie, se rallia à la cause de l'empereur Maximilien, et fut fusillé avec lui.

MISDA, oasis du pachalik de Tripoli, au S. de cette ville. Ses principaux villages sont El-Fork et El-Outah. On croit que c’est le Mustikone de Ptolémée. C. P.

MITCHELL (Thomas Livingston), voyageur anglais, né à Craigend (Stirling) en 1791 , m. en 1855 , commença par être soldat en Espagne, et, après la guerre, fut employé à lever les plans des opérations. Les cartes qu’il dressa sont remarquables par leurfidélité et par l’habileté de l’exécution. Nommé, en 1827, inspecteur-général de l’Australie, il fit plusieurs expéditions à l’intérieur, détermina le cours des rivières Peel et Nammoy, explora celui du Darling, trouva le point de jonction de ce fleuve avec le Murray, et reconnut les bords du Glenelg et de la Victoria. La relation de ses explorations a été publiée.

MITFORD (William), historien anglais, né à Londres

en 1774, m. en 1827, siégea à la Chambre des communes de 1785 à 1790, de 1796 à 1806, et de 1812 à 1818. Pendant les guerres contre la Révolution française, il servit dans la milice, et y devint colonel. On a de lui An inquiry into the prmciples of harmony in languages, and of the menhanism of verse modem and ancien t, 1774; Histoire de la Grèce, 1784-1818, 5 vol. in-4°, et 1829, 8 vol. in-8°.

MITSCHERLICH (Eilhard), chimiste allemand, neveu du philologue de ce nom ( V . le Diction.), né à Neuende (gr. duché d’Oldenbourg) en 1794, m. en 1863, a fait de belles découvertes sur les cristaux, entre autres celle de l’isomorphisme, en 1818. Berzélius le distingua, et l’emmena à Stockholm. Mitscherlich revint à Berlin en 1821, où il fut nommé membre de l’Académie des Sciences et professeur de chimie à l’Université. Outre divers mémoires, on lui doit un Traité de chimie, 1835-1856, 2 vol., traduit dans toutes les langues de l’Europe, et en français par Valérius, 3 vol. in-8". On cite encore parmi ses découvertes celle du dimorphisme du soufre, et de belles recherches sur les cristaux artificiels. Il était membre associé de l’Institut de France.

MITTERMAIER (Charles-Joseph-Antoine), célèbre jurisconsulte allemand, né en 1787, m. en 1867, fut nommé professeur de droit à Landshut en 1811, à Bonn en 1819, à Heidelberg en 1834, et joua un rôle important à la seconde Chambre du grand-duché de Bade de 1831 à 1848. Ou lui doit : Manuel de Procédure criminelle, 1810-12, 2 vol. ; Enseignement dans l'art de défendre les accusés , 18i4 ; Erreurs des recueils de lois en matière de droit pénal, 1819 ; la Procédure civile de l'Allemagne comparée à celle de Prusse et de France, 1820-26, 4 vol. ; Cours de droit privé allemand, 1821; Théorie des preuves enmatière criminelle, 1821, 2 vol.; V Instruction criminelle de l'Allemagne comparée à celle d’Angleterre et de France. 1827, 2 vol. ; Doctrine de la preuve dans la Procédure civile, 1834 ; Principes du droit privé allemand, 1837, 2 vol. ; Examen du développement de la législation pénale, 1841-43, 2 vol. ; la Procédure orale, le principe de l'accusation, la publicité et le jury, 1845; le Système pénal de Y Angleterre, de l’Ecosse et de l’Amérique du Nord, 1851, etc.

MOCQUARD (Jean-François-Constant), littérateur et homme politique, né à Bordeaux en 1791, m. en 1864, suivit d’abord la carrière diplomatique, et fut chargé d’affaires à Wurzbourg en 1812. Puis il se fit inscrire au barreau de Paris, prit part à la lutte des libéraux contre le gouvernement de la Restauration, et plaida dans divers procès politiques, entre autres celui des quatre sergents de la Rochelle. Après avoir été sous-préfet à Bagnèresde-Bigorre de 1830 à 1839, il eut des relations suivies avec la reine Hortense et son fils Louis-Napoléon, et prit à Paris la direction du journal le Commerce, dévoué à la cause napoléonienne. En 1848, il s’occupa activement de l’élection présidentielle, et concourut au coup d’Etat du 2 déc. 1851. Il a été jusqu’à sa mort secrétaire intime et chef du cabinet de Napoléon III. On a de lui : Biographie de la reine Hortense, 1825; Nouvelles causes célèbres , 1847, 6 vol. in-8°. Il paraît avoir collaboré aux drames suivants: le Masque de poix, 1855; la Fausse adultère, 1856; les Fiancés d'Albano, 1858; la Tireuse de cartes, 1859; les Massacres de Syrie, 1860. B.

MODANE, ch.-l. de canton (Savoie), arr. et à 24 kil. S.-E. de S'-Jean-de-Maurienne, sur la rive gauche de l’Arc; 1,204 hab.

MODÈNE (Prov. de), division du royaume d’Italie, comprend l’E. de l’ancien duché de Modène, et est bornée à l’O. par la prov. de Reggio, au S. par celles de Massa- Carrara et de Lueques, à l’E. par celles de Bologne et de Ferrare, au N. par la Vénétie. Elle est arrosée par le Pô, le Panaro et le Secchio. Le sud, couvert par les ramifications de l’Apennin (Monte-Cimone), est ombragé de belles forêts ; le nord, formé de vastes plaines d'alluvion, est fertile en blé, riz, maïs, huile, chanvre, plantes tinctoriales; beaucoup de vers à soie et d’abeilles. Ch.-l., Modène; trois arrond. : Modène, Mirandola, Pavullo ; 2,502 kil. car.; 260,591 hab. C. P.

MODÉRANTISME, mot inventé pendant la Révolution pour désigner le crime de modération dans les opinions politiques du jour. Il fut créé, en 1793 , par des députés et des journalistes démagogues , après la journée du 31 mai, qui prépara la chute des Girondins. 11 ne fut jamais introduit dans des actes officiels, et ne signifia jamais une criminalité légale, bien qu’il revînt alors fréquemment dans le langage révolutionnaire, et que Robespierre, lorsqu’il fit décréter Danton d’accusation, lui reprochât, entre autres crimes, celui de modérantisme.

EMOHLER (Jean-Adam) théologien catholique alle-

MON

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mand, né en 1796 à Igersheim , près de Mergentheim, m. en 1838. enseigna à l’Université de Tubingue, et, depuis 1835, à celle de Munich. Ses principaux écrits sont: l’Unité dans l’Eglise, ou le Principe du catholicisme, 1825, trad. en franç. par Bernard; Athanase le Grand et l'Eglise de son temps en lutte arec l’Arianisme , 1827, trad. en français, Faris, 1811, 3 vol. in-8°; Symbolique, 1832, trad. en français, Besançon, 1836, 2 vol. iu-8° ; Nouvelles recherches sur les différences de doctrine entre les catholiques et les protestants, 1834, trad. en français, Besançon, 1840, in-8°; Patrologie, ou Histoire littéraire des chrétiens, 1839, trad. en franç. par Cohen, Paris, 1842, 2 vol. in-8°.

MOINE (Antonin), sculpteur, né à S1- Étienne (Loire) en 1797 , mort en 1849 , produisit des œuvres fort remarquées, les Lutins, la Chute d'un cavalier, une Scène du Sabbat, l’Ange du jugement dernier, les statuettes du Sonneur d'olifan, d’Esméralda, de Phoebus , de Don Quichotte, du Grognard, etc. On lui doit encore une statue de Sully (au Luxembourg), la statue de S1 Protais (à l’église S'-Gervais), les Naïades et les Tritons des fontaines de la. place de la Concorde. Élève de Girodet et de Gros pour la peinture, il cultiva le genre du pastel , où il eut aussi de grands succès. B.

MOKADDACI, appelé aussi Ibn-al-Banna (le fils du charpentier), géographe arabe de la fin du xe siècle. Son ouvrage, précieux pour la géographie de l’empire arabe qu’il expose dans son ensemble avant ses derniers démembrements en Asie et en Afrique, était resté à peu près inconnu des Européens jusqu’à nos jours. 11 a été découvert dans l’Inde, et publié par A. Sprenger dans la Bibliolheca Indica; de nombreux fragments lui ont été empruntés dans l’ouvrage du même auteur; Les routes de postes et de caravanes de l’Orient, avec 16 cartes tirées des sources orientales, Leipzig, 1864. C. P.

MORE (Henri-Guillaume), historien, né en 1803 au Havre, de parents belges, ra. en 1362, fut professeur de rhétorique à l’Athénée royal de Gand en 1835, puis de littérature et d’histoire à l’Université de la même ville. Ses princ. ouvrages sont : les Gueux de mer, ou la Belgique sous le duc d'Albe, 1827, 2 vol. in-12 ; les Gueux des bois, ou les Patriotes belges en 1566, Bruges, 1828, 2 vol. in-8°; Histoire des Francs , Paris, 1835, in-8°, livre inachevé; Histoire de la Belgique, Gand, 1839-40, 2 vol. in-8°; Mœurs , usages, fêtes et solennités des Belges, ibid. , 1846, 2 vol. in-8°; Histoire de la littérature française, Bruxelles, 1849-50, 4 vol. in-18 ; Précis de l'histoire moderne, ibid., 1853, 4 vol. in- 12 ; la Belgique ancienne et ses origines gauloises, germaniques et franques , Gand, 1855, iu-8°. B.

MOLESWURTFI (William), homme d’État anglais, né en 1810 à Cumberwell (Surrey), m. en 1855, entra à la Chambre des communes en 1832, se rangea parmi les progressistes, et fut bientôt regardé comme le chef des radicaux philosophes. Il fonda en 1835 la London Revieiv, qu’il fusionna avec la Westminster Review. De 1842 à 1845, il donna à ses frais une magnifique édition des œuvres de Hobbes, en 16 vol. Puis, tournant son attention sur l’état des colonies anglaises, il combattit le système qui consistait à les laisser autant que possible se gouverner ellesmêmes, et à y envoyer les condamnés de la mère patrie. Il fut aussi l'un des champions du libre échange. En 1852, il fit partie du ministère Aberdeen comme haut commissaire des forêts et des travaux publics, et, en 1855, prit le portefeuille des colonies dans le cabinet de lord Palmerston. , B.

MONMERQUÉ (Louis-Jean-Nicolas), magistrat et littérateur, né à Paris en 1780, m. eu 1860, fut juge auditeur à la Cour impériale de Paris en 1809, conseiller auditeur en 1811, et conseiller à la même Cour de 1813 à 1852, époque de sa retraite. Ce fut lui qui, eu 1822, présida les assises dans l’affaire dite de la conspiration de La Rochelle. Monmerqué cultiva les lettres, mais en philologue plus qu’en littérateur, bien qu’il ait donné un certain nombre de notices dans la Biographie universelle de Michaud , et deux autres , sur Brantôme et sur Mme de Maintenon, dans les Mélanges de la Société des bibliophiles français. Il est surtout connu comme éditeur littéraire des Lettres de Mme de Sévigné, de sa famille et de ses amis, 1818-19, 10 vol. in-8° ou 12 vol. in-12; il révisa encore ce travail pour une édition publiée sous la direction de M. Régnier, 1862 et suiv., 12 vol. in-8°. Monmerqué a édité aussi les Mémoires de Coulanges, 1820, et les Historiettes de Tallemant des Réaux, 1834, 6 vol. in-8°. 11 fut le collaborateur de Petitot pour la Collection des mémoires sur l'histoire de France, et pubba, avec Francisque Michel, le Théâtre français du moyen âge, d'après les manuscrits de la Bibliothèque du roi, 1839. Monmerqué était,

depuis 1833, membre libre de l’Académie des inscriptions et belles-lettres.

MONPOU (Fiançois-Louis-Hippolvte), compositeur de musique, né à Paris en 1804, m. en 1841, entra dans l’école de musique sacrée de Choron, fut organiste de la cathédrale de Tours, revint à Paris pour étudier la composition, et prit successivement les orgues de S‘-Thomasd’Aquiu, de Sl-Nicolas-des-Cltamps et de la Sorbonne. Il avait dé à fait exécuter plusieurs mes-es, quand il abandonna le genre religieux, vers 1830. Des romances aux rhythmes nouveaux et pleins d’originalité firent sa réputation, entre autres, l’ Andalouse , Gaslibelza, les Deux arbres, la Madonna col Bambino, Si j'étais ange, les Résurrectionnistes , le Voile blanc, etc. En 1835, il débuta à l’Opéra-Comique par une pièce en un acte, les Deux Reines, dont une romance, Adieu , mon beau navire I décida le succès. Puis il donna au même théâtre le Luthier de Vienne, Piquillo (1837), le Planteur, et, au théâtre de la Renaissance, Perugina, la Chaste Suzanne, la Reine Jeanne. 11 laissa inachevé un autre opéra, Lambert Simnel, qui fut term né par Adam, 1843. B.

- MONTAGNE (Jean-François-Camille), botaniste, né en 1784 à Vaudoy (Seine-et-Marne) , m. en 1865, servit dans la marine pendant l’expédition d’Egypte, exerça la chirurgie militaire de 1804 à 1832, puis se livra exclusivement aux études cryptogamiques, et fut admis à l’Académie des sciences en 1853. Outre les nombreux articles qu’.l a fait insérer dans les Archives de botanique, les Annales des sciences naturelles, les Comptes rendus de l'Académie des sciences, et autres recueils scientifiques, on lui doit : Mémoire sur la coloration des eaux de la mer Rouge, 1844 ; Sylloge generum specierumque cryptoqamorum, 1855.

MONTANA (Territoire de), division politique du N.- O. des Etats-Unis; borné par ceux de Washington et d’Idaho à l’O. , de Wyoming au S., de Daeotah à l’E., et la Nouvelle-Bretagne au N.; entre 45°-49‘’ lat. N. et 106° 20'-118“ long. O. Il a été formé eu 1864 de parties du Washington et du Daeotah. Sa partie occidentale, couverte par les montagnes Rocheuses, est riche en métaux, et arrosée par le cours supérieur du Clarke, branche nord de l’Orégon, et par les sources du Missouri ; la partie orientale, moins montagneuse, est arrosée par le Missouri et l’Yellowstone. Ce pays n’est guère peuplé que de tribus indiennes, Assiniboins, Gros-Ventres, Pièds-Noirs , etc. 11 n’y a pas encore de villes, mais seulement des postes militaires, les forts Berthold , Alexandre et Manuel sur l’Yellowstone, et Benton sur le Missouri. C. P.

MONTANELLI (Joseph), littérateur et patriote italien, né en 1813 à Zueecchio (Toscane), m. en 1862. Après avoir publié à Florence, en 1836, un recueil de poésies, il se fit avocat, devint professeur de droit commercial à Pise en 1840, publia une Introduction philosophique ci l’étude du droit commercial, fonda, en 1844, une association politique secrète dite des Frères italiens, et, lnrsqu’éilata la Révolution de 1848, prit les armes pour l’indépendance nationale. Laissé pour mort sur le champ de bataille de Curtatone, pris par les Autrichiens, il dut sa liberté à la capitulation de Milan. De retour en Toscane, il usa de sa popularité pour apaiser des troubles à Livourne, et fut chargé, par le grand-duc Léopold II, de former un ministère : après la fuite du prince en 1849, il fut nommé triumvir avec Guerrazzi et Mazzoni. Quelque temps après, une Assemblée constituante ayant choisi Guerrazzi pour dictateur de la Toscane, Montanelli reçut la mission d’aller organiser une légion en France, où le triomphe de la contre-révolution dans son pays le contraignit de rester. Il publia abus des Mémoires (2 vol., 1853-55 , fit une traduction italienne de la Médée de M. I.egouvé, et composa une tragédie de Camma. En 1859, il retourna en Italie pour participer à la guerre contre l’Autriche, et servit parmi les soldats de Garibaldi. Enfin il fit partie du premier parlement italien. B.

MONTBEL (Guillaume-Isidore Baron, comte de), homme politique, né à Toulouse en 1787, m. eu 1861, tut député de la Haute-Garonne en 1827, ministre de 1 instruction publique et des cultes, puis de l’intérieur en 1829, ministre des finances en 1830, et, après la Révolution de Juillet, se retira en Autriche, où il passa plusieurs années. On a de lui : le Duc de Reichstadt , notice sur la vie et la mort de ce prince, Paris, 1832, in-8°; Dernière époque de l’histoire de Charles -V, ibid., 1836, in-8° ; le comte de Marnes, fils aine du roi de France Charles X, 1844.

MONTEMOLIN (comte de). V. Carlos, au Supplém.

MON TESQUIOU-FEZENSAC (Ambroise-Anatole -Augustin, comte de), né a Paris en 1798, m. en 1867, était

MO R

fils de la gouvernante du roi de Rome. Il se distingua à Esslino- et à Wagram, fit les campagnes de Russie, d’Allemao'né’et de France, et se retira en Autriche après les événements de 1814. 11 fut plus tard attaché à la maison d'Orléans, et, après avoir été député de la Sarthe depuis 1831, devint pair de France en 1841. Outre quelques œuvres dramatiques en vers, il a publié des Chants divers, 1843 2 vol. in-8° ; une traduction des Sonnets, Canzones et triomphes de Pétrarque, 1843-45, 3 vol. in-8°; et un poëme de Moïse, 1850, 2 vol. in-8°.

MONTFERRAND (Auguste Ricard, dit de), architecte, né à Chaillot en 1786, m. en 1858, étudia sous Percier et Fontaine, fut attaché aux travaux de l'église de la Madeleine à Paris, puis fit les campagnes de 1813 et 1814 dans les gardes d’honneur. En 1816, il alla s’établir à S'-Pétersbourg, où il fut nommé architecte de la maison de l’empereur. Après avoir fourni au prince Labauoff les dessins d’un palais qui a été acheté depuis par le gouvernement pour y installer le ministère de la guerre, il obtint au concours, eu 1817, la direction des travaux de l’église S'-Isaac. En 1829, on le chargea d'élever la colonne Alexandrine, qui fut inaugurée en 1834.

On lui confia enfin, eu 1856, le tombeau de Nicolas Ier, mais il ne put le terminer. B.

MONTFERR1ER (Alexandre-André-Victor Sarrazin de), littérateur et mathématicien, né à Paris en 1792, m. en 1863, s’occupa d’abord du magnétisme animal, dont il publia les Annales depuis 1814. Pendant le gouvernement de la Restauration, il prit part à la rédaction de plusieurs feuilles libérales, et, après la Révolution de 1830, fonda l'Ère nouvelle et devint gérant du Moniteur parisien. On a de lui : Eléments du magnétisme animal, 1818, in-8°, et Des principes et des procédés du magnétisme animal, 1819,2 vol. in-8“, ouvrages publiés sous le pseudonyme de Lauzanne ; Dictionnaire des Sciences mathématiques pures et appliquées, 3 vol. in-4°, 2e édit., 1814; Théorie des facultés algorithmiques et des factorielles, 1837, in-4°; Cours élémentaire de mathématiques pures, 1838,

2 vol. in-8°; Précis élémentaire de physique et de chimie, 1839 et 1848, in-8°; Dictionnaire universel et raisonné de marine (avec Rigault de Genouilly), 2e édit., 1846; Encyclopédie mathématique, d’après les principes de Wronski, 1856 et suiv.

MONTFORT (Alexandre), compositeur de musique, né en 1803, m. en 1856, fut élève de Berton, et remporta le grand prix de composition en 1830. Il fit jouer à l’Opéra, en 1837, le ballet de la Chatte métamorphosée en femme. Il a donné à l’Opéra-Comique : Polichinelle , 1839 ; la Sle-Cécile, 1843 ; la Charbonnière , 1846 ; l’Ombre d'Argentine, 1858 ; Deucalion et Pyrrha, 1855. Son talent était gracieux, brillant, savant; mais il avait peu d’idées.

MONTGAILLARD (Jean-Gabriel-Maurice Roques, dit de), agent politique, né à Toulouse en 1761, m. en 1841, était frère aîné de l’abbé de Montgaillanl (F. le Diction.). 11 servit dans l’infanterie, et fit une partie de la guerre d'Amérique. A la Révolution, il entra dans la police d’espionnage diplomatique organisée après le 10 août sous l’influence de Danton, prit le nom de Montgaillard, et fut chargé de missions en Allemagne ; puis il passa au comte de Provence, et rédigea pour lui les propositions qui furent faites en 1795 au général Pichegru. Bientôt il livra au Directoire les secrets des royalistes. Rentré en France après le 18 brumaire, il fut employé par le gouvernement, qu’il devait encore trahir en 1814 pour servir les Bourbons. Il a laissé : Ma conduite pendant le cours de la Révolution française, 1795; Histoire secrète de Coblentz dans la Révolution des Français, 1795 ; Mémoire concernant la trahison de Pichegru, 1804; Mémoires secrets de Montqaillard pendant les années de son émigration. 1804; De la restauration de la monarchie des Bourbons, 1814, dont une partie est l’œuvre de Fouis XVIII ; Histoire de France depuis 1825 jusqu’il 1828, 1829, 2 vol. in-8°, avec une Suite, 1833, 2 vol. in-8°; ouvrages d’une impartialité suspecte. B.

MONTGOMERY (James), poète anglais, né en 1771, à Irwine en Écosse (Ayr), m. en 1854. En 1806, il fit paraître un volume de poésies qui fut remarqué : the Wanderer of Switzerland , and other poems. il publia ensuite : the West-lndies, 1809, poëme sur l’abolition de l'esclavage; the World before the jlood, 1813, description delà vie patriarcale des premiers hommes ; Thougths on Wheels, 1817, sur la loterie; the Climbing-Boy, 1817, appel en faveur des pet ts ramoneurs ; G recul and, 1819, où sont de belles descriptions de la nature des pays du Nord; the Pelican-Island, 1828, épisode du voyage de Flinders dans la mer du Sud. Une morale pure, un sentiment religieux

très-vif, une peinture éclatante des beautés de la nature, ont placé à un rang honorable les œuvres de Montgomery. En 1830, il fit à la Royal- Institution un cours de littérature, qui a été publié en 1833. En 1853, il donna un recueil intitulé : Original Hyinns for public , private and social dévotion. Il a paru, eu 1855, des Mémoires sur la vie et les écrits de James Montgomery, avec un choix de ses lettres et de ses œuvres, par John Holland et James Everett.F — t.

MOQUEGUA (Département de), un des 12 du Pérou, au S., entre ceux d’Aréquipa au N., d’Aréquipa et le Pacifique à l’O , de Puno et la Bolivie à l’E., et la Bolivie au S.; formé d'une bande étroite de territoire entre les Andes et la mer; il renferme de riches dépôts de salpêtre à Arica, et de guano dans l’ile Iquiqué, située sur ses côtes; 61,440 hab.; il est divisé en 3 provinces : Moquegua, Tacua et Tarapaca. Ch. -F, Tacna. C. P.

M0QU1N-TAXD0N (Horace-Bénédict-Alfred), botaniste et médecin, né à Montpellier en 1804, m. en 1863, professeur de zoologie à l’Athénée de Marseille en 1829, fut appelé, en 1833, à la chaire de botanique de la Faculté des sciences de Toulouse et à la direction du Jardin botanique de la même ville, obtint, en 1853, la chaire d’histoire naturelle médicale à la Faculté de médecine de Paris, et entra, l’année suivante, à l’Académie des sciences. On a de lui, outre des Mémoires insérés dans le recueil du Muséum d’histoire naturelle : Essais sur les dédoublements ou multiplications d’organes dans les végétaux, Montpellier, 1826 ; Monographie de la famille des Hirudinées, 1826 et 1846 ; Essai sur la phthisie laryngée syphilitique, 1828 ; Chenopodearum monographica enumeratio , Paris, 1840; Eléments de tératologie végétale, 1841; Histoire naturelle des mollusques terrestres et lluviatiles de la France, 1855, 2 vol. in-8°. Moquin-Tandon entremêlait à ses recherches scientifiques quelques travaux littéraires : sans parler des pièces de vers en idiome languedocien, qu’il publia dans divers recueils du Midi, il fit paraître en 1836, sous le titre de Carya Magalonensis (le Noyer de Maguelone), et comme un manuscrit du xive siècle, un charmant badinage, qui mit en défaut la clairvoyance de Raynouard lui-même.

MOREAU (François-Joseph), médecin, né à Auxotme en 1789, m. en 1862, fut élu membre de l’Académie de médecine de Paris en 1821, et obtiut en 1830 la chaire d’obstétrique à la Faculté. Son ouvrage capital est un Traité pratique des accouchements, 1838-41, 2 vol. in-8° et atlas in-fol.

MORGAN (Sydney 0\VENSON,lady), femme de lettres, née à Dublin en 1783, m. en 1859. Fille d’un comédien qui lui donna de bonne heure le goût des lettres, elle commença d’écrire dès l’âge de 14 ans. Deux volumes de vers, un recueil de Chants irlandais, plusieurs romans, entre autres la Jeune Sauvage, qui passa pour un chefd’œuvre, enfin des Scènes patriotiques, où elle décrit d’une manière spirituelle les mœurs et les coutumes de l’Irlande, lui avaient ouvert les salons de la hante société en Angleterre, lorsqu'elle épousa, en 1811, le médecin Charles Morgan. De 1812 à 1816, elle parcourut la France et l’Italie ; deux ou trois ouvrages, Italie (1821) et France (2 vol., 1827), furent le fruit de ses observations. Après un second voyage en France, elle publia : la France en 1829, Londres, 1830; la Princesse, 1835, roman dont le sujet est emprunté aux annales des Pays-Bas; la Femni) et son maître, 1840, 2 vol. in-8°, histoire philosophique de la femme. On peut citer encore de lady Morgan les romans intitulés O' Donnell, Florence Macarthy, les 0‘ Brien et les O’ Flaherly ; Salvator Bosa, étude historique un peu pâle. Lady Morgan prit une part active aux événements de l’Italie en 1847 et 1848. Dans les intérêts de !a liberté, elle publia une lettre à Pie IX pour l’encourager dans ses essais de réformes. On pourrait désirer plus d’exactitude dans les jugements qu’elle porte sur les hommes et sur les choses des pays qu’elle a parcourus, plus de vraisemblance et de ta eut de composition dans ses romans, mais non pas un esprit plus vif ni plus alerte. B.

MORGANATIQUE (Mar âge), sorte de mariage usité en Allemagne parmi la haute noblesse, et dit aussi mariage de la main gauche. Il ne se pratique qu’en secondes noces, et lorsqu’il y a des enfants d’un premier mariage. Ses effets civils sont d’assurer aux enfants du premier lit la succession légitime aux litres, dignités et fiefs de leur père, et de donner à ceux du deuxième lit seulement une part fixe des biens ou des terres. Quand un prince épouse delà main gauche une femme d’une condition inférieure à la sienne, il assure son hérédité politique non-seulement à ses cillants du premier lit, mais encore à scs collatéraux. Cependant, si sa femme est élevée ensuite au rang de prin-

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cesse de l’Empire, les enfants du deuxième lit sont quelquefois appelés à la succession légitime de leur père. En Prusse, nul 11e peut contracter un mariage morganatique sans l’autorisation du roi; il faut, en outre, celle des parents ou des tuteurs. Ce ne fut qu’après l’époque de la Réformation que les mariages morganatiques devinrent d'usage en Allemagne. Le mot est antérieur à cette époque ; il vient, suivant Grégoire de Tours, de Morgengabe ( V. ce mot).

MORNY ( Charles- Auguste-Louis- Joseph , duc de), homme politique, né à Paris eu 1811, m. en 1865, fut élevé par Mme de Souza, et montra de bonne heure une distinction d’esprit et de manières qui lui valut de urands succès dans le monde. En sortant de l’école d’état-major, 1832, il servit dans les lanciers, fut envoyé en Algérie, fit la campagne de Mascara et la première expédition contre Constantine, et rentra en France en 1838. Possesseur d’une grande fortune, il s’occupa dès lors d’agriculture, et fonda, près de Clermont-Ferrand, une usine pour la fabrication du sucre indigène. Député de Clermont de 1842 à 1848, il prit rang parmi les conservateurs progressistes. 11 représenta le Puy-de-Dôme à l'Assemblée législative de 1849, soutint la cause du prince Louis- Napoléon, prit la part principale à l’exécution du coup d’Etat du 2 décembre 1851, fut chargé ensuite du ministère de l’intérieur, mais se retira à la suite du décret sur les biens de la famille d’Orléans. Envoyé au Corps Législatif par la ville de Clermont, il en reçut la présidence en 1854, et la conserva jusqu’à sa mort. En 1856, il représenta la France au sacre du czar Alexandre II. Le duc de Morny était amateur éclairé des beaux-arts, et forma une précieuse collection, dispersée après lui. B.

MGRRËN (Ch.-Franç.-Ant.) , naturaliste, né à Gond en 1807, m. en 1858, fut nommé professeur de physique à l’école industrielle de Gand en 1831 et à l’Uni \ ersité en 1833, et, depuis 1835, enseigna à Liège, où il fut aussi directeur du Jardin botanique et agronomique. On lui doit la découverte de la fécondation artificielle du vanillier. Il a laissé : Descriplio Polypariorum fôssiliiim in regno Belgio repertorum, 1829 ; Recherches sur la rubéfaction des eaux et leur oxygénation par les animalcules et les algues, 1841 ; Etudes, prémices et loisirs d’anatomie et de physiologie végétales, 1841, 3 vol. in-8°; Dodonæa, ou Recueil d.’ observations cle botanique, 1841 ; Fuchsia, ou Recueil d'observations de botanique, d' agriculture, d’horticulture et de zoologie, 1849 ; Lobelia, ou Recueil d’ observations de botanique, spécialement de tératologie végétale, 1851, etc.

MORTON (Samuel-Georges), naturaliste américain , né en 1799 à Philadelphie, m. en 1851, était fils d’un émigré irlandais, exerça la médecine, enrichit de savants Mémoires le Journal de l'Académie des sciences naturelles de Philadelphie, et, de 1839 à 1843, professa l’anatomie au Collège de médecine de Pensylvanie. Ses recherches portèrent principalement sur les crânes humains , et eurent pour résultat de modifier tout ce qui avait été écrit jusque-là en ethnologie : il devint le chef de V école polygeniste. On a de lui : Illustrations of pulmonary consomption, 1834; Crania Americana, 1839; Crania Ægyptiaca, 1814; Observations on llie Ethnography and Archaiology of the American Aborigènes, 1846; An illustraled System of human Anatomy, 1849, etc.

MOSHA ou MOUSC1TA, petite île de la côte orientale d'Afrique, au fond du golfe d’Aden , dans la baie et à 37 kil. S.-E. de Tedjoura, par 11° 42’ lat. N., et 40° 52’ long. E., a été achetée en 1858 par les Anglais au sultan de Tedjoura. Peu éloignée d’Adeu et de Périm, elle commande avec ces deux places l’entrée de la mer Rouge ; et, voisine delà côte d’Abyssinie etdeSomal, elle entretient des relations de commerce avec les ports de Tedjoura et de Zeila. C. P.

MOTTE-SERVOLEX, ch.-l. de canton (Savoie), arr. et à 5 kil. N. -O. de Chambéry; 380 hab.

MOURAW1EFF (Nicolas, prince), général russe, né à Moscou en 1793, m. en 1866, fit la guerre de Perse en 1828 et celle de Pologne en 1830-31, et fut chargé de négocier, en 1832, la suspension des hostilités entre Méhémet-Ali, vice-roi d’Egypte, et le sultan Mahmoud. Disgracié en 18.38 pour avoir laissé s’introduire des désordres dans les troupes dont il avait le commandement, il rentra en grâce en 1»43, devint chef des grenadiers de la garde impériale, reçut la direction de la guerre contre les Turcs en Asie en 1855, et s’empara de Kars. Lors de l’insurrection polonaise de 1863, il se signala par ses cruautés.

MO LT LO X (Claude-Etienne-Frédéric), jurisconsulte, né en 1811 à Cliambon (Creuse), m. en 1867, a publié : Répétitions écrites sur le code civil, 1847 et suiv.,3 vol. in-8° ;

Traité des subrogations personnelles , in-8°; Examen du Commentaire de M. Troplong sur les privilèges, 1856,2 vol. in-8°. Il a aussi beaucoup écrit dans les recueils de jurisprudence.

MOUSGOU, pays de l’Afrique centrale, par 10°-11° lat. N., et ]2°-13° long. E., entre le Logoneau N., l’Adamawa à l’O. , le Toubouri au S., et le Baghermi, dont le sépare le Serbewel, affluent du Schary, à l’E. Pays marécageux, entrecoupé de forêts. Les Mousgous ou Moussehous sont des nègres idolâtres. Leurs principaux villages sont : Rogo, Kadé, et Wouliçt. C. P. •

MOUSKES (Philippe), historien belge, né à Gand vers 1215, m. en 1283, évêque de Tournai en 1274, est auteur d’une Chronique en 31,286 vers, contenant toute l’histoire de France et de Flandre, depuis l’enlèvement d’Hélène par Paris jusqu’en 1242. Elle a été publiée par le baron de Reiffenberg, Bruxelles, 1836-38, 2 vol. iu-4°; c’est le monument le plus vaste de la langue romane en Belgique.

MOVERS (Franz-Karl), philologue allemand, né en 1806 à Cœsfeld (Westphalie), m. en 1856, exerça le ministère ecclésiastique, et fut appelé, en 1839, à la chaire de théologie catholique de l’Université de Breslau. O11 lui doit : Recherches critiques sur la chronique de l’Ancien Testament, 1831; Ve utriusque recensionis valiciniorum Jeremiœ indole et origine, 1837; Loci quidam hisloriæ Veleris Testamerili iltustrati, 1813; Recherches sur la religion des Phéniciens et sur les rapports de cette religion avec celles des Israélites païens, des Carthaginois, des Syriens, des Babyloniens et des Egyptiens, 1841 ; Histoire politique des Phéniciens, 1849; Histoire des colonies phéniciennes, 1850, etc.

MOZiN (Charles-Louis), peintre, né à Paris en 1806, m. en 1862, s’adonna surtout à la peinture de genre, de paysage et de marines. O11 voit de lui au musée de Versailles : la Cavalerie française prenant la flotte batave gelée dans le Texel, 1836 ; Prise de l'ile de Bommel par l’armée française, 1837; Combat d’AIdenhoven , 1838; Combat de Mouscron, 1839. Parmi ses autres tableaux, on distingue : le Canal de Rotterdam, 1841; le Gué, 1842; le Marais de Cramayeux , 1846; Souvenir de la rivière de Gènes , 1850; le Port de Honneur , 1853; le Port de Rouen, 1855; Vue de Trouvitlc. 1857, etc.

MUFFL1NG (Frédéric-Ferdinand-Charles, baron de), général et écrivain militaire, né à Halle en 1775, m. en 1851 , fit la campagne de 1806 en qualité de chef d’étatmajor du duc de Saxe-Weimar, et devint en 1813 général quartier-mestre de l'armée de Silésie, qu'il accompagna jusqu’à Paris, dont il fut nommé gouverneur en 1814. Plénipotentiaire prussien au quartier général de Wellington en 1815, envoyé au Congrès d’Aix-la-Chapelle en 1818, chef d’état-major de l’armée prussienne en 1820, il contribua en 1829 à la conclusion de la paix entre la Turquie et la Russie, fut gouverneur de Berlin en 1837, et président du Conseil d’Etat en 1811. Ses ouvrages, tous écrits en allemand, sont: Opérations de l’armée prussosaxonne en 1806, Weimar, 1806 ; Remarques sur les principes de l’art supérieur de la guerre, ibid., 1808; la Campagne des Prussiens et des Russes en 1813, Breslau, 1813; Histoire de la campagne faite en 1815 par l’armée anglo-hanovrienne-néerlandaise et par celle des Prussiens , Stuttgard, 1815; Documents pour servir à l’histoire des guerres de 1813 et de 1814, Berlin, 1824,2 vol.; Considérations sur les grandes opérations militaires et sur les batailles, 1825; la Stratégie de Napoléon en 1813, 1827 ; Mémoires de ma vie, 1851 , 2 vol. in-8°.

MUGGE (Théodore), littérateur allemand, né à Berlin en 1806, m. en 1861. Les idées libérales qui se trouvaient dans ses premiers écrits (te France et les derniers Bourbons, et l' Angleterre et la réforme parlementaire , 1831), le rendirent suspect au gouvernement prussien : écarté des fonctions publiques , il écrivit dans les journaux. En 1850 , il fut un des fondateurs du National Zeilung, journal libéral de la Prusse. Parmi ses ouvrages, nous citerons : Nouvelles et Récits, 1836, 3 vol.; la Vendéenne, 1837, 3 vol.; Nouvelles et Esquisses, 1838, 3 vol.; Toussaint-Louveriure, roman historique, 1840,4 vol.; Nouvelles complètes, 1842-43,6 vol.; Esquisses des pays du Nord, 1844,

2 vol.; Nouvelles nouvelles, 1845-47, 6 vol.; la Suisse, 1847,

3 vol.; Afraja, 1854.

MULLER (Jean), physiologiste, né à Coblentz en 1801, m. en 1858, professeur adjoint en 1826, et professeur titulaire de physiologie en 1830, à Bonn, obtint la chaire d’anatomie de Berlin en 1832, et, en 1847, le rectorat de l’Université de cette ville. Ses principaux écrits sont: De respiralione fcetxls, Bonn, 1823; De phoronomià animalium, ibid., 1823; Sur les hallucinations de la rue, Coblentz, 1826; Sur la physiologie comparée du sens de la rue dans l’homme et dans les animaux, ibid., 1826; Eléments de phy-

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sioloijie , Bonn, 1827 ; Eléments de pathologie générale , ibid. , 1829; De glandularum secernentium structura , Leipzig, 1830; le Tabac au point de vue historique, botanique, chimique, médical et hygiénique, Bei’lin, 1832 ; Manuel de la physiologie de l’homme, 4e édit., Coblentz, 1841-44, 2 vol. in-8<>, trad. en français par Jourdan; Dissertations sur les larves et la métamorphose des èchinodermes, Berlin, 1840 ; Recherches sur les larves et la métamorphose des ophiures et des oursins de mer, ibid., 1848 ; Recherches sur les restes fossiles des seuglodontes, 1848; Recherches sur les larves et la métamorphose des holothurides et des astéries, 1858. Millier a dirigé , de 1834 à

1847, les Archives d'anatomie et de physiologie, et collaboré au Dictionnaire encyclopédique des sciences médicales , publié à Berlin de 1826 à 1846.

MULR.EADY (William), peintre anglais, né en 1786 à Ennis (Irlande), in. en 1863, travailla d’abord dans l’atelier du sculpteur Bank, et fit ensuite de la grande peinture. Parmi ses premières œuvres, on distingue Polypliême et Ulysse, et le Prophète rebelle. Mais il trouva sa voie véritable dans la peinture de genre, où il subit l’influence de Wilkie et des maîtres hollandais ; coloriste consommé, il excella à représenter les sujets de la vie familière ou domestique, les scènes de l’enfance, les mœurs villageoises. Ou a de lui également de très-remarquables dessins au crayon noir et à la sanguine. B.

MUNCH (Ernest-Hermann-Joseph de), historien suisse, né à Rheinfelden en 1798, m. en 1841, fut professeur à l’école cantonale d’Aarau, à Fribourg-en*Brisgau en 1824, à Liège en 1828, puis bibliothécaire à La Haye et à Stuttgard. Ses principaux écrits sont : les Expéditions des chrétiens d’Europe contre les Osmanlis, Bâle, 1822-26, 5 vol.; Histoire des Cortès espagnoles, Stuttgard, 1824-27, 2 vol.; Histoire de la maison de Nassau-Orange, Aix-la-Chapelle, 1831-33, 3 vol.; Recueil complet des Concordats anciens et modernes, Leipzig, 1831-33, 2 vol.; Histoire générale des temps modernes, ibid., 1833-35, 6 vol.

munch ( Pierre-André) , historien et philologue norvégien , né à Christiania en 1810, m. en 1863, obtint, en 1841, la chaire d’histoire à l’Université de sa ville natale. Outre une édition de YEdda, 1845, on a de lui : Mythologie du Nord, 1817; Grammaire de l'ancien norvégien, 1847 et 1849; Grammaire du langage des runes, 1848; Grammaire de la langue des Goths, 1848; Description historique et géographique des royaumes du Nord au moyen âge, 1849 ; Symbolœ ad historiam antiquiorem rerum Norveyicarum , 1850 ; les Anciens séjours des peuples germaniques du Nord, Lubeck, 1853 ; Histoire des peuples du Nord, Christiania, 1853-59, 4 vol. gr. in-8°, etc.

MUNDT (Théodore), littérateur allemand, né à Potsdam en 1808, m. en 1861, étudia à Berlin, devint un des chefs de l’école dite la Jeune Allemagne , fut nommé, en

1848, professeur de littérature et d’histoire à Breslau, et, en 1850, bibliothécaire de l’Université de Berlin. Outre des romans, qui n’ont eu qu’un succès éphémère, il a publié : l’Art de la prose allemande, Berlin, 1837 ; Caractères et situations, Nouvelles, Esquisses, Etudes littéraires, Weimar,

1837, 2 vol.; Etudes d’un touriste, Stuttgard, 1810; Histoire de la littérature contemporaine, Berlin, 1842 ; Traité d'esthétique, 1845; Histoire générale de la littérature, 1846, 3 vol.; la Mythologie des anciens peuples, 1846; Dramaturgie , 1847 ; Histoire des classes de la société allemande, 1854, etc.

MUNK (Salomon), orientaliste, né en 1805 à Glogau, d’une famille juive, m. en 1867, vint fort jeune à Paris, où il apprit les langues orientales, fut attaché à la Bibliothèque royale on 1842, et devint membre de l’Académie des inscriptions et belles-lettres en 1858. Outre les articles qu'il donna au Journal asiatique, au Dictionnaire des sciences philosophiques de M. Franck, et à divers autres recueils, il publia: Réflexions sur le culte des anciens Hébreux, 1833 ; la Palestine, dans la collection de l’Univers pittoresque de Didot, 1845 ; la Philosophie chez les Juifs, 1848 ; une traduction du Guide des égarés de Maimonide, 1856 ; Mélanges de philosophie juive et arabe, 1857-59, 2 vol. in-8°, etc.

MURET (Théodore-César), littérateur, né en 1807 à Genève, d’une famille de protestants français, m. eu 1866, vint de bonne heure à Paris, où il écrivit dans les journaux légitimistes. Il fit, entre autres comédies en vers : les Droits de la femme, 1837 ; les Philanthropes , 1841 ; les Dettes, 1859; et un drame également en vers, Michel Cervantes, 1856. On lui doit aussi : les Grands hommes de la France ,

1838, 2 vol. ; Histoire de l’année de Coudé, 1844; Histoire des guerres de l’Ouest , 1848, 5 vol. in-8° ; Vies populaires de Bonchamps, de Cathelineau,de La Rochejaquelein, de Charelte, de Cadoudal, 1845; A travers champs, 1858, 2 vol. ; plusieurs romans, etc.

MURGER (Henry), romancier, né à Paris en 1822, m. en 1861 , était fils d’un concierge, reçut l’éducation modeste d’une école primaire , devint petit clerc chez un avoué, puis, à 16 ans, secrétaire du comte russe Tulstoy. Chargé de lire au comte les principales publications contemporaines, il eut l’idée d’écrire aussi ; quelques poésies tftës-faibles, plusieurs vaudevilles, des articles dans de petits journaux de littérature, d’art ou de modes, furent ses débuts. Enfin il trouva sa voie dans un roman, la Vie de Bohême, 1848, in-12, qui attira l’attention publique; c’est un tableau spirituel, et bien rendu, de son existence décousue et dépourvue. Depuis, il donna d’autres peintures du même genre, Claude et Marianne, 1851 ; le Pays latin, 1852; les Buveurs d’eau, 1854, etc., qui eurent aussi leurs jours de succès. Le Théâtre-Français a joué de lui, en 1854, le Bonhomme Jadis, jolie petite comédie en 1 acte en prose. Miirger s’est efforcé de joindre l’idéalisme au réalisme, et c’est son mérite ; mais il manque souvent d’art dans la composition, et là se reflète un peu sou esprit de bohème.

MUSARD (Napoléon), musicien, né vers 1789, m. en 1859, s’est fait une réputation comme chef d’orchestre de bals publics et des bals de l’Opéra, et par la composition d’un grand nombre de quadrilles tirés généralement des opéras en vogue. Vers 1840, il fonda, dans une salle de la rue Vivienne, à Paris, le Concert Musard, qui eut du succès pendant plusieurs années.

MUSSET (Louis-Charles-Alfred de), poëte , né à Paris en 1810, m. en 1857, était le second fils de Musset-Pathay. Après s’être occupé tour à tour de médecine, de droit, de peinture, et avoir été commis chez un banquier , il quitta tout pour la poésie. Il donna en 1830 des Contes d’Espagne et d’Italie (Don- Paëz; les Marrons du feu; Porlia ; Chansons, Stances et Ballades; Mardoche) , et fit représenter à l’Odéon la Nuit vénitienne; c’était une hardie débauche d’imagination, une poésie aventureuse et peu discrète, •dont l’allure échappait à tous les systèmes. En 1831, parut un nouveau recueil (Poésies diverses) , où quelques fragments (Octave, Rafaël ) décèlent une inquiétude vague, née de jouissances et de succès prématurés. Le Spectacle dans un fauteuil, 1833, comprenait : la Coupe et les Lèvres, poème dramatique, où l’horreur est poussée jusqu’à la monstruosité; A quoi rêvent les jeunes filles, comédie d’une grâce délicate et légère ; Namouna, poème à la manière de Byron, et dans lequel on rencontre quelques crudités au milieu de parties admirables. En 1836, parut la Confession d'un enfant du siècle, roman sombre et paradoxal, analyse d’un état maladif dont l’auteur avait étudié toutes les faces sur lui-même. De 1835 à 1840, sous l’influence de cette tristesse incurable , il publie des poésies nouvelles, Rolla, Une bonne fortune, Lucie, les Nuits, une Lettre à Lamartine , des Stances sublimes à Mme Malibran, l’Espoir en Dieu, la Mi-Carême, l'Idylle, le conte de Silvia, autant de chefsd’œuvre. Invité à écrire aussi en prose , il composa des Nouvelles, où il révéla un talent plein de grâce et de naturel, pur et sobre, arrivant, par les moyens les plus simples, jusqu’à l’émotion poignante. Les mêmes qualités parurent dans des comédies et des proverbes, 1840, in-12. La mort du duc d’Orléans fut uu malheur pour le poëte; le jeune prince lui avait fait donner la place de bibliothécaire du ministère de l’intérieur, et Musset avait depuis longtemps rattaché à la famille d’Orléans ses sympathies politiques. La Révolution de 1848 le trouva plus découragé que jamais. Son proverbe Un caprice fut joué au Théâtre- Français en 1817, et quoique composé en dehors des habitudes et des procédés du théâtre, réussit par la vérité des caractères et le charme du dialogue. L’auteur obtint un succès du même genre avec II faut qu'une porte soit ouverte ou fermée, 1 acte, 1849, Il fut nommé membre de l’Académie française en 1852. Une lassitude prématurée marque les dernières années de sa vie, et des excitations gi’ossières lui étaient devenues habituelles et presque nécessaires. Il publia encore quelques Nouvelles, qui, réunies à l’Histoire d'un Merle blanc, déjà publiée dans les Animaux peints par eux-mêmes, et au joli conte de Mimi Pinson, donné en 1848, grossirent le recueil de ses Nouvelles plus anciennes. Ce furent ses dernières productions. — Avec Musset disparut toute la poésie d’une génération qu’il avait séduite par une forme enchanteresse, mais qu’il avait énervée de ses rêves lascifs , de ses doutes , de ses contradictions. Il aura une place parmi les grands poètes, car il n’a point de rival dans l’élégie, et ses Nuits suffiraient seules pour fonder une renommée durable. Les personnages qu’il a composés avec le plus de soin, Mardoche, Octave, Coelio , Rolla, Lorenzaccio, Fantasio, le fils du | Titien, et le don Juan du 2e chaut de Namouna, ont avec

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lui un grand air de ressemblance : c’est toujours le libertin triste et morose, noble encore et de haut ton, élégant et spirituel , naïf et fier dans sa souillure. Quelques-unes des Nouvelles de Musset resteront parmi les meilleures du genre ; ses comédies sont pleines d’esprit, de grâce, de vivacité, d’exquise finesse, et dans Lorenzaccio il atteint la puissance dramatique. Ses vers sont souvent de la lignée de ceux de Régnier, de Voltaire, d’André Chénier, avec toutes les rares qualités de l’école moderne et quel-

ques-uns seulement de ses défauts; mais avec tant de génie et si peu de doctrine, il afflige et inquiète. Jamais style plus sain n’a traduit, en somme, des dispositionsmoins saines. On ne saurait admirer sans de sérieuses réserves un poète à qui manqua toute discipline morale, qui prétendit hausser la débauche jusqu’à l’idéal , et ne sut pas faire à son génie ni même attendre une maturité respectée. Une édit, de luxe des OEuvres d’Alfr. de Musset a paru à Paris, 1865-66, 10 vol. petit in-4°. M — l.

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