‹ Dictionnaire général de biographie et d'histoireChapitre 831 sur 864 · PEU · texte numérisé non relu

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née à Rome en 1818, m. en 1867. Après de grands succès sur les théâtres d’Italie, elle vint à Paris en 1837, et y resta jusqu’en 1850. Sa voix était un soprano fort étendu et d’une étonnante souplesse. Elle réussit principalement dans la Somnambule , le Mariage secret , Mathilde de Sabran, Linda, et Lucie.

PESARO-URBINO (Prov. de), division du roy. d’Italie; formée du N. de l’anc. légation pontificale des Marches; bornée par les prov. de Forli au N., de Florence, d’Arezzo et de Pérouse à l’O., d’Ancône au S., et par l’Adriatique à l’E.; arrosée par la Foglia, le Métauro, le Césano; 2,965 kil. car.; 202,568 hab. Sol montagneux ; vignes, oliviers, châtaigniers , riches pâturages; grande exportation de soie. Ch.-l., Pesaro. Deux arrondissements, Pesaro et Urbino. C. P.

PETERSEN (Nicolas-Mathias), né en 1791 dans l’ile de Fiouie (Danemark), m. en 1862, est un des érudits Scandinaves qui ont le plus contribué à faire mieux connaître les antiquités du Nord. Professeur à l’Université de Copenhague depuis 1841, il s’est distingué comme philologue dans l’étude de l’ancienne langue islandaise ou norrène, comme archéologue par un grand nombre de Mémoires, comme historien de la littérature par des traductions et des commentaires des principales sagas. Ses principaux ouvrages, tous écrits en danois, sont : Grammaire danoise, Copenhague, 1826; Histoire des langues danoise, norvégienne et suédoise, 1829-30, 2 vol. in-8°; une traduction de Y Histoire des expéditions des Normands de Depping, 1830; Histoire du Danemark pendant la période du paganisme, 1834-38, 3 vol. in-12 ; Manuel de l'ancienne géographie du Nord , 1834, in-8°; Anciennes sagas du Nord, traduites de l’islandais en danois, 10 vol. in-8°; Récits historiques sur les expéditions des Islandais, 1839-44, 4 vol. in-8°; Choix de Sagas, traduites et commentées, en 4 vol. in-8'r; Mythologie du Nord, 1849; Histoire de la littérature danoise depuis les premiers temps, 5 vol. in-8°.

PETITOT (Louis-Messidor-Lebon), statuaire, né à Paris en 1794, m. en 1862, apprit de son père, sculpteur assez distingué, les premiers éléments de son art, puis entra chez Cartellier, dont il devait un jour épouser la fille. En 1814, il remporta le premier grand prix , sur le sujet d 'Achille retirant la flèche de sa blessure. Admis à l’Institut en 1835, il fut nommé, dix ans après, professeur à l’Ecole des beaux-arts. On a de lui, entre autres ouvrages : Ulysse s'apprêtant à lancer le disque, 1814, au palais de Fontainebleau ; Jeune cltasseur blessé par un serpent, 1814, au musée du Luxembourg ; les bas-reliefs du Monument de Quiberon, élevé par Caristie ; les Arts rendant hommage à Apollon, et Minerve présidant aux récompenses accordées aux arts, basreliefs de l’ancien grand escalier du Louvre, aujourd’hui détruit; St Maurice expirant pour la Foi, 1827, à l’église S'-Sulpice de Paris; Pèlerin calabrais et son fils implorant la Vierge, 1829, au Luxembourg; Louis XIV, 1832, statue équestre en bronze, dans la cour d’honneur du palais de Versailles (le cheval est de Cartellier); les villes de Lyon et de Marseille, sur la place de la Concorde, à Paris; la Naïade de la Seine, Paris, l'Abondance , l’Industrie , 1840, aux quatre angles du pont du Carrousel ; les bustes de Percier. Fontaine, Cartellier, Emeric David, Haüy, Moncey, au musée de Versailles, et celui de Monllosier, à Clermont-Ferrand; le Monument du roi Louis Bonaparte, dans l’église de Napoléon-S‘-Leu. B.

PETŒFY (Alexandre), poëte hongrois , né en 1823 à Fclegyhaz, m. en 1849, fut successivement soldat, comédien et journaliste. 11 prit une part active à la Révolution de 1848, et fut tué dans un combat en Transylvanie. Ses premières Poésies, remarquables par la profondeur et le naturel du sentiment, par la facilité et l'élégance de la forme, ont été réunies à Pesth, 1847, 2 vol. On a publié encore un recueil de chants guerriers (Leipzig, 1851), et un poème épique de Janus (Stuttgard, 1851), V. Chassin, Pclccfy et ses œuvres, Paris, 1861, et un article de M. Saint- René Taillandier dans la Revue des Deux Mondes, 1859.

PEUCHET (Jacques), publiciste, né à Paris en 1758, m. en 1830, fit ses études au collège des Gi-assins, se livra tour â tour à la médecine et au droit, fut représentant de la commune et l’un des membres de l’administration de la police en 1789, défendit les principes monarchiques dans la Gazette de France et le Mercure, administra le district de Gonesse pendant la Terreur, entra en 1795 dans les bureaux du ministère de la police, fut destitué pour cause d’indulgence dans ses fonctions, devint membre du Conseil du commerce et des arts en 1801, archiviste de l’administration des Droits réunis en 1805, censeur des journaux pendant la première Restauration , et fut enfin archiviste de la préfecture de police de 1815 à 1825. On

a de lui : Dictionnaire de police et de municipalité , faisant partie de Y Encyclopédie méthodique, 1789-91, 2 vol. iu-4°; Dictionnaire universel de la géographie commerçante , rédigé en partie sur des matériaux fournis par Morellet, 1799- 1800, 5 vol. in-4"; Statistique de la France et de ses colonies (avec Sotmini, Herbin, etc.), 1803, 7 vol. in-4° et atlas; Campagnes des années françaises en Prusse, Saxe et Pologne, 1807, 4 vol. in-8°; Dictionnaire universel d’économie politique, 1810, 4 vol. in-8°; Collection des lois, ordonnances et règlements de police depuis le ira1 siècle, 1818-19, 8 vol. in-8°; Etat des colonies et du commerce des Européens dans les deux Indes depuis 1783, 1821, 2 vol.; Mémoires sur Mirabeau et son époque, 1824, 4 vol. in-8°; Mémoires tirés des archives de la police de Paris, collection très-intéressante, Paris, 1837-38, 6 vol. in-8°, etc. B.

PEYRE (Antoine-Marie), architecte, né à Paris en 1770, m. en 1843 , eut pour maîtres son père et son oncle (7. Peyre, dans le Dictionnaire), fut aide-de-eamp de La Fayette dans la garde nationale en 1789, entra dans l’artillerie des côtes de France en 1793, reprit ses travaux d’architecture après le 9 thermidor, fut nommé , sous le Directoire, architecte des bâtiments civils, contribua en 1811 à l’organisation des sapeurs-pompiers de Paris, combattit contre les alliés en 1814, et participa à la Révolution de 1830. Ses principales constructions furent le théâtre de la Gaîté (brûlé depuis) ; le marché Saint-Martin, les nouvelles voûtes souterraines du Palais-de-Justice, la charpente en fer du marché des Blancs-Manteaux, et, à Lille, la salle de spectacle et les abattoirs. B.

PFEIFFER (Ida Reyer, dame), touriste, née à Vienne (Autriche), en 1795, m. en 1856. Veuve en 1842, et ayant établi ses enfants, elle partit avec de très-médiocres ressources, et se dirigea vers la Palestine en traversant les deux Turquies et l’Europe. En 1845, elle visita le nord de l’Europe jusqu’à l’Islande. En 1846, elle entreprend un voyage autour du monde, s’embarque à Hambourg, arrive au Brésil, dans l’intérieur duquel, seule et sans guide, elle pénètre, visite ensuite Taïti, Canton, Ceylan, Madras, Calcutta, Benarès, Delhi, Bombay, passe à Bagdad, Mossoul , Ninive, entre dans le Kourdistan, puis va jusqu’en Perse et en Géorgie. Peu de temps après son retour en Europe, elle repart (1851), et arrive au cap de Bonne-Espérance. Là, la modicité de ses ressources ne lui permet pas de pousser jusqu’au lac Ngami , comme elle en avait l’intention. Elle tourne ses regards vers la Malaisie, aborde à Bornéo, Java, Sumatra, les Moluques, puis s’embarque pour la Californie, la parcourt, ainsi que le Pérou et la Bolivie, en étendant ses excursions jusqu’aux contrées où l’Amazone prend sa source ; elle traverse les Andes et arrive sur le plateau de Quito, où elle admire le Chimboraço et le Cotopaxi ; on la retrouve ensuite sur l'isthme de Panama, dans le golfe du Mexique, à la Nouvelle-Orléans, aux chutes du Sl-Antoine, sur le Mississipi, sur les lacs Michigan , Supérieur , Huron, Erié, Ontario, aux chutes du Niagara, au Canada, à Boston, à New- York, d’où elle revint, non sans regrets, en Europe. En 1856, l’intrépide voyageuse, toujours avide d’aventures et d’émotions , quittait encore une fois l’Angleterre poulies îles de l’océan Indien , abordait à (Maurice, puis à Madagascar, où elle prit les fièvres qui ont détruit sa santé et causé sa mort. — Mmc Pfeiffer a écrit des relations fort intéressantes de ses voyages; ce sont : Voyage d’une Viennoise dans la Terre Sainte, 1844, 2 vol.; Voyage au nord de la Scandinavie et en Islande, 1846, 2 vol.; Voyage d'une femme autour du monde, 1850, 3 vol.; Mon second voyage autour du monde, 1856.

PHÉNIX (Iles du). V. plus loin Polynésie américaine.

PICOT (François-Edouard), peintre d’histoire, né à Paris en 1786, m. en 1868, s’occupa de peinture dès son enfance. Elève de Vincent, il obtint en 1811 le second grand prix, et 2 ans après le grand prix ex œquo avec Forestier, qui cependant eut le prix. Picot reçut une gratification de 3,000 fr., et alla poursuivre ses études à Rome. De retour à Paris, il fit la Mort de Saphira , 1819, auj. à l’église SCBéverin, à Paris, et, la même année, l’Amour et Psyché, très-gracieux tableau, qui obtint beaucoup de succès, et dont les deux figures qui le composent sont pleines de naïveté. Ce tableau lui valut une médaille de lr* classe. 11 donna, en 1822, Oresle, après ses fureurs, s’endormant dans les bras d'Electre; Raphaël et la Fornarina; deux plafonds atti Musée du Louvre, l’Etude et le Génie dévoilant l’Egypte à la Grèce, 1827, et Cybèle protège contre le Vésuve les villes de Slabia, Ilerculanum , etc., 1833. Le musée de Versailles a de Picot : le maréchal de Boucicaut II, 1835; la Prise de Calais ; ar le duc de Guise , 1838 ;

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un très-beau portrait de Talma. Il a peint à Paris, à Notre- Dame-de-Lorette, dans l’abside, le Couronnement del a Vierge ; à St-Yincent-de-Paul, une partie des peintures de la nef et du chœur ; et quelques tableaux dans l'église de Sie-Clotilde. Picot fut élu membre de l’Institut (Académie des beaux-arts) en 1836.

PIERRE D’ALBIGNY (Saint-), ch.-l. decant. (Savoie), an-, et à 18 kil. E. de Chambéry, près du confluent de l’Isère et de l’Arei ; 730 hab.

PIÉTRI (Pierre-Marie), homme politique, né à Sartène en 1810, m. en 1864, se fit inscrire au barreau de Paris, professa des opinions républicaines, et participa même à l’insurrection de juin 1832. Nommé, par le gouvernement provisoire de 1848, commissaire général en Corse, il fut élu représentant de cette île à l’Assemblée constituante, et y figura d’abord parmi les démocrates avancés. Puis il se rallia au parti du prince Louis-Napoléon, reçut la préfecture de l’Ariége en 1849, celles du Doubs et de la Haute-Garonne en 1851, revint à Paris, après le coup d’Etat du 2 décembre, pour remplir les fonctions de préfet de police, et devint sénateur en 1857. Il administra momentanément, en 1863, le département de la Gironde. — Son frère, Joseph Piétri, après avoir été préfet de l’Ariége, du Cher, de l’Hérault, de la Haute-Garonne et du Nord, a été, en 1866, nommé préfet de police à Paris.

PINS (Ile des), dépendance de la Nouvelle-Calédonie, au S. de cette île, dans l’Océanie (Mélanésie), par 22° 40' lat. S. et 165° long. E. ; environ 750 hab., presque tous convertis par les missionnaires catholiques. C. P.

PIURA (Province littorale de), division politique du Pérou, au N., bornée au N. par l’État de l’Equateur, à l’E. et au S. par le départ, de Libertad, à l’O. par le Pacifique; 74,000 hab. Ch.-l., Piura. C. P.

PLAISANCE (Prov. de), division du roy. d’Italie, comprenant l’O. de l’ancien duché de Parme, bornée par les prov. de Crémone, de Milan et de Pavie au N., de Pavie et de Gênes à l’O. , de Parme au S. et à l’E. Arrosée par le Pô et ses affluents (Tidone, Tréb’e, Nure, Arda) ; montagneuse dans sa partie méridionale, plate au N., et entrecoupée de canaux et de fossés pour des rizières. Exportation de céréales, lin, chanvre, huiles, châtaignes, fromages dits parmesans, soie (environ 40,000 kilogr.). Ch.-l., Plaisance. Deux arrond., Plaisance et Fiorenzuola. Superf., 2,499 kil. carrés; pop., 218,569 hab. C. P.

PLANCHE (.J. -B. -Gustave), critique, né à Paris en 1808, d’un riche pharmacien , m. en 1857 , fit ses études au collège Bourbon, fut destiné à suivre la profession paternelle, mais y renonça pour se livrer à la littérature et à l’étude des œuvres de l’art. Après quelques essais dans le journal l'Artiste , il entra en 1831 à la Revue des Deux Mondes, dans laquelle il ne cessa depuis1, sauf quelques interruptions, de faire insérer des articles de critique, qui ont contribué, dans un temps de confusion littéraire, à éclairer le goût du public, et à le ramener quand il s’égarait. Il fut aussi momentanément attaché, en 1832, à la rédaction du Journal des Débats , ainsi qu’à la Chronique de Paris fondée par Balzac en 1836. Vers 1841, il partit pour l’Italie, et ne reprit la plume qu’en 1846. Les principaux de ses articles ont été réunis sous les titres de Portraits littéraires, 1836-49, 4 vol. in-12; Portraits d’artistes, 2 vol. in-12; Nouveaux Portraits littéraires , 1854, in-12 ; Etudes sur l’école française, 1855, 2 vol. in-12; Etudes sur les arts, 1855-6, 2 vol. in-12, etc. Planche apporta dans la critique un savoir profond, un jugement sûr, bien qu’un peu trop systématique, de la doctrine enfin, et des principes , mais souvent aussi une certaine aigreur, blessante pour ses contemporains. Son style, correct, périodique, difficile, sentant l’effort et la recherche du mieux, affecte parfois une ampleur magistrale. B.

PLOUGOULM (Pierre-Ambroise), magistrat, né à Rouen en 1796, m. en 1863, fut reçu avocat à Paris en 1821, défendit un des accusés du complot de La Rochelle en 1822, prit une part active au mouvement libéral qui amena la Révolution de 1830 , devint avocat-général à Paris en 1835, porta la parole devant la Cour des pairs dans le procès d’avril et dans celui de Fieschi, fut nommé procureur -général à Amiens et à Toulouse en 1839, à Nîmes en 1842, à Rennes en 1843, premier président de la Cour royale de cette ville en 1845, et représenta la ville de Vannes à la Chambre des députés en 1846 Démissionnaire en 1848, il entra, l’année suivante, à la Cour de cassation comme avocat-général , et y fut nommé conseiller en 1854. On a de lui des traductions du Traité de la vieillesse de Cicéron (1832), et des discours d’Eschine et de Démosthènes Sur la couronne (1834). B.

POINSOT (Louis), illustre mathématicien, né à Paris

en 1777, m. en 1859, fut un des élèves de la fondation de l’École polytechnique, en 1794. Il en sortit à l’âge de 20 ans avec le grade d’élève ingénieur des ponts et chaussées; mais bientôt il quitta cette carrière pour celle de l’enseignement, et professa en 1804 les mathématiques spéciales au lycée Bonaparte, à Paris. Il fut ensuite examinateur d’admission, puis professeur d’analyse (1809) à l’École polytechnique, membre du conseil de perfectionnement de cette école, et inspecteur-général de l'Université. Il avait résigné ces diverses fonctions, lorsqu’en 1840 le roi le nomma membre du Conseil royal de l’Université. Dès 1813, Poinsot entra à l’Académie des sciences, où il succéda à Lagrange. En 1843, il fit partie du Bureau des longitudes. En 1852, il fut nommé sénateur. Les ouvrages qui ont fait sa réputation sont : Eléments de statique, 1804, in-8», souvent réimprimés depuis, travail qui attira aussitôt l’attention des savants , par l’idée entièrement neuve de la théorie des couples, à l’aide de laquelle il donne aux problèmes de l’équilibre une solution facile et inattendue; Mémoire sur la composition des moments et des aires, 1806 , nouvelle application de sa théorie des couples; Théorie et détermination de l'équateur du système solaire, où il rectifie avec bonheur l'analyse de Laplace sur le même sujet ; Théorie générale de l’équilibre et du mouvement des systèmes, 1806, beau travail où l’on voit comment on peut effacer de la mécanique analytique le principe assez obscur et non démontré des vitesses virtuelles. — Ces trois Mémoires sont maintenant à la suite des dernières éditions de la Statique. Nous citerons encore : Mémoire sur la géométrie de situation; Recherches sur l’analyse des sections angulaires, 1825; Théorie nouvelle de la rotation des corps, 1834 ; Mémoire sur la précession des équinoxes, l’un des derniers et des plus remarquables ouvrages de Poinsot ; il a été inséré dans la Connaissance des temps. Beaucoup de travaux de Poinsot se trouvent disséminés dans la Correspondance de l’Ecole polytechnique, les Mémoires de l’Académie des sciences, le Journal des mathématiques appliquées, le Bulletin universel des sciences, etc. Poinsot est plus géomètre qu’analyste; là est le secret de sa netteté et de sa simplicité dans les expositions : il ramène ses conceptions à la forme géométrique pour les rendre plus faciles à étudier; ainsi, avant lui, la statique était une science de calcul : il l’a transformée en un problème très-simple de géométrie, par l’idée si féconde du couple, qui représente un système de deux forces égales et parallèles, mais dirigées en sens contraire, et appliquées à deux points différents d’un corps. 11 a transporté cette idée du couple dans ses Mémoires sur la dynamique, cités plus haut, et qui forment un appendice si précieux à sa Statique. On retrouve dans un de ces Mémoires, celui sur la rotation des corps, les qualités de géomètre que Poinsot possédait au suprême degré ; là, il a figuré d’une manière si satisfaisante toutes les lois de ce mouvement si compliqué, qu’on peut le suivre facilement de l’œil dans toutes ses phases ; c’est une véritable peinture, d’une exécution parfaite, substituée à des calculs d'une longueur effrayante et d’une complication extrême. — Comme écrivain scientifique, Poinsot se place encore au premier rang. Dans l’enseignement ou la discussion orale, il n’était pas moins remarquable par la clarté de son langage, l'élégance, la chaleur et le charme de sa parole.

POLEVOI ( Nicolas- Alexiévitch), littérateur russe, né en 1796 à Irkoutsk (Sibérie), m. en 1846, fonda à Moscou, en 1825, une Revue dite le Télégraphe, qui fut supprimée en 1834 à cause de ses tendances libérales. Il s’établit ensuite à St-Pétersbourg, où il publia, de 1836 à 1838, un autre recueil intitulé le Fils de la patrie, et composa des romans, des pièces de théâtre, etc. Ses principaux écrits sont : Histoire du peuple russe, Moscou, 1833, 6 vol. in-12, ouvrage qui s’arrête au milieu du xvie siècle; Esquisses de littérature russe, réimpression d’articles de feuilles périodiques, Sl-Pétersbourg, 1839, 2 vol. in-8°; Vie de Souvaroff, devenue populaire; Vie de Pierre le Grand, 1843, 4 vol.; OEuvres dramatiques et traductions, 1842-43, 4 vol.; Un siècle de la Russie (de 1745 à 1845), 1845, 2 vol.; Vie de Napoléon, 5 vol. B.

POLOGNE (Royaume de), depuis 1860. Aucune agitation ne l’avait troublé depuis 1846; mais il s’y était formé comme une vaste conspiration morale , qui , servie par des circonstances favorables, a réveillé le sentiment national en 1860, et appelé l’attention sympathique de l’Europe. Le comte André Zamoyski, rentré dans le pays après la Révolution de 1831, dont il avait été l’uir des ministres, avait conçu le projet de régénérer sa patrie, en portant d’abord son attention sur les intérêts ma-

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tériels; il avait créé à ses frais des écoles de village, répandu l’éducation agricole et industrielle, organisé la navigation à vapeur sur la Yistule, fondé des compagnies de commerce et de crédit, et surtout, en 1855, une Société d’agriculture, qui donna un grand élan à l’esprit public. Près de 5,000 propriétaires en firent partie, et s’attachèrent à l’œuvre patriotique de constituer la petite propriété, en rendant le paysan maître du terrain qu’il occupait, ou en substituant aux corvées et aux redevances en nature le bail payé en argent. La Société et son fondateur avaient acquis une immense autorité morale, et étaient, en l'absence de tout corps politique, comme la représentation du pays, quand les événements de 1859-60 rappelèrent l’attention sur la Pologne. Les souverains de la Russie , de la Prusse et de l’Autriche avaient ■choisi Varsovie pour une entrevue (les 22-26 octobre 1860) qui faisait craindre une coalition contre les événements récents de l’Italie et la politique de la France. Leur présence réveilla le souvenir des partages de la Pologne, ■et il se répandit dans tout le royaume une agitation marquée d’abord, sans aucun acte de violence, par la célébration d’anniversaires patriotiques, services funèbres pour les victimes de la Révolution de 1830 (29 nov. 1860), pour les morts de la bataille de Grochow en 1831; lors de cette dernière solennité (25 février 1861), la foule sans armes qui sortait des églises fut chargée par les gendarmes et les Cosaques, plusieurs personnes furent tuées et blessées. Ces meurtres contre une population qui ne se défendait pas recommencèrent le 27 : les églises furent violées, des citoyens et des prêtres frappés jusque sur l’autel. Le lieutenant de l’empereur en Pologne, prince Gortchakoff, tenta d’apaiser le mouvement en destituant les chefs de la police, en créant une commission de sûreté sous les auspices du comte Zamoyski, et en permettant la rédaction d’une adresse pour demander à Alexandre II qu’il rendit à la Pologne ses institutions nationales. L’empereur traita l’adresse de séditieuse; néanmoins, par un ukase du 26 mars, un conseil d’Elat , formé de Polonais, était créé à Varsovie, des Conseils électifs dans chaque département et dans chaque district , des Conseils municipaux à Varsovie et dans les 16 principales villes, le ministère de l’instruction publique et des cultes confié à un Polonais rallié à la Russie, le marquis Wielopolski , et on annonçait une nouvelle organisation des écoles et la fondation d’établissements d’instruction supérieure. Mais, le 6 avril , on supprimait la Société agricole, et la foule, rassemblée sans armes pour demander le retrait de l’ordonnance de dissolution, fut de nouveau chargée par les soldats; il v eut beaucoup de tués ou de blessés, et de nombreuses incarcérations. Pendant près d’un mois, Varsovie fut occupée militairement. Le prince Gortchakoff mourut le 30 mai , le général Souehozannett , ministre de la guerre à Sl-Pétersbourg, lui succéda, et exagéra les mesures violentes. Le 20 juin, la publication des statuts destinés à appliquer l’ukase du 26 mars montra que l’on voulait annuler en fait les concessions : les Conseils de ville, de district et de gouvernement n’eurent que des attributions presque nulles, et leurs décisions pouvaient toujours être cassées par leurs présidents, dont le gouvernement se réservait la nomination; le conseil d’Etat, nommé par l’empereur, et présidé par le lieutenant du royaume, devait délibérer à huis-clos. Le mécontentement augmenta, et se répandit de Varsovie dans tout le royaume, et, au delà, dans les anciennes provinces polonaises, jusqu’à Kiew et au Duiéper, et surtout dans la Lithuanie, où, à Wilna , le gouvernement russe réprima violemment l’émeute (18 août), et, suspendant le cours de la justice civile, proclama l’état de siège.

On espéra calmer l’agitation de la Pologne en remplaçant le général Souehozannett par le général Lambert, d’origine française, catholique, et connu par son administration habile dans la Russie méridionale. Mais on l’en tourait de partisans des mesures violentes, comme si l’on voulait pousser à un redoublement de rigueur. En effet , un service devant être célébré le 15 octobre pour l’anniversaire de la mort de Kosciuszko, l’état de siège fut proclamé le 14, quand tout était calme à Varsovie. Le 15, on laissa la foule remplir les églises, qui furent alors cernées et comme assiégées pendant 17 heures ; la foule ne voulant pas en sortir, le gouverneur militaire, Gerstemveig, ordonna aux troupes d’entrer : plus de 2,000 personnes furent arrêtées, d’autres foulées aux pieds, battues, blessées, les objets du culte brisés ou souillés. Une décision de l’autorité ecclésiastique fit fermer les églises profanées, et fut imitée parles pasteurs protestants et les rabbins israélites ; le gouvernement y répondit par de nou- |

velles rigueurs : l’administrateur du diocèse de Varsovie fut condamné à mort, et sa peine commuée, comme par égard pour ses 80 ans, en 10 ans de Sibérie. Les généraux Souehozannett et Luders avaient remplacé Lambert; ils incarcérèrent plus de 14,000 personnes dans l’espace de 14 mois à Varsovie. — Le gouvernement russe essaya enfin d’une nouvelle tentative de conciliation; le grandduc Constantin, frère de l’empereur, fut nommé lieutenant du royaume (8 juin 1862), et on lui adjoignit, comme chef du gouvernement civil, le marquis Wielopolski, qui, démissionnaire de ses fonctions après le 15 octobre 1861, se flattait de réconcilier les Polonais avec les Russes, en favorisant les progrès matériels et la prépondérance politique et militaire en Europe de la race slave. Mais ses espérances furent trompées: il provoqua même l’insurrection générale, en faisant éloigner de Pologne Zamoyski , et en ordonnant une levée de conscrits, mesure suspendue dans tout l’Empire depuis la fin de la guerre de Crimée, en 1856. Par un raffinement odieux, on exceptait les campagnes, pour les concilier au gouvernement, et tout le poids du recrutement tombait sur les villes, où les sentiments patriotiques sont plus ardents ; l’administration, supprimant la garantie du tirage au sort, et jusqu’aux exemptions légales les plus sacrées, désignait les jeunes gens destinés au service, pour se débarrasser de la partie remuante de la population, et principalement de ceux qui avaient figuré dans les derniers troubles.

Le 15 janvier 1863, le recrutement fut opéré à Varsovie pendant la nuit, et les jeunes gens désignés furent emmenés à la citadelle. Le 22 janvier, l’insurrection éclatait sur vingt points différents: des soldats réfractaires, des jeunes gens que menaçait dans les autres villes le sort des conscrits de Varsovie, se formèrent en bandes de guérillas, assaillant les postes russes, et propageant la révolte dans toute la Pologne. Aussitôt un comité central anonyme se formait à Varsovie pour coordonner l’insurrection, et déclarait les paysans propriétaires libres des terres qu’ils occupaient, en stipulant une indemnité pour les anciens propriétaires. Le gouvernement russe mit le royaume en état de siège, et prit des otages dans les familles des soldats fugitifs. Dès les premiers jours de février, on se battait partout, à Tomaszotv, àWonchok, à Biala, à Wengrow. Le gouvernement prussien ayant conclu, le 8 février, avec la Russie une convention militaire, par laquelle il semblait vouloir coopérer à la répression de l’insurrection polonaise, les cabinets furent alarmés, et la question devint européenne. La France, puis l’Espagne, la Suède, l’Angleterre, l’Autriche, l’Italie, les Pays-Bas, le Danemark, firent des représentations amicales. Mais pendant ce temps la lutte s’agrandissait. Au général Miérolawski, qui s’était proclamé chef de l’insurrection, avait succédé, par le choix du comité central, le général Langiewicz (10 mars). Des forces supérieures le contraignirent à se jeter en Galicie, où l’Autriche l’interna. Le comité reprit alors la direction des affaires, et se transforma en un gouvernement provisoire anonyme, découvrant tous les projets du gouvernement russe. Celui-ci proclama une amnistie pour ceux qui déposeraient les armes avant le 13 mai, et en promettant de maintenirles institutions administratives précédemment accordées. (Mais les rigueurs continuèrent, mênm contre les membres du conseil d’Etat qui refusaient d’y siéger. Le mouvement insurrectionnel se propagea en Lithuanie et en Ruthénie, dans toutes les parties de l’ancien royaume de Pologne.

Le 17 juin, la France, l’Angleterre et l’Autriche présentèrent des notes séparées, où les demandes des trois cours étaient résumées dans les six points suivants j 1° amnistie complète et générale; 2° représentation nationale d’après la constitution donnée par Alexandre P" à la Pologne en 1815 ; 3° nomination de Polonais aux fonctions publiques; 4° liberté pleine et entière de conscience ; 5» usage exclusif de la langue polonaise comme langue officielle; 6° établissement d’un système régulier et légal de recrutement. Le refus que firent l’Angleterre et l’Autriche de s’unir à la France pour régler la question polonaise en cas du refus prévu du gouvernement russe fit échouer cette tentative. Le ministre russe, prince Gortchakoff, repoussa le projet d’une conférence européenne comme constituant une ingérence étrangère dans les affaires intérieures de la Russie, et proposa une conférence entre les trois puissances détentrices de possessions polonaises. A de nouvelles notes de la France, de l’Angleterre et de l’Autriche, qui déclaraient rendre la Russie responsable des conséquences de la prolongation des troubles, le gouvernement russe répondit qu’il ne croyait pas devoir rentrer dans une discussion sans objet,

POL

PON

La guerre était devenue sans merci. Le marquis Wielopolski avait été congédié, puis le grand-duc Constantin rappelé, et le général de Berg nommé lieutenant du royaume et investi de tous les pouvoirs. On en arriva à exciter les paysans contre les propriétaires ; d’abord on leur confia la police rurale, les chargeant de la surveillance des routes et de l’arrestation des suspects; puis on promit à ceux qui aideraient à poursuivre les rebelles une partie des terres confisquées sur la petite noblesse et la bourgeoisie. Cependant l’insurrection tenait toujours sous le commandement de Bossak. Mais, au printemps de 1864, la guerre du Danemark attira l’attention ailleurs, et l’Autriche, en mettant la Galicie en état de siège, enleva aux insurgés leur dernier moyen de ravitaillement. Ils furent alors traqués, et la guerre finit faute de combattants : 500 patriotes avaient été exécutés, 20,000 étaient tombés sur les champs de bataille, 25,000 déportés, et 10,000 autres avaient formé une nouvelle émigration polonaise. Des ukases impériaux du 2 mars 1864 dépossèdent les anciens propriétaires au profit des paysans, et mettent toutes les fortunes entre les mains des chefs militaires. Un autre ukase règle l’organisation nouvelle des communes, de façon à n’y admettre que des paysans. Sont exclus de l’assemblée générale, des fonctions de maires et d’adjoints, les ecclésiastiques, les instituteurs, les juges de paix et toutes les personnes placées sous la surveillance de la police (tout le monde peut y être placé par simple mesure administrative et même sans le savoir), les juifs, etc. Les maires sont élus par l’assemblée générale, mais le chef du district et le gouverneur de la province ont le droit de casser l’élection, ou peuvent destituer les élus.^ De nouveaux ukases du 11 septembre 1865 confient a ces assemblées communales la surveillance de l’enseignement primaire et du cultecatholique.Legouvernement russe prit encore d’autres mesures : suppression de 114 couvents catholiques d’hommes et de femmes (8 et 28 noy. 1864); interdiction . aux personnes d'origine polonaise d’acquérir des propriétés dans les neuf gouvernements de l’Ouest, autrefois polonais (22 déc. 1865) ; réunion des biens de l’Eglise catholique au domaine de l’Etat, en échange d’un traitement fixe accordé aux ecclésiastiques (26 déc. 1865). Enfin, l’exécution de toutes ces mesures et le règlement des difficultés auxquelles elles peuvent donner lieu, furent confiés à un comité central siégeant à Varsovie, sous la présidence du lieutenant du royaume, et où n’entra pas un seul Polonais, mais, au contraire, les Russes les plus connus par leur ardeur systématique à dénationaliser la Pologne. Ce comité fut réuni, par ukase du 13 déc. 1866, au Conseil de l’Empire, siégeant à S'-Pétersbourg et chargé, sous la présidence de l’Empereur, d’organiser la fusion complète de la Pologne avec la Russie. Par ses soins, toutes les autorités centrales du royaume de Pologne, Ministères, Conseil d Etat , Conseil d’administration , ont été supprimées (ukases du 22 mars et du 21 juillet 1867), et les différentes branches de l’administration réunies aux ministères respectifs à St-Pétersbourg. Les 5 anciéns gouvernements ont été démembrés en 10 gouvernements, entièrement assimilés aux autres de la Russie : Varsovie, lîadom, Lublin, Plock, Souwalki, Kalisch, Petrikau, Kielce, Siedlce et Lompa. La Russie put alors publier une amnistie sans danger, portant que les accusations relatives aux derniers soulèvements et non encore jugées seraient étouffées, que les personnes qui avaient pris part aux révoltes seraient graciées, qu’aucun nouveau procès ne serait intenté, et que les Polonais internés en Russie seraient libres de retourner dans leur pays. En 1868, le nom même de la Pologne a été aboli, et officiellement remplacé par le nom de Gouvernements de la Vistule. C. P.

POLONCEAU (Antoine-Remi), ingénieur, né à Reims en 1778, m. en 1847, fut élève de l’Ecole polytechnique, en sortit pour entrer dans les ponts et chaussées, et fit partie du corps d'ingénieurs chargé par le premier consul Bonaparte d’ouvrir à travers les Alpes la route de Simplon.

’ 11 reçut encore la mission de transporter au couvent du Grand-Saint-Bernard le mausolée du général Desaix, et réussit dans cette œuvre difficile à l’aide de machines ingénieuses dont il était l’inventeur. Nommé ingénieur à S'-Omer, puis dans l'Isère, il fit exécuter la route du Lautaret, qui met Grenoble en communication avec Briançon, et percer la route des Échelles. 11 devint ingénieur en chef du département du Mont-Blanc en 1812, et, en 1815, - de celui de Seine-et-Oise. Il a introduit en France les routes à la Mac-Adam, et fait, le premier, usage du rouleau de compression qui sert à tasser les pierres sur les chemins. On lui doit encore l’emploi du béton dans les

constructions hydrauliques en remplacement des pilotis, certaines modifications dans le système des ponts à bascule, la création de l’Ecole normale primaire de Versailles, et celle de l’Institut agricole de Grignon. En 1830, on l’éleva aux fonctions d’inspecteur divisionnaire des ponts et chaussées, et, en 1832, il commença à Paris le beau pont de fer du Carrousel. Ce fut lui qui fournit les plans pour le chemin de fer de Paris à Rouen et la traversée de Rouen. Il a laissé, entre autres écrits : Rapport sur les moulins à vent pour élever l'eau des puits, 1817; Recherches et travaux sur les constructions hydrauliques, 1829; Mémoire sur V amélioration des routes et chaussées en cailloulis, 1834; Mémoire sur le nouveau système de ponts en fonte suivi dans la construction du pont du Carrousel, 1839; Considérations sur les causes des ravages produits par les rivières œ pentes rapides et par les torrents, 1847 ; De l’aménagement des eaux en agriculture, 1846, etc. B.

POLONCEAU (Jean-Barthélemy-Camille), ingénieur, fils du précédent, né à Chambéry en 1813, m. en 1859, entra à l’Ecole centrale des arts et manufactures en 1833, fut attaché à la construction du chemin de fer de Versailles (rive gauche), et dirigea successivement l’exploitation de ce chemin, des chemins d’Alsace et du chemin d’Orléans. On lui doit les premiers plans des rotondes à locomotives, et divers perfectionnements dans les machines et le matériel roulant. 11 a inventé, pour les halles rectangulaires, un système de combles avec arbalétriers en bois ou en fer et tirants en fer, lequel est devenu l’un des plus usités pour la construction des grandes gares.

POLYNÉSIE AMÉRICAINE, nom donné aux divers archipels d’iles à guano, situées au centre de l’océan Pacifique dans la Polynésie, et dont le gouvernement des États- Unis a pris possession en 1856. Ces îles sont placées entre 13°lat. S. et 10° lat. N., 151° long. O. et 171°long. E., au N. des îles de la Société et des Navigateurs, à l'E. des archipels Ellice, Gilbert et Marshall. Elles comprennent, au N. de l’Equateur : les îles Maldn ou Pilt et Maraki ou Mathieu dans l’archipel Gilbert, Barber, Samarang ou Prospect, Palmyre, Washington on New-York, Walker et Christmas ; au S. cle l’Equateur: danois ou Bunker, Maldon , Flint , Penrhyn ou Bennett , les archipels Roggeween, Union et Phénix.

PONCE DE LÉON (Luis), célèbre poëte lyrique espagnol, né en 1527, vraisemblablement à Grenade, m. en 1591, entra chez les Augustins de Salamanque en 1544, devint professeur de théologie à l'Université de cette ville, et se fit une grande réputation comme commentateur de la Bible. Dénoncé au tribunal de l’Inquisition pour une explication du sens mystique du Cantique des Cantiques, il subit un emprisonnement de cinq années. A la fin de sa vie, on le nomma provincial de son ordre. La meilleui’e édition de ses œuvres poétiques est celle de Madrid, 1804- 1816, 6 vol. On y remarque surtout des ode- religieuses, aussi distinguées par l’élévation de la pensée et la chaleur des sentiments que par la correction du style et l’harmonie de la versification. Ponce de Léon a aussi laissé des écrits ascétiques.

PONCELET (Jean-Victor), géomètre, né à Metz, en 1788, m. en 1867, fut reçu à l’Ecole polytechnique à 19 ans et à l’école d'application d’artillerie à 22 ans. Lieutenant du génie en 1812, il fit la campagne de Russie dans le corps du maréchal Ney, fut fait prisonnier pendant la retraite, et envoyé à Saratof, sur le Volga, où, pour tromper les ennuis de la captivité, il se livra, sans livres, sans secours d’aucune sorte, à des recherches sur la géométrie descriptive. Rentré en France à la paix de 1814, il fut nommé professeur de mécanique à l’école d’application d’artillerie de Metz. De 1827 à 1831 Poncelet publia, dans les Annales de mathématiques de Gergonne, le résultat des belles recherches qu’il avait faites pendant sa captivité de guerre. Il adressa aussi à l’Académie des sciences divers mémoires de géométrie, qui le firent nommer membre de l’Institut en 1834. Alors il quitta Metz, et vint professer la mécanique à la Faculté des sciences de Paris et au Collège de France. Les sérieux travaux de Poncelet sur l’hydraulique ont rendu de grands services à l’industrie, particulièrement par une roue à aubes courbes qui porte son nom. Ses principaux ouvrages sont : Traité des propriétés projectives des figures, 1822, in-4° ; dans cet ouvrage, Poncelet a le premier donné la théorie des figures hoinologiques,et il a étendu aux figures à 3 dimensions la méthode de déformation, précédemment généralisée par La Ilire et par Newton; Mémoire sur les centres des moyennes harmoniques ; Mémoire sur la théorie générale des polaires réciproques (dans le Journal de Crelle, t. 3 et 4, 1824) ; Mémoire sur les roues hydrauliques verticales, à aubes

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courbes , mues par-dessous , Paris, 1826-27, couronné par l’Académie des sciences en 1825.: par ces roues on obtint un effet utile supérieur à celui obtenu jusqu’alors. Poncelet a donné encore : Cours de mécanique appliquée aux machines, Metz, 1826, in-fol. ; Analyse des transversales appliquée à la recherche des propriétés projectives des lignes et surfaces géométriques , 1831 ; Mémoire sur le nouveau système d’écluse à flotteur de M. Girard, 1845, in-4° ; Examen historique et critique des principales théories concernant l'équilibre des voûtes, 1852, in-4° ; Hydraulique expérimentale, lre partie, en société avec M. Lesbros, 1832, in-4°. La carrière administrative de Poncelet ne fut pas moins bien fournie : nommé colonel du génie en 1845, général de brigade en 1848, il commanda l’Ecole polytechnique de 1848 à 1850. Metz le députa, en 1848, à l’Assemblée constituante. En 1855, il présida la commission scientifique française près l’Exposition universelle de Londres. On a dit de Poncelet, qu’il fut un des plus éminents représentants de cette école de géométrie que l’on pourrait appeler l’Ecole de Monge.

PONCHARD (Jean-Frédéric-Auguste), chanteur et comédien, né à Paris en 1780, m. en 1866, fils d’un maître de musique de Sl-Eustache, entra en 1808 au Conservatoire, où il eut pour maître de chant le célèbre Garat. Le genre de l’opéra-comique n'était encore que celui des comédies à ariettes; Ponchard y réussit par son talent de comédien et la manière exquise dont il chantait des romances. Quand la partie musicale prit plus d’importance, son talent de chanteur y trouva plus à se développer, et il contribua puissamment aux succès des meilleurs ouvrages du temps, le Petit Cliaperon rouge, Mazaniello, Picaros et Diego, et surtout la Dame Blanche. Ponchard fut nommé professeur de chant au Conservatoire en 1819, place qu’il résigna en 1856. Il avait quitté le théâtre en 1831. Avec peu de voix il était un ténor parfait : il chantai avec un goût, une expression, un sentiment délicat de toutes les nuances, qu’il avait pris à l’école de son maître. Prononçant les paroles avec une clarté parfaite, contrairement à la méthode italienne, il savait ainsi augmenter les effets du chant , en faiant entendre la pensée du poëte, inspiratrice du musicien. Depuis sa retraite, Ponchard se fit souvent entendre dans les concerts, où il conserva la réputation du chanteur le plus habile, le plus expressif, le plus sympathique à son auditoire. Avec lui a fini la grande école de chant de Garat. C. D. — Y.

PONSARD (Francis), poëte dramatique, né à Vienne (Isère), en 1814, m. en 1867, était fils d’un avoué, qui le destinait à la même carrière et l’envoya à Paris faire son droit, 1833. Le jeune étudiant se délassait par la poesie. Reçu avocat en 1837, il publia, la même année, une traduction en vers du Manfred de lord Byron. Rentré dans sa ville natale, il s’y fit porter au tableau des avocats, mais continua de s’occuper de littérature en écrivant dans une Revue littéraire. C’est au théâtre que Ponsard devait se faire un nom, et il y débuta avec éclat Par (a tragédie de Lucrèce, donnée à l’Odéen en 1843 ; c était une peinture antique soigneusement étudiée, mais un peu froide, manquant d’un véritable intérêt, et qui cependant obtint un très-grand succès. Peu après, l’Académie française s'occupa de cet ouvrage, et décerna au poëte un de ses prix. Ponsard alors se voua tout à la poésie, et donna en 1846, à l’Odéon, Agnès de Méranie, tragédie sur un sujet d’histoire moderne. Bien que supérieure à la précédente, elle fut froidement accueillie ; le public vit le défaut de l’ouvrage, qui est la langueur dans l’action, et ne tint pas assez compte des beautés réelles qu’il renferme. En 1850, Ponsard aborda le Théâtre-! rançais avec une tragédie qui offrait plus d’écueils que les autres: c’était Charlotte Corday, qui réussit faiblement, malgré la fidélité des peintures et la noblesse des idées. Il sembla vouloir se délasser des grands drames par Ilorace et Lydie, 1850, charmante petite comédie en un acte et en vers, empruntée à une ode d’Horace, et que le public accueillit avec une grande faveur. Il essaya ensuite de ressusciter la tragédie grecque, en donnant au Théâtre- Français Ulysse, 1852, avec chœurs, prologue et épilogue. La tentative ne fut pas heureuse. Il prit une revanche à 1 Odéon, l’année suivante, en y faisant représenter i Honneur et l'Argent, grande comédie en vers, dont le succès fut éclatant et durable. En 1856, il attaqua un des vices de notre temps, l’agiotage, dans une autre comédie intitulée La Bourse, très-applaudie à l’Odéon. Eu 1860, il donna au théâtre du Vaudeville une sorte de trilogie, partie en vers, partie en prose, jouée avec quelque succès sous le titre de Ce qui plaît aux femmes ; la féerie s’y trouve mêlée à c.es peintures trop crues des misères sociales et de la

corruption qui les provoque. La commission d’examen fit suspendre la pièce après quelques représentations. Ponsard était en proie au mal qui l’enleva, quand il fit représenter ses deux dernières tragédies, le Lion amoureux en 1866, et Galilée en 1867. Il avait été élu membre de l’Académie française en 1855.

PONSONBY (John, lord), diplomate anglais, né en 1770, m. en 1855, entra à la Chambre haute en 1806, et y fut toujours attaché au parti whig. On le chargea de missions à Buenos-Ayres en 1826, au Brésil en 1828, én Belgique en 1830, à Naples en 1832. Ambassadeur auprès du sultan, il prépara le traité de commerce de 1838. Il représenta l’Angleterre à la cour d’Autriche de 1846 à

PORTAI. (Pierre-Barthélemy, baron), homme d'Etat, né en 1765 à Albaréilès, près de Montauban, m. en 1845, perdit à la Révolution une fortune qu’il avait acquise comme armateur à Bordeaux. 11 la rétablit après le 9 thermidor, devint membre du conseil de commerce et de la municipalité de Bordeaux, accepta en 1811 une place de maître des requêtes au conseil d’Etat, prêta serment à Louis XVIII en 1814, et résigna ses fonctions pendant les Cent-Jours. Nommé conseiller d’Etat après la deuxième Restauration, il fut chargé de soutenir à la Chambre des députés, en 1816, le projet de réorganisation de la Caisse des dépôts et consignations. Directeur des colonies au ministère de la marine en 1817, député de Tarn-et-Garonne et ministre de la marine en 1818, il entreprit de relever les forces navales de la France, et obtint un budget plus élevé pour son département. Appelé en 1821 à la Chambre des pairs, avec les titres de baron et de ministre d’Etat, il prit une part très-active à tous les travaux législatifs. Après avoir prêté serment à la monarchie de 1830, il s’éloigna des affaires publiques, par raison de santé, en 1837. On a publié ses Mémoires , Paris, 1846, 1 vol. in-8°. B.

PORTALIS (Joseph-Marie, comte), magistrat et homme politique, né à Aix (Provence) en 1778, m. en 1858, était fils de Jean-Etienne-Marie Portalis ( V . ce mot dans le Dictionnaire ). Il fut élevé par son père, le suivit en Allemagne après la journée du 18 fructidor, embrassa à son retour la carrière diplomatique, fut attaché à Joseph Bonaparte lors des négociations de Lunéville et d’Amiens, accompagna à Londres et à Berlin le général Andréossy, et résida quelque temps à Ratisbonne comme ministre plénipotentiaire près l’électeur archichancelier de l’Empire. Secrétaire général au ministère des cultes en 1805, maître des requêtes en 1806, conseiller d’Etat en 1808, directeur de l’imprimerie et de la librairie en 1810, il encourut, en 1811, une disgrâce pour ses ménagements envers l’abbé d’Astros (F. ce mot), son parent. Premier président de la Cour impériale d’Anvers en 1813, conseiller à la Cour de cassation en 1815, envoyé à Rome pour aplanir les difficultés qui s’étaient élevées à l’occasion du Concordat de 1817, pair de France en 1819, sous-secrétaire d’Etat au ministère de la justice en 1820, président de chambre à la Cour de cassation en 1824, il fit, en 1827, devant la Cour des pairs, son mémorable rapport sur la pétition de M. de Montlosier contre les Jésuites. En 1828, il fit partie du ministère Martignac en qualité de garde des sceaux, et, l'année suivante, échangea son portefeuille contr-e celui des affaires étrangères. A l’avénement du ministère Polignac , on le nomma premier président de la Cour de cassation. Portalis se rallia au gouvernement de Louis-Philippe, conserva ses fonctions de magistrat après la Révolution de 1848, fit partie de la commission exécutive qui fut créée à la suite du coup d’Etat du 2 décembre 1851, et, lorsqu’il prit sa retraite en 1852, entra au Sénat. Il était entré à l’Académje des sciences morales et politiques en 1839. On a de lui : le Code civil du royaume de Sardaigne comparé au Code civil français, 1841, in-8°; Éloge du baron Mounier , 1844, in-8°; Observations sur l’organisation judiciaire, 1848. — Un de ses fils, Frédéric Portalis, avocat distingué, est mort en 1846, après avoirété élu député du Var ; un autre, Ernest, né en 1816, auditeur au conseil d’Etat en 1842, député de Toulon au moment de la Révolution de 1818, a été nommé maître des requêtes en 1852. — Leur cousin germain, Auguste Portalis, né à la Ciotat en 1801, substitut du procureur du roi à Meaux do 1822 à 1824, puis avocat au barreau de Paris, juge au tribunal civil de la Seine en 1828, viceprésident de ce tribunal après la Révolution de 1830, conseiller à la Cour royale en 1831, député de Toulon, plus tard de Meaux, procureur général en février 1818, représentant de Seine-et-Marne à l’Assemblée constituante, est mort en 1855. B.

PORTO-NEYO (Royaume de), petit Etat d’Afrique,

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placé en 1863 sous la suzeraineté de la France. 11 s’étend sur la côte de Guinée entre les villes de Lagos à l’E. et de Whydah à l'O., et comprend la presqu’île de Lagos, et, au N. de la lagune qu’elle sépare de la mer, quelques plaines sur les bords du lac Denham ; 12,000 à 15,000 hab., de la tribu des Nangos. Ch.-l. Porto-Novo, par 6° 18' lat. N. et 0» 17' long. E. ; exportation d’huile de palme. Les autres villages sont Appa , Géribé et Appy.

POTTER (Louis-Joseph-Antoine de), publiciste et historien belge, né à Bruges en 1786, m. en 1859, fut d’aboi'd, en 1815, attaché à la légation des Pays-Bas à Rome, revint à Bruxelles en 1824, s’attira plusieurs procès pour des articles insérés dans le Courrier des Pays-Bas, et finit par être condamné à huit années de bannissement. La Révolution de 1830 le rappela : nommé membre du gouvernement provisoire, il proposa de proclamer la République ; mais scs idées n’ayant point prévalu, il se retira à Paris, d’où il fit une guerre trés-vive à la politique du roi Léopold. De retour dans son pays, en 1838, il continua d’écrire des brochures, et de se livrer à des recherches historiques ou philosophiques. De Potter était un des chefs du parti libéral , et très-ardent ennemi du clergé. Parmi ses écrits, on distingue : les Considérations sur l'histoire des principaux conciles , Bruxelles, 1816, 2 vol. in-8°, et V Esprit de l'Eglise, Paris, 1821, 6 vol. in-8°, ouvrages refondus sous le titre d 'Histoire philosophique, politique et critique du christianisme et des églises chrétiennes , 1836-37, 8 vol. in-8°; Vie de Scipion Ricci, 1825, 3 vol. in-8°; la Révolution belge de 1828 à 1839, souvenirs personnels, 1838-39, 2 vol. B.

POUILLET (Claude-Servais-Mathias), physicien, né à Cuzance (Doubs) en 1791, ni. en 1868, entra à l’Ecole Normale, où il fut ensuite répétiteur et maître de conférences, tout en occupant une chaire au collège Bourbon (auj. Bonaparte). Nommé, en 1829, professeur de physique et sous-directeur au Conservatoire des arts et métiers, il remplaça Dulong à l’Ecole polytechnique en 1831 , devint directeur du Conservatoire en 1832, membre de l’Académie des sciences en 1837, professeur à la Sorbonne en 1838, et fut député de Poligny de 1837 à 1848. Lors de l’émeute du 13 juin 1849, accusé de n’avoir pas opposé une résistance assez énergique aux envahisseurs du Conservatoire, il fut révoqué de ses fonctions de directeur. Après le coup d’Etat de 1851, il cessa d’appartenir à l’Université. On a de lui : Instructions sur les paratonnerres, 1823; Eléments de physique expérimentale et de météorologie, 1827, 2 vol. in-8° et atlas ; Portefeuille industriel du Conservatoire des arts et métiers (avec Leblanc), 1834 ; Expériences sur la détermination des températures basses et élevées, 1836-37 ; Mémoire sur la pile de Voila et sur la loi générale d'intensité que suivent les courants, 1837 ; Mémoire sur la mesure relative des sources thermo-électriques et hydro-électriques, 1837 ; Mémoire sur la chaleur solaire, sur les pouvoirs rayonnant et absorbant de l’atmosphère, et sur la température de l’espace, 1838 ; Sur la hauteur, la vitesse et la direction des nuages, 1840; Recherches sur les dilatations des fluides élastiques et les chaleurs latentes des vapeurs, 1847 ; Sur un moyen photographique de déterminer la hauteur des nuages, 1855, etc.

POWELL (Badeu), savant anglais, né à Londres vers 1798, m. en 1860, professeur de géométrie à l’Université d’Oxford depuis 1827, membre de la Société royale de Londres, a laissé, indépendamment d’un grand nombre de Mémoires insérés dans les recueils scientifiques : Traité élémentaire d’optique, Oxford, 1833 ; Aperçu historique des progrès des sciences physiques et mathématiques, Londres, 1834; Rapports entre la vérité divine et la vérité humaine, 1838; Aperçu de la théorie des ondulations, 1841; l’Unité des mondes et de la nature, 1855, in-8°.

PRADLL ( Pierre-Marie-Michcl- Eugène Coût ray de), improvisateur français, né à Paris en 1787, m. en 1857, se fit connaître dans les dernières années de Napoléon Ier par des poésies de circonstance et des vaudevilles, prit part à la guerre de chansons qui fut faite au gouvernement de la Restauration , fut condamné à la prison en 1822 pour un volume intitulé les Etincelles, et se consacra depuis 1824 à l’improvisation poétique. Dans les séances qu’il donna jusqu’à la fin de sa vie, il sut vaincre avec une étonnante facilité toutes les difficultés : tragédies, comédies , vaudevilles, impromptus, bouts-rimés, acrostiches, il improvisa tout. 11 y avait du talent dans toutes ces improvisations, mais on n’en a presque rien recueilli.

PRAGUE (Cercle de), division politique de l’Empire d’Autriche (Bohême), entre ceux de Leitmeritz et de Jung-Bunzlau au N., de Czaslau à l’E., de Tabor et de Pisek au S., de Pilsen et de Saatz à PO. Il forme la partie

centrale de la Bohème, arrosée par l’Elbe, la Moldau, la Beraun; 5,819 kilom. carrés; 655,614 habitants; ch.-l., Prague. C. P.

PRÉMARAY ('Jules-Martial Régnault, dit de), auteur dramatique, né en 1819 àPont-d’Armes (Loire-lnfér.), m. en 1868. Parmi ses pièces on distingue : le Docteur Robin, 1842; Part à deux, 1844; les Droits de l’homme, 1849 ; les Cœurs d’or (avec Laya), 1854; la Boulangère a des écus, 1855.

PRESCOTT (William -Hickling), historien américain, né à Salem (Massachusetts) en 1796, m. en 1859. Des biographies, des articles de critique, réunis sous le titre de Mélanges biographiques et critiques, 1843, 2 vol.; des Essais critiques , 1852 ; quatre grands ouvrages sur l’Espagne du xvc et du xvie siècle : Histoire de Ferdinand et d'Isabelle, Boston et Londres, 1838, 3 vol. in-8°; Histoire de la conquête du Mexique, Boston, 1843, 3 vol. in-8°; Histoire de la conquête du Pérou, Boston, 1847, 3 vol. in-8°; Histoire de Philippe II, Boston, 1855, 2 vol. in-8°, inachevée ; tels sont les titres qui le placèrent au rang des premiers historiens de notre siècle. On y remarque une longue et consciencieuse recherche des documents de toute nature, publiés et inédits; une expositoin large et intelligente des faits, groupés d’après leurs rapports naturels plutôt que brutalement échelonnés suivant leurs dates ; des descriptions pittoresques, des portraits pleins de vie , un style souvent énergique, coloré , poétique même sans être déplacé. Citoyen d’une république, petitfils du colonel Preseott, l’un des fondateurs de la liberté américaine, l'historien montre dans ses écrits tout son dégoût pour ce despotisme qui, depuis Charles -Quiut et Philippe II, enlevait à l’Espagne toute vie politique. Protestant zélé, il ne se contente pas de condamner l’Inquisition et l’intolérance dont les calvinistes, il le reconnaît, n’étaient pas alors plus exempts que les catholiques; il se laisse parfois entraîner par les préjugés de sa religion à des appréciations inexactes; en même temps qu il croit voir dans la Réformation un pas dans la civilisation, un progrès d’où ont découlé toutes les grandes découvertes scientifiques, il méconnaît la nature même du catholicisme, “ qui fait appel, dit-il, aux passions et aux yeux, tandis que le protestantisme ne s’adresse qu’à la raison ; >■ il attribue la décadence de l’Espagne au malheur qu’elle a eu d’être soustraite à <> cette grande lumière du xvie siècle ; " on peut lui reprocher enfin des longueurs et la profusion des détails sur des événements qui se rattachent à peine à son sujet. L 'Histoire de la conquête du Mexique a été traduite en français par M. Amédée Pichot, Paris,. 1846, 3 vol. in-8°; celle de Philippe II, par MM. Ileuson et Ithier, Paris et Bruxelles , 1860, 4 vol. in-8“. K.

PRÉVOST (Zachée), graveur, né à Paris en 1797, m. en 1861, étudia le dessin sous Régnault, la gravure sous Ingouf et Bervic. Il eut un sentiment très-vif de la couleur et de l’effet. Ses principales planches en taille-douce sont : Corinne au cap Misène, d’après Gérard ; S1 Vincent de Paul à la cour de Louis XIII, et une Mendiante à Rome , d’après Paul Delaroclie; le S1 Jérôme de Ribeira; les^Noces de Cana et le Repas de Jésus chez Simon le Pharisien, d’après Paul Véronèse. Prévost grava aussi à l’aqua-tiuta les quatre tableaux de Léopold Robert, les Moissonneurs , le Retour de la fêle de la Madone, les Pécheurs, et l'Improvisateur.

PRIOLO (Benjamin), historien, né en 1602 à S'-Jeand’Angely, m. en 1667, était originaire d’une noble famille vénitienne. Il alla au congrès de Munster, 1644, comme secrétaire du duc de Longueville, et se mêla aux intrigues de la Fronde. 11 a publié : Ab excessu Ludovici XIII de rebus gallicis hisloriaruin lib. v, Paris, 1662, in-4°; 2e édition, lib. vu, ibid., 1665, in-4°; l’édition la meilleure est celle de Leipzig, 1686, in-8°. C’est l’histoire des événements qu’il avait vus; il a cherché à imiter la manière de Tacite et son indépendance.

PRISSE (Albert-Joseph-Florent, baron), né en 1788 à Maubeuge, d’une famille anglaise que les persécutions du règne de Charles II avaient contrainte de se réfugier dans le Hainaut, m. en 1856, fit ses études au lycée de Bruxelles, entra à l’École militaire de Fontainebleau, et fit, depuis 1809, plusieurs campagnes dans les chasseurs à pied de la garde impériale. 11 devint capitaine au corps des ingénieurs topographes en 1813 , quitta le service à la chute de l’Empire, le reprit, en 1817, dans l’armée des Pays- Bas, et y renonça encore en 1828 pour prendre à Namur la direction des mines du Luxembourg. Il participa à la Révolution belge, fut nommé, sous le gouvernement provisoire, lieutenant-colonel, puis colonel d’état-major, et

PRO

chargé de la première organisation du dépôt de la guerre. Le roi Léopold le prit pour aide de camp, le nomma général-major en 1834, puis gouverneur militaire de la province d’Anvers. Prisse signa, en 1842, le traité qui a établi les délimitations de la Belgique et des pays limitrophes, ainsi que la convention qui règle la navigation intérieure avec la Hollande. Lieutenant- général et ministre de la guerre en 1845 , il réorganisa le personnel du service sanitaire , établit un service médical gratuit pour les officiers pensionnés, etc., et créa la section d’état-major chargée de dresser la carte de la Belgique. Enfin, depuis 1847, il fut gouverneur de la résidence royale, commandant de la 2e division territoriale et d’infanterie , et directeur des études des princes fils du roi. B.

PROUDHON (Pierre-Joseph), publiciste, né à Besançon en 1809, m. en 1865, appartenait à une branche de la famille du jurisconsulte du même nom. Après avoir fait ses études au collège de sa ville natale, il travailla dans diverses imprimeries, enrichit de notes une édition de la Bible, et ajouta aux Eléments primitifs des langues de l’abbé Bergier un Essai de grammaire générale , 1838. Il fournit, en 1839, quelques articles à l’Encyclopédie catholique. L’année suivante, il écrivit, pour un concours de l’Académie de Besançon, une défense de la Célébration du dimanche. Initié, par la lecture des œuvres de Rossi, à l’étude de l’économie politique, il écrivit aussi un mémoire intitulé : Qu'est-ce que la propriété? où il développait cet axiome devenu célèbre : « La propriété, c’est le vol. » A ses yeux, le travail seul était la justification de la propriété, et celle-ci était, non un droit naturel et imprescriptible, mais une sorte de possession s'agrandissant selon la mesure du travail. Cette idée inspira un second mémoire en 1841, puis un Avertissement aux propriétaires, qui attira des poursuites sur son auteur. En 1843, Proudhon prit la direction d’une entreprise de transports sur la Saône et le Rhône, et n’en publia pas moins deux ouvrages : De la création de l’ordre dans l'humanité, 1843, système d’organisation politique; et les Contradictions économiques, 1846, où les réformateurs utopistes, aussi bien que les économistes de l’école anglaise, sont vigoureusement combattus. Après la Révolution de 1848, il prit à Paris la rédaction du journal le Représentant du peuple, que l’autorité ne tarda pas à supprimer, et gagna une popularité qui le fit nommer représentant de la Seine à l’Assemblée constituante. Là, il se posa en chef de secte, repoussant l’abolition de la peine de mort, le droit au travail et la Constitution elle-même, mais échouant misérablement dans sa proposition d’impôt sur le revenu. Les idées qu’il ne pouvait faire prévaloir à la tribune, il les soutint dans plusieurs brochures , le Droit au travail, les Malthusiens, Démonstration du socialisme , Idées révolutionnaires, et dans trois journaux successifs, le Peuple, la Voix du peuple et le Peuple de 1850. Sa polémique passionnée contre tous les partis le fit déférer plusieurs fois aux tribunaux. En 1849, il créa une Ranque du peuple, dans le but d’arriver à l’abolition de l’intérêt, à la circulation gratuite des valeurs, et par suite à la suppression du capital : cette institution avorta. Condamné à trois ans de prison pour délit de presse, Proudhon écrivit, pendant sa captivité, divers ouvrages : Confessions d'un révolutionnaire, 1849; Actes de la Révolution, 1849; Intérêt et principal, 1849, et Gratuité du crédit, 1850, résumé de ses discussions avec Bastiat; la Révolution sociale démontrée par le coup d’État, 1852. Depuis 1852, Proudhon rentra dans la vie privée. Il publia encore : Manuel du spéculateur à la Bourse, 1856; De la justice dans la Révolution et dans l'Eglise, 1858, ouvrage dont la condamnation judiciaire l’obligea de fuir pour quelque temps en Belgique; la Guerre et la Paix, 1860, recherches sur le droit de la force; Théorie de l’impôt, 1861; les Majorais littéraires, 1862. Après sa mort , on a imprimé de lui : Du principe de l’art, 1865; De la capacité politique des classes ouvrières 1865; Théorie de la propriété, 1865.

P RO VOS r (Jean-Baptiste-François), né à Paris en 1798, m. en 1865, comédien français dans le haut comique, joignait à une iutelligence profonde de son art un naturel parfait. Il entra au Théâtre-Français en 1835, et y devint sociétaire en 1839, en même temps que professeur de déclamation tragique au Conservatoire. Il jouait l’ancien répertoire avec un grand respect de la tradition et beaucoup d’habileté , notamment dans l’Avare de Molière, et ne se montra pas moins remarquable dans le répertoire moderne , comme dans le rôle de Claude de la tragédie de Valéria, 1852, dans les comédies le Bonhomme Jadis , 1854, les Effrontés, 1863, le Gendre de M. Poirier, etc.

PUP

PRUDENT (Emile) , pianiste et compositeur, né à Angoulême en 1817, m. en 1863, élève de Zimmermann, s’est placé à la tête des exécutants français par la science du mécanisme et de la sonorité. Il réunissait aux formes pures des anciens maîtres le mouvement et l’expression de l’école moderne. On a de lui beaucoup d’œuvres pour piano seul ou avec orchestre, entre autres une Fantaisie sur Lucie, T Hirondelle, la Ronde de nuit , la Danse des Fées, les Naïades, etc., un concerto d’une grande richesse intitulé la Prairie, etc.

PUGET-THÉNIERS, sous-préfecture des Alpes-Maritimes, sur le Var, à 45 kil. N. -O. de Nice; 1,240 hab.

PUGIN ( Augustin-Welby-Northmore ), architecte , né à Londres en 1811, m. en 1852, travailla d’abord aux décors des grands théâtres et à l’ameublement du château de Windsor, puis publia plusieurs recueils d’ornements, de meubles et d’accessoires relatifs au moyen âge, qui contribuèrent à ranimer en Angleterre le goût de l’art gothique. S’étant fait catholique, il éleva au culte romain une foule d’églises, de chapelles et de couvents ; parmi ces constructions, on distingue la cathédrale de Ste-Marie à Derby, les églises de Sl-Chad à Birmingham et de SMVilfrid à Manchester, l’église de Cheadle. 11 a dirigé les travaux d’ornementation du nouveau palais de AVestminster. On a de lui : True principles of point ed or Christian architecture, 1841; Glossary of ecclesiastical ornaments, 1844; Treatise on floriated ornaments , 1849; Treatise of chancel screens, 1851. B.

PUIBUSQUE (Adolphe-Louis de), littérateur, né à Paris en 1801, m. en 1863, étudia le droit, exerça sous la Restauration les fonctions de sous-préfet, puis se consacra aux lettres. Sans parler de quelques poèmes couronnés dans les concours académiques, il a laissé : Dictionnaire municipal, 1838, 2 vol. in-8°; et 3e édit., 1844, 2 vol. in-8° , Manuel analytique d’administration communale; Code municipal annoté (avec Leber), 1839, in-8“; Histoire comparée des littératures espagnole et française, 1843, 2 vol. in-8°; le Comte Lucanor, 1854, in-8°, apologues et fabliaux du xive siècle, traduits de l’espagnol, etc.

PUJOL (Abel de). V. Abel.

PUNO (Départ, de), division politique du Pérou, au S.-E. de la République, entre ceux de Ouzco au N., d’Aréquipa et de Moquegua à l’O., la Bolivie au S., le lac Titicaca et la Bolivie à l’E. Il forme, entre deux ramifications des Andes, une longue vallée arrosée par des cours d’eau qui se jettent au N. dans les Amazones, au S. dans le lac Titicaca. Climat chaud et humide ; on y cultive le cacao, le café, le tabac, la canne à sucre; exploitation de quinquina; quelques mines d’or et d’argent auj. négligées. Ch.-l., Puno; pop., 286,000 hab. Ce département est divisé en 5 provinces : Carabaya, Azangaro, Lampa, Guancane et Chuquito; il renferme, à 30 kil. de Puno, le bourg de Vilqué, où se tient tous les ans, à la Pentecôte, la foire la plus considérable du Pérou. C. P.

PUPILLES DE LA GARDE IMPÉRIALE, régiment composé d’enfants trouvés et d’enfants de troupe de 12 à 15 ans, organisé par décret de Napoléon Ier du 30 août 1811, et formant 8 bataillons de 800 hommes chacun, plus un bataillon de dépôt. Le recrutement se faisait dans tous les pays dépendants de la France, y compris le royaume d’Italie ; aussi la plupart des enrôlés ne savaient pas le français. En décembre 1811, les pupilles furent commandés par des officiers de la vieille garde ; pour les sous-officiers, on admettait des engagés volontaires de 16 à 20 ans, qui n’avaient d’abord que le nom d’appointés, jusqu’à ce qu’ils eussent l’âge de caporal, c.-à-d. 19 ans. En mars 1813, les pupilles de la garde, qui formaient un eorpsde 8,000 hommes environ, fournirent un régiment de tirailleurs, en donnant leurs sujets de 17 et 18 ans; ce fut un excellent régiment. Les pupilles trop jeunes restèrent à Versailles, leur ville de dépôt et de garnison, et au 30 mars 1814 accoururent à Paris combattre les étrangers à la barrière de Cli— chy. La même année, le régiment des pupilles fut dissous, chaque indigène retournant dans les pays qui cessaient d’être français. Dans la pensée de Napoléon, ce régiment des pupilles devait être le dépôt de recrutement de la jeune garde, comme celle-ci l’était de la vieille garde. L’uniforme des pupilles était l’habit-veste, en drap vert, avec collet et passepoils jaunes, pour les quatre premiers bataillons; et les quatre derniers, habit-veste blanc, avec collets, parements , passepoils et retroussis verts; l’arme fut le fusil de dragons. — Les pupilles eurent pour origine un corps de vélites hollandais : quand Louis Bonaparte fut nommé roi de Hollande, il y avait 2 bataillons, ensemble 800 hommes, de vélites royaux, composés des enfants d’officiers, sous-officiers et soldats morts au ser-

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vice, puis des orphelins de soldats de terre et de mer, et des enfants trouvés des hospices. Leur régiment, créé pour le service des Indes, se trouvait alors à la suite de la garde royale hollandaise. Lors de la réunion de la Hollande à la France, ces vélites furent envoyés en France. Napoléon, passant en revue, le 11 février 1811, ce corps où il n’y avait d’hommes que les officiers et quelques sous-officiers, fut très-content de leur tenue et de leur instruction, et l’attacha à la garde impériale, par le décret cité plus haut,, en le portant aussitôt à 9 bataillons, formant un régiment qui prit le nom de Pupilles de la garde , et qui s’administrait lui-même. — En 1860, Napoléon III a réinstitué les pupilles de la garde, qui forment un régiment de grands enfants commandé par des officiers de la garde impériale. C. D — Y.

PUPILLES DE LA MARINE, institution fondée par décret du 15 novembre 1862, en faveur des orphelins de la marine, et réglementée par décret du 8 avril 1863, déclarant aptes à devenir pupilles : 1° les orphelins de père et de mère, ou seulement de mère, fils d’officiers mariniers ou marins, morts au service, ou en jouissance d’une pension de retraite ou de demi-solde, ou morts victimes d’événements de mer à bord de navires de commerce ou de bateaux de pèche ; 2" les orphelins de père, et les orphelins de mère dont le père est en activité de service. L’âge

d’admission est sept ans pour les orphelins de père et de mère, et neuf ans pour les autres. Les candidats sont présentés par les préfets des 5 arrondissements maritimes, et jugés par une commission permanente d'examen siégeant à Brest ; puis le ministre de la marine prononce sur leur admission. Les pupilles entrent à l’école des mousses dès l’âge de 13 ans, ou sont rayés du contrôle et rendus à leurs familles, si on ne les juge pas propres au service de mer. — Les ressources de l’établissement se composent de dons et de legs ; de secours fournis par la caisse des Invalides de la marine ; de subventions accordées par les départements et les communes. L’établissement est placé à Brest , sous la direction immédiate du préfet maritime, et la comptabilité y est tenue par le trésorier des Invalides de la marine.

PYRAMIDE (Lac de la) , lac de l'Amérique septentrionale (États-Unis, Etat de Nevada), sur le revers oriental de la Sierra-Nevada, à 1,630 mèt. au-dessus du niveau de la mer, par 40° lat. N., et 122° long. O. Il a la forme d’un quadrilatère allongé du N. au S., et, à son extrémité méridionale, s’élance une pyramide naturelle, haute de 200 mèt., et ayant une ressemblance frappante avec celles d’Égypte. Ses eaux sont légèrement salées. Il reçoit, par la Rivière de la Truite saumonée, les eaux du lac Bigler. C. P.

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