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nus, même du gouvernement turc. Le budget des recettes de 1860 a été estimé à 245,000,000 de fr., provenant de l’impôt foncier (56 millions), des dîmes (71 millions), des douanes (39 millions), du tribut des provinces vassales (le revenu le plus assuré, 8 millions), le reste de monopoles et de droits divers. Le budget des dépenses pour la même année est évalué à 279,000,000 de fr., dont plus de 60 millions consacrés à la liste civile du sultan, 86 à l’armée, 2 seulement aux travaux publics, et 560,000 fr. à l’instruction publique. Le déficit était pour cette année de 35 millions, et il monta à 159 en 1862 avec les déficits des années précédentes et les pertes énormes faites chaque année sur le change. En 1863 et 1864, on a publié deux budgets où les dépenses et les recettes semblaient s’équilibrer (env. 373,000,000 fr.), et même présenter quelque excédant. Mais les exercices n'étaient pas clos, que l’on reconnaissait que cet excédant n’existait que sur le papier. Cet état financier, auquel le gouvernement ne sait remédier que par des émissions de papier-monnaie aussitôt déprécié, par des emprunts forcés à l’intérieur et des emprunts onéreux à l’étranger, amène périodiquement à Constantinople des crises coounerciales. Le gouvernement chercha à y porter un remède par plusieurs mesures importantes. Ainsi, en 1862, il créa une Cour des comptes pour surveiller la perception des deniers puûlics, et remboursa plus de 240 millions du papier monnaie le plus décrié, les calmés, contre 40 0/0 d’espèces et 60 d’obligations portant un intérêt de 8 0/0. En 1863, il a créé, avec le concours de maisons anglo-françaises et de la banque ottomane, une Banque d'Etat qui fait des avances au gouvernement et encaisse les impôts de toute nature. Enfin, en 1865, il convertit et unifia la dette intérieure, en remplaçant toutes les créances par une seule espèce d’obligations à 5 0/0 inscrites sur un grand-livre. Mais les dépenses de la cour, les constructions inutiles de palais et de casernes, les achats de vaisseaux cuirassés, viennent toujours jeter le désordre dans les finances. La dette montait en 1867 à 1,238,000,000, dont plus de la moitié de dette extérieure.
L’état politique de la Turquie n'est pas plus affermi que
ses finances. La guerre d’Orient ( V. dans le Dictionnaire Nicolas Ier et Traité de Paris) la garantit de l’ambition russe; mais les puissances européennes ne purent remédier aux vices de son gouvernement. Le Halti-houmayoun de 1856, qui promettait aux chrétiens l’égalité avec les musulmans, est resté sans exécution ; l’oppression est la même qu’auparavant, et s’est même signalée par un redoublement de fanatisme qui a épouvanté et indigné l’Europe lors des massacres de Djeddah en 1858, du Liban et de Damas en 1860 (g. Syrie, au Supplément), et plus récemment encore ceux de l’Herzégovine et de la Petite-Arménie. Toutes les provinces , toutes les races aspirent à secouer le joug; la Crète s’est soulevée en août 1866, et la Turquie ne subsiste que parce que les puissances européennes ne peuvent s’entendre sur la destinée à lui donner. C. P.
TUSCIE-OMBRIE, province du royaume d’Italie. V. ÉïniiRiE,-dans le présent Supplément.
TUXPAN, v. du Mexique, ch.-l. de département, sur le golfe du Mexique, à l’extrémité S. de la lagune de Tamigua, par 21° lat. N. et 99° 38' long. O. — Le département de Tuxpan, entre ceux de Tamaulipas et de San-Luis-Potosi au N., de Tulancingo àl’O., de Vera- Cruz au S., et le golfe du Mexique à l’E., fut formé du N. de l’anc. État de Yera-Cruz. Côtes basses et malsaines; plateaux salubres et fertiles en s’élevant à l’O. vers les montagnes; production de vanille, canne à sucre, café, coton, cacao, tabac, etc. C. P.
TYLER (John), homme d’État américain, né en 1790 dans la Virginie, m. en 1862, se livra à l’étude du droit, fit partie, dès 1816, de la Chambre des représentants, où il montra des talents oratoires qui lui valurent d'être élu gouverneur de la Virginie, puis envoyé au Sénat en 1827 et en 1836. Vice-président de l’Union en 1840, il arriva à la présidence en 1841 par la mort inopinée de Harrison. En 1842 , il conclut avec l’Angleterre un traité pour la régularisation des frontières, l’abolition de la traite des nègres et l’extradition des malfaiteurs. En 1845, il incorpora aux Etats-Unis le Texas, l’Iovva et la Floride. B.
UIILAND (Jean-Louis), poëte lyrique allemand, né à Tubingue en 1787, m. en 1862, publia ses premières poésies en 1806 et 1807 dans Y Almanach des Muses de Seckendorf, fut reçu docteur en droit en 1810, et alla se fixer comme avocat à Stuttgard. Il continua de donner des chansons, des ballades et des romances à divers recueils, tels que Y Almanach poétique et la Forêt des poètes allemands. Pendant la guerre de 1813 à 1815, ses chants prirent un caractère éminemment national , et, lorsque le roi de Wurtemberg s’occupa d’accorder une Constitution, il fit encore servir la poésie à la défense de la liberté. Mais il fut moins heureux dans ses essais dramatiques (le Duc Ernest de Souabe, 1817 ; Louis de Bavière, 1819, etc.). Député de Tubingue en 1819, puis de Stuttgard aux États du royaume, il prit part aux débats politiques jusqu’en 1839, sans renoncer toutefois aux travaux littéraires ; car il fut professeur adjoint de (langue et de littérature allemandes à Tubingue de 1830 à 1833, et publia une remarquable dissertation sur Walther de Vogelweide (1822), ainsi qu’un ouvrage sur le Mythe Scandinave de Thor (1836). Son dernier ouvrage fut une Collection de vieux chants populaires en haut et enbas allemand (1844-45). Il fut député de Tubingue au Parlement de Francfort en 1818, mais n’y joua point de rôle important. Les ballades et les romances d’Uhland font son plus beau titre de gloire : elles sont pleines de vérité, de sentiment, de délicatesse, de patriotisme ; le style en est vif, brillant, chaleureux, et d’une admirable clarté. B.
UJ1JI /Lac). V., plus haut, Tanganyiiîa.
UKÉRÉVVÉ (Lac), grand lac de l’Afrique centroorientale , appelé ainsi par les Arabes, de l’ile principale qu’il contient au S., est aussi nommé par les indigènes Nyanza ou la grande eau, et Victoria Nyanza par Speke, qui le découvrit en 1858. Son extrémité méridionale, où
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se jette un torrent marécageux appelé Jordans Nullah , est par 31° long. E., et 3° lat. S., sous le même parallèle que l'extrémité septentrionale du Tanganyika , dont il est séparé par un plateau montagneux. Son altitude est d’environ l,140m; sa largeur, dans sa partie méridionale, de 120 à 140 kilomètres. Speke n'en put visiter que le sud ; d’après les indigènes, il s’étendrait à 60 jours de navigation vers le nord ; cette étendue , quelque incertaine et exagérée qu’elle soit, est assurément considérable, et dépasse au N. l’Équateur. En 1863, Speke et Grant ont reconnu que l’un des bras du Nil blanc sort de ce lac, et Baker, en 1865, que du lac Ukéréwé ce bras se rend dans un autre lac situé à peu de distance au N. -O., le lac Luta-Nziyhé ou Albert-Nyanza, encore incomplètement connu. On trouve sur les bords de l’ Ukéréwé les villages d’Umma, où l’on exploite de riches mines de fer, de Muanza et d ’Ururi, entrepôts du commerce de l’ivoire. C. P.
ULÉABORG (Gouvernement d’), gvt de l’Empire russe, formé du N. de la Finlande, entre la Norvège au N., la Suède et la Baltique à l’O., les gvts de Wasa et de Ivuopio au S. , ceux d’Olonetz et d’Arkhangel à l’E. Pays montagneux vers le S., plat et marécageux ailleurs. Lacs nombreux, l’Enara, le Simo, l’Uléa, etc.; beaucoup de rivières, Tana, Tornéa , Kémi, Uléa, etc. Le nord, habité parles Lapons, est presque entièrement stérile; le sud, occupé par des Suédois sur la côte et des Finnois à l’intérieur , est plus fertile ; exploitation considérable de goudron, bois, beurre, fromage, saumons. Ch.-l., Uléaborg. Superf., 170,365 kil. carr. ; pop., 185,897 hab. C. P.
UMBREIT (Fréd.-Guill.-Charles), théologien protestant et orientaliste, né en 1795 à Sonneborne (Saxe-Gotha), m. en 1860, fit ses études à Gœttingue, et fut, depuis 1818, professeur de théologie et de philosophie à Reidel-
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berg. On a de lui : Commentatio historiam Emirorum-al- Omrah ex Abulfeda exhibem, Gœttingue, 1816; Traduction et explication du livre de Job, Heidelberg, 1824; Commentaire philologique , critique et philosophique des Proverbes de Salomon, ibid., 1826; Commentaire pratique des Prophètes, Hambourg, 1841-46, 4 vol.; Les Points fondamentaux de l’Ancien Testament, Heidelberg, 1843; Poésies nouvelles tirées de l’Ancien Testament, Hambourg, 1847 ; le Péché, étude pour servir à la théologie del’AncienTestament, Hambourg et Gotha, 1853; YÊpitre aux Romains expliquée par l'Ancien Testament, Gotha, 1856, etc. Depuis 1828, Umbreit rédigea, avec Ullmann, une Revue périodique intitulée les Etudes et critiques théologiques.
UNION (Iles). V., plus haut, Polynesie Américaine.
UNYAMESI ou OUNYAMUEZI, c.-à-d. pays de la Lune, grande région de l’Afrique centro-orientale, de 3° à 7° lat. S., et de 28° à 34° long. E., entre les lacs Ukéréwé au N., Tanganyika à l’O., la région montagneuse du Kilimandjaro à l’E., et des pays encore inconnus au S. Elle offre de belles plaines fertiles, des pâturages, des forêts, et est habitée par une nombreuse population noire, divisée en une foule de peuplades occupant des districts du même nom, Ugogo et Uldmbu au S.-E., Unyanyembé au centre, Umanda et Usulcuma au N., Usumbua, Uvinza et Ujiji à l’O. Les Arabes de la côte de Zanguebar exportent de. ce pays des esclaves, du fer et de l'ivoire, qu’ils trouvent en abondance sur les marchés d ’Ururi et à'Urnma au N., de Kazeh et de Mséné au centre, de Kawélé et de Kabogo à l’O. C. P.
UPERNAVIK, bourg de la côte occidentale du Groenland (Inspectorat du Nord), par 72° 46' 2" lat. N., et 54° 1' 46" long. O., est l’établissement européen le plus septentrional sur cette côte. Il renferme quelques centaines d’habitants, la plupart Eskimaux. Commerce d’huiles et de fourrures; station assez fréquentée par les explorateurs des terres arctiques et les baleiniers qui naviguent encore plus au N. dans la baie de Melville. C. P.
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URÈS (Los), v. du Mexique, ch.-l. du département de Sonora, sur le Rio Sonora ou de Los Urès, à 2,500 kil.
N. -O. de Mexico, par 29° 25' lat. N. et 112° 40' long.
O. ; 7,000 hab. Mal bâtie, en adobes ou briques séchées au soleil, et exposée aux inondations de la Sonora, aux épidémies, et aux incursions des Apaches. Exportation de sucre, coton et métaux précieux; fabr. de mantilles. C. P.
UTAH, Territoire des États-Unis, entre l’idaho au N., le Wyoming et le Colorado àl’E. , l’Arizona au S. , et le Né vada à l’O. ; entre 37° et 42° lat. N., 111° 20’ et 117° 20’ long. O.; 287,000 kil. carrés; 88,000 hab., sans compter les Indiens, Utahs, Navajoas, etc. C’est un plateau coupé par les monts Wahsatch, arrosé par des rivières qui ne communiquent pas avec l’Océan, et parsemé de lacs, entre autres, les lacs Salé, Utah, Sevier, etc. — L’Utah faisait partie de la Haute-Californie ; acheté au Mexique en 1845, il reçut les frères Mormons, expulsés en 1847 du Missouri et de l’Illinois; il fut organisé en Territoire en 1850, et demanda en 1863 à être reçu dans l’Union à titre d’Etat; mais il n’a point encore obtenu. Capit., Great-Salt-Lalce-City , le ch.-l. des Mormons ;v. princip., Fillmore-City , au S., anc. cap. du Territoire. C. P.
UTELLE, ch.-l. de canton (Alpes-Maritimes), arr. et à 25 kil. N.-E. de Nice; 680 hab.
UVAROW (Sergeï-Leraenovitch, comte), homme d’État et savant russe, né en 1785, m. en 1855, alla faire ses études à Gœttingue, et devint curateur de l’Académie de Sl-Pétersbourg en 1811, pi’ésident de l’Académie des sciences en 1818, directeur au département des manufactures et du commerce de l’intérieur en 1822, conseiller intime en 1824, et ministre de l’instruction publique de 1832 à 1848. Il encouragea, dans ces hautes positions, l’étude des sciences, des lettres, et principalement des langues orientales, en créant des chaires nouvelles, des musées, des bibliothèques, des sociétés savantes. Il a écrit différents ouvrages, qui ont été réunis sous les titres A’ Études de philosophie et de critique , Sl-Pétersbourg, 1845, et d 'Esquisses politiques et littéraires, Paris, 1849.