TOC
TOS
et des monstres sans tête, et obtint le prix proposé en 1811 par l’Institut de France pour l’étude des animaux rayonnés. Appelé à la chaire de médecine d’Heidelberg, il la professa de 1816 à 1849, et publia les ouvrages suivants, qui firent faire de grands progrès à l'anatomie particulière ou comparée et à la physiologie : Anatomie du cerveau, contenant l'histoire de son développement dans le fœtus, avec une exposition comparative de sa structure dans les animaux, trad. en français par Jourdan, 1823; Traité complet de physiologie, trad. par le même, 1831 ; Tabulas arteriarum generis humani, Carlsruhe, 1822-24; Icônes cerebri simiorum et quorumdam mammalium, Heidelberg, 1821; Tabulœ nervorum uteri, Heidelberg, 1822; Recherches expérimentales, physiologiques et chimiques sur la digestion, considérée dans les quatre classes d'animaux vertébrés, en collaboration avec Gmelin, traduit par Jourdan, 1827 ; Du resserrement et de l’occlusion des artères dans certaines maladies ; Vers et insectes vivants dans les organes olfactifs de l’homme; Histoire du tabac; en collaboration avec Treviranus, Revue de physiologie, Heidelberg, 1824-35, collection précieuse par le grand nombre de Mémoires originaux qu’elle contient. C. P.
TIGRE (Ile du), dans l’océan Pacifique et la baie de Fonseca; 37 kil. de circonférence. On trouve sur ses côtes d’excellents bois de construction pour la marine. Elle contient la ville d’Amapala, sur la côte N.-E.
TIRAILLEURS, troupe d’infanterie de l’armée française. Elle fut créée en 1796, pendant la lre campagne d’Italie du général Bonaparte. Chaque bataillon avait la sienne, composée d’hommes de choix et de bonne volonté, pris dans toutes les compagnies du bataillon. Tous les officiers ambitionnèrent d’en faire partie. Ces compagnies se formaient seulement devant l’ennemi ; après le combat, chaque homme retournait à sa compagnie respective.
T1R1S, grande région du Sahara, s’étendant du 21° au 23° lat. N., et de l’océan Atlantique à l’O. jusque vers le 15° long'. O. Il n’off're ni un village, ni un arbre, ni un ruisseau ; mais, d’octobre en mai, il se couvre d’une im- mense quantité d’herbes aromatiques, et toutes les tribus maures du Sahara occidental, depuis le Maroc jusqu’au Sénégal, s’y portent avec leurs chameaux et leurs moutons. Elles y sont également attirées par l’exploitation de la grande Sebltha d'Idjil, mine inépuisable de sel gemme, large de 10 à 12 kil., et longue de 25 à 30 ; on en extrait annuellement plus de 4,000,000 de kilog., que l’on transporte jusque dans le Soudan central. C. P.
TLASCALA (département de), division administrative du Mexique, entre ceux de Puebla à l’E. et au S. et de Tulancingo au N. et à l’O. ; formé de l’anc. territoire de Tlascala, sur un plateau élevé entre les chaînes de l’Orizaba à l’E. et du Popocatepetl à l’O. ; 4,785 kil. carrés ; 90,000 hab. C.-l., Tlascala. Il dépend de la division militaire de Pnebla. C. P.
TOCQUEVILLE (Alexis-Charles-Henri Clerel de), publiciste et homme politique, né à Verneuil (Oise) en 1805, m. en 1859, suivit d’abord la carrière de la magistrature, et débuta en 1826 comme auditeur au tribunal civil de Versailles. 11 devint juge suppléant en 1830, et obtint, peu après la Révolution de Juillet, une mission du gouvernement pour aller étudier le système pénitentiaire des Etals-Unis d’Amérique. Il se démit de ses fonctions de juge, fut, en 1839, envoyé à la Chambre des députés par les électeurs de l’arrond. de Valognes, et conserva son mandat jusqu’en 1848. Après la Révolution de Février, le département de la Manche l’envoya à l’Assemblée constituante, où il vota constamment contre les démagogues et les socialistes; sa conduite lui valut d’être député à l’Assemblée législative par les mêmes commettants. En juin 1849, le prince Louis-Napoléon appela de Tocqueville au ministère des affaires étrangères, qu’il quitla le 31 octobre suivant. Il se joignit à l’opposition dans les débats de l’Assemblée et du président de la République, essaya, avec un petit nombre de députés, de s’opposer au coup d’Etat du 2 décembre 1852, fut incarcéré, remis en liberté peu de jours après, et rentra dans la vie privée. De Tocqueville a publié : Du système pénitentiaire aux États-Unis... (en collaboration avec Gustave de Beaumont), 1832 ; la Démocratie en Amérique, 7e édition, 1839-40,
4 vol. in-8° ; c’est un tableau fidèle et complet du gouvernement démocratique américain, avec des considérations sur ses avantages, ses inconvéniénts et son avenir. Cetouvrage lui valut son élection à l’Académie des sciences morales et politiques en 1837, et à l’Académie française en 1841. On a encore de Tocqueville : l’Ancien régime et la Révolution, Paris, 1856, in-S11, où il prouve que la Révolution fut le résultat du travail de plusieurs siècles, et
non un accident; OEuvresel Correspondances inédites, Paris, 1860, 2 vol. in-8°. — Alexis était fils du comte de Tocqueville, préfet et pair de France sous la Restauration, né vers 1777, et qui a publié une Histoire philosophique du règne de Louis XV, Paris, 1847, 2 vol. in-8°, ouvrage instructif, intéressant et impartial.
TOLIMA (État de), l'un des 9 États de la Nouvelle- Grenade, détaché en 1861 de celui de Cundinamarca, lorsque la République, fédérative depuis 1857, prit le nom d’États-Unis de Colombie; borné au N. par ceux d’Antioquia et de Boyaca, à l’O. par celui de Cauca, au S. et à l’E. par celui de Cundinamarca et le district fédéral de Bogota; 47,750 kil. car.; 251,000 hab. Il est formé du haut p’ateau situé entre les deux Cordillères centrale et occidentale, et au fond duquel coule la Magdalena, dont il comprend le bassin depuis sa source jusqu’au-dessous de Honda. Il tire son nom du volcan de Tolima qui le domine au N.-O., et se divise en deux provinces, celles de Mariquitaau N. et de Neyva au S. Outre ces deux villes, on y remarque Purification, la capitale, au centre, et Honda au N. Vastes forêts de cèdies, d’acajou, de bois de fer ; plantes tinctoriales et médicinales ; mines d’or, d’argent ; émeraudes; eaux thermales, soufre. C. P.
TOLTÈQUES, population indigène de l’Amérique du Nord. Ils occupaient au vin” siècle le pays au N. du plateau d’Anahuac ou de Mexico, qu’ils conquirent au IXe sur les Olmèques. Leur plus grande puissance fut sous Qnetzalcohuatl, roi et pontife de la cité de Tollan, qui transporta sa capitale dans la ville de Cholullan, qu’il fonda au pied du Popocatepetl. Les histoires indigènes s’accordent à vanter la prospérité du Mexique sous son règne: il étendit sa domination, sa religion et l’usage de la langue des Toltèques, ou langue nahualt, jusqu’à l’isthme de Panama, traçant deschemins et deschaussées, jetant des ponts qu’admirèrent les Espagnols à l’époque de la conquête, et encourageant le commerce. L’Empire des Toltèques fut renversé au milieu du xie siècle par les invasions de barbares du Nord, les Chiehimèques et les Aztèques ; mais leur influence religieuse et intellectuelle se maintint presque intacte jusqu’à la conquête espagnole : les vainqueurs adoptèrent leurs institutions et leur culte; Cholullan l’esta la métropole religieuse et le centre commercial et industriel de la nation. On y venait jusque de l’Amérique centrale faire des pèlerinages à une pyramide au sommet de laquelle Quetzalcohualt avait bâti un temple fameux, enrichi par les dons des princes Aztèques. Les fines étoffes de coton aux couleurs variées, les tissus soyeux de poil de lapin, les ouvrages d’écaille et d’orfèvrerie, les poteries fines que les Espagnols y admirèrent, étaient une tradition de l’art des Toltèques. Enfin, leur langue était encore parlée à la fin du xvie siècle, et des ouvrages écrits en nahualt ont servi à la composition du livre le plus complet que nous ayons sur l’ancienne histoire du Mexique : Histoire des nations civilisées du Mexique et de T Amérique centrale avant Christophe Colomb, par l’abbé Brasseur de Bourbourg, Paris, 1857, 4 vol. in-8°. C.P.
TOLUCA (département de ), dans le Mexique, entre ceux de Valle de Mexico et de Tula au N., de Puebla à 1E., d’Iturbide au S., et de Mechoacan à l’O; 520 kil. sur 210; 1,029,629 hab. Ch.-l., Toluca. Il fait partie de la division militaire de Toluca, a été formé du S. de l’anc. État de Mexico, et occupe le centre du haut plateau de Mexico ou d’Anahuac. Arrosé par les affluents supérieurs du Rio de las Balzas et du Santiago. Fruits, coton, tabac, cochenille.
TOPEKA, v. des Etats-Unis, cap. du Kansas, à 100 kil. O. de l’embouchure du Kansas dans le Missouri ; 2,000 hab.
TORRENS (Lac), grand lac de l’Australie méridionale, découvert par Eyre en 1839-40, s’étend entre 30°-32° lat. S. et 134° 50’-135° 40’ long. E., est séparé du fond du golfe Spencer par un isthme large à peine de 22 kil. 11 est entouré d’un grand nombre d’autres lacs moins considérables, lacs Eyre, Grégory, Gairduer, avec lesquels on l’a longtemps confondu. C. P.
TOSCH1 (Paolo), graveur, né à Parme en 1788, m. en 1854, vint à Paris en 1809, étudia sous la direction de Bervic, et apprit du Hollandais Hoortemann la gravure à l’eau-forte et la manière noire. Après s’être fait connaître en gravant l 'Entrée de Henri IV à Paris, par Gérard, il retourna dans sa ville natale en 1819 ; il yr fonda une école de gravure, et devint directeur de 1 Académie des beaux-arts. Parmi ses gravures on remarque : Vénus et Adonis, d’après l’Albane ; lo Spasimo di Sicilia, d’après Raphaël ; la Descente de croix, d’après Daniel de Volterre; la Madonna délia Scadella , d’après le Corrége.
TRA
TOURANIENS, nom donné depuis les temps les plus reculésparles populations Iraniennes ou Indo-Européennes de la Perse aux peuples de l’Asie centrale et occidentale avec qui elles furent toujours en lutte. Dans la littérature indienne primitive, celle des Védas, on trouve ce nom sous la forme de Tourvasa, plus tard sous celle de Touroutcha; enfin sous celle de Tourani, dans les épopées persanes du moyen âge, entre autres dans le Chah Namèh de Ferdoucy. Ces différents noms ne semblent être que des modifications du nom de Turcs qui a prévalu depuis les Croisades chez les peuples de l’Occident. On désigne, sous le nom de Touraniennes les inscriptions cunéiformes de la troisième espèce qu’on trouve sur les monuments de la Médie et de l’Assyrie ancienne, et elles témoignent de l’antique existence des populations turques, ou, comme disaient les Anciens, des peuples Scythiques dans ces régions. On appelle encore cette race Altaique, parce que l’Altaï a été et est encore le centre de ses domaines, comme le Caucase pour les nations Indo-Européennes ; ou race Tartaro-F innoise, pour indiquer les limites extrêmes de son développement. Elle embrasse ainsi tout le nord et le centre de l’Asie, et le N.-E. de l’Europe, divisée en quatre familles principales, les Finnois, les Turcs et Tartares, les Mongols, les Toungouses ( V . Races humaines, dans le Dict.). L’ethnologie touranienne est due au Danois Rask, qui en jeta les fondements dans sa dissertation Sur les langues tliraciques, 1818 ; elle a été perfectionnée par W. Schott {Mémoire sur les langues tartares, 1836, et Eludes altalques, 1849-1862); par Max. Millier ( Derniers résultats des recherches sur la famille et les langues Touraniennes, et Lettre au chevalier Bunsen sur la classification des langues Touraniennes, Oxford, 1854 ; enfin par Al. Castren, dans ses Recherches ethnologiques sur les peuples altaiques, S‘-Pétersbourg, 1857. C. P.
TOUSSAINT (François-Christophe-Armand), statuaire, né à Paris en 1806, m. en 1863, élève de David d’Angers. Parmi ses œuvres on distingue : un Jeune laboureur trouvant ime épée, 1836; de nombreux bas-reliefs représentant les principaux événements de l’histoire de France, et exécutésd’abord enplâtre, 1837-38, puisen bronze, 1845; Jésus appelant à lui les petits enfants, bas-relief, 1839 ; une Immaculée Conception, statue en marbre, 1840 ; une satue en bronze d’Esquii ol, qui orne la cour principale de l’asile de Charenton ; une frise monumentale au palais de la Bourse de Marseille, où il a introduit les types de toutes les nations de la terre ; quelques-uns des bas-reliefs du tombeau de Napoléon Ier aux Invalides; la Loi et la Justice, figures décorant l’horloge du Palais de Justice de Paris, 1850 ; la Mise au tombeau, 1856, morceau gothique sculpté dans le tympan de la porte principale de Notre-Dame de Paris; un buste colossal en marbre de David d’Angers, exécuté pour la ville d’Angers. B.
TOUZ-KOUL (Lac). V., plus haut, Issi Koul.
TRACY (Antoine-César-Victor-CharlesDESTUTT, comte de), fils du philosophe de ce nom ( V. l’art, du Dictionnaire ), né en 1781, m. en 1864, élève de l’Ecole polytechnique, combattit à Austerlitz, fut aide de camp de Sébastiani à Constantinople, fit la guerre d’Espagne de 1808 à 1811, tombaentre les mains des Russes pendant la campagne de 1812, et abandonna le service avec le grade de colonel en 1818. Député de l’Ailier de 1822 à 1834, il prit place à l’extrême gauche, et s’opposa à l’expulsion de Manuel. Il rentra à la Chambre en 1827, et en fit partie jusqu’en 1848. Colonel de la lre légion de la garde nationale de Paris après la Révolution de Février, représentant de l’Orne à l’Assemblée constituante, il devint ministre de la marine après l’élection présidentielle, mais se sépara de la politique du prince Louis-Napoléon à la fin de 1849. Réélu à la Législative, il s’associa à toutes les mesures réactionnaires, et protesta contre le coup d’État du 2 déc. 1851, après lequel il rentra dans la vie privée. On a de lui des Lettres sur V agriculture , 1857.
TRACY (Sarah newton, dame de), née à Stockport (Angleterre), en 1789, del’illusti'e famille de Newton, m. en 1850, devint Française par ses mariages. Conduite à Paris vers 1800, elle y vécut dans la meilleure société, où elle réussit par sa beauté et son esprit. A l’âge de vingt ans, elle épousa le colonel Letort, aide de camp de Napoléon Ier. Restée veuve à 26 ans, par la perte de son mari, tué en 1815 à la bataille de Ligny, elle se remaria, quelque temps après la seconde Restauration, à M. Victor de Tracy. Mme de Tracy, esprit fin, solide et charmant, passionnée pour l'étude, écrivit quelques ouvrages de morale et de critique, imprimés seulement après sa mort, sous le titre A’ Essais divers, Lettres et Pensées, Paris, 1852, 3 vol. gr. in-18. Les Lettres et beaucoup de maximes et pensées sont
TRÉ
remarquables par le naturel, l’esprit, le bon sens et l’originalité. C. D — y.
TRANSBAIKAL (Territoire du), province asiatique de l’Empire russe (Sibérie orientale), entre ceux d'Iakoutsk au N.-E., de l’Amour à l’E., l’Empire chinois au S., et le gvt d’Irkoust à l’Ü., comprend la partie de la Sibérie à l’E. du lac Baikal et sur le cours supérieur de l’Amour. Les monts Jablonoï qui la sillonnent à l’E., de Daourie au centre, et Kentei au S., renferment de riches mines de plomb, d’argent, de fer, d’or, des salines, de beaux bois de construction. Cette province, arrosée par les cours supérieurs de l’Amour et de la Selenga, a 552,000 kil. carrés, et 362,247 hab. Outre la ville de Kiachta, l’entrepôt du commerce par terre avec la Chine, on y trouve les villes de Tchita , ch.-l. du Territoire, de Slenginsk et de Nertchinsk. C. P.
TRANSVAALIQUE (République), le plus septentrional des deux États fondés par les Boërs dans l’Afrique australe. Elle est séparée du désert de Kalahari au N. et à l’O. par le Limpopo, de la République du fleuve Orange au S. par le Vaal, de la Cafrerie à l’E. par les monts Drakenberg, et s’étend entre 22° 30’-27° lat. S., 24°-30° long. E. ; environ 135,000 kil. earr. Le pays est arrosé par les affluents supérieurs du Limpopo et la rivière de l’Eléphant. Belles forêts dans les montagnes ; excellents pâturages; culture du maïs, de l’orge, du blé et de la canne à sucre; nombreux troupeaux de bœufs et de moutons ; peu de chevaux ; beaucoup d’animaux sauvages et d’insectes nuisibles. Les Boërs fondèrent cette République quand iis se séparèrent, en 1848, de ceux de leur nation qui consentirent à rester quelques années sous le protectorat anglais dans la République du fleuve Orange; ils sont moins civilisés que ces derniers, plus aguerris et plus nomades ; leur nombre est d’environ 40,000, dominant sur près de 100,000 Cafres indigènes qu’ils ont réduits à une espèce de servage. Le pays est divisé en districts, administrés par des Landrostes que nomme le Conseil suprême de 60 membres, élu par tous les blancs majeurs : il s’assemble quatre fois l’an, et contrôle le gouvernement du président de la République. Capitale, Pretoria ; villes principales, Potchefstrom, l’anc. capitale, et Origstadl. C. P.
TRAPÉZITES, banquiers de l’anc. Athènes. Originairement, ils étaient de simples changeurs ; les relations étenduesducommercelesrendirentbauquiers.à la manière de ceux de nos Etats modernes, c.-à-d. faisant des lettres de crédit d’une ville sur une autre, prenant p rt aux emprunts faits par la République, ou faisant valoir les fonds que les citoyens leur confiaient, pour le compte des dépositaires, ou pour leur propre compte.
TRAV1ÈS DE V1LLEKS (Charles- Joseph), peintre, né en 1804 à Wulflingeu (canton de Zurich), d’une famille d’émigrés français, m. en 1859, eut pour maître Ileim, et débuta comme peintre de genre au salon de 1823. 11 se fit surtout connaître par des dessins de fantaisie représentant des types ridicules ou grotesques, tels que la Galerie des Epicuriens, les Tableaux de Paris, e’ dont plusieurs sont devenus populaires. Le plus connu de ces types est celui de Mayeux. Traviès fut, comme dessinateur, un des collaborateurs les plus féconds du Charivari et de la Caricature, journaux qu’il avait contribué à fonder, l’un en 1831, l’autre en 1838. Quelques-unes de ses œuvres ont été réunies sous le titre de la Vie littéraire, Comme on dîne à Paris, etc. 11 a travaillé aux illustrations des œuvres de Balzac, et à la publication intitulée : les Français peints par eux-mêmes. ,011 lui doit enfin quelques portraits et un tableau de religion, Jésus et la Samaritaine (1853). B.
TRÉZEL (Camille-Alphonse), général, né en 1780, m. en 1860, entra en 1801 au service militaire, et devint, en 1805, sous-lieutenant dans le corps des ingénieurs-géographes. Après avoir fait la campagne d’hiver de 1806 à 1807, il accompagna en qualité d’aide de camp le général Gardarme dans son ambassade en Perse (1807-1808). Puis il fit les campagnes de Catalogne, de Moscou, fut blessé àFIeurus, et après à Waterloo, où il perdit l’œil gauche, il fut promu général de brigade. La Restauration ne lui ayant pas reconnu ce titre, il rentra dans l’étatmajor comme colonel, fit les guerres d’Espagne et de Morée, et fut enfin nommé maréchal de camp en 1829; il passa en Afrique en 1831, et prit part à toutes les opérations militaires qui eurent lieu dans la province d’Alger en 1832 et 1833, à l’expédition de Bougie, au combat de Mulay-Ismaël, à celui de Macta, où, avec moins de 3,000 hommes, il lutta contre toutes les forces d’Abd-el-Kader. Rentré en France en 1835, il fut pendant dix-huit mois
TRU
TUR
directeur du personnel au ministère de la guerre ; lieutenant général en 1837, pair de France en 1846, ministre de la guerre en 1847, il fut mis à la retraite après la Révolution de 1848. De 1853 à 1856, il remplit les fonctions de gouverneur auprès du comte de Paris. B.
TROLLOPE (Frances Milton, mistress), femme de lettres anglaises, née en 1791 à Heckfield (Hampshire), m. en 1863, était fille d’un pasteur protestant, et épousa un avocat, qui la laissa veuve en 1835. Elle débuta par des ouvrages sur les contrées étrangères, écrits avec un esprit de dénigrement qui flattait la vanité de l’Angleterre : Mœurs domestiques des Américains, 1831, 3 vol. in-8; la Belgique et l'Allemagne occidentale, 1834, 2 vol.; Paris et les Parisiens, 1836, 3 vol. ; Vienne et les Autrichiens , 1838,
2 vol. ; Un tour en Italie, 1842, 2 vol. ; Voyages et voyageurs , 1846, 2 vol. Elle n’aborda qu’assez tard le roman, où elle fit preuve d’un talent réel d’observation et de style, mais avec moins de verve et d’originalité. Ses principales productions en ce genre sont : le Réfugié, 1833 ; Aventures de Jonathan Jefferson Withlaiv, 1836; le Vicaire de Wrexhill, 1837 ; le Roman de Vienne, 1838; Michel Armstrong, 1838; la Veuve Barnabe , 1839; Thorpe Combe, 1842; Hargreave, 1843 ; l'Amour à vingt ans, 1844; le Père Eustache, 1851, l'Oncle Walter, 1852; la Femme supérieure, 1854; Gertrude, 1855 ; les Gens comme il faut, 1856, etc.
TROUSSEAU (Armand), médecin, né à Tours en 1801, m. en 1867, fut élève de Bretonneau. Reçu docteur à Paris en 1825, il obtint du gouvernement, en 1828, la mission d’aller étudier les maladies qui désolaient la Sologne, et partit, en 1829, avec Chervin, Louis et Barry, pour observer la fièvre jaune à Gibraltar. Médecin des hôpitaux en 1831, il devint professeur de thérapeutique et de matière médicale à la Faculté de Paris en 1839, de clinique interne à l’Hôtel-Dieu en 1852, et membre de l’Académie de médecine en 1856. Il fut représentant du dép. d'Eure-et-Loir à l’Assemblée constituante de 1848. Ses principaux écrits sont : Traité de thérapeutique et de matière médicale (avec Pidoux), 1836-39, 3 vol. in-8°; Traité pratique de la phthisie laryngée et des maladies de la voix (avec Belloc) , 1837, in-8°; Des principaux aliments envisagés sous le rapport de l'hygiène, 1838, in-4°; Recherches sur la trachéotomie, 1851, in-8° ; Du tubage de la glotte et delà trachéotomie, 1859; Clinique médicale de l' Hôtel-Dieu de Paris, 1861, 2 vol. in-8°. Trousseau prit part à la fondation du Journal des connaissances médico-chirurgicales, et fournit aux Archives générales de médecine beaucoup d’articles, entre autres sur la Fièvre typhoïde en 1856.
TROYA (Carlo), historien italien, né à Naples en 1758, m. en 1858, était fils d’un médecin de la cour, qui l’emmena en Sicile, lorsque les Bourbons s’y réfugièrent en 1798. De retour à Naples en 1802, il s’y fit avocat : partisan des idées libérales, il s’en fit le champion dans le journal la Minerve, lorsque le régime constitutionnel fut établi à Naples en 1820. Exilé en 1823, il parcourut la Péninsule, et se lia avec les savants et les littérateurs les plus distingués, en se livrant à des recherches littéraires et à des études historiques. A Pise, il composa le Lévrier allégorique de Dante, étude historique sur le xive siècle et ce que son spectacle a pu fournir à Dante dans sa Divine Comédie. Un autre ouvrage plus important, Introduction à l'histoire du moyen âge, 1839 et suiv., établit la réputation deTroya; c’est une vaste étude ethnographique sur le monde barbare. Il colligea ensuite le Code diplomatique des Lombards. Lorsqu’en 1848 Ferdinand II fut obligé de donner une Constitution à son royaume, Troya fut président du Conseil des ministres; mais la réaction ayant eu lieu six semaines après, il fut congédié, et ne s’occupa plus désormais que de ses travaux historiques. B.
TROYON (Constant), peintre d’animaux et paysagiste, né à Sèvres en 1813, m. en 1865, s’adonna d’abord à la peinture sur porcelaine, et prit ensuite dans les voyages le goût du genre dans lequel il a excellé. Indépendamment des Vues empruntées surtout aux environs de Paris, on lui doit des études variées, telles que la Foire limousine, 1838; l'Abreuvoir, 1839; les Baigneuses, 1842; le Braconnier, 1846; le Marché d’animaux , 1850; la Vallée de la Touque , et les Bœufs au labour, 1853 ; les Chiens courants au repos, les Chiens courants lancés , les Chiens d'arrêt, 1855 ; le Retour à la ferme, et le Départ pour le marché, 1859. Les tableaux de Troyon sont pleins de vérité et riches de tons. B.
TRUCHET (Jean), mécanicien, né à Lyon en 1657, m. en 1729, fit profession dans l’ordre des Carmes sous le nom de Père Sébastien, fut encouragé par Colbert à étudier l’hydraulique, eut une grande part à la conduite des eaux
dans les jardins de Versailles, dirigea les travaux du canal d’Orléans, reçut le titre de membre honoraire de l’Académie des sciences, en 1699, et imagina la machine à transporter les arbres que les charpentiers appellent diable.
TRUDA1NE (Daniel-Charles), né à Paris en 1703, m. en 1769, fut conseiller au Parlement, intendant d’Auvergne, puis directeur des ponts et chaussées. Il forma une école d’ingénieurs, d’ou sortirent les hommes remarquables qui, sous sa direction, exécutèrent les beaux ponts et les routes magnifiques, véritables illustrations du règne de Louis XV. — Il laissa un fils, Tjrudaine de Montigny, né à Clermont en 1733, m. en 1777, qui succéda aux places de son père, et fut aussi un administrateur distingué.
TULA, v. du Mexique, ch.-l. de département, à 50 kil.
N. -O. de Mexico, par 19° 57' lat. N. et 101° 38' long.
O. ; 10,000 hab. — Le département de Tula, entre ceux de Queretaro et de Tupan au N., de Tulancingo à l’E., de Valle de Mexico et de Toluca au S., et de Michoacan à l’O., fut formé du N.-O. de l’anc. Etat de Mexico, et occupe le N. du plateau d’Anahuac. Il est arrosé par la Tula, affluent du Panuco, et dépend de la division militaire de Toluca. *
TULANCINGO, ville du Mexique, cb.-l. de département, sur le Rio Jalapa, à 90 kil. N.-E. de Mexico, par 19° 50' lat. N. et 100° 42' long. O. — Le département de Tulancingo, entre ceux de Tuxpan au N., de Tlascala à l’E., de Valle de Mexico au S., et de Tula à l’O., forme le N.-E. de l’anc. Etat de Mexico et du haut plateau d’Anahuac; il est arrosé par le cours supérieur du Rio Jalapa, et dépend de la division militaire de Toluca. C. P.
TÜLOU (Jean-Louis), célèbre flûtiste, né à Paris en 1786, m. en 1865, était dès 1804 première flûte au Théâtre-Italien, d’où il passa en 1813 à l’Opéra. En 1826, il fut nommé professeur au Conservatoire. Il a composé de nombreux morceaux pour son instrument.
TURKESTAN (Territoire de), province de l’Empire russe (Sibérie occid.), créée en 1865 après les conquêtes des Russes sur le khanat de Khokand ; entre les Territoires des Kirghiz de la Sibérie et de Semipalatinsk au N., le Sihoun ou Syr-Daria qui le sépare des khanats de Khiva et de Khokand au S., les monts Tian-Chan à l’E., et le Territoire des Kirghiz d’Orenbourg au N.-O. ; 850,000 kil. carrés. Le Sud et l’Est sont couverts des ramifications du Thian-Chan appelées Kara-Tau , entre les deux fleuves et Ala-Tau au N.-E., et qui renferment de l’or, de l’argent, du plomb, du cuivre, du fer, du soufre, du sel, et des bois de construction; le Nord est un steppe aride et exposé pendant l’hiver à des froids très-rigoureux. Blé, riz, coton, fruits. Environ 400,000 hab., musulmans et appartenant à diverses familles, Kirghis, Dzoungares, Bouriates, Turcomans, Persans, etc. Il est divisé en 2 provinces : Syr-Daria à l’O., et Semiretchenskaïa ou pays des Sept-Rivières à l’E., ancien district d’ Ala-Tau (F. plus haut ce nom), sépare en 1867 du Territoire de Semipalatinsk pour être réuni à celui du Turkestan. Ch.-l., Tchemkent ; villes principales : Hazret (l’anc. Turkestan), Tackhend et Tarez à l’O. , Vernoïé et Kopal à l’E. La possession de cette province, en rendant les Russes maîtres des sources du Sihoun, les rapproche de l’Inde anglaise, dont ils ne sont plus séparés que par la partie la plus étroite du Turkestan chinois. C. P.
TURPIN DE CRISSÉ (Lancelot-Théodore, comte), né à Paris en 1782, m. en 1859, perdit toute sa fortune à la Révolution, et chercha une ressource dans son talent pour la peinture; il faisait le paysage et l’architecture, et mit à l’exposition de 1806 des tableaux qui lui valurent une médaille d’or. En 1809, nommé chambellan de l’impératrice Joséphine, il resta près d’elle jusqu’en 1814. A la Restauration, il fut gentilhomme de la chambre du roi, inspecteur général des musées royaux, et membre de l’Académie des beaux-arts par l’ordonnance de 1816 ; il rqntra dans la vie privée en 1830. Il a publié : Voyage à Naples, 1820 ; Souvenirs du vieux Paris, 1835.
TURQUIE. Budget. Dette publique. — Les finances turques sont dans le plus grand désordre, par l’incurie et les folles dépenses du dernier sultan Abdul-Medjid, par les frais de la nouvelle administration centralisatrice substituée à l’ancien gouvernement demi-féodal des provinces, surtout par l’incapacité et les concussions impunies des fonctionnaires de tout ordre et de tout rang. Depuis 1850, les budgets sont tous en déficit, et le gouvernement ne peut se soutenir que par une série d’emprunts qui ajoutent à ses embarras. Les budgets ne peuvent être évalués qu’approximativement ; car ils ne sont pas exactement con-
TUR