‹ Dictionnaire général de biographie et d'histoireChapitre 85 sur 864 · V. CHAULES · texte numérisé non relu

V. CHAULES

LORREZ -LE- BOCAGE , ch.-l. de cant. ( Seine- et- Marne), arr. et à 32 kil. S.-E. de Fontainebleau, sur le Lunain ; 512 hab.

LORRIS, ch.-l. de cant. (Loiret), arr. et à 21 kil. S.-O. de Montargis; 1,526 hab. Autrefois fortifiée. La coutume de Lorris était célèbre parmi les plus anciennes du royaume. Commerce important de bois, moutons, laines.

lorris (Guillaume de). V. Guillaume.

LORSCH, v. de la Hesse-Darmstadt, à 8 kil. E. de Worms; 2,460 hab. Elle avait autrefois une abbaye de bénédictins, fondée en 764, et richement dotée par Charlemagne.

LORYMA, nom latin de Lloret.

LOS, partie du Béloutchistan. V. Lous.

LOSS, LOOS, Forotimah, Iles aux Idoles, îles de l’océan Atlantique, dans la Guinée Supérieure, par 9° 30’ lat. N. , et 16° 10’ long. O. Sur 7, trois sont habitées. Elles appartiennent aux Anglais.

LOSSNITZ, v. de Saxe. V. Lœsnitz.

LOSSOLO, v. du roy. d’Italie, à 31 kil. N. de Verceil; 6,200 hab.

LOT, OItis, riv. de France, prend sa source dans les Cévennes (Lozère), passe à Espalion, Entraigues, Cahors, Villeneuve-d’Agen, arrose les départements de l’Aveyron, du Lot et de Lot-et-Garonne, et se jette dans la Garonne, rive dr., au-dessous d’Aiguillon. Cours de 450 kil., navigable sur 306. Il reçoit, à droite, la Coulagne, la Trnyère, la Seille; à gauche, la Dourdon, la Diége.

LOT (le), départent du S. de la France; ch.-l , Cahors; formé du Quercy et d'une partie de la Guyenne; situé entre les départements de la Corrèze au N., du Cantal et de l’Aveyron à TE., de Tarn-et-Garonne au S., de I.o’-et- Garonne, et de la Dordogne à l’O. Superf., 525,584 hect ; pop , 288,910 hab. Arrosé par la Dordogne, la Cère, le Lot et la Seille; traversé par quelques ramifications des Cévennes et des montagnes du Cantal. Pays agricole, fertile en grains, bons vins ordinaires, vins noirs pour mélanges, châtaignes, chanvre, tabac, truffes. Elève de porcs et de volailles. Carrières de serpentine, pierres meulières, pierres lithographiques. Peu d’industrie manufacturière. Moulins à farine. Ce département forme le diocèse de Cahors, et dépend de la cour impériale d’Agen.

lot-et-garonnk, département du S. -O. delà France; ch -1 ..Agen : formé dans l’anc. Guyenne (Agénois, partie du Condomois et du Bazadais) ; situé entre les départ, de la Dordogne au N., du Lot à l’E., de Tarn-et-Garoime au S.-E., du Gers au S., des Landes au S. -O., de la Gironde à l’O Superf , 535,374 hect. Pop., 327,962 hab. Arrosé par la Garonne, le Lot, le Dropt, le Gers, la Bayse. Pays de plaines et de collines ; sol fertile sur les bords du Lot et de la Garonne; en d'autres parties, landes et bruyères. Cli- | mat très- variable. Récolte de grailla, chanvre, châtaignes, tabac, vins estimés, liège. Elève de porcs, volailles. Exploit, de fer; moulins à farine, distilleries d’eaux-devie, usines à fer; préparation de fruits secs, pruneaux, etc. j Tanneries, papeteries, ganterie, bonneterie, filatures de laine, manuf. de toiles peintes. Ce département forme le diocèse et dépend de la cour impériale d’Agen.

LOTERIE chez les anc. Romains. Amusement inventé pour récréer les convives dans les festins. Des billets désignant des lots à gagner étaient mis dans une coupe; un esclave ia promenait à la ronde, et chaque convive prenait un billet , qui lui valait un lot important, ou d'une valeur dérisoire. C’était dans les festins de fête que le maître de la maison donnait une loterie. L’empereur Auguste aimait beaucoup cer loteries, et distribuait ainsi de l’argent, de riches tissus, et pour les lots d’attrape, des éponges, des pelles à four, des pinces à épiler, etc. Agrippa transporta les loteries au public: à la suite de jeux scéniques, il fit jeter dans le théâtre une multitude de ballottes de bois ou de tablettes, dont chacune valait, à celui qui pouvait

l’attraper, une somme d’argent, un habit, un char, un vase de métal , un esclave, etc. Néron , dans des jeux qu’ii célébra pendant plusieurs jours pour la perpétuité de l’Empire , faisait jeter quotidiennement au peup’e mille billets de loterie, avec lesquels on avait du blé , ries vivres , des oiseaux, de l'argent, des perles , des esclaves, des chevaux, des maisons, des terres, etc. C. D — T.

Loteries chez les modernes. Les loteries se perpétuèrent dans l’Italie, et devinrent des jeux combinés pour gagner de l’argent. D’Italie on les importa en France; la lre fut établie par François 1er, en 1539, sous le nom de blanque, de l’italien bianca caria, billet blanc, parce que les billets perdants , toujours en plus grand nombre , étaient censés blancs. Cette loterie dura peu. Elle reparut sous le ministère de Mazarin, 1656, fut supprimée en 1658 par arrêt du parlement, reparut, et fut constituée à l’état d’institution en 1700 ■ alors on en créa une à l'hôtel-de-ville de Paris sous le titre de loterie royale , au capital de 10,000,000 de livres. Les mises , les prix , et le nombre des billets, étaient fixés. Le tirage s’effectuait au moyen de 2 roues, l’une contenant les numéros, l’antre des cartes indiquant la valeur du gain de chaque numéro, qui variait à chaque tirage. Le profit de l’Etat consistait en un droit fixe perçu sur les numéros gagnants, ou dans la différence entre la recette des billets vendus , et la dépense des billets gagnants. La loterie publique prit un grand développement vers le milieu du xvilie siècle. En 1776, on l’appela Loterie royale de France , et son tirage se fit avec beaucoup de pompe et d’appareil. Elle reposait sur les combinaisons suivantes ; il y avait 90 numéros , sur lesquels les joueurs faisaient leur mise, sans qu’il fût interdit de prendre des numéros déjà choisis par d'autres. On les jetait dans une roue , et un enfant, les yeux bandés, en tirait 5, qui formaient les 5 chances favorables de chaque tirage, on les nommait : extrait, ambe, terne, qualerne, etquine. L'extrait était un seul numéro , et rapportait 15 fois la mise; l’ambe, 2 numéros, donnant 270 fois ; le terne , 3 numéros , valant 5,500 fois ; le quaterne , 4 numéros , gagnant 75,000 fois la mise. Le j quine ne se jouait pas. On mettait ce que l'on voulait sur ! chaque série , excepté sur le quaterne, dont la mise était limitée à 12 fr. Les chances en faveur du joueur étaient d’une contre 18 sur l’extrait, et d’une contre 2,555,189 sur le quaterne. La loterie , qui produisait à l’Etat un revenu annuel de 10 à 12 millions de fr., fut supprimée en 1793; rétablie le 9 vendémiaire an vi (1er octobre 1797), elle reçut des accroissements: outre le bureau de Paris, on en établit 4 nouveaux à Bordeaux, Lille, Lyon, Strasbourg, et chaque bureau faisait un tirage tous les 10 jour3. La loterie a été supprimée par une loi du 1er janvier 1839. Il n’y a plus auj. que des loteries de charité établies accidentellement avec une permission spéciale de l'administration. En Allemagne, on se sert souvent des moyens de la loterie pour vendre des propriétés d’une grande valeur.

LOTH, neveu d'Abraham , le suivit à Harart, et de là dans la terre de Chanaan et en Egypte. Mais les querelles de leurs pasteurs les forcèrent de se séparer; Loth se fixa à Sodome. Vaincu et pris par Chodorlahomor, roi des Elamites, il fut délivré par son oncle. Plus tard, Dieu, ayant résolu la ruine de Sodome, envoya deux anges pour avertir Loth de sortir de la ville. Il s’enfuit donc avec sa famille ; mais sa femme ayant regardé derrière elle, malgré l’ordre du Seigneur, fut changée en statue de sel. De l’union de Loth avec ses deux filles naquirent les Ammonites et les Moabites. L-H.

LOTHAIRE Ier, 3e empereur d’Occident, né vers 795, m. en 855, fils aîné de Louis le Débonnaire et de la reine Hermangarde, fut associé à l’Empire en 817 , et nommé roi d'Italie en 820. Après la naissance de Charles le Chauve, en faveur duquel un domaine fut constitué aux dépens de ses aînés , Lothaire excita ses frères Louis et Pépin à la révolte , et détrôna deux fois son père, 830 et 833. Une part qu'il reçut dans l’héritage de Pépin , 838 , lui fit fermer les yeux sur de nouvelles faveurs accordées à Charles. Quand Louis le Débonnaire mourut, il voulut réduire Louis le Germanique à la Bavière , et Charles à l'Aquitaine ; mais il fut battu à Fontanet, 841. Par le traité de Verdun, 843, il eut en partage l'Italie, la Bourgogne, et une province formée des pays orientaux de la France sous le nom de Lotharingie. Avant de mourir, il partagea ses Etats entre ses trois fils : Louis II , qui eut l'Italie et le titre d’empereur; Charles, qui eut le S.-E. de la France jusqu’à la Saône, et Lothaire II, qui reçut la Lorraine. Il sa retira au couvent de Prum , dans les Ardennes.

lothaire il, 2e fils du précédent, m. eu 869, régna depuis 855 sur le pays compris entre la Meuse et le Rhin, et qui s’appelait Lotharingie ou Lorraine. Il s'allia tour à

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tour avec ses oncles Louis le Germanique et Charles le Chauve. En 862 , il répudia Teutberge pour épouser Valdrade , sœur d’un archevêque de Cologne; cette union fut approuvée par les conciles de Metz et d Aix-la-Chapelle ; mais le pape Nicolas 1er cassa les arrêts des conciles , et proclama ainsi la souveraineté de 1 Eglise de Home. Lothaire , excommunié , dut reprendre sa première femme.

Il retomba dans la même faute, et, en allant, comme allié de son frère Louis II, combattre les Sarrasins en Italie, il espéra fléchir le pape Adrien II ; il n’y put parvenir, et mourut à Plaisance, en regagnant ses Etats.

lothaire, roi d’Italie, fils de Hugues de Provence. Associé à la couronne dès 931 , il succéda à son père qui venait d’abdiquer, 945 , mais sous la tutelle de Bérenger , marquis d’Ivrée. Il périt cinq ans plus tard , probablement empoisonné. Sa veuve, Adélaïde, épousa dans la suite Othon le Grand , roi de Germanie. G.

lothaire , roi de France, né en 941 , m. en 986 , était fils de Louis IV d’Outre-mer, et deGerberge, sœur de l’empereur Othon Ier. Associé au trône en 952 , il succéda à son père en 954, fut constamment sous la tutelle de Hugues le Grand et de Hugues Capet, déclara la guerre à Othon II, qu’il faillit surprendre dans Aix-la-Chapelle, ne put ensuite l’empêcher d'envahir la France, et lui céda la Lorraine en 980. On a accusé , sans preuves , sa femme Emma , fille de Lothaire II , roi d’Italie , de l’avoir empoisonné.

LOTIIAIRE de Supplimbourg , né en 1075 , duc de Saxe, fut élu empereur d’Allemagne en 1125 , malgré les prétentions des neveux de Henri V, Frédéric deSonahe et Conrad de Franconie. Il s’humilia devant le saint-siège pour conserver la couronne , et opposa aux deux princes révoltés Henri le Superbe, petit-fils de Welf 1er, devenu son gendre, 1127 : ainsi commença la rivalité des Guelfes et des Gibelins. Plus tard, il soutint Innocent II contre Anaelet, 1133, et vainquit le roi de Sicile , Roger II , qui défendait l’antipape , 1136. Il mourut l’année suivante. G.

LOTHARINGIA, nom latin de la Lorraine.

LOTHIAN , ancienne contrée d’Ecosse, formant auj. les comtés d’Haddington ou East-Lothian , de Linlithgow ou West-Lotnian, et d’Edimbourg ou Middle-Lothian. Le titre de marquis de Lothian appartient à la famille Kerr.

LOTHIAN (EAST-). V. HaDDINGTON.

LOTHIAN |MID- OU MIDDLE-). V. EDIMBOURG ( COmté d’ ).

lothian (west-) V. Linlithgow.

LOTHIER (Duché de). V. Lorraine et Brabant.

LOTICH ( Pierre ), poète latin, né en 1528 à Schluchtern en Wétéravie, m. en 1600, étudia sous Mélanehthon et Camérarius , combattit sous les drapeaux de la ligue de Smalkalde, voyagea ensuite en France et en Italie, se fit recevoir docteur en médecine à Padoue , et alla professer cette science à Heidelberg en 1557. Ses poésies, écrites avec élégance , parurent sous ce titre ; P. Lotirhii elegiarum liber, Paris , 1551 , in-8° ; une 2e fut publiée avec des augmentations par Camérarius en 1561 ; la meilleure est celle d’Amsterdam, 1754, 2 vol. in-12. C. N.

Lotich (Jean-Pierre) , de la famille du précédent, médecin et professeur à Rinteln , a laissé , entre autres ouvrages: In Petronii Salyricon commentant , Francf. , 1629, in-4° ; Rerum Germanicarum historia , ou histoire des empereurs Ferdinand II et III , îbid. , 1646 , 4 vol. in-fol. ; De casei nequitiâ , ibid. , 1643, in-8°; et quelques poésies latines , ibid. , 1620 , in-8°. C. N.

LOTOPHAGES, anc. peuple de l’Afrique septentrionale, le long de la Petite-Syrte, était ainsi nommé du lotos, arbre dont il mangeait les fruits et tirait une espèce de vin. Le lotos avait aussi, disait-on, la propriété de faire perdre aux étrangers le souvenir de leur patrie.

lotophages (île desl. V. Meninx.

LOTT1 (Cosme) , architecte , mécanicien et peintre, né à Florence vers la fin du xvi« siècle , travailla beaucoup pour la famille ducale de Toscane. Il inventa plusieurs automates qui, places sur des fontaines, devenaient animés par l’effet de conduits d’eau intérieurs, et dont on voit encore quelques-uns en Italie. Appelé en Espagne par Philippe IV en 1628 , il construisit le théâtre du palais de Ruen-Retiro. 11 excellait aussi dans les décorations de théâtre. Son meilleur tableau est une Vierije au rosaire. M. V — i.

LOTti I Antoine ) , compositeur de musique vénitien , né vers 1665 , m en 1740 , fut un des maîtres de Marcello et de Galuppi Ses opéras manquent de vivacité dramatique ; mais, dans les madrigaux et dans la musique d’église , il égale Scarlatti.

LOUARGAT, brg (Côtes-du-Nord), arr. et à 16 kil. O. deGuingamp; 417 hab.

LOUBN1 , v. de la Russie d’Europe , gvt et à 100 kil. Q.-N.-O. de Pultawa, sur la Soula; 5,000 hab. Jardin

botanique , et magasin de médicaments de la couronne.

LOUDÉAC, s.-préf. (Côtes-du-Nord), à 50 kil. S. de Sl-Brieuc; 1,767 hab. Trib. de lre instance , collège, chambre des manufactures. Fabr. autrefois plus importante de toiles. Forges , papeteries. Forêt de 2,500 hectares.

LOUDES, ch.-l. de cant. (Haute-Loire), arr. et à 15 kil. O.-N.-O. du Pny; 377 hab.

LOUDIANAH. V. Lodiana.

LOUDUN, Juliodunum , s.-préf. (Vienne), â 54 kil. N.-N.-O. de Poitiers, sur un coteau élevé; 3,961 hab. Trih. de lre instance, collège. Récolte de vins blancs, truffes, chanvre; comm. de moutons, graines oléagineuses, cire jaune, légumes secs, dentelles communes. — Anc. capitale du Loudunois , cette ville embrassa la Réformation, et fut prise par les catholiques en 1569; elle est célèbre par le procès pour sorcellerie intenté au curé Urbain Grandier en 1634.

loudun ( Paix ou Edit de ) , paix signée, le 3 mai 1616, entre la régente Marie de Médicis et les princes rebelles. On donnait à ces derniers 6 millions ; Coudé recevait 5 places de sûreté; Villeroy, Jeannin et Sillery, anciens ministres de Henri IV, étaient éloignés de la cour. En ce qui concernait le protestantisme, on confirmait l’édit de Nantes.

LOUE ou LOUVE (La), rivière de France, prend sa source près d’Aubonne (Doubs), et se jette dans le Doubs, à 8 kil. S. de Dole (Jura); cours de 100 kil.

LOUÉ, ch.-l. de cant. (Sarthe) , arr. et à 31 kil. O. du Mans, sur la Vègre; 1,477 hab. Fabr. de toiles et papier; tuileries; exploit, de marbre.

LOUÉGHE (BAINS- DE-). V. Bade.

LOUET (Georges), juriscousu’te, issu d’une famille noble d’Anjou, fut avocat, puis conseiller au parlement de Paris en 1584, enfin évêque de Tréguier, mais mourut, en 1608, avant d’avoir pris possession de son siège. Il a laissé un Recueil d'arrêts notables, ouvrage publié en 1602, souvent réimprimé, et dont Rousseau de Lacombe a donné la meilleure édition, avec des remarques et des additions, Paris, 1742, 2 vol. in-fol.

LOUGA , rivière de la Russie d’Europe , naît à 35 kil. N. -O. de Novogorod, et se jette dans le golfe de Finlande. Cours de 260 kil.

LOUGANSK , v. de la Russie d’Europe, gvt et à 279 kil. E. d’Iékatérinoslav. Ferme-modèle ; fonderie de canons ; fabr. de machines à vapeur , instruments de marine, etc.

LOUGHBOROUGH , brg et paroisse d’Angleterre, près de la Soar, comté et à 15 kil. N. -N.- O. de Leicester; 10,800 hab. Bibliothèque publique. Fabr. de cotonnades, dentelles, fil, bonneterie de laine. Exploitation de houille.

LOUGH-LANE. V. Killarney.

LOUGHMAN. V. Loghman.

LOUGHREA, v. d’Irlande , comté et à 33 kil. E.-S.-E, de Galway , sur la rive N. du lac de son nom, affluent de la baie de Galway; 5,000 hab. Fabr. de toiles et lainages; tanneries. Ruines d’un monastère du xive siècle.

LOUHANS, Lovincum, s.-préf. (Saône-et-Loire), â 46 kil. N.-E. de Mâcon, sur la five g. de la Seille ; 3,389 hab. Trib. de lre instance et de commerce. Collège, bibliothèque. Moulins à farine; tanneries. Eglise paroissiale intéressante. Comm. important en grains, maïs, gros bétail, volailles. Entrepôt des marchandises qui passent de Lyon en Suisse.

LOUIS, en latin Ludovieus, Lodolx, en allemand Ludwig; nom d’un grand nombre de personnages historiques.

1° Empereurs.

louis Ier, le Débonnaire, né à Casseneuil (Agénois) en 778, m. en 840, fils de Charlemagne et d’Hildegarde, fut fait roi d’Aquitaine dès l’âge de trois ans, adopta plus tard les mœurs et le costume de ses sujets, et, malgré ses bonnes intentions, laissa, par sa faiblesse, avilir l’autorité et dissiper les finances. Son père dut réparer ses fautes. Associé à l’Empire en 813, empereur en 814, il subit tour tour, pendant sa vie entière , l’influence des grands et du clergé. Il permit aux Saxons , transportés en France par Charlemagne, de retourner dans leur pays. Après avoir montré quelque fermeté à l’égard de sa famille, dont il réprima les désordres, et à l’égard du pape Pascal Ier, qui s’était fait sacrer sans son agrément, il jugea trop lourd le fardeau de l’empire, et , par le capitulaire de Thionville, 817, le partagea avec ses fils : Louis eut la Bavière, Pépin l’Aquitaine, et Lothaire l’Italie. Bon neveu, Bernard, que ce partage privait de l’Italie, se ré- • volta, fut défait, se constitua prisonnier, eut les yeux

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crevés , et mourut à la suite de ce traitement odieux , 818. Louis le Débonnaire , en proie aux remords , et poussé par le clergé , fit publiquement pénitence à Attigny, 822. En 829 , il voulut former un royaume pour un nouveau fils , Charles le Chauve. Les trois frères aînés prirent les armes, déposèrent l’empereur, et l’enfermèrent, ainsi que sa 2« femme Judith de Bavière, dans un monastère. Il fut rétabli , la même année, par la diète de Nimègue. En 833, une seconde révolte éclata; le pape Grégoire IV s’était joint aux fils rebelles. Louis le Débonnaire, abandonné par son armée dans la plaine de Rotfeld (champ du mensonge), fut amené à Compiègne , solennellement dégradé, et condamné à une réclusion perpétuelle par Ebbon, archevêque de Reims. Rétabli en 834, dans l'assemblée de St-Denis, par Pépin et Louis le Gennauique, qui étaient jaloux de Lothaire et indignés de ses violences, il mourut dans une île du Rhin, près de Mayence, au moment où Louis le Germanique s’était révolté de nouveau. Montesquieu a dit de lui, •> qu’il ne put se concilier ni la crainte, ni l’amour, et qu’avec peu de vices dans le cœur, il avait toutes sortes de defauts dans l’esprit. « Il eut pour successeur à l’empire Lothaire, et au trône de France Charles le Chauve.

louis ii, le Jeune, né vers 822, m. en 875, fils de Lothaire Ier, empereur et roi d’Italie, et petit-fils du précédent, fut associé à la royauté d’Italie en 844, fit respecter à Rome l’autorité impériale, essuya un échec, en 845, près de Gaëte, en combattant contre les Sarrasins, mais les battit près de Bénévent en 848. Associé à l’Empire en 850, il devint empereur en 855, et ne reçut, des possessions de son père, que l’Italie. En 859, il se fit céder par l’un de ses frères, Charles, le pays situé entre le Jura et les Alpes, et, en 863, quand Charles fut mort, il partagea la Provence avec Lothaire II, roi de Lorraine, son autre frère. Reprenant la guerre contre les Sarrasins, il fut battu devant Bari en 867 , mais finit par les expulser de la Calabre en 871. Retenu quelque temps prisonnier par Adalgise, prince de Bénévent, il lui fit la guerre sans succès jusqu’en 873. Il a fondé le couvent de Casauria, près du fleuve Pescara. Sa fille unique , Hermangarde , épousa Boson, roi de Bourgogne Cisjurane.

louis m, dit i Aveugle, né en 880, m. en 928 ou 929, fils de Boson , roi de Bourgogne Cisjurane , et d’Hermangarde, fille de l’empereur Louis H, fut conduit, après la mort de son père, 887, à la cour de Charles le Gros, qui l’adopta, ramené en Provence par sa mère, 888, et reconnu roi à Valence. Appelé en Italie contre Bérenger, 899, il fut d’abord surpris par lui, puis le battit en 900, et se fit couronner empereur à Rome par le pape Benoît IV. Pris dans Vérone par Bérenger, 903. il eut les yeux crevés, et retourna en Provence, où il mourut.

louis iv, dit l'Enfant, né en 893, m. en 911, succéda à son père Arnulf, roi de Germanie, en 899, et fut reconnu empereur en 908. Pendant ce règne, qui ne fut qu’une longue minorité, l’autorité royale fut entièrement annulée par celle des ducs, et les Hongrois ravagèrent l’Allemagne en tous sens. G.

louis v, de Bavière, né en 1284, m. en 1347 , fils de Louis le Sévère, duc de Bavière, fut élu empereur à Francfort en 1314, et couronné à Aix-la-Chapelle, pendant que son compétiteur, Frédéric le Bel, archiduc d’Autriche, était couronné à Cologne. Il battit et prit ce prince à Muhldorf, 1322, et ne lui rendit la liberté qu’en 1325, à. condition qu’il renoncerait à l’Empire. Le pape Jean XXII, désapprouvant ce traité , enjoignit à Louis d’abdiquer, l’excommunia, et offrit l’Empire à Charles IV le Bel , ,roi de France, qui ne put gagner les électeurs. Louis de Bavière entra en Italie, 1327, se fit couronner roi d’Italie à Milan, proclama a Rome l’antipape Pierre de Corbière (Nicolas V ), qui le sacra empereur, 1328, mais fut chassé par Robert, roi de Naples. Clément VI l’excommunia de nouveau en 1346, et il mourut, l’année suivante, à Augsbourg, d’apoplexie ou d’une chute de cheval. C’est lui qui a placé, dans le sceau de l’Empire, deux aigles : d’ou est venu l’aigle à double tête.

2° Rois de Germanie.

louis Ier, le Débonnaire. V. plus haut Louis Ier, empereur.

louis il, te Germanique, né en 806, m. à Francfort en 876, 3e fils de Louis le Débonnaire et d’Ermengarde, obtint, en 817, la Bavière et toute la partie orientale de l’empire de Charlemagne, sous le nom de royaume de Germanie. Il se révolta contre son père en 829, 833 et 840. Allié de Charles le Chauve, il battit Lothaire à Fontanet, 841. Le traité de Verdun, 843, lui assigna, pour sa part,

les pays situés sur la rive dr. du Rhin (Saxe, Thuringe, Bavière, Pannonie ). Le pays des Grisons et une partie de la Lorraine, héritage (le son neveu Lothaire II, lui revinrent en 869, en vertu du traité de Mersen, conclu avec Charles le Chauve. Il laissa 3 fils, Carloman , Louis le Saxon, et Charles le Gros.

louis m , dit le Saxon , m. en &-12, 2e fils du précédent, devint roi en 876, battit près d’Andernaeh son oncle Charles le Chauve, roi de France, qui voulait le dépouiller, envahit à son tour la France après la mort de Louis H le Bègue, 879, mais fut repoussé de la Champagne. En

880, il obtint de son frère aîné Carloman la Bavière. En

881, il battit les Normands près de Thin , dans la forêt Carbonnière, et fut défait par eux à Ebsdorff (Lunebourg) quelques mois après. Il mourut de chagrin à Francfort.

louis iv l'Enfant. V. plus haut Louis IV, empereur.

LOUIS v de Bavière. V. plus haut Louis V, empereur.

3° Rois de France.

louis 1er, dit le Débonnaire. V. plus haut Louis Ier, empereur.

louis il le Bègue , né en 846, m. à Compiègne en 879, fils de Charles le Chauve et d’Ermentrude, fut fait roi d’Aquitaine par son père en 867, lui succéda comme roi de France en 877, et fut sacré à Compiègne par Hincmar, archevêque de Reims, puis à Troyes par le pape Jean VIII. Il dut signer des traités humiliants avec les seigneurs rebelles. Il eut de sa lre femme, Ansgarde, deux fils, Louis III et Carloman ; la 2e , Adélaïde , fut mère de Charles le Simple.

louis m, m. en 882, fils du précédent, fut reconnu roi par Rassemblée de Meaux, 879, régna conjointement avec Carloman, son frère, et eut la Neustrie, avec une partie de l’Austrasie. Il battit les Normands à Sancourt ( Ponthieu), 881. Sous son règne, Boson fonda le royaume de Bourgogne cisjurane. Il mourut par accident à Sl-Denis.

louis iv, d'Outre-mer, roi de 936 à 954, fils de Charles le Simple, né en 918, avait été, aorès la déposition de son père, emmené en Angleterre par sa mère Ogive; de là lui vint son surnom. Rappelé par Hugues le Grand et Herbert de Vermandois, il fut sacré à Laon. Il ne put reprendre la Lorraine sur Othon Ier, et , ayant enlevé la Normandie au jeune duc Richard-sans-Peur, il fut battu et pris par Harald , roi de Danemark. Livré à Hugues, dont il avait secoué le joug , il dut lui céder le comté de Laon, 944. Puis, il essaya de se venger, avec l’aide d’Othon et du comte de Flandre; les Allemands, ses alliés, furent défaits devant Rouen , 947. Il mourut à Reims d’une chute de cheval , laissant de Gerberge, fille d’Othon , deux fils, Lothaire, qui lui succéda, et Charles de Lorraine.

louis v le Fainéant, né en 966, m. en 987, fils de Lothaire, lui succéda en 986. Il montra quelque valeur au siège de Reims. On a prétendu qu’il mourut empoisonné par la reine Blanche, sa femme, à l’instigation de Hugues Capet. Il est le dernier roi carlovingien.

louis vi , le Gros, fils de Philippe Ier et de Berthe, fille d’un comte de Hollande, né en 1078, associé au trône eu 1100, roi de 1108 à 1137. Depuis ce règne, la royauté s’affranchit peu à peu de la tutelle des nobles, et se fait aocepter comme un pouvoir supérieur, chargé de gouverner tout le royaume. La belle-mère de Louis VI, Bertrade, ayant excité contre lui les grands vassaux, il recommença pendant 10 ans la lutte qu’il avait soutenue déjà sous Philippe Ier, et combattit les sires du Puiset , de Coucy et de Montlhéry, les comtes de Corbeil, de Mantes, d’Etampes, de Montfort, de Montmorency, etc. Il voulut enlever pour Guillaume Cliton la Normandie à Henri 1er, roi d’Angleterre, réclama pour lui - même le château de Gisors, fut battu à Brenueville en 1119, mais repoussa, avec l’aide des Communes et guidé par l'oriflamme , déployée pour la première fois, Henri V d’Allemagne, son allié, 112L En 1127, il vengea le meurtre de Charles le Bon , comte de Flandre, donna ce pays à Cliton , et soutint dans le concile d’Etampes le pape Innocent II contre Anaclet, en 1130. Il favorisa l’affranchissement des Communes , alliées des rois contre les nobles. Suger fut son ministre. A. G.

louis vil , le Jeune , fils du précédent , né en 1120 , roi de 1137 à 1180. Il ne jugea pas nécessaire de se faire sacrer comme ses prédécesseurs. Dans une courte guerre contre Thibaut de Champagne, il fit mettre le feu à l’église de Vitry ; 1,300 personnes y périrent , 1 144 Par expiation, il entreprit, malgré son ministre Suger, avec Conrad III , empereur d’Allemagne, la 2e croisade, précitée à Vézelai par S1 Bernard, 1147-1149; il y perdit son armée en Asie-Mineure, devant Antioche et Damas , et , au retour,

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répudia Eléonore de Guyenne, 1152, perdant ainsi la Touraine, le Poitou, la Saintonge, l’Angoumois, et l’Aquitaine. Ennemi de Henri H, roi d’Angleterre, qui épousa Eléonore , il soutint ses fils révoltés , et accueillit Thomas Becket. A. G.

louis vin, le Lion, fils de Philippe- Auguste et d’Isabelle de Hainaut , né en 1 187 , roi de 1223 à 1226. Avant son avènement, il avait été appelé en Angleterre par les nobles révoltés contre Jean-sans-Terre , puis , après la mort de ce prince et des défaites à Lincoln et à Douvres , avait dû rentrer en France. Il continua l’œuvre de son père, en prenant aux Anglais l’Aunis , la Saintonge , le Limousin , le Périgord , 1224. Héritier des droits d'Amaury de Montfort sur le comté de Toulouse , il battit Raymond VII, et prit Avignon. Il mourut d’une épidémie à Montpensier en Auvergne. On soupçonna Thibaut, comte de Champagne, de l’avoir empoisonné. Il avait eu de Blanche de Castille 11 enfants, dont 6 vivaient au moment de sa mort. A. G.

louis îx , ou saint louis , né à Poissy en 1215 , m. en 1270 , succéda à son père Louis VIII en 1226. Blanche de Castille , sa mère, sans prendre le titre officiel de régente, s’empara aussitôt du pouvoir, le garda jusqu’à la majorité de son fils, 1236, et sut le défendie, avec une énergie toute virile , qui n’excluait pas l’adresse , contre l’ambition des grands seigneurs féodaux , inquiets de l’accroissement du domaine royal et de l’autorité centrale depuis Louis VI. En vain, tantôt réunis , tantôt séparés, ils essayèrent, pendant 16 ans, 1226-42, d’affaiblir la royauté par des intrigues ou des luttes continuelles : les uns, comme Philippe Hurepel, oncle du roi, et Thibaut de Champagne, se laissèrent détacher de la ligue par l’habileté insinuante de Blanche, 1227; les autres, Raymond VII de Toulouse, 1229, Pierre Mavclerc de Bretagne , 1234 , furent réduits par les troupes royales à des conditions onéreuses ou humiliantes , dont la principale fut le traité de Meaux ou de Paris, où le premier, abandonnant tous ses droits sur le Languedoc oriental (sénéchaussées de Beaucaire et de Careassonm | conquis par Louis VIII dans la guerre des Albigeois , nommait héritière du reste de ses Etats sa fille Jeanne , destinée à épouser un des frères du roi. L’appui qu’Henri III d'Angleterre donna parfois aux révoltés, 1229-31, 1234,

1241 et suiv., n’aboutit qu’aux défaites de Taillebourg et de Saintes , où Louis mit en pleine déroute les Anglais,

1242 : elles amenèrent la soumission du comte de la Marche et d’Angoulême , Hugues de Lusignan , et la trêve de Bordeaux avec Henri III, 1243. Cette première partie du régne se termina par une croisade en Egypte, résolue par le pieux roi pendant une maladie dangereuse. Sa femme, Marguerite de Provence, voulut le suivre, tandis que Blanche de Castille était une seconde fois régente de la France, 1248-52. Louis partit malgré les prières et les avis de ceux qui l’entouraient , et même de sa mère. L'expédition fut assez heureuse d’abord , d’ Aigues -Mortes à Chypre, où l’on perdit 8 mois précieux, 1248, de Chypre à Damiette, qu’on prit en débarquant, mais où l’on resta 6 mois encore, 1249 , et de Damiette à Mansonrah , où malheureusement Robert d’Artois , frère du roi, perdit la vie, 1250. Le roi lui -même y fut fait prisonnier en voulant le venger ; alors tout fut compromis par la peste, par la famine. Louis IX, par sa fermeté et sa grandeur d’âme , étonna ses ennemis , qui le relâchèrent , lui , ses frères et les débris de son armée , au prix de Damiette et d’une somme de 8,000 besants d’or (7,000,000 de fr. ). Après sa délivrance, il passa 4 ans en Palestine , réparant les places qui restaient encore aux chrétiens, Césarée, Jaffa, Sidon , Sl-Jean-d’Acre, et rachetant aux infidèles plus de 10,000 chrétiens captifs. La mort de sa mère, 1252, qui avait eu à réprimer l'insurrection des Pastoureaux ( V. ce mot ) , et l’inutilité d’un plus long séjour en Orient, le rappelèrent en France, 1254. Il y fonda, au retour, l’hospice des Quinze -Vingts (F. ce mot j , comme il avait, au départ, inauguré la Ste-Chapelle. — Dans la 2e partie de son règne, S1 Louis poursuivit un double objet : la paix au dedans et au dehors , et la réforme de la législation et de l’administration judiciaire. Par les traités de Corbeil, 1258, et d’Abbeville , 1259 , il chercha à écarter pour l’avenir toute occasion d’hostilités avec l’ Aragon et l’Angleterre. Dans l’un , il renonçait à toute suzeraineté sur la Catalogne, la Cerdagne et le Roussillon , depuis longtemps rattachés en fait aux destinées de l’Espagne; en échange, Jayme Ier renonçait à tous les hommages qu’il prétendait dans le Languedoc , et l’Aragon était ainsi à peu près dégagé de la France. Dans l'autre, soit par scrupule de conscience, comme le dit Guillaume de Nangis , soit seulement par

amour de la paix, et avec une entière confiance dans ses droits , comme le soutient Joinville , il rendait les conquêtes de son père sur les Anglais (Limousin, Périgord, Quercy, Agénois, partie de la Saintonge) , à la condition, pour Henri DI, de reconnaître celles de son aïeul (Normandie, Maine, Anjou, Touraine, Poitou, etc. ). Il s’efforça de même d’arrêter les guerres privées, soit en réconciliant les seigneurs entre eux, soit en renouvelant la Quarantaine- le- roy ( V. ce mot) de Philippe- Auguste. En même temps, il assurait au pays une justice mieux rendue : 1° dans ses domaines, en y abolissant le duel judiciaire, 1261. La conséquence de cette révolution, qui remplaçait “ la jurisprudence féodale de la force par la jurisprudence plus concluante des témoignages » , fut l’introduction des officiers de la couronne (chancelier, connétable, etc.) et des légistes ou maîtres en droit dans le parlement, jusquelà composé seulement de barons et de prélats; chargés uniquement d’abord de conduire les procès , ils furent (jusqu’en 1344) les conseillers rapporteurs, à côté des conseillers jugeurs Le parlement, ainsi modifié et devenu la cour souveraine du roi au lieu d’être l’assemblée des vassaux, eut des sessions annuelles , et domina les cours des grands fiefs ; - 2° dans le royaume entier, en établissant les appels, en multipliant les cas royaux, et en créant quatre grands bailliages (Sens, Amiens , Mâcon , Saint-Pierre le- Moutier) , investis du droit de ressort sur toutes les justices seigneuriales inférieures , et relevant aussi euxmêmes du parlement. Le commerce fut favorisé par une ordonnance qui enjoignit aux nobles de recevoir, sur leurs domaines, la monnaie royale pour sa valeur réelle. Des enquesteurs royaux rappelèrent les missi dominici de Charlemagne. Enfin de grands actes législatifs de toute nature, rédigés sous l’influence de S1 Louis, par les juristes dont il s’entourait (Pierre de Fontaine, Pierre de Villette, Etienne Boileau , etc. ) , montrèrent la royauté capétienne se préoccupant, bien plus encore que sous Philippe-Auguste , de tous les intérêts généraux du pays : les Etablissements de St Louis, 1270, publiés avec des notes par l’abbé de Sl-Martin , Paris, 1786, in-8° et in-12 ( V. Etablissements!, et les Statuts des 150 métiers de Paris, 1260, publiés de nos jours dans la collection des Documents inédits sur l'histoire de France , sortes de code civil et criminel , et décodé de commerce. Des historiens lui attribuent la Pragmalique-Sanction , mais c’est à tort , car cet acte paraît être apocryphe ( F.Pragmatique-Sanction). Sous ce régne, les Carmes s’établirent en France, et la Sorbonne fut fondée. Une nouvelle croisade, que les conseils intéressés de Charles d’Anjou , roi de Naples et frère du roi , dirigèrent sur Tunis , termina cette 2e partie du règne , 1270 , comme celle d’Egypte avait terminé la première. Presque à l’arrivée , la peste atteignit le bon roi , qui , sur le point de mourir, se fit étendre sur un lit de cendres, et finit en véritable saint , après avoir dicté pour son fils Philippe des enseignements •< qu'il lui commanda de gaider comme par testament et comme son hoir principal (Joinville). » Il lui recommandait l’amour de Dieu, de la justice, de la paix, de ses bonnes villes qui deviendraient au besoin les appuis de la couronne contre ses ennemis, rois ou barons : c’était résumer toute sa vie. — S1 Louis avait assuré à la France une prospérité jusqu’alors inconnue ; à la royauté capétienne , des sympathies plus vives encore au dedans, une influence immense au dehors : choisi pour arbitre entre Henri III et ses barons révoltés , 1263 , il était pour tous le modèle de la loyauté, de l'équité scrupuleuse , de la grandeur d’âme. Il montra les qualités d’un grand roi, et sut accorder une politique profonde avec une justice inaltérable. « Il aima Dieu de tout son cœur, et agit en conformité de son amour» (Joinville). L Eglise en fit bientôt un saint, 1297, dont la fête se célèbre lo 25 août; ce jour-là, avant 1789, l’Académie Française faisait prononcer tous les ans un panégyrique de Louis IX. La Vie de S1 Louis fut écrite au xme siècle en français par Joinville, son ami, en latin par Geoffroy de Beaulieu, son confesseur, par celui de la reine Maiguerite, par Guillaume de Nangis, bénédictin de Saint-Denis ; au i xvue siècle, par Filleau de la Chaise, d’après les maté- ! riaux qu’avait recueillis Lenain de Tillemont, Paris, 1688,

; 2 vol in 4°, et par l’abbé de Choisy , Pans, in-4», 1689;

; elle l’a été de nos jours par M. de Villeneuve -Trans, Paris, 1839 , 3 vol. in-8°. M. Beugnot a con.posé un Essai sur les ' institutions de St Louis, Paris, in-8' , 1821, et M. Mignet un mémoire analogue, intitulé: De la [éodt'lilé , des institutions de St Louis, et de la législation de ce prim e , Paris, in-8°,

louis x, le Hutin (querelleur), fils et successeur de ] Philippe le Bel, né à Paris en 1289, roi de Navarre en

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1304 par la mort de Jeanne sa mère, roi de France de 1314 à 1316. Il pilla les Juifs et les marchands lombards, vendit aux villes des libertés et des privilèges, et, par un édit de 1315, pressé d’argent pour la guerre de Flandre, força les serfs de ses domaines à acheter leur affranchissement. Mais une violente réaction se manifesta contre les excès du pouvoir royal , et contre les légistes, ses instruments. Charles de Valois, oncle et ministre du roi, était le chef des mécontents ; Louis X sacrifia Enguerrand de Marigny, surintendant des finances , que l’on pendit, Pierre de Latilly, Raoul de Presles, qui furent disgraciés, octroya la charte aux Normands, et rendit des prérogatives à la noblesse. Il eut de Clémence de Hongrie un fils posthume, qu’on nomme Jean pr. A. G.

louis xi, né à Bourges en 1423, roi en 1461, m. en 1483. Turbulent et avide de pouvoir, il avait, dans la Praguerie, 1440, levé, contre son père Charles VH, le drapeau des résistances aristocratiques. En vain le roi lui concéda le gouvernement du Dauphiné , 1440 , et le mit à la tête d’une expédition contre les Suisses, qu’il battit près de Bâle, au profit de l’empereur Frédéric III, 1444. Louis aima mieux s’attacher ces vigoureux montagnards que de les combattre davantage, fit avec eux le traité d’Ensisheim, où ils lui promettaient 4,000 hommes quand il le voudrait, attira les mécontents dans sa province, refusa de la quitter sans garantie, et, quand Charles VII irrité envoya contre lui Chabannes avec une armée, 1457, s’enfuit chez le duc de Bourgogne, plutôt que de se remettre aux mains de son père, dont son ingratitude hâta la fin. — Devenu roi, il consacra tout ce qu’il avait d’intelligence et d’adresse, de passion et d’énergie, à lutter par tous les moyens, guerre ouverte, astuce, cruauté, contre cette aristocratie qu’il avait jadis soutenue ( V. Féodalité, France), à ruiner cette maison de Bourgogne, qui l'avait accueilli, mais qui, avec celles d’Anjou et de Bretagne, formait une barrière formidable aux progrès du pouvoir central. Il compromit d’abord sa cause par ses imprudentes tracasseries : en attaquant la noblesse étourdiment, par la suppression du droit de chasse ou des droits régaliens , en mécontentant les princes de Bourgogne par le rachat des villes de la Somme { V. ce mot | , et le clergé par l’abandon momentané de la Pragmatique -sanction , il ne ménageait pas davantage le peuple, qui , en le voyant augmenter les impôts et punir d’affreux supplices les soulèvements que ces innovations excitaient, s’inquiétait peu de ses façons roturières, de sa simplicité de costume, du choix de ses conseillers intimes, tirés des derniers rangs, Olivier Ledaiu, son barbier, Tristan l’Hermite, son prévôt ou son bourreau, La Balue, qu’il fit évêque d’Angers et cardinal. La révolte des seigneurs, de Charles de Charolais, héritier des Etats de Bourgogne, du duc de Bretagne François II, du duc de Bourbon , du frère même du roi , Charles de Berry, etc. , put se parer du titre de Ligue du bien public ( V. Bien public) ; et, après une bataille indécise à Montlhéry, 1465, Louis XI ne se tira de ce premier danger que par deux traités (Conflans et Sl-Maur, 1465), qui récompensaient ses ennemis et le “mettaient lui-même au pillage» (Comines), en lui enlevant les villes picardes récemment rachetées, et la Normandie, qui fut donnée à son frère : il se réservait de les déchirer à la première occasion, et les viola en effet presque aussitôt, en reprenant à Charles de Berry la province cédée , et en imposant au duc de Bretagne le traité d’Ancenis. Aussi malheureux vis-à-vis d’une seconde ligue, que forma en 1467 Charles le Téméraire, devenu duc de Bourgogne, il commit l’imprudence de se livrer, à Péronne, aux mains de ce prince, au moment où il faisait révolter Liège contre lui : il ne sortit de i ce « mauvais pas » qu’en » travaillant et gagnant » les i ministres du duc, et en signant une nouvelle convention, j qui agrandissait encore en Picardie, aux dépens de la [ sienne, la puissance de ce rival acharné ( Péronne, 1468 ) ; , il y promit à son frère la Champagne, au lieu de laquelle il lui donna la Guyenne, marcha lui-même contre Liège, j et se vengea de toutes ces humiliations, en condamnant à une cruelle captivité de dix ans, dans une cage de fer, La Balue, qui le trahissait, 1469. — Dans la 2e partie de son règne, 1469-83, Louis XI montra ]Jus d’habileté et de prévoyance ; et quand la rupture du traité de Péronne, cassé par les notables assemblés à Tours en 1470, eut excité une nouvelle prise d'armes, soutenue au dehors par deux rois étrangers, 1471, les circonstances vinrent aussi à son aide : son frère, qui avait pris une grande part à toutes les révoltes, mourut en 1472, et Charles le Téméraire , en voulant , après son échec devant Beauvais , 1472, réunir à ses Etats la Lorraine , l’Allemagne rhénane, la Suisse, ne parvint qu’à se faire tuer après trois

défaites sanglantes (Grauson, Morat, 1476; Nancy, 1477). Le roi, pendant ce temps, s’était débarrassé de tous ses ennemis : de Jean II d’Aragon , en lui reprenant Perpignan, un instant perdue, d’Edouard V d’Angleterre, en signant le traité de Picquigny, 1475 ; il avait écrasé impitoyablement les plus remuantes des maisons féodales secondaires, Armagnac, 1473, Alençon, 1474, Saint-Pol,

1475, Nemours, 1477. A la mort du duc Charles, qui ne lais-

sait qu’une fille, il détacha de sa succession la Bourgogne et les villes de la Somme , portions du domaine royal soumises à la même loi que lui, et par conséquent fiefs masculins, et, de plus, l’Artois et la Franche-Comté, provinces réunies par les ducs de Bourgogne, et sur lesquelles ses droits étaient plus contestables. Malgré les efforts de Maximilien d’Autriche, devenu l’époux de Marie de Bourgogne (bataille indécise de Guinegate, 1479; traité d’Arras, 1482), il conserva les deux premiers pays sans condition, les deux autres comme dot de Marguerite d’Autriche, fille de Maximilien et de Marie, qui épouserait plus tard l’héritier du trône. En 1480 et 1481, une combinaison de testaments habilement ménagée le rendit encore maître des trois grandes provinces de la maison d’Anjou (Anjou, Maine, Provence). Le Roussillon et la Cerdagne, engagés par Jean H en 1462 , et vainement attaqués par lui, restaient au royaume. Louis XI avait donc été l’un des principaux ouvriers de l’unité territoriale de la France. 11 aurait voulu lui donner aussi l’unité administrative, et « désiroit fort que l’on usast d’une coustume, d’un poiz et d’une mesure ; » il facilita l’action du pouvoir central sur les provinces par la création des postes, 1467, et par l’institution de trois parlements nouveaux , qui mettaient la justice royale plus à la portée des justiciables (Grenoble, 1453; Bordeaux, 1462; Dijon, 1477). En même temps, « prêtant l’oreille à toutes gens et s’enquérant de toutes choses, » il ne négligeait rien de ce qui pouvait faire riche, graude et forte la nation qu’il gouvernait, accroissant sans mesure les impôts, mais dépensant tous ses revenus, ouvrant de nouveaux marchés, attirant les ouvriers habiles de Grèce et d'Italie, provoquant la fondation de nouvelles manufactures, s’occupant des routes, des canaux, delà marine marchande, de l’exploitation des mines, établissant l’imprimerie à Paris, 1469, à Lyon, à Angers, à Poitiers, à Caen, etc., tenant sur pied des armées quatre fois plus nombreuses que par le passé, fortifiant les places comme ne l’avaient jamais fait ses prédécesseurs. On lui doit l’inamovibilité de la magistrature. Et cependant , malgré tous les services rendus au pays, Louis XI, malheureux lui-même, toujours inquiet et en défiance, toujours tremblant devant la mort , qu’il avait , dit Comines, à redouter plus que d’autres , et contre laquelle sa religion superstitieuse ne suffisait pas à le fortifier, fut détesté de ses contemporains , « des menas comme des grands. » L’histoire, à son tour, tout en reconnaissant que la plupart des princes de son temps étaient tout aussi mauvais et seulement moins habiles, l’a justement condamné, comme elle condamne tous ceux pour qui le but est tout et la route qui y conduit indifférente. Il passa ses dernières années , dominé par son médecin Coythier, dans le château du Plessis - lez-Tours ; il croyait prolonger ses jours en s’entourant de reliques, et fit venir de Calabre François de Paule , pour obtenir de lui par un miracle la santé et la vigueur. On lui attribue les Cent nouvelles nouvelles imitées de Boccace, et le Poster des guerres. Il fonda les universités de Valence, de Bourges, de Caen, et de Besançon. V. les Mémoires de Philippe de Comines, cl l'Histoire de Louis XI par Duclos, Paris, 1745-46, 4 vol. in-12, ou La Haye, 1750, 3 vol. C. Delavigne a écrit une tragédie de Louis XI. R.

louis xn, né à Blois en 1462, de Charles d’Orléans, petit-fils de Charles V et de Marie de Clèves, m. en 1515, succéda à son père comme duc dès 1464 , et à son cousin Charles VIH comme roi de France en 1498. Suspect par sa naissance à Louis XI, dont la politique l’avait forcé d’épouser sa 2e fille Jeanne, princesse vertueuse et vénérée depuis comme une sainte, mais laide, contrefaite et stérile,

1476 , mécontent sous la régence d’Anne de Beaujeu , contre laquelle sa révolte ( Guerre folle, 1485-88) n’aboutit qu’à la défaite de S'-Aubin-du- Cormier, et à une captivité de trois années , il ne fut pas , lors de l’expédition de Charles VIII en Italie, et malgré quelques succès (victoire de Rapallo , septembre 1494; surprise de Novare, juin 1495), plus heureux dans ses prétentions sur le Milanais, dont il se regardait comme l’héritier, du chef de son aïeule Valentine Visconti, sœur de Philippe-Marie, dernier duc de cette maison, et qu’il aurait voulu voir conquérir sur les Sforza avant le royaume de Naples.

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