‹ Dictionnaire général de biographie et d'histoireChapitre 89 sur 864 · LOUIS DE BADE. V. BADE · texte numérisé non relu

LOUIS DE BADE. V. BADE

louis (Frédéric-Christian) , prince de Prusse , nommé ordinairement Louis- Ferdinand , fils du prince Ferdinand , frère de Frédéric le Grand, né en 1772, m. en 1806. Il suivit l’armée prussienne sur le Rhin en 1792, et se signala par une bravoure impétueuse. Après la paix de Bâle , il se consacra aux arts ; en 1806 , il fut un des partisans de la g'uerre contre la France , obtint un commandement dans le corps du prince de Hohenlohe , rencontra dans la forêt de Thuringe un ennemi supérieur en nombre , et , contrairement aux ordres du général en chef, accepta près de Saalfeld une bataille qui lui coûta la vie. En 1823 , on lui a érigé un monument sur le lieu du combat. E. S.

louis d’aragon, roi de Sicile, né eu 1337, m. en 1355, succéda en 1342 à son père Pierre II , sous la tutelle de Jean, duc de Randazzo , son oncle paternel , q>\i gouverna avec sagesse jusqu’en 1348. Les maisons de Palizzi et de Clermont, autrefois rivales, s’allièrent contre les Aragonais. Louis mourut au milieu de l’anarchie , laissant le trône à son frère Frédéric II le Simple.

louis de tarente, 2e fils de Philippe, prince de Tarente , contribua, en 1345, au meurtre d'André de Hon grie , mari de sa cousine Jeanne, reine de Naples , qu’il, épousa en 1347. Chassé de Naples par Louis de Hongrie,

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il fut déclaré par Clément VI , pape d’Avignon , innocent, ainsi que Jeanne, du meurtre d’André, et fut rappelé par les Napolitains en 1352. Il mourut dix ans après. C’était an prince brave, mais brutal, débauché et sans talents.

I.OCIS 1er, duc d'Anjou, né en 1339 , m. en 1384, 2e fils de Jean II , roi de France , se trouva à la bataille de Poitiers en 1356 , remplaça son père comme otage dans la prison de Londres en 1360 , et s’en échappa bientôt après. En 1365, il fut envoyé en Bretagne pour ménager un accommodement entre la veuve de Charles de Blois et Jean de Montfort. Lieutenant du roi en Guyenne et en Languedoc, il battit les Anglais en 1373 et 1377. Nommé, en 1380, un des régents de son neveu Charles VI, il amassa des trésors pour conquérir le royaume de Naples , dont Jeanne lr0 l’avait désigné héritier. Clément VII le couronna roi de Sicile et de Jérusalem en 1382 ; mais il ne put conquérir le trône sur Charles de Duras, et mourut prés de Bari.

louis il, duc d’Anjou, fils du précédent, né en 1377, m. en 1117, fut couronné roi de Naples à Avignon par Clément VII en 1389 , mais ne put se mettre en possession de son royaume, et fut battu par Ladislas, son compétiteur. Rap. elé par les Napolitains en 1409, reconnu roi par Alexandre V et le concile de Pise, il vainquit à son tour Lndi>!as en 1411; mais les Napolitains l’abandonnèrent bientôt après. A la niort de Ladislas, 1415, il fut invité par le pape Jean XXIII à revenir en Italie; il faisait ses préparatifs, quand il mourut à Angers.

louis m , duc d’Anjou , fils du précédent, né en 1403, m. en 1434 , hérita des prétentions de son père sur le royaume de Naples. Il débarqua près de Naples en 1420, et força Jeanne II de le reconnaître pour héritier au lieu d’Alphonse d’Aragon. Chassé par son rival , il revint en 1423. Trahi et servi tour à tour par Jeanne II , il mourut au siège de Tarent*, laissant, ses Etats d’Anjou et de Provence à son frère René.

louis, roi d’Espagne, né en 1707, m. en 1724, fils aîné de Philippe V, monta sur le trône lors de l’abdication de son père , et mourut de la petite vérole sept mois après.

louis d'espagne, amiral de France. V ■ La Cerda.

louis de gonzague ( saint). V. Gonzague.

louis de grenade, dominicain, prédicateur et écrivain ascétique, né à Grenade en 1505, m. en 1588 , fut ’.e directeur de Catherine , veuve de Jean III et régente de Portugal. Ses ouvrages ont paru à Anvers, 1572, et à Madrid, 1679, 3 vol. in-fol.

louis (Antoine), célèbre chirurgien, né à Metz en 1723, m. en 1792, fut nommé en 1757 substitut du chirurgien en chef de l’hôpital delà Charité, et, en 1761, chirurgien majora l’armée du H. Rhin. Outre les articles de chirurgie de l’Encyclopédie, dont on forma plus tard un Dictionnaire de chirurgie, en 2 vol. iu-12, il a laissé : Recueil sur l’électricité midi: ale, Paris, 1763,2 vol. i n— 12; Chirurgie pratique sur les plaies d'armes à feu, 1746, in-4°; Positiunes anatomicœ et cliiruryicœ de vulneribus capitis, 1749, in-4° ; Six lettres sur lu certitude des siynes de la mort, 1753, in-12, etc. Il perfectionna l’instrument de supplice nommé depuis guillotine. V. Guillotin.

louis (Victor), architecte, né à Paris, en 1735, m. en 13 )0, voyagea en Italie, et, de retour à Paris, se fit connaître d’abord, en 1765, par la construction, et la décoration architecturale en peinture à fresque, d’une chapelle dans l’église Sl"-Marguerite, au faubourg S*- Antoine, conception qui avait beaucoup de hardiesse et de grandeur. Parmi les édifices qu’il construisit, ont cite le grand théâtre de Bordeaux, l’un des plus beaux de l’Europe ; à Paris, les galeries et bâtiments qui entourent le jardin du Palais-Royal à l’E. an N., et à l’O.; la salle, auj. démolie, de l’Opéra, rue de Richelieu, dont la disposition intérieure de l’Opéra actuel est une copie; l’ancienne salle du Théâtre-Français, au Palais-Royal. Il a publié: Salle de spectacle de llordeuux, Paris, 1782, gr. in-fol., fig.

Louis (Joseph-Dominique, baron), né à Toul, d’une famille de robe, en 1755, m. en 1837, embrassa l’état ecclésiastique, et acheta une charge de conseiller-clerc dans la chambre des enquêtes du parlement de Paris. A la Révolution, il se prononça pour les idées nouvelles. Envoyé pat* Louis XVI, en 1791, à la cour de Danemark en qualité de ministre plénipotentiaire, il se retira en Angleterre après l’arrestation du roi, et étudia le système financier de ce pays. De retour en France après le 18 brumaire, il accepta un modeste emploi de liquidateur des créances arriérées au ministère de la guerre, mais devint successivement administrateur à la Légion d’honneur, au Trésor, maître des requêtes, conseiller d’Etat. Député dans presque toutes les assemblées législative* depuis 1815, cinq fois ministre des finances, en 1814, en juillet

1815, en 1819, 1830 et 1831, il montra un esprit ferme, intelligent, loyal, simplifia les affaires, déconcerta la routine, et soutint le crédit public en professant un respect inviolable pour les droits des créanciers de l’Etat. Soutenu par Louis XVIII, il osa refuser la restitution des bois du clergé, et proposer, au risque des inimitiés les plus dangereuses, de les vendre aux enchères jusqu’à concurrence de 150,000 hectares, afin de garantir à la fois l’inviolabilité des domaines nationaux et le payement des créanciers de l’Etat. Ce fut lui qui créa, en 1818, les petits grandslivres, innovation qui fit participer les départements aux avantages des placements sur l’Etat En 1830, au milieu des embarras du Trésor, il disait à ses collègues; <■ Gouvernez bien, et vous ne dépenserez jamais autant d’argent que je pourrai vous en donner. » Le baron Louis fut nommé pair de France, en 1832. B.

louis (Ordre de S1-), ordre institué par Louis XIV, en 1693, pour récompenser les services militaires. 11 était originairement composé de 8 graud’eroix , 24 commandeurs, et d’un nombre non limité de chevaliers; Louis XVI, en 1779, éleva le nombre à 40 grand’-croix et 80 commandeurs. Pour y être admis, il faillait être catholique, et avoir servi 20 ans sur terre ou sur mer. Le roi était grand maître. Les princes du sang, les maréchaux de France et les amiraux en faisaient de droit partie. L’ordre avait une dotation qui servait des pensions annuelles, proportionnelles au rang des divers membres. La croix, portée à un ruban rouge couleur de feu , était à 8 pointes, avec fleurs de lis d'or aux angles; au centre, il y avait, d’un côté, une image de S1 Louis, et cette légende : Ludovicus Magnus instituit. 1693 ; de l’autre une épée nue, dont la pointe passait dans une couronne de laurier liée d’une écharpe blanche, avec ces mots : Bellicœ virtulis prœmium. L’ordre de Sl-Louis, supprimé à la Révolution, fut rétabli en 1815; il n’a plus été conféré depuis 1830. B.

louis xv (Place), auj. de la Concorde, l’une des plus fameuses et la plus vaste de Paris, située à l’extrémité O. du jardin de Tuileries, entre ce jardin et les Champs- Elysées. Elle fut ouverte en 1763 et finie en 1772, sur les dessins de Gabriel qui, ayant à la tracer dans un immense champ, dont un côté seulement était bâti, lui donna la forme d’un octogone oblong, avec 4 grands côtés et 4 petits, et prit le parti ingénieux de la circonscrire par de larges fossés en maçonnerie, bordés de balustrades en pierre, ornés, aux angles, de 8 pavillons terminés par un amortissement devant servir de socle à une statue colossale. La place mesure 245 mètres de longueur sur 170 de largeur, dans l'intérieur des balustrades ; et 357 mètres sur 217 en dehors. Deux beaux bâtiments en portiques surmontés d’une colonnade, longs chaeuu de 93 m. 55 e., avaient é.é élevés, dès 1760, sur la ligne du nord, mais en dehors de la place, et séparés entre eux par une voie large de 29 m., appelée rue Royale, tracée sur l’axe longitudinal de la place. Celui de ces bâtiments situé à l’E. servit de garde-meuble de la couronne; il en a conservé le nom, bien qu’il soit occupé aujourd’hui par le ministère de la marine Au centre de la place s’élevait la statue équestre de Louis XV, par Bouchardon. Elle fut détruite en 1792, et la place appelée Place de la Révolution. Les exécutions capitales s’y tirent pendant le régime de la Terreur, et ce fut là que Louis XVI fut décapité. En 1795, elle reçut le nom de Place de la Concorde; reprit sous la Restauration le nom de Place Louis XV, porta, de 1826 à 1830, le nom de Place Louis XVI, puis reprit le nom qu’elle porte auj. La décoration générale de la place fut modifiée et complétée en 1836: on éleva au centre l’obélisque de Louqsor ( V. Obélisque); on traça, sur le grand axe, l’espèce de petite esplanade à la manière de la spina des cirques romains, et on éleva à chaque extrémité une belle fontaine monumentale en fer fondu bronzé, à vasques , versant d’abondantes nappes d'eau dans un grand bassin circulaire; 3 voies furent ouvertes ou agrandies pour déboucher plus facilement de toutes parts; sur la balustrade s’élevèrent 20 colonnes rostrales composites, en fer fondu bronzé, portant chacune 2 rostres antiques surmontés d'uue lanterne à gaz ; 20 candélabres , aussi en fer bronzé, bordèrent l’intérieur de la place, en avant des balustrades où il y a une ligne de trottoirs; enfin 8 statues colossales en pierre vinrent couronner les pavillons, qui attendaient cette décoration depuis 60 ans : elles représentent, avec leurs attributs caractéristiques, les principales grandes villes de France, Lyon, Marseille, Bordeaux, Rouen, Nantes, Lille, Strasbourg, et Brest. Depuis longtemps, cette place, malgré sa vaste étendue, était trop étroite pour les besoins de la circulation, surtout les jours de fêtes; en 1855, ou a

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remédié à cet inconvénient en comblant les fossés et ne conservant que leur balustrade intérieure , qui rappelle son ancienne forme. Avant la Révolution, c’était sur cette place que se tenait la célèbre foire de S*-Ovide. La Place de la Concorde est la plus belle et la plus monumentale de celles de Paris; elle offre un coup-d’œil et une quadruple perspective admirables : on voit au N. la magnifique église de la Madeleine, au bout de la rue Royale ; au S., le Palais du Corps Législatif, à l’extrémité du pont de la Concorde, qui lui sert comme d’avenue; à PE., le jardin et le Palais des Tuileries ; à l’O., les Champs-Elysées, leur grande avenue, et à son point culminant, le colossal arc de triomphe de l'Etoile. La décoration actuelle de la Place de la Concorde est due à M. Hittorff. C. D — y.

louis (canal), canal qui joint le Rhin au Danube, et, par conséquent, la mer du Nord à la mer Noire. 11 commence à Bamberg, sur la Regnitz, affluent du Mein, et finit à l'Altmühl, affluent du Danube; 105 ponts le coupent. 11 a été creusé en 12 ans par ordre de Louis Ier, roi de Bavière, et a coûté 33 millions de francs.

louis (saint-), vge (H. -Rhin), arr. et à 24 kil. S.-E. de Mulhouse, 2 kil. O. d’Huningue, sur le chemin de fer de Strasbourg à Bâle; 1,635 hab. Bureau principal de douanes. Fabr. de chapeaux vernis. — Pendant la Révolution, on le nomma Bourg-Libre.

louis (saint-), vge (Moselle), arr. et à 30 kil. E.-S.-E. de Sarreguemines. Importante cristallerie, qui date de 1767; elle fabrique pour deux millions de francs par an, et emploie 1,800 personnes, dont 500 sont bûcherons. D’immenses ateliers, et 6 machines à vapeur de 80 chevaux lui suffisent à peine.

louis (saint-), dans la langue du pays Anclar , v. capit. des possessions françaises de Sénégambie, dans Pile de son nom formée par le Sénégal, à 15 kil. de l'océan Atlantique; port avec un bon mouillage; 12,081 hab. Résidence du gouverneur-général; préfet apostolique; cour impériale, tribunaux civils et criminels. S*-Louis, défendu par un fort, est l'entrepôt du commerce de la colonie, lequel consiste surtout en gommes et arachide. Exportation de chevaux, chameaux, bœufs à bosse, bétail, volailles, peaux, etc. — L’ile de S'-Louis est située par 16° 0' 48" lat. N., et 18° 51' 10" long. O., à 4,060 kil. de Brest. Superf. , 34 liect. Fol plat et sablonneux. Climat malsain. — L’arr de S‘-Louis comprend file et la v lie de ce nom, les établissements de Riohard-Tol, Lampsar, Dagana, et Bakel, les escales des Darmankours, des Trarzas, et des Braknas, et la partie de la côte comprise entre le cap Blanc et la baie d’iof; 25,315 hab.

louis (saint-), v. des Etats-Unis, Etat de Missouri, sur la rive dr. du Mississipi, à 190 kil. E. de Jefferson; 4,600 hab. en 1810 ; 162,179 en 1860. Evêché catholique; cour suprême; université dirigée par les jésuites; école de médecine ; musée et bibliothèque. Entrepôt du bassin du Mississipi ; céréales, pelleteries, bétail, corderies, tanneries, distilleries, brasseries; fabr. de tabacs, fonderies de fer et de cuivre, etc.; ateliers de construction pour la marine à vapeur; réseau de chemin de fer; banque du Mis ouri. Sl-Louis est appelée, par sa position, à un développement considérable. Fondée en 1764, par les Français, elle tut cédée en 1803 aux Etats-Unis, avec la Louisiane.

louis (Saint— j, riv. des Etats-Unis (Etat de Minnesota); cours d’environ 220 kil. vers le S.-E., après lequel elle tombe dans le lac Supérieur à l’O. On la considère comme la première partie du fleuve S1- Laurent.

louis (saint-), v. sur la côte S. d’Haïti, port au fond d’une petite baie, à 22 kil. E.-N.-E. des Cayes; café, coton, indigo. Fondée en 1698 par la Compagnie de Saint- Domingue.

louis (saint-). V. aursi luis (san-).

louis (Institut de Saint ) ou^fes filles de St-Louis, maison d’éducation fondée à S‘-Cyr, près de Versailles, par Louis XIV, et sous l’inspiration de M“i« de Maintenon, pour 250 jeunes filles de noblesse pauvre. Conçue en 1684, placée dans un domaine de 45 arpents (23 hectares) créé exprès, et dont Mansart éleva les bâtiments, elle fut ouverte en 1686. Le roi nommait aux places d’élèves. Aucune enfant n’était admise, si elle avait moins de 7 ans ou plus de 12, et si elle ne prouvait 4 degrés de noblesse du côté paternel. A 20 ans elle quittait la maison, et recevait une dot de 3,000 fr., avec un trousseau, pour faciliter son établissement par mariage ou dans un couvent, et, de plus, des frais de voyage. Une communauté de 36 dames professes et de 24 sœurs converses, toutes nobles, et faisant vœux de chasteté , pauvreté, et obéissance, remplissait les diverses charges de la maison. Cinq dames, sous le titre à'offlcières ou conseillères, gouvernaient l’intérieur;

c’étaient la supérieure, l’assistante, adjointe, ou suppléante de la supérieure, la maîtresse des novices, la maîtresse générale des classes, et la dépositaire ou intendante. La supérieure gouvernait sous la surveillance de l’évêque de Chartres et du supérieur de St-Lazare pour le spirituel; d’un conseiller d’Etat nommé par le roi, et d’un conseil dit du dehors, pour le temporel. A l’intérieur, un conseil formé des 4 dames ci-dessus nommées, et dit conseil du dedans, l’assistait. Elle était élue pour 3 ans par les dames , et pouvait être réélue. Dans les autres charges, dites petites charges, il y avait les maîtresses des classes, la maîtresse du chœur, l’économe, la secrétaire , la portière, la sacristine , la maîtresse générale des ouvrages , la maîtresse générale des habits, la maîtresse du linge, la dépensière, la garde-meuble, l’infirmière générale, la maîtresse de l’apothieairerie, la bibliothécaire, etc. Les élèves étaient divisées en 4 classes, distinguées par la couleur du ruban qu’elles portaient dans leurs cheveux et à leur ceinture : c’étaient les rouges, enfants de 7 à 10 ans, et apprenant à tire, écrire, compter, les éléments de la grammaire, le catéchisme, et des notions d’histoire sainte; les vertes , de 11 à 14 ans, étudiant les mêmes choses, et de plus la musique, des notions d’histoire, de géographie, et de mythologie; les jaunes, de 15 à 17 ans, apprenant principalement la langue française, la musique, la religion, le dessin et la danse; enfin les bleues, de 18 à 20 ans, occupées de l’étude de la langue et de la musique, et recevant une éducation morale trés-développée. Chaque classe se subdivisait en 5 ou 6 bandes de 8 ou 10 élèves, suivant leur degré d’instruction, et avait une lre maîtresse, 3 deuxièmes maîtresses, et 2 ou 3 assistantes pour les bandes. Les élèves ne sortaient jamais que par des permissions spéciales et rares, et ne pouvaient recevoir la visite de leurs parents que pendant l’octave des 4 grandes fêtes de l’année. Leur costume était une robe brune en étamine, un petit tablier très-court, de même étoffe, bordé de la couleurde la classe; leur coiffure, un bonnet de toile blanche, laissant voir un peu de cheveux au front, avec une passe de mousseline et de linon. Les dames avaient une robe noire, et portaient, pendante sur l’estomac, une croix d’or parsemée de lis, avec un Christ gravé d’un côté, et de l’autre un S1 Louis. Les sœurs converses portaient cette croix en argent. La maison de S'-Cyr coûtait annuellement un peu moins de 450,000 fr.; elle avait plus de 375,000 fr. en biens et en revenus immobiliers. Mme de Maintenon, en réglant l’éducation qu’on y devait donner, voulut faire de ces jeunes filles d’aimables femmes du monde avec des qualités solides ; mais ce plan trop peu sévère, des spectacles que les élèves représentaient dans la maison, et pour lesquels Racine composa Eslher , donnèrent à ces jeunes filles des idées d’orgueil et de fortune contraires à leur condition. Pour remédier à ce mal, le roi, en 1692, confia l’éducation à des religieuses de St-Augustin, et désormais l’Institut de St Louis fut un couvent régulier de cet ordre; il se conserva ainsi jusqu’à la Révolution. Alors le décret qui ordonna la suppression des communautés religieuses l’atteignit; on tenta de le sauver en le présentant comme un établissement d’instruction publique , mais le 28 avril 1793, la maison fut fermée par ordre du gouvernement. Eu 1803, on y établit le Prytanée français (F. écoles militaires). V. Lavallée, Histoire de la maison royale de St-Cyr, 1 vol. gr. in-8°, Paris, 18.33. U. D — y.

louis (ordre de saint-) V. au Supplément.

louis d’argent, monnaie frappée sous Louis XIII, en 1641. 11 valait 62 sous (3 fr. 10 c.). On l’appela plus tard écu blanc ou écu de 6 livres.

louis d’or, monnaie que l’on commença de frapper sous Louis XIII, en 1640 II était à 22 carats, et valait originairement 10 livres de l’époque (21 fr. 33 c.). La livre ayant perdu de sa valeur, il en valut 20 , puis 24. En 1716, on fabriqua des demi-louis de 12 livres, des louis de 24, et des doubles-louis de 48. Ce fut en 1810 que le louis d’or fut remplacé par le napoléon de 20 fr.; les louis de la Restauration ne valurent aussi que 20 fr.

LOUISBOURG, v. de l’Amérique anglaise (Nouvelle- Ecosse), port sur la côte S.-E. de l’île du Cap-Breton, au fond d’une large rade ; par 45° 53’ 31” lat. N. et 62° 20’ 12” long. O.; 10,000 hab. Grande pêche de morue. Autrefois aux Français, elle leur fut enlevée par les Anglais en 1745 et en 1758. Combat naval entre les Français et les Anglais, en 1781.

louisiîourg, v. du Wurtemberg. V. ludavigsburg^

LOUISE de lorraine, reine de France, née en 1554, m. en 1601 , fille de Nicolas de Lorraine , comte de Vaudeniont, épousa Henri III en 1575. L’empire qu’elle prit sur lui alarma Catherine de MéJicis , qui lui douna le

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conseil perfide de le fatiguer de remontrances sur sa conduite. Elle fut bientôt négligée. Après la mort de son mari, 1589 , elle se retira à Moulins, et y mourut au milieu des austérités d’une vie ascétique.

i.ouise-augusta-wiliielmine-amei.ie, reine de Prusse, fille du duc Charles de Mecklembourg-Strélitz , et de Caroline de Hesse-Darmstadt, née à Hanovre en 1776, m. en 1810 , épousa , en 1793 , le prince royal de Prusse , plus tard le roi Frédéric-Guillaume III. Devenue reine, elle acquit une grande popularité par la simplicité de ses mœurs et par sa bienfaisance. En 1806, elle suivit son mari dans la guerre, qu’elle avait elle-même provoquée contre la France, et l’accompagna après la défaite d’iéna. Lors du traité de Tilsitt, elle se rendit près de Napoléon 1er, afin d’obtenir une paix plus favorable, mais échoua. Les malheurs île son pays altérèrent sa santé, et elle mourut pendant une visite chez son père au château de Hohenzieritz. Le roi créa eu 1814 un ordre de Louise, le seul en Prusse qui se confère à des hommes. E. S.

louise-marie, reine d'Espagne. V. Marie-Louise.

loujse de Savoie, née à Pont-d’Ain en 1476, m. en 1532, tille de Philippe, comte de Bresse, puis duc de Savoie, et de Marguerite de Bourbon, épousa, à l'âge de 12 ans, Charles d’Orléans, comte d’Angoulême, dont elle eut le roi François 1er. Veuve à 18 ans, elle vécut dans son château de Cognac jusqu’à la mort d’Anne de Bretagne, femme de Louis XII, qui la détestait. Nommée régente pendant la campagne de son fils en Italie, 1515, elle conserva toujours une influence dominante dans le gouvernement, mais n’apporta aux affaires que de l’ambition et des vices. Secondée dans ses concussions par le chancelier Duprat, elle fut cause des revers de Lautrec en Italie, 1522, et fit condamner à mort, après un procès inique, le surintendant Semblauçay, qu’elle accusait de ses propres détournements. Elle jeta dans le parti de Charles- Quint le connétable Charles de Bourbon, qu’elle poursuivait avec la rancune d’un amour dédaigné. Elle confia l’armée d’Italie à son amant Bonnivet, qui se fit battre, 1524. Régente après la défaite de Pavie, 1525, elle montra plus de sagesse pendant la captivité de son fils, assura la sécurité des frontières, et organisa la ligue de Cognac contre l’Autriche. Elle conclut, en 1529, avec Marguerite d’Autriche, le traité de Cambrai, dit paix des dames. Une maladie épidémique l’enleva. Elle protégea les lettres, et fut vantée par les poètes du temps. On a d’elle un Journal en forme d’éphémerides, qui va de 1501 à 1522, et qu’on a publié dans les Mémoires relatifs à l’histoire de France. A sa mort, on trouva dans ses coffres 1 ,500,000 écus d’or.

louise-marguerite, princesse de Conti. V. Conti.

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