LOUISE DE GUZMAN. V. GUZMAN
LOUIS1ADE ( La), archipel du Grand-Océan équinoxial, dans la Mélanésie ; formé d’un grand nombre d’écueils et de récifs; entre 8° et 12» lat. S. , 147» et 153° long. E. ; à l’E.-S.-E. de la Nouvelle-Guinée. On y distingue les îles liossel , St Aitjnan et d ' Entrecastcaux . Ces îles , découvertes par Bougainville en 1769, furent encore visitées par les Français, allant, en 1793 , à la recherche de La Pérouse.
LOUISIANE, un des Etats-Unis de l’Amérique du Nord ; bornée au N. par l’Arkansas, à l’E. par le Mississipi, à l’O. par le Texas, et au S. par le golfe du Mexique; par 91° 6'-96,° 12' long. O., et 29°-33° lat. N. buperf., 105,030 kil carrés. Population, 709,433 liab. Ch.-l., Bâton-Houge; mais la ville la plus importante est la Nouvelle-Orléans. Les principaux cours d’eaux sont le Mississipi, la Red- River, et la Pearl. Le sol, très-fertile dans le S. et le voisinage des rivières, produit le coton, le froment, le seigle, le sucre, le tabac, etc. L’élève du bétail est considérable dans les vastes prairies de l’Ouest. Dans l’Est et le N.- O. s’étendent de magnifiques forêts. Les mines de fer et de houille sont surtout abondantes dans l’O. et le N. Climat chaud, malsain dans les parties basses et marécageuses , où la fièvre jaune est fréquente. La Louisiane se divise en 33 comtés. Elle faisait partie des pays situés sur les deux rives du Mississipi , explorés en 1682 par Cavelier de La Salle, qui lui donna le nom de Louisiane en l’honneur de Louis XIV. Deux établissements y furent tentés sans succès : l’un en 1684, l’autre en 1699. Crozat, ayant obtenu en 1712 le privilège du commerce dans la Louisiane, ne réussit guère mieux, et le céda en 1717 à Law, qui créa la Compagnie des Indes occidentales. Celle-ci résigna ses droits en 1731. La rive droite du Mississipi fut cédée en 1763 à l’Angleterre, et la rive gauche, avec la Nouvelle- Orléans, à l’Espagne, en 1704. Cette dernière partie, rétrocédée à la France en 1800, fut vendue en 1803 aux Etats- Unis, moyennant 80 millions de fr. La Louisiane actuelle fut admise comme Etat dans l’Union en 1812, Elle est re-
présentée au Congrès par 2 sénateurs et 5 membres de la Chambre des représentants. Aux termes de la constitution actuelle, décrétée en 1845, le gouverneur, chargé du pouvoir exécutif, est élu pour 4 ans, par le peuple, qui lui adjoint un lieutenant-gouverneur. Le pouvoir est exercé par une assemblée générale, composée d'un sénat de 32 membres élus pour 4 ans, lequel se renouvelle par moitié tous les 2 ans, et d'une Chambre des représentants, de 88 membres élus pour 2 ans. Tout citoyen blanc, résidant depuis 2 ans dans l'Etat, et depuis un an dans le district où il doit voter, possède le droit de suffrage. O.
EOUIS-PHILUT’E (Terre de ) , terre située dans l’océan Atlantique austral , au S. des Nouvelles-Shetland , et à l’E. de la Terre de la Trinité, dont le canal d’Orléans la sépare entre 63° et 65° lat. S. , 59» et 61° long. O. Inhabitable et couverte de glaces. — Elle a été découverte, le 27 f'évr. 1838, par Dumont d’Urville , qui lui donna le nom du roi de France régnant.
LOUISVILLE, v. des États-Unis (Kentucky), sur la rive g. de l’Ohio, à 80 ldi. O. deFrankfort; 600 hab. en 1800 ; 4,000 eu 1820; 10,0U0 en 1830 : 75,196 eu 1860. Un beau canal l’unit à Portland. Evêché catholique depuis 1843. Centre d’un commerce considérable en grains, tabac, étoffes de laine, de fil et de coton ; construction de machines à vapeur; fonderies de fer et de cuivre; raffineries de sucre, distilleries de whisky, tanneries, chapelleries, manuf. de savon et de chandelles. Centre de chem. de fer.
LOULAY, ch.-l. de cant. (Charente-Inférieure), arr. et à 12 kil. N. de Sl-Jean-d’Angely ; 59? hab.
LOULË, v. de Portugal (Algarve), à 14 kil. N. de Faro; 8,300 hab. Vieux château. Aux environs , mines d’argent.
LOUNG-IvIANG, riv. de Chine, naît dans le N.- O. de la prov. de Kouang-si , et se jette dans le Houng-Iviang. Cours de 450 kil.
LOUNG-TCHOUAN-KIANG , riv. d’Asie , naît dans le Thibet, arrose la prov. chinoise d’Yuu-nan, puis l’empire birman, et se jette dans l’Iraouaddy au N.-E. d’Umerapura. Cours de 900 kil.
LOUP (saint) , Lupus , né à Toul vers le commencement du ve siècle , m. en 478 , succéda en 427 à S* Ours , évêque de Troyes , passa en Grande-Bretagne avec S1 Germain d’Auxerre pour y combattre les Pélagiens, et, à son retour, préserva sa ville épiscopale de la fureur d’Attila. Après la défaite de Châlons-sur-Marne, 451, ayant suivi le roi des Huns , il fut accusé de trahison , dut quitter son évêché , et n’y rentra que deux ans après. Fête, le 29 juillet. Il reste de lui une Lettre à Sidoine Apollinaire , insérée dans le Spicilegium de D’Achéry ( tome V ) , et dans la Collection des conciles (tome I).
loup, Servalus Lupus, abbé de Ferrières en Gâtinais, né vers 805 , m. en 882 , enseigna à Fulde , dressa les canons du concile de Verneuil en 844, assista à celui de Soissons en 853 , jouit de la faveur de Louis le Débonnaire et de Charles le Chauve, fut chargé par ce dernier d’une mission auprès du pape Léon IV en 817 , et de la réforme des monastères en France. Il alaissé : 134 Lettres sut différents sujets publiées, par Papire Masson , Paris, 1588 ; un traité des Trois questions (la prédestination, le libre arbitre, le prix de la mort de J.-C. | , dirigé contre Gotteschalk, et publié par Sirmond , 1650 , in-8° ; des Hymnes , etc.
loup (saint-), Grannum, ch.-l. de cant. (Haute-Saône), arr. et à 33 kil. N.- O. de Lure, surl’Angronne et au pied des Vosges; 2,485 hab. Fabr. de chapeaux de paille et de kirsch.
loup (saint-) , ch.-l. de cant. (Deux-Sèvres), arr. et h 23 kil. N.- N.-E. de Parthenay, au confl. du Thouéet de Cébron; 774 bab. Fabr. de tapis grossiers; tanneries. Comm. du moutons et de laines. Restes d’un magnifique château, construit, sous Louis XIII, par le cardinal d’Escoubleau de Sourdis.
loup, Lupus, enseigne légionnaire des anc. Romains ( V. enseignes ).— Machine de guerre des Anciens ( V. harpagon).— Poisson de mer, que l’on croit être l’esturgeon, et très-recherché des gourmands de l’anc. Rome, surtout s’il avait été pêché à l’embouchure du Tibre, ou mieux encore, à Rome, dansle Tibre, entre deux ponts. C. D — y.
LOUPE (La) , ch.-l. de cant. (Eure-et-Loir) , arr. et à 25 kil. N.-E. de Nogent-le-Rotrou, sur le chemin de fer de l’Ouest; 1,194 hab. Comm. de bestiaux et de cidre. Restes d’un château-fort du xive siècle.
LOUPS-GAROUS, hommes qui, d’après les idées superstitieuses du moyen âge , avaient fait un pacte avec le diable , et obtenu de lui le pouvoir de se changer en loups. Cette croyance est encore répandue auj. en Saintonge, en Auvergne, dans le Limousin, et en Bretagne. Hérodote la mentionnait comme existant chez les Scythes, et elle se
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retrouve aussi dans Virgile (églogue vin) . Dans la mythologie Scandinave , le loup représente le mauvais principe ; deux hommes de la race héroïque des Volsungs, en se changeant en loups, deviennent gar-ulfs, dénomination qui s’est transformée en gar-ou.
LOUQSOK ou LUXOR, vge de la Haute-Egypte, sur la rive dr. du Nil , à 46 lui. N. d'Esné ; 2,000 hab. Il occupe, avec plusieurs villages voisins, l’emplacement, encore couvert de ruines , de la célèbre Thèbes; c’est de la qu a été apporté l’obélisque dressé à Paris , en 1836 , sur la place de la Concorde; il est du temps de Ramsès II.
LOURDES, ch. -1. decant. (Hautes-Pyrénées) , arr. et à 13 kil. N.-N.-E. d’Argelès , dans un ravin, près du Gave de Pau , et à peu de distance du lac de Lourdes (4 kil. de tour) ; 3,539 hab. Tribunal de lre instance de l’arrondissement. Comm. de vaches laitières. Exploitation d’ardoise et de marbre. Fabr. de chocolat, toiles de lin, mouchoirs , crêpons, bas rayés. — Ane. ville du Bigorre, et capitale du Lavedan, elle est dominée par un châteaufort , souvent assiégé pendant les guerres avec l’Angleterre , converti plus tard en prison d’Etat , et récemment réparé.
LOURISTAN, anc. Ehjmaïs , contrée de la Perse, dans le N. du Ivhousistan , et à l’E. du Kourdistan ; ainsi nommée des Lnures , ses habitants, qui sont musulmans de la secte d’Ali, et presque indépendants du schah de Perse. Ch.-l. , Khorremabad.
LOUROUX-BÉCONNAIS (Le) , ch.-l. de cant. (Maineet-Loire ) , arr. et à 28 kil. O.- N. O. d’Angers ; 624 hab.
LO US (Le) , contrée du Béloutchistan , entre le Djalaouan au N. et le Sindh au S.; 200 kil. sur 100. Ch.-l. Bêla.
LOUSTALOT (Armand de), né en 1762à Sl-Jean-d’Angely, m. en 1790, fu^reçu avocat au parlement de Bordeaux en 1788 , vint à Paris en 1789 , et fonda , avec Prudhomme, les Révolutions de Paris, journal incendiaire et calomnieux. Quand il mourut, les Cordeliers et les Jacobins portèrent le deuil pendant trois jours.
LOUTH, v. d’Angleterre, port sur la Ludd, dans le comté et à 40 kil. E.-N.-E. de Lincoln ; station de chemin de fer; 10,568 hab. dans la paroisse. Siège des Quarter- Sessions. Belle église gothique. Fabr. de tapis et couvertures, savon, papier. Exportation de blé et de laines.
loutïi , vge d’Irlande, dans le comté de son nom, à 10 kil. O -S.- O. de Dundalk; 718 hab. Le comté de Louth, situé dans la prov. de Leinster, entre ceux d’Armagh au N., de Monaghan et de Cavan à l’O., de Meath au S., et la mer d’Irlande à l’E., a 45 kil. sur 18; 75,140 hab. Sol fertile; élève de bestiaux. Fabr. de draps, toiles et mousselines. Capit., Dundalk.
LOU1HERBOURG (Philippe-Jacques), peintre, né à Strasbourg en 1740, m. à Londres en 1814, élève de Casanova, membre de l’Académie de peinture de Paris en 1768, s’exerça aussi avec succès dans la gravure à l’eauforte. Il y a de lui , au château de Rambouillet , un bon tableau de bataille. On lui attribue l’invention du Théâtre pittoresque et mécanique, perfectionné depuis par Pierre , et que l'on a vu pendant longtemps à Paris.
LOUTHF-ALI-KHAN , 7e et dernier roi de Perse de la dynastie des Zend, né vers 1770, m. en 1794, fils de Djaafar-Khan, battit, en 1789, l’eunuque Aga-Mohammed, compétiteur de son père, après la mort duquel il fut vaincu à son tour, en 1794 , près de Kerman , et massacré avec ! toute sa famille.
LOUTSIv. V. Luck.
LOUVAIN, Lovanium , en hollandais Leuwen, en fia- i mand Lomé n, v. de Belgique (Brabant), à 24 kil. E.-N.-E. de Bruxelles, au pied d’une montagne, sur la Dyle ; par 50» 53’ 26” lat. N. . et 2» 21’ 31” long. E. ; 35,100 hab. C’est une ville qui a plus de 8 kil. de tour; elle compta jadis 200,000 hab., et on y voit auj. des champs et des prairies. Ol'ége royal, école normale primaire, académie de peintur* école de musique, bibliothèque ; collections j d’histoire naturelle et de minéralogie; beau jardin botanique. On remarque : les églises St-Pierre, avec un beau : jubé et de belles portes en fer; St-Michel, où l’on admire des confessionnaux et une table de communion sculptés en bois ; Notre-Dame, anc. église de Dominicains ; et Sle- Gertrude, avec des stalles de chœur richement sculptées; le séminaire, anc. hôtel des Invalides; les halles aux dra- . piers, de 1317 ; l’hôtel -de -ville, un des plus beaux monuments gothiques de la Belgique, commencé en 1448, i achevé en 1493, et contenant un musée de tableaux. Fabr. ! de bière blanche très-estimée (plus de 190,000 hectol. par i an). Fabr. de papier de tenture; fonderies de cloches, ' tanneries, teintureries, sculptures d’ameublement reli- I
gieux. La ville est sur le chemin de fer de Malines à Liège, et communique à l’Escaut par un canal creusé en 1750. — On fait remonter £ux Romains la fondation de Louvain ; cette ville reçut une charte de commune au xi° siècle, et fut entourée de murs en 1165; l’industrie du tissage des laines et des fils l’amena à un haut degré de prospérité; elle occupait 100,000 ouvriers; maisàla suite d’uue révolte, 1382, ses tisserands la quittèrent; en 1426, Jean IV y fonda une université qui devint célèbre, et dont dépendaient 43 collèges; elle a été remplacée, en 1835, par une université catholique de libre exercice. Louvain fut, sous le 1er Empire français, un ch.-l. de sous-préfecture du departement de la Dyle. B.
LOUVE (la), rivière. V. Loue (la).
LOUVECIENNES. V. Luciennes.
LOUVEL (Louis-Pierre), ouvrier sellier, né à Paris en 1783, m. en 1820, après avoir été démocrate exagéré, puis bonapartiste fervent, assassina, le 13 février 1820, par fanatisme politique, à la sortie de l’Opcra, le duc de Berry, fils du comte d’Artois (depuis Charles X), pour mettre fin à la branche aînée des Bourbons. Condamné par la Cour des pairs, il fut exécuté le 7 juin.
LOUVET (Pierrej, avocat et historien, né près de Beauvais en 1569 ou 1574, mort en 1646, fut maître des requêtes en 1614. On a de lui : Coutumes de divers bailliages observées en Beauvaisis , Beauvais, 1615-1618, in-40 ; Histoire de la ville et cité de Beauvais , Rouen, 1613 , in-8°; Histoire et antiquités du pays de Beauvaisis, Beauvais, 1631, in-8°, etc.
louvet (Pierre), historien, né à Beauvais en 1617, m. en 1680. Son principal ouvrage est le Mercure hollandais, ou Conquêtes du roi (Louis XIV) en Hollande , en Franche- Comté, en Allemagne, etc., Lyon, 1673-80, 10 vol. in-12.
louvet de couvray (Jean-Baptiste), né à Paris en 1760, m. en 1797, rédigea plusieurs Mémoires académiques pour le savant Dietrich, dont il était secrétaire, fut ensuite commis de libraire, et publia, de 1787 à 1789, un roman immoral et faux, les Amours du chevalier de Faublas, en 3 parties. 11 fit l'apologie des journées des 5 et 6 octobre, dans un pamphlet qu’il intitula Paris justifié. Pendant l’Assemblée législative, il rédigea un journalplacard, la Sentinelle, dirigé contre la cour. Député à la Convention , il se déclara contre les massacres de sep tembre, et signala, dans un discours aussi courageux qu’éloquent, les vues ambitieuses de Robespierre. Il vota la mort du roi, avec l’appel au peuple. Il fut décrété d’arrestation avec 21 de ses collègues, mis hors la loi, et mena une vie errante, qu’il a racontée dans Quelques notices pour l'histoire et le récit de mes périls depuis le 31 mai 1793, Paris, 1795, in-8°. Rentré à la Convention , il rédigea de nouveau la Sentinelle, puis un placard périodique , intitulé : Front I Membre du conseil des Cinq- Cents , il en sortit en mai 1797, ouvrit un magasin de librairie, fut nommé membre de l’Institut ( section de grammaire), et mourut la même année. Louvet avait plus de talent que d’instruction, moins de jugement que de constance dans ses opinions. On a encore de lui un roman sans mérite , Emilie de Varmont, où il cherche à établir la nécessité du divorce. J. T.
LOUVET1ER (GRAND-) , officier de la couronne sous l’anc. monarchie française; il était surintendant des officiers de louveterie, et avait des lieutenants dans quelques provinces. L’institution des grands-louvetiers ne date que du xve siècle; mais, dès le temps de Charlemagne, chaque comte devait entretenir deux louvetiers. Depuis 1830 , la louveterie dépend de l’administration des eaux et forêts.
LOUVIERS, Luparia , s.-préf. (Eure), â 22 kil. N. d’Evreux sur l’Eure; 9,921 hab. Trib. de lre instauee et de comm., bibliothèque publique, chambre des manufactures. Fabr. importantes de draps fins et communs, nouveautés pour pantalons, flanelles écossaises, étuft'es de cachemire, peluche, velours; employant 7 à 8,000 personnes, et produisant 40 à 50,000 pièces par an; filatures de laine, teintureries, blanchisseries de toiles, etc. Machines. Comm. de grains, bois, charbon, lin, laines, chardons â carde, etc. On remarque l’église paroissiale, en beau style gothique, et la maison des Templiers, qui date du xne siècle. — Autrefois ville forte, et comprise dans le pays d'Ouche, Louviers eut beaucoup à soufirir pendant la guerre de Cent Ans; les Anglais en rasèrent les défenses en 1432. Philippe-Auguste et Richard Cœur-de-Lion y conclurent un traité de paix en 1196. La lre fabrique de draps y fut établie en 1681: la lre filature de coton en France y fut aussi créée en 1789.
louviers (Charles-Joseph de), conseiller d’Etat do Charles V en 1376, est un des écrivains à qui l'on a attribué le célèbre Songe du vergier, espèce de dialogue entre la
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clerc et un chevalier sur les deux puissances ecclésiastique et temporelle. Cet ouvrage a été imprimé à Lyon, 1492, et à Paris , 15ul, in-fol. ; une édition en latin fut publiée à Paris, sous le titre d'Aureus de utrâque potestate... libellus, 1516, in-4°.
LOUVIGNÉ- DU -DÉSERT, ch.-l. de cant. (Ille-et- Vilaine) , arr. et à 20 kil. N.-N.-E. de Fougères; 884 hab. Tanneries.
LOUV1LLE (Charles- Auguste p’Allonville , marquis de) , né en 1868 au château de Louville |Pays char train), m. en 1731 , fut chargé par Louis XIV d’accom pagner en Espagne le roi Philippe V, à l’éducation duquel il avait donné ses soins. Sa conduite altière envers les Espagnols le fit rappeler en France, 1703. Une partie de sa Correspondance est insérée dans les Mémoires politiques et militaires pour servir a l’ Histoire de Louis XIV et de Louis XV, publiés par l’abbé Millot. Le comte Scipion du Roure a donné des Mémoires secrets sur l’établissement de la maison de Bourbon en Espagne , extraits de la Correspondance du marquis de Louville, Paris, 1818, 2 vol. in-8°.
louville (Jacques-Eugène d’allonville , chevalier de), frère du précédent, né en 1671, m. en 1732, servit d’abord dans la marine , se trouva à la bataille de La Hogue, passa ensuite à l’armée de terre, et se retira, lors de la paix d’Utrecht , avec le grade de colonel , pour se vouer à l’étude de l’astronomie. Il fut membre de l’Académie des Sciences de Paris et de la Société royale de Londres. On a de lui : Observations sur l'obliquité de l'écliptique, dans les Mémoires de l’Académie, 1714-16-21 ; Nouvelles tables du soleil , ibid. , 1720; Nouvelle méthode de calculer les éclipses , ibid., 1724; Remarques sur la question des forces vives, ibid., 1721-28, etc.
LOUVOIS, vge (Marne), arr. et à 19 kil. S.-E. de Reims; 421 hab. Ane. seigneurie de Champagne, érigée en marquisat, en 1624, en faveur de Conflans d’Armentières , puis acquise par le chancelier Le Tellier, père du célèbre Louvois.
louvois (François-Michel le tellier, marquis de), célèbre ministre de la guerre sous Louis XIV, fils du chancelier Le Tellier, né à Paris en 1639, m. en 1691. Entré, dès l’âge de 15 ans, dans les bureaux de son père, alors secrétaire d’Etat de la guerre, il lui succéda en 1666, et donna à l’armée française l’organisation qu’elle a conservée jusqu’à l’Empire. Il établit l’uniforme, généralisa l’usage de la marche au pas, substitua la baïonnette aux piques, institua les magasins de vivres, les casernes et les hôpitaux militaires, créa le corps des ingénieurs, les compagnies d’elite dans les régiments, les corps de hussards, de cuirassiers et de grenadieis à cheval , les écoles de Cadets , les haras de remonte , fonda les écoles d’artillerie de Douai , de Metz, et de Strasbourg , maintint rigoureusement la discipline et la hiérarchie du commandement , ordonna des revues régulières, éleva l’Hôtel des Invalides, 1674, et fit une véritable révolution dans l’armée par l’ordre du tableau, en donnant les grades aux services et non plus à la naissance. Il eut ainsi la plus grande part aux succès militaires de Louis XIV. Mais l’histoire doit lui reprocher sa dureté envers les officiers , son animosité contre Colbert, sa jalousie contre tous les généraux et particulièrement Turenne, la barbarie systématique avec laquelle il fit ravager les pays ennemis, le double incendie du Palatinat, 1674-1689, le bombardement de Gênes, 1684, et surtout les Dragonnades, lnbô. C’était un homme violent et sans mesure, il fut en même temps surintendant des postes, et, après la mort de Colbert, surintendant des bâtiments du roi. Il mourut de fatigue, au moment où le roi, révolté de ses hauteurs, allait le faire mettre à la Bastille. Son fils Barbezieux lui succéda. V. Chamlay, Mémoires pour servir à l’histoire de E. Le Tellier, marquis de Louvois, Amst., 1740, in-12; C. itousset, Histoire de Louvois et de son administration politique et militaire, Paris, 1862-63, 4 vol. in-8°. G.
louvois (Camille le tellier, abbé de), 4e fils du précédent, né à Paris en 1675, m. en 1718, fut nommé succès- ivement grand maître de la librairie, conservateur de la bibliothèque royale, intendant du cabinet des médailles. Il entra à l’Académie française, et à celles des Inscriptions et des Sciences. Dans un voyage en Italie, il recueillit pour la bibliothèque un grand nombre de livres rares et précieux. Nommé grand vicaire de son oncle l’archevêque de Reims, il refusa l’évêché de Clermont. B.
LOUVRE (Le). Le plus vaste et le plus beau palais de Paris, situé dans la partie occidentale de la ville, près de la rive droite de la Seine, sur le 1er arrondissement municipal. Il s’étend de l’E. à 10., et se compose d'abord d’une masse de bâtiments réguliers, disposés autour d’une cour
carrée dite Cour du Louvre, spacieuse, et du plus bel effet. Derrière cette cour, au N. et au S., deux longues ailes s’étendent vers l’ouest, et de ces ailes partent, eu retour, deux grandes galeries, qui vont rejoindre les deux pai villons extrêmes du palais des Tuileries, et forment les ! parties latérales de la cour de ce palais, et de la Place du Carrousel. A partir de la façade occidentale de la Cour du Louvre, chacune des ailes est doublée par une 2e galerie intérieure prolongée jusqu’à la place du Carrousel, et longue de 220 mètres. La façade principale du Louvre regarde l’E. C’est un corps de bâtiment à uu seul étage, couronné à l’italienne, et dont le rez-de-chaussée forme une espèce de soubassement percé de 23 fenêtres ou portes. Trois pavillons accusés en saillie, à chaque extrémité et au centre, varient les lignes de cette façade. Leurs intervalle sont remplis par une galerie à jour, ornée sur le devant de 28 colonnes corinthiennes cannelées, accouplées, dont l’aspect a un caractère de grandeur, d’élégance, et de nouveauté du plus puissant effet. Le même ordre et la même disposition d’accouplement se répètent aux pavillons d’angles, ornés chacun de 8 pilastres, et au pavillon du centre, surmonté d'un fronton reposant sur 8 colonnes. Dans le soubassement de ce pavillon est la porte d’honneur du palais. Cette superbe façade, qu’on appelle la Colonnade du Louvre, a 173m,60 c. de longueur, sur 27“,61 de hauteur. La plus belle partie du Louvre est la cour carrée, de 122 mèt. du N. au' S. , et de 124 de l’E. à l’O. Ses bâtiments ont un rez-de-chaussée avec fenêtres en portiques, 2 étages, couronnés par un toit à l’italienne avec une balustrade, et des avant-corps ornés de colonnes composites cannelées pour le bas, et corinthiennes cannelées au 1er et au 2e étage. Les portes et les fenêtres sont ornées de chambranles et de corniches, d’un goût exquis et d’une rare élégance. Le côté occidental diffère un peu des trois autres : il n’a qu’un attique avec toit apparent à la place du 2e étage. Au milieu de chaque face, un pavillon formantun léger avant-corps, est surmonté d’un fronton avec bas-relief dans le tympan. La Cour du Louvre , et la longue galerie du midi, sont consacrées aux musées de sculpture antique et moderne, et de peintures anciennes et modernes; dans la galerie du nord sont le ministère d’Etat et les appartements du ministre, la Bibliothèque du Louvre, et des appartements dépendant des huileries. Dans l’aile correspondante, au Sud, on trouve le Musée des artistes vivants; au premier, la salle des Etats; au centre et dans les cours, les écuries de l’Empereur. — Le Louvre était, à l’époque de la 2e race, ou au commencement de la 3e, 752-987, tout à la fois un rendez-vous de chasse bâti au bord de la Seine, dans une forêt prés de l’aris, et une forteresse, servant à commander le cours du fleuve, et à protéger la ville contre les incursions des Normands. On l'appelait Louvre de sa situation dans une chênaie, en latin roborelrum ; ou plutôt du mot lupara ou loupara, Louverie, de lupus, loup, parce que les loups étaient communs dans ces bois. Vers 1204, Philippe-Auguste agrandit le Louvre, augmenta ses moyens de défense, et bâtit au centre une grosse tour, qui fut longtemps célèbre comme trésor et prison d’Etat. Charles V renferma le Louvre dans l’enceinte de Paris, en 1367, et y fit souvent sa résidence. François Ier abattit ce château, qui consistait alors en une masse carrée de bâtiments irréguliers, enfermés dans une muraille flanquée de tours et défendue parmi fossé, et, vers 1541, commença de réédifier à la place un palais moderne. Pierre Lescot en fournit les plans. Ce palais ne se composait que de la moitié du côté occidental de la Cour actuelle, à gauche du pavillon de l’horloge, partie désignée aujourd’hui sous le nom de vieux Louvre. Henri II l’acheva en 1548, construisit, en outre, l’aile qui s’avance vers la Seine, et dans laquelle est la célèbre galerie d’Apollon. Charles IX voulut joindre les Tuileries au Louvre, et commença la grande galerie méridionale, longue de 443 mètres. Ândrouet Dncerceau fournit les plans de la lre moitié, à partir des Tuileries, achevée par Henri IV ; Louis XIII fit la 2e moitié , dont Metezeau donna le plan. Ce prince commença aussi l’agrandissemeut de la Cour du Louvre telle qu’elle est aujourd’hui: il fit élever par Remercier, vers 1624, le pavillon de l’horloge, toute la façade à droite, répétant l’ordonnance de Pierre Lescot , et entreprit les autres corps de bâtiment au N., au S., et à l’E. Louis XIV continua l’œuvre de son père, et éleva la Colonnade, 1665-70, sur les dessins de Claude Perrault. Les malheurs de la guerre empêchèrent de rien terminer, et cette interruption se prolongea sous la Régence, Louis XV, Louis XVI, et pendant la Révolution. Napoléon Ier fit reprendre les travaux en 1805, sous la direction de Poroier et Fontaine : ils ache-