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faisant appel à la raison pratique, qui démontre ce que la raison spéculative n’a pu établir, et nous conduit, par une voie différente, aux vérités de la morale et de la religion. — II. Critique de la raison pratique. A côté des idées et des principes qui dirigent la raison spéculative, sont les lois qui dirigent la volonté. Ces lois forment la sphère de la raison pratique. Kant fait pour celle-ci ce qu’il a fait pour la raison pure : il établit son existence et ses principes ; il montre comment ces principes impliquent l’existence des objets et des vérités que la raison spéculative avait niés ou n’avait pu démontrer. Ainsi, après avoir établi la loi morale sur une base inébranlable et déterminé ses caractères avec une rigoureuse précision , il en déduit comme corollaires la liberté morale , l’existence de Dieu et l’immortalité de l’âme ou la destinée future. Cette partie de son système, bien qu’elle soit en contradiction avec la première , n’en est pas moins belle. La rigueur des démonstrations, l’élévation des idées, la pureté de la doctrine, font de son auteur un des plus grands moralistes. — III. Critique du jugement. Il existe une autre sphère de jugements que ceux de la raison spéculative et de la raison pratique : ce sont les jugements du goût, qui ont pour objet le beau et le sublime, et les jugements sur l’ordre de la nature. Ces jugements ne sont pas non plus simplement empiriques ; ils renferment un élément à priori. Ce sont les jugements esthétiques et les j ugements téléologiques. Kant les réunit sous le nom de Critique de la faculté de juger. Celleci forme le lien entre la raison théorique et la raison pratique, parce que si les jugements du goût ont quelque chose de sensible , ils ont aussi quelque chose d’intelligible. Ils nous retiennent dans un intermédiaire entre le monde de la nature et celui de la liberté. — Nous renonçons à suivre Kant dans cette nouvelle analyse, qui n’est ni moins originale ni moins remarquable que celle des deux autres critiques. Telles sont, en substance, les bases de ce vaste système, dont les développements sont consignés dans les autres écrits du philosophe. Kant ne fut pas seulement un grand penseur et un métaphysicien qui rappelle Aristote, mais aussi un savant digne de ce nom: il cultiva les mathématiques avec succès ; ses travaux sur l’astronomie et la géographie lui ont mérité une place dans l’histoire de ces sciences. — Ses principaux ouvrages sont : Critique Je la raison pure, Riga, 1781 ; Critique de la raison pratique, Riga, 1788 ; Critique du jugement esthétique et téléologique...-, Prolégomènes pour toute métaphysique future , Riga, 1783 ; Fondements de la métaphysique des mœurs, Riga, 1785; Principes métaphysiques de la science de la nature, Riga, 1786 ; la Religion dans les limites de la pure raison, Kœnigsberg, 1793 ; Métaphysique des mœurs en deux parties : 1° Métaphysique du droit; 1797 ; 2° Principes métaphysiques de la doctrine de la vertu , 1797 , Anthropologie dans le sens pragmatique, Kœnigsberg, 1798; Logique ( Manuel), Kœnigsberg, 1800; Pœdagogie, publiée par Pœlitz, Leipsick, 1817 ; Leçons sur la métaphysique , publiées par le même, Erfurt, 1821. — Ouvrages relatifs aux sciences et à la philosophie de la nature r Pensées sur la vraie estimation des forces vives, Kœnigsberg , 1746, in-4°; Théorie générale du ciel, 1755; Metaphysicœ cum Geometria junctœ u sus in philosophie, 1746; Nouvelle Théorie du mouvement et du repos, 1758 ; Essai sur les maladies de l'esprit, 1764 ; Programme d'un cours de géographie physique, 1765; des Différentes races d'hommes, 1775. — Une édition complète des OEuvres de Kant a été publiée en Allemagne par Rosenkranz. Ses principaux ouvrages philosophiques ont été traduits en français par J. Tissot et par J. Barni, Paris, 1841-1854, 1 vol. in-8°. B — D.
KAN-TC'HÊOU, v. forte de Chine ( Kiang-tchéou ) , sur le Kan et le Tchan,à 400 kil. S.-O. de Nan-tchang; par 39“ lat. N. et 98° 35’ long. E. Elle est mentionnée par Marco- Polo sous le nom de Kampion ou Kan-pian.
KAO-LI , nom chinois de la Corée.
KAPELLE (Jean Van), peintre hollandais du xvil® siècle , dont on ne connaît ni le lieu , ni la date de naissance , ni l'époque de sa mort. Albert Cuyp , Van de Velde, Jean Van Goyen n’ont pas mieux reproduit les grandes eaux de la Hollande; il dessinait les vaisseaux avec une remarquable exactitude. Sa touche est agréable, son coloris chaud et harmonieux. Il rend d’une manière très-habile les effets du soleil sur les rivières , les canaux , les golfes et les bras de mer. A. M.
KAPILA ou CAPILA , philosophe indien, est le fondateur de la secte nommée sankya, laquelle, niant l’existence de Dieu, rapporte la création à Prakrati (la nature) , regarde le monde comme immortel , et adopte l’existence de deux substances éternelles, Poroch (le mâle) et Prakrati , l’un source , l’autre dispensateur de la vie et du mouve-
ment. On conjecture que Kapila vivait entre le ix8 et le XIIe siècle de l’ère vulgaire, époque à laquelle florissaient les principaux sophistes hindous.
KAPORNA , lieu de Hongrie , près d’Erlau. Succès des généraux autrichiens Schlick et Windiseligrætz sur les Hongrois , commandés par Georgei et Derubinski , généraux de l’insurrection hongroise, en 1849.
KAPOS VAR, hrg des Etats autrichiens (Hong-ric), ch.-l. du comitat de Somogy ou Schimegh, sur le Kapos, à 145 kil. S.-O. de Bude; 3,000 hab. Gymnase catholique. Culture du tabac. — Pris par les Turcs en 1555 , 1654 et 1686.
KAPOUR , v. de l’Inde. V. Canpour.
KAPPEI, , v. de Suisse. V. Cappel.
KAPPELN, brg de Prusse, province et à 28 kil. N.-E. de Slesvig, sur la Sleï ; 1,300 hab. Port de pêche; chantiers de construction.
KAPRENA, brg de Grèce (diocèse de Béotie) , ch.-l. du dème de Chéronée , à 11 kil. E. de Lébadée , et près de l’emplacement de l’anc. Chéronée.
KAPRONCZA. V. Kopreinitz.
KAPSALI, brg des îles Ioniennes, ch.-l. de Pile Cérigo, sur la côte S. ; 5,000 hab.
KAPTCHAK , nom donné, au moyen âge, au pays situé entre l’Oural et l’Aluta , et habité par les Cumans ou Polovtses. Au xme siècle, les Mongols, sous des khans gengiskhanides , y fondèrent la horde d'or, vaste empire qui , après s’être agrandi aux dépens des Russes, subit plusieurs démembi'ements. Au milieu du XVe, cet empire formait 5 khnnats : 1° le khanat des Tartares Nogaïs, sur les bords de la mer Noire et delà mer d’Azov, entre le Don et le Dniester, qui fut détruit au xvme siècle ; 2° le khanat de Crimée, tributaire des Russes en 1474, puis soumis aux Turcs, qui le cédèrent à la Russie en 1784; 3° le khanat d’Astrakhan, entre le Volga, le Don et le Caucase, conquis par les Russes en 1554; 4° le khanat de Kaptchak proprement dit , au N. du précédent , entre l’Oural et le Volga , détruit par Ivan III en 1481 ; 5° le khanat de Kazan , depuis la Samara jusqu’à Viatka, soumis par Ivan III en I486 , et de nouveau par Ivan IV en 1552.
KARA, c.-à-d. noir dans les langues tartares; Karamanie , pays des hommes noirs. En opposition à un mot des mêmes idiomes , qui signifie à la fois blanc et libre , on a fait de ICura le synonyme de tributaire.
kara, riv. de l’empire russe, sort des monts Ourals, coule au N. , puis au N. -O. , forme une partie de la limite entre l’Europe et l’Asie, et se jette dans la mer de Kara. Cours de 250 kil.
kara (Détroitde), détroitquiscparelaNouvelle-Zemble de l’ile de Vaigatch.
kara ( Mer de ) , grand golfe de l’océan Glacial arctique, entre la Nouvelle-Zemble et une presqu’île du gvt de Tobolsk , tire son nom de la Kara qui s’y jette.
KARA-AMID , v. de la Turquie d’Asie. V. Diarbékir.
KARABAGH, c. - à- d. jardin noir, contrée de la Russie d’Asie (gouvt de Chemaki), entre le Kour au N., l’Aras à l’E. et au S., l’Arménie russe et la Géorgie à l’O. Les habitants sont musulmans; ville princip., Schousclia.
KARA-CHEHEK, c.-à-d. ville noire, v. du Turkestan chinois (Thian-Chan-nan-lou', à 500 kil. N.-E. de Kaschgar. Habitée par des Kalmouks Torgouts.
KARA-DAGH, c.-à-d. montagnes noires, district de la Perse (Aderbaïdjan), riche en mines de fer.
KARADJA-DAGH, anc. Masius mous, chaînes de montagnes de la Turquie d’Asie, entre les bassins de l’Euphrate et du Tigre; direction de l’E. à l’O.
KARADJÉ-BOUROUN, anc. Criou-Metnpon, cap de la Crimée, au S., sur la mer Noire; par 44° 28' lat. N. et 3 1° 30’ long. E.
KARA-iiISSAR, c.-à-d. château noir , sandjak de la Turquie d’Asie (Khodawendiguiar), entre celui de Kermian au N., les eyalets d’Aïdin à l’O., de Caransan an S. et de Bozoq à l’E.; 200 kil. sur 80. Ch.-l., Afioum-Kara- Idissar. Sol fertile en pavots et en tabac.
kara - hissar , anc. Tyane, v. de la Turquie d’Asie (eyalet de Bozoq), sur le versant S. de l’Ardjisch et à 45 kil. S.-O. de Kaisariéh.
K a ra - hissar. v. de la Turquie d’Asie (Trébizonde), à 126 kil. S.-O. de Trébizonde; 50,000 hab. Ch.-l. de sandjak. Manuf de laine. Récolte considérable d’opium.
KARAK ou KHAREK, île du golfe Persique , sur la côte du Farsistar. (Perse), à 150 kil. de l’embouch. du Chat-el- Arab. Occupée, de 1746 à 1768, par les Hollandais, et en 1839 par les Anglais, qui en ont fait une dépendance de la présidence de Bombay; 1,000 hab.
KARAKAL, v. des Principautés- Unies (Valachie),
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4. 154 lui. O.-S.-O. de Bukliarest non loin de Slatina , sur la rive g. de l’Aluta ; 12,000 hab.
KARAKALPAKS , tribus nomades du Turkestan , sur les rives du Sir-Daria. Quelques-unes obéissent au khan de Khiva.
KARAKORUM , v. d’Asie. V. Caracorum.
KARA-KOUL , v. du Turkestan , dans le khanat et à 06 kil. S. -O. de Boukhara, sur le Zer-Afschan, et près de son embouchure dans le lac de Karakoul ; 30,000 hab.Entrepôt du commerce entre le Khiva et la Boukharie.
KAR AM AN , KARAMANIE. V. Car aman , C aramanie.
KARAMOUSSAL , anc. Pronectus , v. de la Turquie d’Asie (Khodawendiguiar) , sur la mer de Marmara, à 40 kil. d’Isnikmid.
KARA-MOUSTAPHA , grand vizir de Mahomet IV en 1660, avait été d’abord grand écuyer, pacha, amiral. Vaincu sous les murs de Vienne par Jean Sobieski, 1683, il fut décapité par ordre du sultan.
KARAMSIN (Nicolas-Michaïlovitch), célèbre historien russe, né en 1765 dans le gvt de Simbirsk, d’une famille noble, m. en 1827, fit ses études à Moscou , débuta par des traductions du Jules César de Shakspeare, de YEmilia Galotti de Lessing, du poëme de Haller Sur l’origine du mal, et publia aussi quelques poésies légères. De 1789 à 1791, il voyagea en Allemagne, en Suisse, en France, en Angleterre, se liant avec les hommes célèbres. A son retour, il se fixa à Moscou , et publia successivement : Lettres d'un voyageur russe, 4 vol. in-8°; Bagatelles, recueil de poésies et de contes, 1792; une traduction des Contes de Marmontel , 1794 et 1815 ; les Aonides, recueil de poésies de divers auteurs ; le Panthéon des auteurs russes; le Panthéon de la littérature étrangère, contenant des traductions d’écrivains français (Buffon , Barthélemy, etc.); Becueil de nouvelles; Eloge dt Catherine la Grande; Marwa Posadnilza, ou Novooorod conquise, roman historique, trad. en franç. par Saint- Ilippolyte, Paris, 1818, in-12; Nathalie, fille d’un boïard , nouvelle ; une traduction des Contes de Mme de Genlis, 1816 ; Entretiens sur le bonheur, etc. Karamsin a aussi rédigé le Journal de Moscou, une feuille littéraire intitulée Aglaè, et fondé le Courrier de l’Europe. Des éditions de ses Œuvres ont paru à Moscou en 1804, 1815 et 1820. Mais ce qui a établi surtout sa renommée, c’est une Histoire générale de la Russie, Sl-Pétersb., 1818-28, 12 vol. in-8°, dont le dernier est de Bloudoff ; l’ouvrage, qui s’arrête à l’an 1560, est empreint d’une vive couleur locale, plein de recherches curieuses, puisées aux meilleures sources; la narration en est intéressante, grave, noble, élevée. Ses défauts sont un peu de monotonie dans le style ; une sorte d’indifférence partiale dans le récit de certains faits ; trop d’amour de la patrie ; de l’obscurité dans plusieurs parties, et pas assez de critique et de profondeur dans d’autres. Cependant Y Histoire de Karamsin n’en reste pas moins une grande et belle composition , qui obtint un brillant succès en Russie, et même en Europe, où elle fut traduite chez les principales nations. Une traduction française en a été donnée par Jauffret, Saint-Thomas et Divoff , 1819 et suiv. , 1 1 vol. in-8°. Karamsin fut historiographe du tzar Alexandre Ier, conseiller d’Etat , membre de l’Académie de St-Pétersbourg, reçut de Nicolas Ier une pension de 50,000 roubles, et termina ses jours dans le palais de Tauride. Pl.
karamsin, v. de Perse. V. kermanchah.
KaRANSEBES, v. des Etats autrichiens, chef-lieu du régiment Valaque-Illyrien, sur la Témès, à 83 kil. S.-E. cie Temesvvar; 2,900 hab. Elle défend le défilé de la Portede-Fer, qui conduit de Hongrie en Transylvanie.
KARASOU, c.-à-d. rivière noire, nom donné par les Turcs à tous les cours d’eau dont le lit est profond, ou dont l’eau est trouble; voici les principaux :
karasou, anc. Strymon , nommé aussi Strouma, riv. de la Turquie d’Europe, prend sa source dans le mont Ar« gentaro (Balkans), traverse l’eyalet de Salonique, et se jette dans le golfe d’Orfano. Cours de 200 kil.
karasou, anc. Neslus, riv. de la Turquie d’Europe, naît dans le mont Doubnitza, et afflue au golfe de Kavala. Cours de 170 kil.
karasou, anc. Mêlas, riv. de la Turquie d’Asie, naît à 70 kil. S.-E. de Sivas, et se jette dans l’Euphrate, à 24 kil. N.-E. de Malatia. Cours de 400 kil.
karasou, riv. de la Russie d’Europe (Tauride), passe à Karasou-Bazar, et se joint au Salgair.
karasou, nom moderne du cydnus.