‹ Dictionnaire général de la politique (volume 2)Chapitre 150 sur 260 · ROME (PONTIFICAT SOUVERAIN DE · texte numérisé non relu

ROME (PONTIFICAT SOUVERAIN DE

Nous ne parlerons ici des États romains et du gouTcmement du pape qu'au point de vue de l'administration et de la statistique. On peut voir aux articles Église catholique. Papauté, Temporel comment s'est formée cette autorité qui ne ressemble à aucune autre, qui non-seulement constitue un gouvernement d'ancien régime, comme l'écrivait le l'ère Lacordaire, mais qui , en réunissant dans une même main le spirituel et le temporel, contredit delà manière la plus étrange le principe sur lequel elle a pu croître. On n'oublie pas en effet que, si la foi chrétienne a si vite envahi les âmes sons les empereurs de Rome, c'est qu'elle venait les arracher au double joug d'un César, maître des lois civiles et souverain pontife des lois religieuses.

Lorsque Pie VU, après la chute de Napoléon, reprit possession de ses États, il v rétablit l'autorité pontificale, et le cardinal Consaivi, chef de son gouvernement, entreprit de la fortifier en abaissant celle du Sacré Collège qui. au dixhuitième siècle encore, se considérait comme faisant partie du souverain. Mais, quelque soin qu'il eût de ne revêtir de la pourpre que des sujets sans grands talents et sans caractère, Its cardinaux ne se prêtèrent pomt à l'absorption de leur pouvoir aristocratique dans l'unité pontificale; et. d'un autre côté, la bourgeoisie n'oubliait pas les leçons de hberté civile , ni le peuple les leçons d'égalité que l'Italie avait reçues de la Révolution française.

Longtemps contenue par les troupes autrichiennes, la révolte éclate après 1830. Les cinq grandes puissances déclarent elles-mêmes à la papauté par un mémorandum du 10 mai 1831 qu'il est devenu nécessaire de réformer l'Etat. les trilamaux surtout , et que l'administration doit être sécularisée. Rome laisse dire ot demeure immobile. En 1846, quand partout fermente l'esprit d'affranchissement, un nouveau pape. Pie IX. annonce qu'il satisfera l'Italie. Les mofif propn'o de juin et de décembre 1847 ne suffisent bientôt plus: le 1 i mars 1848 le pape publie le statut fondamental qui convertit

son gonvemement en une moDirehie constitotionnelle à deox chambres. Le premier des G9 articles de ce statnt déclare du reste qn'aodessus de ces nonreaux pouvoirs, le Sacré Collège demeure en droit nn sénat insèpiralifc du pontificat On sait de quels monveaieDts Unrope était alors agitée. Le 9 février dans l'AsseBblée constituante romaine, 143 toîx ceatre 5 proclament la déchéance du pape comme coQT^ rain temporel, et lorsque cette Assemblée promulgue la Constitution de la République, oo nV voit qu'un article où il soit question deb papauté. • Le chef de l'Église catholiqae recevra de la République toutes les garanties Dècessaires à Texercicc indépendant dn pooroir spirituel. * La séparation des deux pouToirs eût été sans doute définitive, si la France n'était pas intervenue. Le 12 avril 1850 elle nom le pape au Vatican. Dès le 17 Juillet 1849 bm commission de trois cardinaux était venoe s'Ikstaller à Rome. Le 12 septembre 1849 onranifeste pontifical, pour donner une apparence de satisfaction à la France . annonça finsfitih tion d*un conseil d'État , l' établissement d'âne consulte pour les finances, la confirmation de l'institution des conseils provinciaux, desfrnchises municipales et l'établissement d'une commission chargée de la réforme de la io»* tice. Pendant longtemps aucune de ces promesses ne reçut même nn oommenoeBcnl d'exécution. Le' 10 septembre 1850 panitrèil du cardinal Ântonelli, secrétaire dIStat, ceri4dire premier ministre, qui organisait le goivernement.

Cinq ministères sont créés, celai de rimérieur, celui de grâce et justice, celai des flnaces, celui de la guerre et celui da commefce qui comprend aussi Tagriculture, Finâostrie, les beaux-arts et les travaux publics. En outre le droit est réserve au pape de nonuoer des ministres sans portefeuilles. Pour la prenière fois , un sculprélat est chargé d'un portefcnDe; c'est le ministre de rintèrieur. Auprès de chique ministre est placé un substitut Au-desse de l'administration civile, ainsi divisée, reste établie l'autorité du cardinal secrétaire dttat. investi par délégation du pouvoir législatif de la papauté qu'il exerce en personne, an liet d'en valider des actes par sa signature, cobbc cela se pratique partout ailleurs. (Test en quelque sorte le grand vizir d'un empire oriôbL Il préside de droit le conseil dM ainîstres, on se discutent non-seulement Inifjpfi et les affaires, mais où se décident J|{É nooiinatiofts et les révocations d'emplois.

Dans les attributions du ministère de rint^ rieur sont placés l'administration prorfindile et municipale, les archives, les forêts, lei^ gimc sanitaire, la police, les passe-ports, b statistique, la discipline, les prisons, le jonnal officiel et la censure. Le ministre de grâce d justice dirige la magistrature et les tribonans, la correspondance avec les juges mixtes et Id juges ecclésiastiques étant réservée au cai# nal secrétaire d*Etat. Il est encore chargé deb statistique judiciaire et de la publication d'in bulletin des lois. Le ministre des finances ad-

population aura doublé. Bile sera encore l insuSIsanle poitr mettre en Taleur complète richesses de cette immense contrée.

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