‹ Dictionnaire général de la politique (volume 2)Chapitre 26 sur 260 · INDE · texte numérisé non relu

INDE

après un heureux voyage. Cette compagnie résolot de créer un établissement dans l*lle de Madagascar. Cette tentatire eut peu de succès, et, en 1642, les établissements français de Madagascar étaient encore réduits à la limite de leurs fortUications.

En 1654, le maréchal de la Meilleraie expédia pour son compte trois narires à Madagascar; mais il ne fut pas donné suite à sa tentative, car il mourut peu de temps après.

Colbert, voyant Tinsuccès de toutes ces expéditions et se rendant compte que la France ne pouvait sans danger se laisser ainsi devancer par les autres puissances, créa une Compagnie française des Indes orientales, sur le modèle de celles de la Hollande et de TAngleterre. Cette compagnie fut même plus favorisée que ses rivales. Colbert, tout entier a sa doctrine économique, protégeait bien quand il voulait s*en donner la peine, et la nouvelle compagnie s^éleva i la faveur de la pratique protectionniste la plus énergique.

Entre autres avantages, le gouvernement s'engageait, vis-à-vis de la compagnie, à soutenir parles armes ses établissements et à faire escorter les convois par des escadres de navires de guerre, lorsque le besoin s'en ferait sentir.

Madagascar fut encore choisi cette fois comme point central des établissements français dans riude. Ce choix malheureux entrava les premiers pas de la compagnie. On se demanderait avec étonnemcnt quelles purent être les considérations qui firent choisir ce point, tandis qu'il y avait tant d'autres endroits plus propices et mieux appropriés au but que Ton poursuivait, si Ton ne comprenait que les intéressés des premiers établissements de Madagascar durent faire tous leurs eflbrts pour attirer de ce côté les expéditions de la compagnie. Cependant, petit à petit, la compagnie unit par s'établir, et, en 1744, sa puissance était considérable.

Aussi, la guerre ayant éclaté à cette époque entre la France et l'Angleterre, les deux compagnies se firent une guerre acharnée.

Le traité d'Aix-la-Chapelle y mit un terme, la France rendit Madras à l'Angleterre , et les hostilités directes cessèrent entre les deux compagnies. Mais chacune d'elles possédait des corps d^armëe plus considérables qu'il ne lui était nécessaire en temps de paix, et pour les utiliser, elles les mirent au service des princes indigènes. Cette politique habile leur assurait en peu de temps une grande influence dans rinde, et même leur permettait d'espérer la possession complète du pays, soit directement, soit par l'intermédiaire de princes indigènes, leurs créatures.

Les Anglais firent une expédition dans le royaume de Tanjore pour replacer sur le trône on roi de ce pays qui avait été chassé par ses aqjets; cette expédition réussit complètement pour les Anglais, qui, s'apercevant que leur prétendant ne jouissait d'aucune popularité dîna le pays, continuèrent la guerre pour leur Dropre compte, et s'emparèrent du fort de Devi- Gotâu

Le gouverneur français, Dupleix, pay Mahrattes la rançon du prince Chunda-â qui était leur prisonnier depuis 1741. et r de se servir de ce prince pour Jouer ui dans la politique des indigènes. Ghunda-1 quitta la prison de Sattarah en 1747, à li d*un corpîs de trois mille Mahrattes. Il m sur le Carnatique , secouq^ sur son cher rajah Chetterdroog, qui était sur le point • défait par celui de Bedroar. 11 en obtint é gent et un renfort de troupes. Sur ces < faites, Nisam-al-Mulk, subahdarduDécan, rut, et xNazir-Jung et Murzapha-Jung, Tu et l'autre petit-fils de ce prince, se dispui le pouvoir.

D'après les conseils de Dupleix, Chunc heb offrit le secours de sa petite armée a l pha-Jung; les Français envoyèrent eux-n un petit corps d'armée au secours des alliés. Cette entreprise réussit, et aprè péripéties et des batailles nombreuses, Jung fut tué et Murzapha-Jung fut pro subahdar du Décan-

Les Français retirèrent de grands avai de ce prince , qui reconnut Chunda-Sahe bab du Carnatique, et partit pour Hyde avec un corps d'Européens.

Dupleix était donc arrivé à force d'ha à avoir deux souverains Indigènes qui é ses créatures et qui le considéraient o leur principal appui. Quelque temps a Murzapha-Jung fut tué dans une révolte; fiussy, qui commandait le petit corps d*] français à Hyderabad, avait su prendre i ascendant sur les chefs indigènes, qu'U II clamer uu des frères de Murzapha-Jung, n Salabur-Jung.

Chunda-Saheb, à l'instigation des Fran^ avec leur secours, attaqua alors les An et les deux compagnies, sans s'inquiéter paix qui avait été conclue entre la Frai l'Angleterre, se firent ainsi la guerre pou propre compte.

Les Français remportèrent de grande tages, mais ces triomphes furent intenc par le rappel de Dupleix, en 1754. Les i très du roi Louis XV n'osèrent le souteni

A partir de cette époque, la puissant Français dans l'Inde décrut rapidement; e dis que les Anglais, commandés par Gliv saient chaque jour de nouvelles conquête Français voyaient, au contraire, leurs p siens' amoindrir et leur influence dispara

Les Anglais soumirent leurs possession système régulier d'exactions de toute m ils s'emparèrent du monopole de toat denrées de première nécessité et répriii la contrebande avec une cruauté sans ex dans les annales des peuples civiUsés.

tyrannie enrichit la compagnie et ses i^ mais les pays qui y étaient soumis dèp^ avec une effrayante rapidité et furent d par des famines terribles.

Tous ces excès motivèrent, en 1772, a quête du Parlement anglais, et William dith, dans un éloquent discours, monln gleterre étonnée quelle avait été li oq

INDES

aucun prétexte de rébellion. Ainsi que nous le Terrons, les précautions prises par lord Bentinck étaient indispensables à la sécurité des Anglais , et si ses successeurs avaient toujours suivi la même ligne de conduite , il est probable que de grands malheurs eussent été épargnés.

Ce fut aussi grâce à lord Bentinck et à la persistance de ses efforts que TAngleterre dut rétablissement d*une ligne directe et régulière de communication entre l'Europe et Tlnde par la mer Rouge et Tisthme de Suez. Ce progrès mit TAugleterre à même de suivre avec plus de soin le développement de sa brillante conquête , et c'est de cette époque que date réellement Foccupation complète et sérieuse de rinde par ses propriétaires. Le grand éloignement, et la traversée indispensable Jusqu'à ce jour du cap de Bonne-Espérance , empêchaient souvent les Anglais de se rendre dans Tlnde pour veiller eux-mêmes aux affaires les plus graves; depuis que lord Bentinck eut en quelque sorte rapproché Tlnde de TAngleterre , et qu'il eut mis cette contrée à la portée de ses compatriotes , les relations se multiplièrent et les liens qui unissaient les deux pays se trouvèrent considérablement resserrés.

En 1833, la Compagnie voyait son privilège expirer, aussi dès 1830 lord Ellenborough avaitil proposé la formation d'un comité chargé d'examiner les affaires de Tlnde. 11 avait fait, en outre, une motion teudaut à décider si Tlnde devait être gouvernée avec ou sans l'assistance de la Compagnie ; s'il était à propos que cette assistance s'exerçât sous la forme précédemment adoptée ou sous une forme nouvelle.

On voit que la Compagnie des Indes était déjà bien loin de satisfaire tout le monde , et que des esprits éclairés, prévoyant les malheurs dont elle allait devenir la cause, demandaient sa suppression. Malheureusement ils ne furent pas écoutés et l'Angleterre commit la faiblesse de laisser subsister un gouvernement spécial, n'ayant pour but que d'enrichir ses actionnaires et, par conséquent, disposé à tout se permettre pour remplir le but unique dans lequel il avait été créé.

Voici quelle était à cette époque (1833) la constitution politico - industrielle de cette fameuse Compagnie des Indes qui disposait du sort de plus de cent millions d'honunes.

Le capital social était de 6 millions sterling ou environ 1 50 millions de francs , dont l'intérêt était fixé à 12VsP- 1()0.

Les affaires générales de la Compagnie étaient réglées par la cour des propriétaires. Ceux des propriétaires qui possédaient pour 500 livres d'actions , au moins depuis un an , avaient le droit de siéger; mais pour avoir une voix il fallait avoir un capital de 1,000 liv. st. engagé dans l'opération. 1,000 livres donnaient droit à une voix, 3,000 à deux, 6,000 à trois, et enfin 10^000 et plus à quatre. C'était le nombre de voix le plus élevé auquel on pût arriver.

Le& femmes et les étrangers avaient le droit

Q-aeulement de posséder des actions de la

iqpagnie, mais encore de prendre part aux

délibérations et de voter. Le nombre des y était de 2,000 environ.

La cour des propriétaires s'assemblail lièrement tous les trois mois, die nonun directeurs tirés de son seûi pour admi les affaires politiques et flnancières de l pagnie.

La cour des directeurs, nommée par ] des propriétaires , se composait de trente bres qui devaient être Anglais on avoir * turalisés, posséder au moins pour 2,000 d'actions de la Compagnie , n'être ni dii de la banque d'Angleterre , ni directeni Compagnie de la mer du Sud.

De ces trente membres , vingt-quatre ment siégaient à la direction , et six so à tour de rôle du service actif et n'étaiei ligibles qu'à l'expiration de l'année. L des directeurs nonunait chaque année S( sident et son vice -président Elle s'assc une fois par semaine et il fallait la pn d'au moins treize des membres pour ' les délibérations. Toutes les questions < décidées au scrutin secret.

La cour des directeurs se partageait e comités : 1<> intérieur et comptabilité, 8 brcs; 2<> affaires politiques et militai] membres; Z^ législation, justice, fbu 7 membres.

Les affaires secrètes étaient confiées à i mité composé du président, du vice-préi et du plus ancien directeur. Les memb ce comité étaient astreints, au moment d entrée en fonctions , à la formalité de la tation d'un serment dont voici la teneur

« Je jure d'exécuter fidèlement le n qui m'est confié comme membre du < secret , nommé par la cour des directei la Compagnie des Indes , et de me sen pouvoirs qui me sont attribués en cette ( avec toute l'habileté et tout le jugement d suis capable. Je ne confierai ou ne fera naître à qui que ce soit les ordres secret structions, dépêches, lettres officielles oi munications qui pourront m'être donn envoyés par les commissaires pour les a des Indes , si ce n'est aux autres membr dit comité secret, ou aux personnes non et désignées pour transcrire ou prépan documents , à moins que je n'y sois au par lesdits commissaires. Qu'ainsi Dieu m en aide. »

Le gouvernement des Indes recevait < tement ses instructions de la cour des teurs, qui jouissait des prérogatives le étendues , et entre autres de celle de no à tous les emplois, à l'exclusion des j des évêques et des ofliciers de l'armée reine, appelés à servir dans les Indes. Li ronne s'était aussi réservé le droit d'ace ou de refuser sa sanction à la nominati gouverneur général, et à celle des gén commandant en chef les armées de l'Inde

La mort du roi George IV, en entrain dissolution du Parlement, interrompit le vaux commencés en vertu de la motion d Ellenborough, et la succession des réfon

1b*KS 05 In -*r-t7ii y 2s rî ri 7t**T»-*it"*^ lit* lLJia»;ilB It: : ïiH-

»x»-.:ai 19C Tne âiffs si*:': :i I mîi.iji» sn

^ smr TCX£: Fil* e= ttï-iu:: i r:.»:-* iixi:àiiri'= is uns irg^i.i "Ef ri-f ïSs '«n.Hii f'i h ii.cn ^. fcs -Tnas ±!a«ii trrait=ar ir^rJE-s i.*

^aiiarr a jt^ru-ist nu f u-^ ut -r4iiaiiîsf j* atnsp'Trs ritîr-^ îîït nEdaif2T:2'cs a . • ,' •

' i.zrz,kZ.srMi. Ir^iir t:::;:— ±:'-c *ir irï- 1-i rira." î^ TT5*irr^ir zsls r* ?«7ï ■? Zrsc

il . î-k! sr Zssrt* •.a»»ïr -p:"Li:r i a 'c'.f lae «raie; ■» ~r-::nrt ii» iâ m^xn-it^-.i

iiîr'i:::c i -Tisiikr "mis •îs- î— ^ rv. ^ijii-ti»:-: a: ;-:r£r nn-T'-K^ t^ s4 ï.::.-:!S-.~t -ai: - u-

isrz -^imift** ïÈt ^

nucie zm -Tin bs fTTnwwT fc &

iJIIXs.

Lz :!l' :!-; if^seTl PC HT^^IE J» SOI

■mice'-s -x ic?^.- l'iÊi*: racr* îe

- <ri-

ji:

LiLr e -iàfi I m ir*

i«Dir «^jr jrsa s =:ic«» i .* t-:

r«* ;— »: li — Si î* riiir: ei zsiuc:

Ir-. •:**>.

-■ z-."r:- r; .•rc- rr-ri.^i:a. *sc if "11»' — '"^'- ; -^r^ATPiiiiaià^i 3UI2 .*î»r

;-.-^*j* i t^-Ts- roîT i'^ar r^

:;-.r- > 5N..:a' ■.':.: ':'"." .•; -i "^ile 3; T*

-> r :^ - " ■ ':-'■-■ Ji:l;^-71 i

-.• ~ r- .s T'.'i -"J^'ï L."."^? Il "": -i*."' ^'-■*

:iu^ .1

INDES

téme des marchands qui ont créé Fempire anglo-hindoa. D ne reste pas pierre snr pierre de Fëdiflce d'exploitation qu'ils axaient érigé. Les insurgés qoe Ton a si durement mitraiJlés ont eu raison, et une ère de justice et d'équité s'oaTre grâce à la sublime protestation des martyrs dont les membres ont été réduits en poussière à coup de canon. Le brutal fanatisme des fakirs na pas triomphé, mais l'Angleterre lictorieuse, grâce â l'énergie impitoyable des moyens de répression qu'elle a employés, s'est Tuè forcée de réparer elle-même ses erreurs. Elle a donné une nouTelle preuTe de son génie pratique, en modifiant d'une manière aussi radicale une politique qu'elle fût peut-être parrenue â maintenir, mais qui â coup sûr eût été pour elle un danger permanent.

Les bits sont Tenus démontrer la justesse des réformes accomplies par les Anglais . car depuis la pacification la rérolte n'a plus relerè la tète. 5ana-Saheb n'est pas mort, il est Trai, mais il n'a plus donné signe de Tie. et lord Canning. arant de partir pour l'Angleterre . a pu faire une tournée triomphante dans les pro- Tinces pacifiées; il a pu s'assurer que l'autorité anglaise était bel et bien rétablie du cap Comorin à l'indus et de Bombay à Calcutta.

En même temps que l'.Uigleterre refermait le régime politique de l'Inde, elle se trouTait dans l'obligation de réorganiser le système administratif et gouvernemental: les finances surtout réclamaient toute son attention. Cette tâche fut confiée à M. J. Wilson . fondateur de YEconomisi et ancien lord de la Trésorerie.

V. J. Wilson constata d'abord l'état de choses. Le déficit de l'année 1859 avait été de plus de 230 millions de francs. Cet habile administrateur, fidèle au système appliqué en Angleterre, proposa des réductions de taxe qui devaient augmenter les recettes en stimulant la consommation, et résolut d'appliquer à l'Inde l'impôt des patentes et du revenu.

Ces nouvelles taxes étaient combinées de la manière la plus habile: l'impôt des patentes ne devait pas demander plus de :i!j fr. à la classe la plus imposée . et l'impôt du revenu devait être de 2 p. 100 sur les revenus de 500 à 1.250 fr. et de 4 p. 100 au-dessus Cependant elles ne pnreut être êtiMies sans susciter de grandes réclamations, et les marchands et commerçants indigènes y opposèrent la plus vive resisîance.

M. J. Wil^Q moanit . mais lori Canning avait donné sa sanction aux nouvelles mesures qui avaient ete adoptées par le Corps législatif indien. Les choses suivirent doue leur cours, et lavenir vint donner raison aux prévisions de 1 économiste rofonnateur.

Lexfosê qui va suivre démontre, eu effet, que r.\JiÀ:l-. terre a triomphe des diflicultvs tinancitres de Tin Je. et que la voie suivie par elle était aussi ILberale que ftcoaJe. Voici, en effet, d" après les derniers «iocuœects officiels l'état des finances de l'Inde an^liise.

En 1S63. le revenu de llnde. d'après les préTisions officielles, s'élèvera à la somme de 44.971,200 livres sterling, et les dépoises à

44,290,425. Sur cette somme 5^47,300 ] sont dépensées en Angleterre, et 1,617,82 proviennent de l'intérêt garanti sur le < des chemins de fer après déduction d cettes. 11 y a donc, en réalité, un ex( de 680,775 liv. st. qui seront employées dépenses imprévues, aux travaux public l'instruction pubUque. Sans la diminuti certains droits de douane et de Vincomi l'excédant eût été de 815,772 Iît. st

Quelques personnes espéraient que o cédant permettrait d'abolir Vitieoau'tû gouvernement a décidé que cet impôt maintenu . et il a été décide en principe q diminution aurait lieu sur le droit du fer, que les machines dont l'entrée est libre, coutellerie, qui reste comme par le passé pée d'un droit de 10 p. 100 et d'une taxe registrement de 1 p. 100.

Les droits sur les spiritueux restent comme par le passé: mais ceux qui son blis sur la bière sont réduits de moitié, lieu de 3 d. par gallon . ils sont fixés à 1 Les droits sur les vins sont fixés uniiSi ment à 2 sh. par gallon au lieu de 4. Ce équivaudra à peu près à un droit ai vai de 13 p. 100. La perte provenant de ce verses réductions est évaluée seulem< 50.000 liv. st

L'income - tax subira une réduction tiers . et an lien de 4 p. 100 elle sera fi: 3 p. 100. Cette rédaction donne une dimio de revenu de 2S5.0CK) liv. st qui. ajouté 50.0*: 0 liv. st de diminution des droits de do donnera une diminution totale de 335,000 1 Si on déduit cette somme du surplus d venu qui est de 815.775 liv. st, il reste disposition du gouvernement une somm 4S0.775 liv. st.

Le revenu de l'opium est estimé à 8 ml sterling, â peu prés autant qu'en 1862, environ deux fois plus qu'avant l'insu tion.

Le revenu total >ïe l'Inde est actuelle ilS63= de 45 millions sterling, en 1858-11 n'était que de 36 millions : voici les chil année par année.

Page 1