INDÉPENDANCE BELGE. — INDES
Ce ftat en 1848 que, les éTéoements aidant, le Journal commença à prendre son grand dé- Teioppement et à conquérir une situation de premier ordre dans la presse européenne.
Enfin, au conunencement de 1856, M. Léon Bérardi, de Marseille, principal rédacteur de
Y Indépendance depuis 1846, constitua une nouTelle société qui acheta le Journal des mains de IL Perrot. M. Bérardi devint alors directeur et rédacteur en chef de YlndépencUtîtce, en même temps que son principal propriétaire.
L'influence et le succès de V Indépendance n*ont fait que grandir en ces dernières années. G*est aujourd'hui un des Journaux dont la publicité est le plus étendue et qui possèdent le plus de lecteurs sur tous les points du globe.
Gela est dû en partie à ce qu'on y trouve bien des détails que les Journaux français ne peuvent pas publier, et aussi à ces informations rapides et multipliées, à ces dépêches, à ces correspondances que Y Indépendance reçoit de chaque pays.
Les doctrines de Y Indépendance sont en toute matière de politique, de finances, de commerce et d'art, du libérah'sme le plus large. Bile a résumé son programme par ces mots : Conservation par le progrès. Elle soutient en effet en toute rencontre qu'on ne peut rien fonder de définitif que par la liberté absolue. Vindépendance combat tout ce qui, dans les traités de commerce, dans les lois, dans les règlements administratifs, retarde, sous prétexte de nécessités de transition, de progrès sage et modéré, l'application complète de la liberté.
Les principaux collaborateurs de Y Indépendance helge à Bruxelles, sont, pour la politique intérieure : MM. Nestor Considérant et Paul Landoy; pour la politique extérieure : MM. Auguste Couvreur et F. Hanno. Toutes les questions artistiques et principalement les œuvres musicales sont examinées dans Y Indépendance par M. Edouard Fétis, membre de rAcadémic de Belgique. La chronique des théâtres et la revue littéraire sont confiées à M. Gustave Frédérix.
M. Camille Berru, ancien rédacteur de Y Événement, est secrétaire de la rédaction de
Y Indépendance, et en outre secrétaire particulier de M. Bérardi.
À l'étranger, Y Indépendance a près de 50 collaborateurs. Parmi ces collaborateurs, on peut citer M. Paul Foucher, le plus important des correspondants parisiens du journal, et M. Jules Janin qui envoie à Y Indépendance des feuilletons signés : Éraste. M. B.
INDES. L'Inde proprement dite est tout le pays qui s'étend depuis T Himalaya jusqu'à la mer. Cette vaste contrée jouit d'un des plus beaux climats du monde, et, grâce à sa position, elle est couverte des productions les plus riches et les plus variées.
L'Inde est, sinon le berceau de la race humaine tout entière, du moins l'un des pays où rhomme se multiplia le plus rapidement. La ' thesse du sol et la douceur des mœurs des «leni habitants de l'Inde attirèrent dans
ces contrées des hordes de barbares qui virent successivement les ravager, 8*y étaûr, et qui créèrent par leur superposition celle multitude de castes différentes d*aspeet, éà mœurs, de religion, qui subsistent encore ai- Jourd'hui, distinctes les unes des autres^et que rien n*a pu fondre en un tout homagàwi
Cette multiplicité de peuplades diverses, habitant le même sol depuis des milliers données et restant cependant étrangères les imai aux autres, est un des phénomènes les ptai curieux de l'histoire de Thumanité, et dan aucun pays le même fait ne s'est reproduit sv une aussi vaste échelle, ni avec la même pe^ sistance.
Chose non moins singulière, tous ces penplei ont conservé leur tradition, et les monumoiito de leur territoire ont subsisté en dépit de tootai les invasions et de tous les malheurs dont €• pays a été le tliéâtre.
Les premières races qui habitaient Tlnde, subsistent encore aujourd'hui, refoulées dau les montagnes inaccessibles; ce ne sont pin que de petites peuplades misérables que le temps et les circonstances ont rendues tout i fait étrangères les unes aux autres. Leui langues qui seraient le seul moyen de retrouw la trace de ces nationalités dispersées, ont èli peu étudiées Jusqu'à ce Jour, de sorte qa*fl eat presque impossible, vu l'état actuel de noe connaissances , de procéder au travail intéressant de leur classement et à la recherdie de leur origine; ce sera l'œuvre des gtoëratiom futures. On ne peut à ce sujet que hasttdflf des conjectures qu'il est inutile d'énoncer id. Tout ce que l'on peut dire, c'est que ces peuplades semblent divisées en deux grandes races primitives qui se sont croisées de toutes les manières possibles : une blanche dont le profil, les cheveux et les principaux caractères physiologiques démontrent l'origine cancat^ que ; et une noire ayant, ainsi qu'en témoignent ses cheveux crépus et tout son ensemble, de grandes afiinités avec les races des Papons os nègres océaniens dont elle est peut-être la souche.
L'histoire de l'Inde peut se diviser en quatre grandes périodes :
La première, depuis l'invasion des Aryas, jusqu'à celle d'Alexandre le Grand.
La deuxième, depuis l'invasion d'Alexandre, jusqu'à la conquête de l'Inde, par Mahmoud le Gasnévidc.
La troisième, depuis l'invasion de Mahmoud le Gasnévide, jusqu'à Tépoque des premiers établissements des Européens dans l'Inde.
La quatrième, depuis l'époque de l'établissement des Européens dans l'Inde, jusqu'à nos jours.
On comprendra que nous négligions complètement les trois premières périodes pour nous occuper exclusivement de la quatrième; la nature de ce recueil nous impose cette obUgation. Nous examinerons aussi très -rapidement l'histoire de l'établissement des Européens dans l'Inde, et nous ne traiterons en détail que la période tout à fait contemporaine, la seule in-
INDES
saute aa p<^t de rue politique et éconole.
fist i la fin du qninaième siècle que les pèens entrèrent dans Tlnde. Les Portugais il&rent les premiers le cap de fionne-Espée et tracèrent ponr ainsi dire la route aux reaoz conquërûits qui dOTaient subjuguer s la Pèninside indienne. Vasco de Gama ord» puis ensuite Albuquerque, s'empaot de presque toute la côte de Malabar et Htaêrent une puissance formidable, qui, e à Fénergie et an talent des amiraux pork, coDsenra longtemps le mouopole du OMTce de Tlnde.
s Français et les ioglais, après dé noms efforts, panrinrent cependant à cbasser Portugais de presque tous les points qn*ils paient et dès la fin du seizième siècle, la HDce des nouTeaux venus avait complètet éclq^é celle des premiers conquérants, s Prancais forent les premiers à entredre la 'latte contre les Portugais, et dès une expédition partit de Rouen dans ce Les Anglais firent aussi plusieurs tentatives gués, en 1582 et en 1596; mais ces ex- ■Bi furent repoussées. Francis Drake id, pnis ensuite Thomas Gavendisb, pas- É par le détroit de Magellan, brûlèrent les ans espagnols de rAmérique du Sud et rant des relations commerciales entre leCflnre et les lies Philippines.
\ BoUandais, à leur tour, imitèrent les Anal, en t595, une expédition, commandée ioatman, quitta Amsterdam. Le succès de preoûère tentative enhardit les HoUanet leur commerce avec les Indes prit un t accroissement.
IS99 fut formée, à Londres, une compaposr Texploitation du commerce de Tlnde; pilai social de cette entreprise fut fixé à 3 Mt. st. et divisé en 100 actions. Telle Kigine modeste de la célèbre Compagnie ades qui couvrit les mers de ses flottes, ■t à sa solde une armée digne d'un grand re, et qui étendit sa domination sur plus Bt millions d*hommes. On était si loin de âr les brillantes destinées de la nouveUe lagnie que le départ des premiers navires lapendu par ordre pendant plusieurs mois, ne pas porter ombrage à TEspagne, avec îOe TAngleterre était sur le point de con- !an traité.
tte compagnie, désignée sous le nom de ngnie des marchands de Londres, avait le ipole du commerce de tous les pays situés Ak du cap de Bonne-Espérance et du déde Magellan. Le privilège était limité à une ide de quinze années, renouvelable à la ktè du gouvernement. La première expéa BDÎt à la voile le 2 mai 1601. Cette expéa et presque toutes celles qui suivirent Il très-heureuses, et la compagnie réalisa ■mes bénéfices; elle n'eut à essuyer que ie rèsbtance dans la plupart des pays où aaaya de trafiquer, et ce n'est qu'en 1609 110 qo*eUe eut à combattre les Turcs, à i, «lisi Portugais sur la cdte de Malabar.
fin 161 1 , le roi Jacques envoya une expédition sous les ordres de Thomas Bert , qui se rendit à Agra, auprès du Grand Mogol, et conclut avec ce prince un traité d'alliance fort avantageux pour l'Angleterre. En exécution de ce traité, la compagnie reçut l'autorisation de construire son premier entrepôt à Hoogly.
A la même époque, les états généraux de Hollande approuvèrent les statuts d'une compagnie des Grandes-Indes qui fut à peu près organisée sur le modèle de la Compagnie anglaise. *
En 1617, les Anglais portèrent lé capital de la Compagnie à la somme de 1,600,000 liv. st. Cette somme, considérable pour l'époque dont nous parlons, ne fut cependant pas longtemps suffisante, et en 1631 , une nouvelle souscription de 470,000 liv. st fut ouverte.
Cependant, en dépit de tous ses succès, la Compagnie fut un moment sur le point de périr par suite de la concurrence que lui fit une autre compagnie anglaise que le roi avait autorisée, et dont on assure même qu'il était fondateur. Mais cette crise fut de courte durée, et, en 1639, les deux compagnies rivales se fusionnèrent
En 1642, la Compagnie éleva, à Madraspatam, son premier fort, nommé fort Saint-Gorges. En 1652, elle obtint le privilège du commerce dans la riche province du Bengale.
En 1 663 , les Anglais occupèrent Bombay qui leur fut cédé par les Portugais, et, en 1675, une révolte ayant eu lieu dans cette place , le siège du gouvernement qui était à Surate fut transféré à Bombay.
Les indigènes du Bengale ayant montré de mauvaises dispositions à l'égard des agents de la Compagnie, les Anglais envoyèrent sur la côte une expédition militaire; c'était la première fois que la Compagnie avait recours aux armes. S6s débuts furent peu brillants; plusieurs de ses factoreries furent pillées et brûlées. Elle envoya une nouvelle expédition qui ne fut pas plus heureuse que la précédente, et elle dut évacuer le Bengale.
Les Français travaillèrent avec énergie à rattraper le temps qu'ils avaient perdu. Nous avons déjà parlé d'une tentative infructueuse faite par eux en 1503. Ce fut encore de Bretagne que sortit la deuxième expédition ftançaise, et elle n'eut qu'un résultat insignifiant Il en fut de même d'une première, puis d'une seconde Compagnie des Indes qui furent instituées , mais qui ne purent réunir des fonds sufflsants. Enfin, en 1615, un Français, nommé Gérard Leroy, qui avait vainement cherché à constituer les deux compagnies des Indes, réussit à armer deux vaisseaux; il arriva à Java, mais les Hollandais lui ayant suscité des difficultés , il fut forcé de vendre un de ses navires. Cependant l'entreprise n'en rapporta pas moins des bénéfices assez considérables pour encourager les négociants français à suivre la voie que Gérard leur avait tracée.
Une nouvelle expédition sortit, en 1618, d'Honfleur; un des navires se perdit, en reveiiant de Sumatra, et l'autre rentra au Havre,