INDUSTRIE
que le tribut auquel il ne peut se soustraire. L'exaction n*a point encore les formes sayantes que plus tard elle reyêtira; elle ne saisit et ne ^ôve que les modes les plus apparents d'activité. Avec le christianisme, les liens de Tantiquité païenne se détendent; Tesclavage cesse; l'homme s'appartient , même quand la fonction reste asservie. Bien des siècles s'écouleront encore avant que la fonction soit complètement libre; le privilège ne cédera du terrain que pour se reconstituer autrement, et avant de se rendre, disputera toutes les positions où il pourra se retrancher. Dans les campagnes il se défendra par la mainmorte et les droits du sang; dans les villes, il s'armera de la tyrannie des r^lements et des corporations. Dans toutes ces combinaisons, une pensée sera toujours présente, c'est d'assurer au petit nombre une existence plus commode, une fortune plus stable, des moyens d'acquérir plus facUes qu'au reste de la conmiunauté. De quelque prétexte qu'on les colore, en cherchant bien, on trouvera que ces combinaisons se résument toutes en une situation abusive. Un individu, une classe, un corps en profite; la masse de la population en éprouve du dommage. Même aujourd'hui que les grands privilèges ont été emportés par le mouvement de l'opinion, aucun des petits privUèges qui se sont récomposés à bas bruit, sous des motifs plus ou mohis spécieux, ne résisterait à cette manière de les envisager. On verrait qu'à peu d'exceptions près, ils ne sont que des d^isements de l'intérêt privé, sous le masque de l'utilité publique.
C'est de l'État que l'industrie tire cette force d'emprunt; seul, il peut donner à une foveur le caractère d'un droit. Si la politique était autre chose qu'un art d'expédients, il y aurait longtemps que l'État aurait vu que tout ce qu'il livre, en fait de positions privilégiées, est autant de préjudices, que non-seulement il fait au public, mais qu'il se fait à lui-même. L'activité libre est le meilleur et le plus sûr véhicule de la richesse, et par suite la source la plus abondante des revenus du Trésor. Quand rÉtat rétrécit le champ de cette activité, il prend parti contre lui-même; quand il livre à quelques-uns ce qui est le domaine de tous, il* commet une injustice dont il est le premier punL Nulle mesure n'est plus exacte pour le degré de richesse d'un peuple que sa liberté d'action. C'est en matière d'industrie surtout que cette vérité est démontrée jusqu'à Fèvidence. Tant qu'elle a été renfermée dans des compartiments où les initiés seuls avaient accès, l'industrie n'avait, ne pouvait avoir qu'un développement limité; elle eût éternellement végété , si elle n'eût brisé ses cadres. Bonnes au début, comme moyen de défense, les institutions corporatives étaient devenues, dans leur durée, un instrument d'oppression en même temps qu'une cause de fsdblesse. L'émancipation de l'industrie a seule éveillé les germes de sa puissance, et Ta amenée où nous la voyons. Aux groupes artîflciels et restreints, où les procédés et les méthodes étaient strictement imposés, où les syndicats et l'État étouf-
faient l'esprit d'invention par on coi biné, cette émancipation a substitué établissements que leur convenance que le génie individuel anime, qui i prospérer et se multiplier, d'autrç pri les services qu'ils rendent, sont ouvi les bras, à toutes les expériences, a spéculations. Quel témoignage veut-* des bénéfices que procure une enti< d'action! Pour la conmiunauté, il si luer la richesse acquise et l'excédai occupés; pour l'État, il suffit de co:
qu'était autrefois la matière impos qu'elle est aujourd'hui. L'épreuve concluante, et tel est pourtant l'e habitudes que chaque jour on conv reprendre quelque débris de ce don a abandonné, à mettre la main sur vite qui lui a été si profitable. De bî( tés, et à tout propos, se font entend clarations d'impuissance et des app nouvelle tutelle; U semble que partoi manque, tout va manquer. L'indus même demande que l'État mette du les services qu'elle rend, y interviei des faveurs , là par des empêcher fasse juge et garant des procédés qi ploie et des résultats qu'elle obtient, l'arbitre et le distributeur des fortui procure. Ce travers est si général tant de formes , et des formes si ing qu'il n'est pas sans intérêt d'y insist( Autrefois le prétexte le plus spéc impliquer la responsabilité de l'Éta actes de l'industrie, c'était le souci d< confection du produit. Pohit de gars santé si l'État n'y mettait pour ainsi estampille. 11 attestait qu'une étoff!
nombre exigé de fils et la matière ce solidité requise. Peu d'articles écha ce contrôle; les cuirs, les fers port marque; les denrées étaient assujc règlements des halles, des marché ètaux; les grandes foires se passaient d'inspecteurs; tous les mouvements relevaient d'une police particulière, pressions subalternes se cachaient S( gime, énervaient le travail et n'abc guère qu'à des préjudices d'argei pertes de temps. Par la force des cl charges odieuses ou puériles ont déc croissent chaque jour en nombre et site; on commence à comprendre qi leure garantie de la bonne confe produits est le libre débat qui s'établ vendeur et l'acquéreur, débat qui a séquence la préférence pour ce qu le délaissement pour ce qui est mai quelques surprises passagères, il en mais ainsi. Mais si l'on renonce pc tenir la main de TÉtat engagée dans ( où son moindre tort était l'impnissa retourne vers d'autres combinaisons, graves pour sa responsabilité et e onéreuses pour l'industrie. Ce qu'il n en faveur des produits, on demande le faire en fôveur des hommes. Ici c