INDUSTRIE
plus des Toix isolées qui s*élèTent, ce sont des écoles qui se montrent ayec leurs programmes et leurs plans d'amélioration. Il serait trop long de suivre ces écoles dans les rêves contradictoires qui en sont issus; aucun de ces rôves D'à supporté et ne supporte F examen; ils ne resteront que comme un des signes du temps, et un témoignage de la disposition des esprits. I C'est tantôt une association forcée, tantôt un ' tarif officiel des salaires, tantôt des ateliers de ^ rÈtat converti en entrepreneur universel, toujours un règlement arbitraire du travail accompagné d'une distribution empirique de ses fruits. Le trait commun de tous ces projets diimériques,c*est qu'un gouvernement ne peut pas, ne doit pas abandonner Tindustrie à ellemême, qu'il est pour lui d'obligation étroite d'intervenir d'une manière ou d'une autre dans le domaine de Tactivité manuelle, d'y peser de tout son poids, d'y régler les rapports réciproques de manière a y empêcher l'abus et à j fiùre régner la justice. Toute époque a eu sa chimère; celle-ci a été la nôtre, et il est à craindre qu elle ne nous survive, en dépit de «K efforts. Trop de gens sont intéressés à y croire. Gomment de pauvres ouvriers, qui en retour d'une rude tâche reçoivent un salaire à peiKsnlGsant, se défeudrâient-ils contre l'ilUx que l'État peut, d'un coup de baguette, chasser leur destinée, les rapprocher de la endition du patron dont ils envient l'opulence, •>!phcer les rôles, amener à composition ceux çui conunandent le travail au profit de ceux qui f exécutent ? Comment les ramener à un senti ifieat plus Juste, à une notion plus vraie de la ulure des choses? Conunent les convaincre qu'il n'y a, au bout d'une combinaison arbitraire, si mitigée qu'elle soit, si restreinte qu'on l'imagine, que misère et déception; que le rèrlement le plus sûr et le plus avantageux du travail, la garantie de sa durée, l'accroissement Je» profits pour tous ceux qui l'exercent est <U.iê le consentement des parties; que tout ce qci pèse sur ce consentement ne peut que BDîre et ne saurait jamais profiter; que la contramte retombe toujours sur ceux qui en usent, »it pour eux-mêmes, soit pour autrui ;^qu'il a existe enfin, dans l'industrie comme ailleurs, de bénéfices réels, stables, susceptibles de grandir que ceux qui proviennent de l'exercice de la liberté, qu'elle est le ressort et le fondelaent de l'activité humaine, et que seule elle coociltc le bien-être avec la dignité, la défense de l'intérêt légitime avec le respect du droit? Toutes CCS vérités contentent la raison plus qu elles ne flattent l'imagination ; elles ne Taknt pas, aux yeux de la masse des ouvriers. les lilusioDS dont on les berce. Et pourtant il ûe faut pas se lasser de répéter ces vérités, si scconnuos qu'elles soient; l'avenir de l'industrie, le repos des sociétés en dépendent. Tôt ou tard et à l'épreuve des faits, deux principes prévaudront dans cet ordre de rapports: pour l'o^ivrier, ne compter que sur lui-même en ce fni ]v touche; pour l'Etat, se désister de tout ce qu'on peut faire sans lui.
Ces: d'jillcurs le moment de bicu savoir ce
qu on veut faire au sujet de l'industrie; elle a rompu ses anciennes digues; le flot monte, vainement essayerait-on de lui opposer de nouveaux moyens de défense; mieux vaut qu'elle s'épanche par des canaux librement ouverts. Tant qu'elle avait le toit de la famille pour abri, l'État trouvait dans sa dispersion un moyen pour la comprimer ou la soumettre. EUc n'était qu'une puissance secondaire ; aujourd'hui aux yeux de tous elle prend le premier rang; on ne peut plus ni l'oublier ni la froisser. Elle a quitté les campagnes, où elle se distribuait à l'aventure et in^alement, pour venir dans les grandes villes où elle se concentre avec une vigueur qui ne se ralentit pas. A l'aspect de cette révolution, accomplie sous l'influence des agents mécaniques, on s'est demandé si ce déplacement de forces était un bien ou un mal , et s'il fallait y aider ou le combattre. Ces discussions appartiennent désormais à Thistoirc; les faits ont marché si vite et parlent d'une façon si concluante qu'il n'y a pas lieu de s'y appesantir. Que le nouveau régime de l'industrie ait été accepté ou qu'il se soit imposé, il n'en domine pas moins dans le monde civilisé. Aucune puissance humaine ne le délogerait des positions qu'il a prises. Ajoutons qu'il s'est créé des titres à l'appui de ses conquêtes. Depuis que ce régime prévaut, la richesse générale s'est élevée, dans les grands États de l'Europe, à dix, vingt et trente fois plus qu'elle n'était auparavant. Je ne citerai pas de chiffres; ils me conduiraient trop loin, tant ils abondent. C'est là d'ailleurs une démonstration claire jusqu'à l'évidence, même pour les yeux les plus inattentifs. L'aisance augmente, la vie moyenne s'accroît, les grandes et hideuses misères se retirent devant des ressources plus abondantes et un travail moins précaire, et ce qui est plus heureux encore, ce bien-être a eu pour accompagnement le soulagement des bras de l'homme. Ceux qu'emploie aujourd'hui l'industrie, dans ses conditions régulières, sontmoms chargés et mieux rétribués. Voilà des faits indéniables que des crises temporaires peuvent affecter sans en changer la nature ni en empêcher le retour. Ils constituent ce qu'on jpeut appeler les titres matériels du nouveau rég^e. Quant à son action morale, elle est plus contestée, et ici c'est à l'avenir qu'appartient la réponse. On a dit que l'industrie en commun brisait la vie de famille, enlevait l'ouvrier aux campagnes pour le jeter dans les villes où il se déprave; que l'instrument mécanique, en soulageant les bras , avait pour effet d*abrutir l'intelligence et que l'homme n'était plus qu'un rouage au milieu de tous ces appareils plus puissants que lui. Il y a dans ces accusations du faux et du vrai, conunc dans tout ce qui se prend d'un point de vue exclusif. Cet état de l'industrie est nouveau; ni les mœurs, ni les habitudes n'ont encore pu s'y adapter. Les époques de transition sont toujours rudes, et *nous assistons depuis un demi -siècle à ce pénible travail. Cependant pour peu qu'on ait suivi les modifications survenues dans les divers corps d'états, on ne saurait admettre
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