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CHAP. II. COLONIES ÉTBAHGÈRES

Colonies anglaises, hollandaises, espagnoles, portugaises, danoises, suédoises.

CHAP. I. COLORIES FBAHÇAISES.

Observés séparément, les peuples dont se compose aujourd'hui la nation française montrèrent, à toute époque, des goûts d'aventure et des instincts de colonisation qui ont laissé de profondes traces dans l'histoire. Les Gaulois, nos ancêtres les plus directs, ont, dans le cours des âges, débordé sur la Germanie, envahi l'Itahe, la Grèce, l'Asie mineure, servi en Afrique, laissant partout le renom d'une race turbulente, mais apte à fonder des villes et des royaumes. — Les Romains, alliés au sang gaulois dans nos provinces méridionales, conquirent et colonisèrent l'ancien monde. — Les Francs, maîtres de la Gaule au nord de la Loire, en s'unissant au peuple vaincu dans la communauté d'existence, ne lui durent pas inoculer le goût du repos: la tribu germaine et nomade avait franchi toute l'Europe pour venir camper sur les bords de la Seine. — Les Normands, plus tard incorporés, furent pendant des siècles les pirates de l'Océan, les brigands de la terre; et ils s'étaient, depuis 150 ans seulement, fixés dans la Neustrie, lorsqu'ils se jetèrent sur l'Angleterre, s'en rendirent maîtres et devinrent les ancêtres de l'aristocratie qui, en ce pays, déploie, de l'aveu général, une habileté incontestée dans la colonisation. — Les Bretons, les Basques, plus anciens sur le sol de la Gaule, furent de tout temps réputés intrépides coureurs des mers qui bordaient leurs rivages. — Sur la Méditerranée, les Provençaux héritèrent du génie commercial et maritime de leurs aïeux les Phocéens , de leurs rivaux les Cartliaginois.

En se fondant en un corps de nation , sous l'influence de la conquête, des alliances de sang, de la solidarité des intérêts, de l'analogie des mœurs, de la parenté des langues, ces peuples versèrent, dans l'unité nouvelle, leurs qualités caractéristiques, et dans le nombre le goût d'expansion aventureuse. Entre tous les États d'Occident, la France se jeta la première et avec le plus d'ardeur dans le mouvement des croisades, immense émigration armée au nom de la religion, mais comphquée d'intérêts temporels, qui fonda des royaumes d'une durée éphémère comme le succès des combats. La Sicile, Chypre, Consfantinople, Antioche, Jérusalem, vingt autres villes, en obéissant à des princes chrétiens, devinrent pour quelque temps des colonies françaises. Mais l'esprit de colonisation est dans son essence un esprit de paix , de travail et de commerce. On ne peut

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donc reporter les premières origines des colonies françaises qu'à l'époque où, dans les établissements lointains de nos pères, l'humeur guerroyante fit place aux entreprises productives. Cette époque remonte à cinq siècles, au règne du roi Charles V.

Sect. 1. Formation dn domaine colonial de la France.

En novembre 1364, les marins dieppois armèrent deux navires de cent tonneaux chacun, qui tirent voile vers les Canaries, arrivèrent à Noël au cap Vert, mouillèrent dans une baie, qu'ils appelèrent Baie de France, parcoururent la côte de Sierra-Leone, s'arrêtèrent en un lieu qu'ils nommèrent Petit-Dieppe (plus tard, Rio- Sestro) , échangèrent avec les naturels contre leurs propres marchandises, de l'or, de l'ivoire, du poivre, dont ils tirèrent de grands profits à leur retour à Dieppe. En 1365, les marchands de Rouen s'associèrent avec ceux de Dieppe, formèrent une compagnie, qui arma quatre navires, dont les capitaines abordèrent en un lieu qu'ils nommèrent Paiis (plus tard, Grand-Sestre), visitèrent la côte de Malaguette (poivre), trafiquèrent à la côte des Dents, poussèrent jusqu'à la côte d'Or. Pendant la durée du règne paisible de Charles V, les expéditions se renouvelèrent tous les ans, et des comptoirs, appelés loges, facilitèrent le trafic avec les indigènes, qui s'approprièrent un grand nombre d'expressions françaises. De nouvelles expéditions eurent heu, avec le même succès maritime et commercial, en 1380 [\d^ Notre-Dame); en 1382 (la Vierge, le Saint-Nicolas , l'Espérance); en 1383, des points, dits la Mine (aujourd'hui Elmina), Pantin, Sabon, Cormentin, devinrent des escales pour le troc.

Par ces entreprises heureuses et réitérées en des parages jusqu'alors inconnus de toute autre nation , les Français ont droit de se dire les pères de la colonisation moderne.

Le cours de ces prospérités fut interrompu par les calamités qui signalèrent le règne funeste de Charles VI. Dès avant 1410, le comptoir de la Mine était abandonné, et pendant la première moitié du quinzième siècle, le reste de l'Afrique fut délaissé. Mais le génie maritime du peuple de France ne s'était pas éteint: Béthencourt à la tète des Normands, et Gadifer de la Salle à la tête des Gascons, partant de la Rochelle, allèrent conquérir les Canaries à la couronne d'Espagne, qui les possède encore. Avec d'autres rois que Charles VI et Charles VU, la France se fût enrichie de ces précieuses colonies.

Lorsque le royaume eut retrouvé sous Louis XI un peu de cahne au prix de beaucoup de servitude, les expéditions recommencèrent à la côte d'Afrique; mais les Normands y trouvèrent installés en maîtres les Portugais, qui avaient profité de leur éloignement et d'une fameuse bulle du pape (1438), pour les supplanter. Ce ne fut qu'en 1488, que le capitaine Cousin fit flotter de nouveau, avec honneur, le drapeau français sur l'Atlantique, et renoua de pacifiques et durables relations avec les Africains. En 1503, une compagnie de Honfieur

arma un vaisseau marchand qui, parti au commencement de l'année, commandé par Binot- Paulmier de Gonneville, doubla le cap de Bonne-Espérance, fut jeté par une tempête sur une terre inconnue que tout démontre être V Australie, et trafiqua si bien avec les naturels, qu'après un séjour de six mois il revint en France, ramenant le fils du roi de la contrée, où il avait reçu l'accueil le plus bospifaher. Dans les années suivantes, d'autres navigateurs visitèrent Terre-Neuve, la côte du Brésil, la Guinée, la côte de Malaguette, et en 1529 les frères Parmentier débarquèrent dans l'ile de Sumatra, d'où, emportant une cargaison d'épices, ils revinrent heureusement à Dieppe «arf honor di Dio et délia corona di Francia».

Toutes ces glorieuses et hardies aventures que nous avons dû rappeler avec quelque détail , parce qu'elles sont à peu près ignorées , s'accomplissaient par de simples marchands et marins, agissant en nom privé, en associés, en compagnie. Un armateur dieppois, le célèbre Ango, possédait une vraie Ûotte de navires, avec lesquels il pouvait tout oser. La politique de Louis XI et de ses successeurs n'écrasait que les grands et puissants vassaux; dans la bourgeoisie et le peuple, le relief provincial et personnel ne portait pas encore ombrage à la royauté.

La pensée royale n'apparaît qu'en 1525, lorsque François l'"' donna mission au Florentin Verazzani d'explorer l'ile de Terre-Neuve et le fleuve de Saint-Laurent. Dix ans après (1534- 1535), Jacques Cartier, remontant le même fleuve et prenant possession du Canada, fonda la première grande colonie de la France.

Les guerres religieuses qui déchirèrent la patrie, dans la seconde moitié du seizième siècle , auraient eu , pour la France comme pour l'Angleterre, la compensation des créations coloniales, si les hautes vues de Coligny eussent été comprises et favorisées. L'illustre amiral, pour sauver ses coreligionnaires, jeta successivement les yeux sur la Guyane, le Brésil, la Floride; il y envoya quelques expéditions; mais trahi dans ses desseins, tantôt par l'incapacité de ses délégués, tantôt par les rigueurs du sort ou l'hostilité implacable de ses ennemis, il ne put fonder un établissement durable.

De simples marchands de Marseille furent plus heureux. Ils établirent, dans la régence, d'Alger, le bastio7i du Roi, quelque temps après transféré à la Calle, comptoir qui, maintenu au pouvoir de la France, à travers bien des vicissitudes, jusqu'au dix-neuvième siècle, est devenu le premier anneau de notre domination algérienne.

Avec la paix publique, rétablie sous Henri IV, le mouvement colonial, tant de fois interrompu, reprend un cours plus régulier. SilaLouisiane et le Brésil sont plutôt visités qu'occupés, des compagnies se forment sous la protection du monarque, pour le commerce et la colonisation du Canada et de l'Acadie: en 1608, leur chef, Samuel Champlain , fonde Québec, l'illustre cité française de l'Amérique du Nord. Une autre compagnie, formée en Bretagne,

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jette ses vues sur les iles de la Sonde et les Aloluques; mais elle se dissout bientôt. L'établissement de la Galle, ruiné par les indigènes, se relève avec une nouvelle importance.

L'esprit de colonisation se consolide et déploie une nouvelle ardeur sous Louis XIII. Dès l'année 1619, une compagnie des Indes orientales obtient un privilège d'exploitation, héritage agrandi de la compagnie bretonne; mais en 1626 seulement l'essor dcAient décisif. La même année voit se constituer une compagnie du Morbihan pour les voyages de long cours; une autre (à la nacelle de Saint-Pierre fleurdelisée) , pour le commerce maritime génénd; une troisième, pour les îles d'Amérique, avec privilège de commerce pendant vingt ans. Ou sent déjà l'influence de Richelieu qui, l'année suivante, est investi de la dignité de grand-amiral de France. En 1633. la compagnie du cap Nord se charge de la colonisation de la Guyane , moyennant le commerte exclusif entre rOrénoque et l'Amazone pendant dix ans, privilège qui sera confirmé et renouvelé avant son expiration. L'année suivante, la côte de Guinée, entre Sicrra-Leone et le cap Lopez, la côte située entre le Sénégal, la Gambie et le cap Vert, font de même l'objet d'un double monopole. Enfin, en 1642, le commerce de Madagascar et des des voisines, bientôt après celui des Indes orientales, complètent la série des créations financières nées de l'ambition coloniale, qui, en ce moment, s'empare de la France comme de toutes les nations maritimes de FEurope.

A cette époque remonte l'origine des colonies françaises desAntilles, dontSaint-Cristophe fut le foyer (1625), puis l'occupation de la Guadeloupe et de la Martinique (1635), et de la Tortue (1630) pour Saint-Domingue. Dans la même période (1625-1635), la Guyane reçut (les colons et vit bâtir Cayenne. Sous la même influence, le Sénégal se constitua (1626), les ^•omptoirs de Guinée se ranimèrent, Madagascar et Bourbon reçurent notre pavillon sur la route des Indes. Lorsque Richelieu et Louis XIII descendirent dans la tombe, la France possédait -a Itelle part de territoire dans FAmèrique du .Nord, dans Farchipel des Antilles, à la côte occidentale d'Afrique, à l'entrée de l'océan Indien.

Avec Mazarin succédant à Richelieu les intrigues de cour et les menées de la politique continentale efTacèrent les grands desseins de rayonnement lointain : durant ce règne ministériel de vingt ans, à peiue trouve-t-on à inscrire, en 1647-51-60, des concessions de privUéges de commerce et de pêche en Acadie, et, en 1651, la compagnie de la France équinoxiale , substituée à la compagnie du Nord, pour être renouvelée elle-même dix ans plus tard.

Mais l'insouciance du gouvernement ne ralentissait guère un élan qui avait son point d'appui hors de lui, dans l'esprit de la nation et du siècle. Avec le ministère, sans zèle colonial, de Mazarin coïncident plusieurs conquêtes de l'iuilialive particulière; en 1648.

Marie-Galante , les Saintes , la Désirade , Saint- Martin, Saint-Barthélémy; un peu plus tard, la Dominique, Tabago. Progrès plus importants, Saint-Domingue et la Louisiane reçurent notre drapeau , prélude dune jn-ochaine annexion qui s'accomphi'a dans le cours du règne de Louis XIV.

Pendant que Colbert ressaisit d'une main résolue les plans de Richelieu, par la création de la compagnie des Indes orientales, destinée à porter le prestige de la France jusqu'au cœur de FAsie, le mouvement d'expansion se propage presque sans effort autour des points déjà occupés. L'Acadie se complète par FUe Saint-Jeau (Prince-Edouard); le Sénégal par Gorée; les Antilles par Monserrat et Antigoa, conquêtes passagères que la paix de Bréda (1668) fera bientôt restituer. Saint-Domingue et la Louisiane , Pondichéry et les Indes signaleront Fapogée de la fortune coloniale de la France, le triomphe de la politique maritime de Louis XIV et de Colbert, que consacra le traité de Ryswick (1697). A cette période correspondent les compagnies des Indes orientales, des Indes occidentales (1664) etceUesde l'Afrique occidentale, Sénégal (1679), côte de Guinée et d'Afrique (1681), Guinée (1696).

Cette gloire fut de courte durée, et Louis XIV eut la douleur de défaire de ses mains , par le traité d'Utrecht, Féditice colonial dressé par lui-même, par son père, Louis XIII, et par son aïeid, Henri IV. Ce traité détacha de la couronne de France les avant-postes du Canada, Terre-Neuve et FAcadie, que les colons désespérés tâchèrent de remjjlacer par le cap Breton, où leurs aïeux avaient abordé plus d'un siècle auparavant, sans s'y arrêter. Une compensation plus digne, et dont l'honneur appartient au règne de Louis XIV , fut l'occupation de l'île de France, accomplie le 20 septembre 1715, en vertu des ordres du minisire Pontchartrain, vingt jours après la mort du roi.

Le long règne de Louis XV, tout entier aux plaisirs, aux intrigues et aux ambitions de cour, n'ajouta rien au domaine colonial de la France, car on ne saurait compter pour quelque chose la petite Ue de Sainte-Marie de Madagascar, acquise en 1750. Au contraire, il consacra, par le honteux traité de Paris, en 1763, la déchéance maritime et coloniale de la France. Entre 1755 et cette année funeste, la France se vit enlever par les Anglais l'Inde presque entière, le Canada, le cap Breton, File du Prince-Edouard, la Dominique, Terre-Neuve, Saint-Vincent, Tabago, la Louisiane. Il ne lui resta que les Antilles, la Guadeloupe, la Martinique, Sainte-Lucie; pour donner asile à ses pêcheurs terre-neuviens , les îlots de Saint- Pierre et Miquclon lui furent abandonnés. Un moment, Bougainville lui apporta (1763) les UesMalouines; quatre ans après, elles passaient aux Anglais , déflgurées sous le nom de Falkland.

À ce règne néfaste succéda celui de Louis XVI, pendant lequel la colonisation ne recueillit pas tout le bénéfice qu'elle pouvait espérer de la restauration de la marine. Le traité de Ver-

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sailles (1783), qui consacrait l'indépendance des États-Unis, due à l'alliance de la France, ne ramena au territoire national aucun des fragments qui en avaient été détachés. Et si Tabago nous rentra passagèrement en 1781, nous cédâmes Saint-Bartliélemy à la Suède «n 1784.

Dans l'alternative de succès et de revers qui signale la première République, nous perdîmes définitivement Saint-Domingue par une effroyable catastrophe (1793); un instant la Louisiane nous rentra (1800),, mais pour être vendue , trois ans après , aux États-Unis par le premier consul , au prix plus que modéré de 80 mUlions. L'Ile de Malte, occupée en 1798 par le général Bonaparte , fut reprise par les Anglais, qui refusèrent de la rendre à la pais d'Amiens, et depuis lors l'ont gardée.

Le premier Empire avait trop à faire rien qu'à défendre ses colonies , pour songer à les accroître. Les traités de 1814 et de 1815 assignèrent à la France coloniale ses limites de 1792, moins toutefois l'inestimable Lie de France, avec toutes ses dépendances, dont fait partie le groupe des Seychelles, moins encore Sainte- Lucie et Tabago.

La Restauration répara une partie de ces pertes. Elle fit reconnaître par l'Angleterre nos droits contestés sur Madagascar, et reprit possession de plusieurs points de la grande île. Son armée prit Alger en 1830, et par ce brillant succès, qui mit glorieusement fin à trois siècles de piraterie, elle assura la conquête de l'Algérie, qui fut, au dehors, l'œuvre principale de la dynastie d'Orléans.

A cette grande conquête s'ajoutèrent quelques petites acquisitions: Aossi-Bé, Mayotte, dans le canal de Mozambique; Gabon, Assinie, Graud-Bassam, sur la côte occidentale d'Afrique ; k'a Marquises, dans l'océan Pacifique; Taïti, soumis a notre protectorat. Par une fâcheuse compensation, nos postes de Madagascar furent évacués en 1831; et quoique le projet d'une expédition, en 184G, fournit au gouvernement l'occasion d'affirmer les droits de la France, aucune suite ne fut donnée à ce projet et à ces déclarations, ce qui prépara l'oubli où ils sont tombés.

La seconde République , tout entière à ses luttes intérieures , dut se borner à consolider la domination française en Algérie.

Le second Empire a occupé la iSouveUe-Calédonie (1853), agrandi le Sénégal (1855-1862), acheté le territoire d'Adoulis sur la mer Rouge; acquis, enfin, au prix de quatre années de lutte, trois provinces en Cochiuchine (1858- 1862). En retour, iSapoléon III a reconnu Radama II, roi de Madagascar (18C2), et malgré la réserve stipulée, assure-t-on, des droits de la France, il est difficile de les concilier avec le titre de souverain de l'ile, diplomatiquement substitué à celui de simple roi des Hovas.

Au commencement de l'année 1 872, la France a retiré ses troupes de l'Assinie et du Grand- Bassam, où le commerce s'était peu à peu concentré entre les mains des Anglais. i\os possessions de la cote occidentale d'Afrique ne

comprennent donc plus que le Sénégal et le Gabon. (

Considérés dans une vue générale , les cinq derniers siècles nous présentent , dans Fbistoire de la colonisation française , un premier jet très-hardi et prospère dans la seconde moitié du quatorzième siècle (1360 - 1384), suivi d'un abandon presque complet pendant 150 ans. La renaissance coloniale commence vers 1535 par le Canada et procède par tâtonnements jusqu'au règne de Henri IV; se marque en traits fermes sous ce roi dans le nord de l'Amérique. La colonisation s'étend sous Louis XIII et Richelieu, dans la mer des Antilles, sur la côte d'Afrique, dans l'océan Indien. Elle se prolonge de toutes parts sous Mazarin et sans son concours; atteint son apogée sous le ministère de Colbert, de Seignelayet de Pontchartrain (1663 jusqu'à 1697), en se fortifiant et s'agraudissant dans ces premières stations, en jetant sur le continent de l'Inde les fondements d'un nouvel et vaste empire français. Quinze ans après, le déchu commence par le traité d'Utrecht et s'achève cinquante ans plus tard par celui, de Paris. La Révolution et l'Empire amoindrissent encore notre puissance coloniale, qui. en 181 4- 1815, est tombée à son plus bas niveau. Dès lors, avec la paix, commence une réaction en sens contraire, dont l'Algérie est un premier gage, la Cochinchine un second. Par là, nous avons honorablement repris pied en Afrique et en Asie, en attendant l'Amérique; quant à l'Océanie, le gouvernement de Louis -Philippe a commis la faute irréparable de nous laisser devancer par les Anglais à la Nouvelle-Zélande, où un simple capitaine de navire marchand, M. Langlois, avait planté le drapeau tricolore.

Comme conclusion de ce mouvement, qui embrasse une période de cinq cents ans (1360- 1802), le domaine colonial de la France se compose aujourd'hui des possessions suivantes, en faisant le tour du monde d'Orient en Occident:

EX AFRIQUE

Au nord: l'Algérie;

A Pouest: le Sénégal et Gorée, les étabhssements du Gabon;

Au sud-est, en mer: la Réunion (Bourbon), Mayotte et Kossi-Bé, Sainte-Marie de Madagascar, des droits indéterminés sur Madagascar;

Au nord-ouest : le territoire d'Adoulis et une lisière du httoral.

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