‹ Dictionnaire général de la politiqueChapitre 276 sur 557 · PRIX MOYEN DE L'HECTOLITRE · texte numérisé non relu

PRIX MOYEN DE L'HECTOLITRE

Années d

abondance.

Années

de disette.

Crises

Le maximum du prix du blé précède et accompague toujours les crises, le lableau qui précède cnfaitfoL Le minimum ne se rencontre

CRISES COMMERCIALES

pas toujours dansles années prospères, comme eu J 814 et 1849; mais les prix sont toujours modérés dans les années heureuses, il n'y a pas d'exception.

De sorte que, d'après l'examen seul des escomptes et du prix des céréales, sur une période de cinq à six années au moins, on peut se rendre compte de la proximité ou de Yéloignement d'une crise, et, au lieu d'attribuer le malaiic commercial aux troubles et aux révolutious, il faudrait chercher la cause et l'origine de ces dernières dans les écarts de la spéculation , l'encombrement des fabriques et la hausse des prix.

Tous les six ou sept ans, une liquidation générale parait nécessaire pour permettre au coiiimerce de prendre un nouvel essor.

Ce sont les liquidations qui produisent les crises, véritables pierres de touche de la valeur des maisons de commerce. Toutes celles qui ont entrepris au delà de leurs moyens succombent; les autres, assez robustes pour résister, reprennent le cours de leurs opérations avec une vigueur nouvelle, débarrassées des obstacles d'une imprudente spéculation. Mais aussi comment un industriel dont les produits sont demandés sera-t-il assez sage pour'limiter sa fabrication aux besoins de la place? Par la force des choses il est entraîné à étendre sans cesse ses opérations tant que les demandes se succèdent , puis tout à coup la spéculation épuisée s'arrête; la production, lancée sur une grande échelle, est obligée de se ralentir, de se modérer; il faut réduire les salaires, ou même renvoyer une partie des ouvriers qu'on occupe, éveillant chez eux ces sentiments de haine qui se manifestent avec tant de violence dans les révolutions, que ce mécontentement, ce malaise général amènent.

On comprend comment ces perturbations périodiques apportées dans le travail doivent bouleverser les conditions d'existence de la classe ouvrière et lui imposer de rudes et pénibles privations: le mouvement des mariages, des naissances et des décès en rend un témoignage évident, sauf quelques exceptions dont il est facile de se rendre compte au moment où une grande guerre menace ou éclate. Dans ces circonstances, les mariages (les naissances, par suite) se multiplient sans mesure pour permettre aux jeunes gens d'échapper aux réappels sous les drapeaux.

Il y a donc une succession réguhère dans les périodes prospères, les crises et les liquidations. Il nous suflira de jeter un coup d'œil sur les comptes rendus annuels, mensuels et hebdomadaires des banques de France et d'Angleterre pour montrer qu'on peut en suivre le développement pas à pas, presque mois par mois, ou du moins, et d'une manière très-claire, année par année. Les chilTres nous diront si la crise est proche ou éloignée, et, une fois l'orage passé, nous feront sentir le moment de la reprise des atTaires.

C'est la mise en présence des relevés numériques maxinia et minima qui offriront ce résultat remarquable, et dont la reproduction con-

stante depuis le commencement du siècle, en France et en Angleterre, prouve que nous n'avons pas affaire à un rapport fortuit, à un de ces accidents que le hasard amène. C'est que, une fois le mouvement commencé dans un sens ou dans undLWiYQ, croissant oudécroissant,i\ continue sans interruption jusqu'au moment où un revirement complet a lieu , ce qui ne veut pas dire que chaque mois le portefeuille, par exemple, sera supérieur au mois précédent; il y aura des oscillations; mais les maxima et les mifiima de chaque année seront toujours supérieurs et inférieurs à ceux de l'année précédente, sauf de rares et très-légères exceptions, que peut-être nous ne lencontrerions pas, si nous possédions le véritable chiffre extrême de l'année, tandis que la publication officielle ne donne la situation que pour un seul jour.

Le tableau ci-après résume les opérations des deux grands étabhssements qui varient le plus sensiblement, selon que la situation générale est prospère ou critique. Kous avons choisi de préférence, pour mettre ces variations en relief, les périodes de 1843-1847, 1850-1857, 1858-1861'.

L'examen du tableau des escomptes (voij. plus haut) nous montre que, de 1799 à 1855, le minimum de l'escompte avarié dans de trèsétroites limites, de 84 millions à 256. Après être descendu à 84 millions (1814) et à 150 (en 1832), ilse trouve réduit, en 1849, au même chiffre qu'en 1805 et 1820.

L'escompte des années de crise présente presque régulièrement le même chiffre de 1804 à 1830.

630 minions.

688 mlUions.

1839 . . . 1,047 miUions 1847 . . . 1,329 —

On dirait un chiffre fatal ; il n'y a d'exception que pour l'année 1810. Depuis 1830, il prend un développement en rapport avec l'intensité, la grandeur de la spéculation, et s'élève:

1857. . . 2,085 millions.

Ce chiffre d'affaires, comparé aux années antérieures et postérieures, indique assez combien la spéculation est la cause de cette surexcitation factice du commerce. On peut donc craindre de voir les crises devenir de plus en plus graves avec le développement de l'industrie.

Ainsi eu 1801 l'escompte retombe de 630 à 256 millions, en 1830 — 617 à 155 —

eu 1847 — 1,329 à 256 —

en 1857 — 2,081 à 1,414 —

en 1864 — 2,881 à 2, 448 —

En 1847, l'escompte retombe à 25G millions comme au commencement du siècle ; cela peut donner une idée du malaise commercial.

1. Il sera facile de suivre cette étude sur le tableau général, pour la France, jusqu'au commencement du siècle, et plus haut encore pour l'Angleterre. On trouverait ainsi dans le passé la confirmation du présent et de précieuses indications pour l'avenir. Nous donnons ces tableaux dans notre ouvrage sur les Crises commerciales ot sur leur ;-etour périodique on France, en Angleterre et aux Etats-Unis. Couronné par l'Institut. Paris, Guillaumin.

CRISES COMMERCIALES

Mouvements dit porte/eidlle , de la réserve mèlallique et de la circulation des billets d'oprès les comptes rendus mensuels et hebdomadaires, en France et en Angleterre, pendant les trois dernières périodes.

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