PARIS
et succursales.
Ainsi 1805 - 1S07 de là S9 millions
1825 - 1828 de 1836 - 1838 de 1848 - 1851 de 1857 - 1S58 de 1864 - 1868 de
91 à 622 163 à Ci4
Les chiffres qui précèdent, mettent suffisamment en lumière ce double mouvement de flux et de reflux.
Circulation des billets. La circulation des bUlets présente des oscillations beaucoup moins grandes que les escomptes et la réserve métalhque. Le maximum s'observe toujours dans les années qui suivent les crises, en France comme en Angleterre, alors que le maximum de la réserve métallique a été atteint. Quand les recours à la banque sont les plus pressants, elle a déjà baissé; quand ils diminuent, elle descend, avant de prendre un nouvel essor , à un minimum inférieur à celui de toutes les années antérieures.
Le maximum de la période 1840-1847 s'élève à 311 milUons le 31 décembre 1845. Le 15 janvier 18 47, l'encaisse tombée à son minimum, la circulation n'est plus que de 271 millions, et le 17 septembre 1847 elle était descendue à 217.
Il n'y a donc pas excès d'émission, puisque le total est de 40 millions inférieur au maximum déjà obserA'é.
En Angleterre de même, le maximum de la circulation, 22 milhons l. st., atteint en 1845, est réduit à 18 eu octobre 1847, l'escompte à 6 p. 100; le 25 du môme mois, quand il fut porté à 8 p. 100, la somme totale des billets émis ne dépassait pas 20 millions 1. st.
La circulation n'éprouve le contre-coup des Tariations des comptes courants que dans une très-faible proportion, car pendant qu'ils baissent de 83 millions (1845-1847), elle ne fléchit que de 24, et cette diminution ne tient probablement pas à cette seule cause, car le maximum de la circulation. 3! 1 millions en 1845, ne correspond qu'à 95 millions en comptes courants; déjà en 1844, elle se tenait à 245 mil-
lions, quand ils ne dépassaient pas 39 millions- De 39 millions, ils s'élèvent à 120 (1844-1845). et cependant la circulation ne varie que de 245 à 260, de 15 millions environ. Les oscillations en hausse comme en baisse ne sont pas comparables.
Dépôts et comptes courants divers. Les dépôts et comptes courants ne présentent plus la régularité des mouvements de la réserve métallique et des escomptes. Les oscillations sont brusques, en rapport avec certains besoins particuliers rapidement satisfaits et qui n'influent pas sur la marche générale des aflaires. On les observe indifféremment dans la prospérité et dans les crises. Les écarts peuvent s'élever du simple au double; une baisse ou une hausse de 50 p. 100, telle est la marche ordinaire et annuelle. 11 ne faudra pas s'étonner si on les retrouve de même pendant les embarras des banques, sans y rattacher une trop grande importance, puisque ce n'est que la répétition naturelle du mouvement des années antérieures, alors sans influence sensible sur la réserve mélalfique ou sur le portefeuille.
En France et en Angleterre, la marche est la même. De 1840 à 1848, en France, ils varient de 32 millions (1842) à 120 (1845), et 37 en 1847 le 24 juUlet, alors que l'encaisse était déjà remontée à 81 millions. Le 15 janvier 1847, quand elle était au lAns bas, ils s'élevaient encore à 64 millions. Le minimum ne coïncide donc pas avec celui de la réserve métalhque; mais, de plus , il parait en être complètement indépendant. Car si nous jetons uu regard sur les minima des années antérieures, nous retrouvons la même dépression sinon une plus grande en 1844-1843-1842-1841 (37, 34, 32, 35 millions). Ce sont les années prospères de la période.
De 1844 à 1857, nous observons la même marche. Le maximum des comptes courants de 197 millions tombe à 150 (1852-1857). Le minimum qui avait été noté en 1855 (92 miUions), ne se présente plus; au moment où l'encaisse était réduite à 184 milhons (3 janvier 1857), ils s'élevaient encore à 131 millions. Le 15 novembre, l'intérêt étant à 9 p. 100, rencaisse au plus bas (181 mUhons), il y avait encore 125 milUons en comptes courants : c'est-àdire une somme de 25 à 30 millions supérieure au minimum de toutes les années antérieures.
En Angleterre , de même , les dépôts privés variant de 3 à 1 8 millions sterling de 1 8 i l à 1 846, retombent à 7 millions en 1847, minimum déjà observé en 1843, 18 il et 1845.
De 18 i8 à 1852, ils varient de 8 à 15 millions; dans les années suivantes jusqu'en 1859; ils ne tombent pas au-dessous de 9 millions, pendant la crise ce minimum n'est pas même atteint.
Le taux de l'escompte étant à 9 et 12 p. 100. du 4 au 18 novembre, les dépôts se maintiennent à 12 et 14 milUons 1. st. En décembre, au milieu des embarras d'une liquidation trèspénible, ils étaient déjà revenus au maximum, 15 millions 1. st.
iNous insistons sur ces variations, parce que
CRISES COMMERCIALES
des auteurs très-au(orisés ont prétendu que les crises étaient le plus souvent produites par le retrait des comptes courants des banques, ce qui entraînait une diminution rapide de la réserve métallique; les faits prouvent le conîraire.
Des avances des banques sur effets publics , actions et obligations des chemiiis de fer. L'augmentation et la diminution des avances ne suivent pas la même marche en France et en Angleterre. Dans notre pays, où elles n'ont pris quelque développement que depuis 1852, nous ne retrouvons plus la continuité du mouvement ascendant et descendant qui, pour les escomptes et la réserve métallique, avait frappé si vivement notre attention; tandis qu'en Angleterre, le chiffre maximum se trouve bien amené par une succession pour ainsi dire non interrompue, et coïncide avec celui des escomptes pendant les crises. L'exagération de la somme des avances au moment des embarras, leur dépression ou plutôt leur suppression presque complète pendant les liquidations, tout indique combien elles sont liées ici au mouvement commercial.
En France, au contraire, nous observons des oscillations brusques sans aucun lien entre elles, mais déterminées par un besoin spécial facde à reconnaître (au moment de l'émission des emprunts et des conversions, pour les avances sur eflets pubHcs, et au moment où on imprime une grande activité aux travaux des chemins de fer, pour les avances sur actions et obligations).
Le total annuel des avances sur effets publics, à Paris, qui s'élevait à 262 millions en 1852 (conversion du 5 p. 100), baisse à G8 en 1854. L'emprunt de la guerre d'Orient le relève à 452 millions, et en 1857, l'année de la crise , U ne dépasse pas 124 millions. 11 en est de même pour les avances sur actions et obligations des chemins de fer : de 395 et 326 millions, en 1853 et 1855, elles ne s'élèvent pas au-dessus de 102 millions en 1857.
Durée et liquidation des crises. La durée des crises est en général assez courte, si l'on ne considère que les moments les plus critiques pendant lesquels les demandes d'escomptes, la diminution de la réserve métallique, les changes défavorables engagent les banques à élever, coup sur coup , le taux de l'intérêt. Aussi longtemps que la confiance donne le crédit, il entraîne tout à sa suite. Les facilités qu'il procure engagent les transactions sur une grande échelle sans que l'on s'occupe des prix; le crédit n'est-il pas là pour vous soutenir et vous dégager? Mais il arrive un moment où, par la difficulté des échanges, il faut faire intervenir la balance métallique, alors les crises éclatent, la panique s'empare du public, les transactions s'arrêtent et les suspensions paraissent. Le crédit s'éclipse complètement , par son absence on juge de son utilité , mais en réalité on ne perd qu'une faible partie de ce qu'on hii devait. Cet état ne se prolonge pas au delà de six semaines à deux mois, puis vient la liquidation de la crise qui se prolonge de
dix-huit mois à deux ans. A l'activité des années précédentes succède une langueur dir commerce, réduit aux seules opérations du comptant. La hausse continue des prix des années précédentes , remplacée par une baisse rapide , arrête toutes les affaires qui trouvaient dans le crédit leur principal soutien.
L'exagération du commerce intérieur et extérieur, à des prix enflés par la spéculation et non aux prix naturels, voilà la principale cause de tous les embarras. Les produits ne pouvant s'écouler à un prix constamment supérieur, tous les échanges s'arrêtent, la marchandise étant offerte, la baisse est rapide: elle atteint de 25 à 30 p. 100 en quelques mois, effaçant ainsi , en un instant, la hausse de plusieurs années. Alors l'échafaudage si brilJanl du crédit s'écroule, les primes ont disparu: les valeurs ne trouvant plus d'acheteurs, il faut se liquider et abandonner ses rêves, réalisant une perte, là où une année plus tôt on comptait sur une fortune. 11 ne faudrait pas cependant en conclure que le crédit et la spéculation sont funestes, car si les embarras commerciaux sont assez courts, une année ou deux au plus, les époques pro.^pères présentent une succession continue de plusieurs années , six à sept en moyenne. Pendant cette période la progression est générale. L'argent , très-abondant , s'offre à vil prix sur le marché, l'intérêt baisse audessous de 3 p. 100; on répond de suite aux demandes de fonds; les souscriptions ouvertes sont de beaucoup dépassées; il faut les réduire, et tout cela quels que soient les événements qui viennent se jeter à la traverse. Dans ce moment, une grande guerre ne saurait arrêter le mouvement; les ressources sont telles qu'elles suffisent à tout, même aux plus énormes emprunts, les fonds publics peuvent en être affectés, le mouvement commercial ne se ralentit pas, se prolonge encore, jusqu'à ce que le portefeuille de la banque soit engorgé par des escomptes supérieurs à ceux de la dernière crise. Ce fait seul, qui précède toutes les mesures restrictives, indique assez les besoins , les embarras du commerce, qui ne peut continuer ses opérations sans faire de plus grands emprunts au crédit. On n'en est pas moins surpris, à la suite de ces bouleversements, du développement des sociétés, de leur activité et de leur puissance. Quant au retour périodique des crises , il se trouve clairement indiqué par leur simple énumération depuis le commencement du siècle. Eu voici la liste: