EN FRANCE. EN AMOLETEBRB
AUX ETATS-DNIS.
Cuom! dcUjccossi'on.
La simple inspection du tableau qui précède démontre la solidarité de ces contrées, puisque
CRISES COMMERCIALES
à quelques mois de distauce nous les retrou- Tons dans la même situatiou.
Le développement régulier du commerce et de la richesse des nations n'a pas lieu sans douleurs et sans résistance, il y a des temps d'arrêt où tout le corps social parait paralysé, toutes les ressources évanouies; ou croirait la société sur le point de disparaître dans un abime ou du moins de se liquider par une banqueroute générale.
Plus ua observe les crises commerciales depuis que l'on possède des relevés officiels de la situation des banques en France, en Angleterre et aux États-Unis, c'est-à-dire depuis le commencement du siècle, plus on demeure convaincu que leur marche , leurs accidents deviennent de plus en plus simultanés, et que dès qu'un embarras se fait sentir d'un coté ou de l'autre de l'Atlantique , il est rare qu'il ne réponde pas du côté opposé. Si nous resserrons le cercle de nos recherches, nous constatons qu'en Angleterre etenFrance. depuis 1800. les crises ont suivi une marche régulière et parallèle , éclatant et se liquidant presque aux mêmes époques.
Si, en Amérique, elles ont été moins remarquées dans les premières années, cela tient au faible développement de, ses relations et de son commerce, mais elles ne tardent pas à prendre leur rang et leur place dans les perturbations commerciales qui désolent périodiquement le munde , sans arrêter néanmoins le développement de sa prospérité. On peut même dire que la gravité des crises est en rapport avec le développement de la richesse du pays. C'est un temps d'arrêt, qui, après une hausse de plusieurs années où la spéculation avait fini par prendre la première place, permet au commerce régulier de reprendre son allure normale après s'être débarrassé d'une imprudente spéculation. Aussi à aucune époque ne voit-on un pareil entrain, plus de facililés dans les affaires, plus de confiance et de sécurité qu'après la liquidation des crises. Comme leur nom l'indique, ce sont des accidents fâcheux, il est vrai, mais, comme dans les maladies, elles préparent un état meilleur en rejetant au dehors tout ce qui était impur.
Malgré le grand nombre de faillites que Ion signale sur leur passage, il est rare de voir de bonnes maisons succomber, celles qui se sont laissé entraîner dans des spéculai ions insensées, liquident et débarrassent le marché d'une cause incessante de trouble et de ruine. Tant que la hausse persiste, on échange les produits, personne ne perd, mais malheur au dernier détenteur ! la bai.sse est si rapide que, les moyens de crédit qui l'ont engagé et soutenu jusque-là lui faisant défaut, la ruine est inévitable; le commerce rentre ainsi dans ses voies naturelles.
Les mauvaises récolles , la cherté des céi^éales, les disettes se rencontrent assez souvent dans notre pays avec l'engorgement du portefeuille des banques, et apportent une nouvelle complicalion à une situation déjà mauvaise: cette coïncidence n'est cependant
pas indispensable pour produire une crise commerciale ; nous en avons la preuve en observant ce qui se passe en Amérique, où, malgré le bas prix des céréales, le développement des escomptes, Fabus du crédit porté à un certain degré, les fait éclater un peu plus tôt qu'en Europe, la situation des deux côtés étant également embarrassée.
Si la disette se rencontre aA'ec le trop plein des portefeuilles, la crise sera plus grave sans doute, mais ce ne sera toujours qu'un accident, cause de troubles d'autant plus grands, que, la pyramide du crédit se trouvant renversée, au moindre ébranlement tout s'affaisse et croule. La dépression du portefeuille indique bien si la hquidation a été radicale et profonde, et dans ce cas on peut promettre une reprise active et durable des affaires. Si, au contraire, il n'y a qu'un temps d'arrêt, une légère diminution des escomptes, une demi-liquidation eu un mot, on se relève un peu, mais pour retomber bientôt.