‹ Dictionnaire général de la politiqueChapitre 282 sur 557 · ANGLETERRE · texte numérisé non relu

ANGLETERRE

FRANCE

Millions 1. st.

Millions fr.

MAX

MIK.

IG

IG

Z' PÉKIODE.

r,irls cl suceurs;.!.

IG

Le maximum précède toujours les crises; quand elles éclatent, il a déjà baissé.

Le rapport du papier à la réserve métallique est beaucoup plus variable, de un tiers à un septième. Aux États-Unis c'est presque toujours cette dernière proportion que l'on l'encontre. En 18.37, il y avait dans les caisses un dollar métal pour six en papier; en 1857, un dollar métal pour huit.

La circulation ofiiciclle privilégiée n'est pour ainsi dire rien à côté de la circulation privée et libre qui, sous le titre de lettres de change, lettres de crédit, billets à ordre, mandats, chèques, remplit les fonctions du billet de banque d'une manière si utile pour la société. MiAl. Tooke et Newmarch ne l'évaluent pas à moins de 180 à 200 millions liv. sterl. dans ces dernières années, pendant que la circulation de toutes les banques d'Angleterre, d'Ecosse et d'Irlande ne dépassait pas 41 millions. C'est là qu'on peut trouver Fexagération quand, les promesses de payer arrivées à échéance, la vente des produits n'ayant pas eu lieu, ou les rentrées n'étant pas faites, on se tourne vers la banque, et que , non-seukmcnt pour son crédit, mais pour la balance de certains payements, on s'attaque à l'encaisse métallique.

Ce sont ces engagements qui, pour la plupart, ne pouvant être admis par les banques, causent les suspensions, les liquidations forcées, les faillites, en un mot, tout le cortège ordinaire des crises.

Comment comprendre, en elTet, que les banques puissent étendre assez leur circulation pour absorber la partie flottante et la moins sûre de toutes ces promesses de payer, auxquelles non-seulement on ne l'ait pas honneur, mais dont on demande le renouvellement?

A chaque période nous retrouvons la succession des mêmes accidents: augmentation rapide du portefeuille, changes défavorables, diminution de la réserve, épuisement des caisses de la banque, en présence d'une circulation presque immobUe.

CRISES COMMERCIALES

Ainsi, en 1804, en 1813, en 1847, en 1857, ^es mesures défensives, l'éléTiition du taux de l'escompte, la diminution de sa durée, la limitation des remboursements , leur suspension même, ne sont prises qu'au moment où la crise, arrivée à son apogée, était sur le point de s'arrêter et de décroître : cela est si vrai, que l'argent rentre de suite, ce qui n'aurait pas lieu, si les mêmes besoins se faisaient sentir. Car on comprend que ces restrictions s'opposent à la sortie du numéraire; mais qu'elles le fassent rentrer si la demande reste la même, c'est ce que Ton saisit moins , si l'on n'admet pas la vente forcée des produits dont la spéculation chargée ne voulait pas se dessaisir en perte, seul et unique moyen de faire cesser la compensation des échanges par une luilance ntélullique.

Ya\ France, comme on ne pouvait accuser l'acte de 1844, on s'est appliqué à clierclier ailleurs la cause et le remède des crises. Le capital, les dépôts en comptes courants, la fixité du taux de l'escompte, voilà l'objet des plus sérieuses discussions.

.\ous passerons sous silence les opinions plus hasardées et extra-scientifiques qui ne craignaient pas de proposer le retour plus ou moins déguisé au papier-monnaie.

A toutes les époques, la banque a toujours livré à la circulation une somme bien supérieure à son capital, en acceptant les sacrifices passagers que la position lui imposait, et que l'intérêt de ce capital immobilisé en rente compensait et au delà dans les années prospères. Son capital même, toujours di.^ponible, ce qui serait conforme à son institution, ne préserverait pas l'encaisse dans les moments difficiles. Le compte rendu des opérations de la banque nous apprend, en ellet. que les achats de lingots se sont élevés à la somme de 1,300,000.000 fr. , de 1855 à 1857, ce qui représente près de quinze fois le capilal.

Oiiant aux dépôts et aux comptes courants, nous avons exposé l'opinion (\v Yi. Coquclin, soutenue par M. du Puynode. Maliicureusemcnt, si elle séduit au premier aspect, on ne farde pas à s'apercevoir qu'elle ne s'accorde pas avec les faits , quand on prend la peine de la contrôler sérieusement sur les chiffres officiels.

En France et en Angleterre , les oscillations con.-idèrabies , puisqu'elles peuvent varier chaque année, de 33 p. 100 environ en Angleterre, et de 50 p. 100 en France, ne présentent pas. connue on pourrait le penser, leur minimum au moment des pins grands embarras des affaires et quand on rappelle tous les capitaux di.-^ponibles.

Dans les deux dernières périodes, en 1847 et en 1857, le minimum des dé|)ùls s'observe dans les années qui précèdent la crise en France ( t en Angleteri'e.

Le maximum que l'on remarque dans les années les plus prospères est presque atteint l'année même où se rencontre le minimum.

Voici le tableau de la situation :

DEPOTS, COMPTES COURANTS.

BANQUE D'ANOLETHERE.

BANQUE

DE FRANCE

(En millions de livr.

sterl.)

(En millions de francs. 1

Page 1