CRISES COMMERCIALES. — CROISADES
{aient élevés à 230 millions en 1857, avait encore été dépassé par le cliifTre des escomptes et des avances, qui de 3G4 millions avait atteint 68i millions, et enfin le rapport si dangereux et tout artificiel de la réserve métallique au papier en circulation , rapport de 1 à 8 était toujours menaçant. Ces deux dernières causes seules devaient amener une suspension que le retrait des dépôts précipitait encore.
Que dire maintenant de la liberté des banques? car c'est la conclusion de MM. Goquelin et du Pnynode. Peut-on sérieusement la considérer comme un moyen pratique pour prévenir les écarts de la spéculation ? L'histoire comparée des crises aux États-Unis, en Ecosse, en Angleterre , en France, pays appartenant, les uns au régime de la liberté et les autres à celui du monopole, nous dispense d'insister.
Il nous reste à examiner le dernier moyen proposé : la fixité du taux de l'escompte. Un auteur anonyme pense que celte fixité produirait, ce que fout le monde désire, l'inappréciable bienfait d'une sécurité parfaite pour la circulation toujours régulière et facile des engagements qui représentent les échanges réalisés. Mais cette dernière condition, capitale dans le système, est-elle toujours remplie? Si le mouvement régulier et prospère des affaires attire la spéculation à la vue des bénéfices réalisés, elle ne tarde pas, quand elle est à bout de moyens, d'employer fout ce qui peut, pour la soutenir, accroître la circulation du papier; de là, les billets de complaisance. Afin de se procurer des capitaux, dont l'usage se fait payer très-cher, beaucoup de maisons n'hésitent pas à se créer, par un système de crédit illusoire, des ressources fictives, et mettent en circulation des sommes qui n'ont aucune raison d'être. Première cause d'erreur. La seconde, c'est de penser que , quand l'escompte est à bas prix, les banques se montrent plus faciles, moins sévères dans le contrôle des effets escomptés, de là une extension illégitime du crédit commercial. Le total des elTets escomptés n'est cependant jamais plus bas qu'à ces époques. Mais ce que l'on conseille a déjà existé sans produire les bienfaisants eilefs qu'on en attend. Pour proposer la fixité du taux de l'escompte et raugracntation de la circulation des billets comme moyen de salut, il faut avoir oublié les crises de 1804, 1810, 1813, 1818, 182C, 1830, 1839, 18i7, pondant lesquelles ni la fixité de l'escompte, maintenu à 5 p. 100, ni la liberté d'émission qui était entière dans quelques pays, n'ont pu prévenir aucun désastre.
Les crises, comme les maladies, paraissent une des conditions de l'existence des sociétés où le commerce et l'industrie dominent. On peut les prévoir, les adoucir, s'en préscrA'er jusqu'à un certain point, faciliter la reprise des all'aires; mais les supprimer, c'est ce que jusqu'ici, malgré les combinaisons les plus diverses, il n'a été doniié à personne. Proposer un remède à notre fouf, quand nous reconnaissons le peu d'cITicacitô de ceux des autres, n'était pas possible, d'aulant moins que par
une évolution naturelle l'équiKbre se rétablit et prépare un sol feraie sur lequel on peut s'appuyer sans crainte, pour parcourir une nouvelle période. C'est déjà beaucoup que de connaître la nature et le siège du mal; une modification du système ne suffit pas pour l'arrêter ou le supprimer; il appartient seulement à l'expérience et à l'activité intelligente de ceux anxquels est confiée la direction des institutions de crédit, d'en restreindre ou d'en atténuer les fâcheux résultats.
Nous ne pouvons qu'indiquer ici la solidarité et Pharmonie parfaite qui existent entre les oscillations si remarquables des escomptes et de la réserve métallique, et les autres phénomènes, manifestations de la vie des peuples, tels que les transactions commerciales (importations, exportations), le mouvement de la population (mariages, naissances, décès), des reA-'enus publics, des contributions directes et indirectes, des découverts du Trésor, de la dette flottante, etc.' : tout marche ainsi entraîné dans une commune solidarité , soumis aux mêmes influences et comme obéissant à la même puissance d'expansion et de retrait. La répétition constante des mêmes accidents, dans les trois grands pays du crédit et des affaires , donne ainsi la meilleure confirmation scientifique de ce que nous voulions démontrer.
Le développement régulier de la richesse des nations n'a donc pas lieu sans douleurs et sans résistances. Dans les crises, tout s'arrête pour un temps, le corps social parait paralysé; mais ce n'est qu'une torpeur passagère, prélude de plus belles destinées: en un mot, c'est une liquidation générale. Cléme.s-t JuGL.\r..
CROISADES. On désigne généralement par ce nom les guerres entreprises pour la délivrance du tombeau de Jésus-Christ et l'extirpation des infidèles. Dès les premiers jours du christianisme, Jérusalem fiit considérée comme une ville sainte par les chrétiens. Plusieurs localités, Bethléem, le Thabor, etc. , rendues célèbres par des épisodes de la vie du Christ , devinrent également l'objet d'une espèce de culte, et furent réputées lieux saints. De tous temps aussi, la piété des chrétiens les porta à faire le voyage de Palestine; le zèle devint plus ardent encore, les pèlerins affluèrent en plus grand nombre le jour où les papes appliquèrent à ce pèlerinage des indulgences plénières. Lorsque l'islamisme envahit l'Asie occidentale, quand le khalif Omar se fut emparé de Jérusalem, les chrétiens n'en continuèrent pas moins à visiter la Terre-Sainte en toute sécurité. Le fanatisme des musulmans fut réprimé par les klialifs de Bagdad, et , plus tard, par ceux du Caire, jusqu'à Hakcm. Ce dernier (vers 1100), loin d'imiter la tolérance do ses prédécesseurs, organisa contre les chrétiens de Syrie une sorte de persécution et donna ainsi lieu à la première croisade. L'Occident s'émut tout à coup des injures faites aux pèle-
Foi/., pour les tableaux, notre ouvrage précité ; Dti Crises commerciales , etc.