CHAP. V. INSTRUCTION PUBLIQUE
L'enseignement public comprend des écoles primaires inférieures et supérieures, des écoles secondaires (dites écoles latines ou savantes, et écoles des sciences exactes [Rcalschulcn^ . et des écoles spéciales, et enfin une université conférant renseignement supérieur.
L'enseignement primaire dépendait autrefois de l'Église, mais aujourd'hui, suivant ordonnance du 29 juillet 181'!, il est tout à fait séculier: cependant les pasteurs sont encore chaii, es d'une partie de l'iuspoction (qu'un projet de loi de décembre 1872 semble destiné à
DANEMARK
leur enlever). Bien que l'État ait la direction supérieure de renseignement primaire , celui-ci est considéré comme affaire communale. La fréquentation de l'école primaire est obligatoire [loi du 2'è juiilci ISl i). en ce que tout enfant qui ne jouit pas ailleur.s d'un enseignement suffisant, est obligé de fréquenter l'école publique de la paroisse depuis Tàgede sept ans jusqu'à l'âge de quatorze ans. Linstrncfion primaire y "est donnée gratuitement, ce que le §90 de la loi fondamentale du 5 juin 1849 a érigé en droit. Outre les écoles primaires ordinaires, il y a. dans les villes , des écoles primaires supérieures dites ^o^z-j/ro/ses (urbaines), qui, moyennant rétribution, offrent un enseignement plus étendu. Chaque commune nomme dans son sein des surveillants qui agissent de concert avec les pasteurs. Les dépenses sont, eu général, supportées parles communes elles-mêmes. Cependant , en dehors de Copenhague , les écoles communales puisent quelques secours dans un fonds d'enseignement formé par cliaque bailliage, moyennant un impôt réparti sur toute la circonscription et administré par un conseil composé du bailli, d'un ecclésiastique nommé et de quelques membres élus par les villes et les communes rurales (loi du 8 mars 1856). Enfin. l'État consacre régulièrement tous les ans 50,000 rd. à l'enseignement primaire. Pour cet enseignement, la ville de Copenhague a dépensé en 18C0 100,000 rd. , et en 18G5. 91.300 rd.; les villes de province ensemble en 18G0, 190,000 rd.; et en 1865. 200,400 rd.. et les communes rurales, en 1860. 1,235.000 rd.. et en 1865. 779.261 rd.
Les instituteurs sont nommés par la direction générale des écoles primaires ; exceptionnellement , pour quelques communes , par l'évêque du diocèse; toujours et partout, après délibération et sur la proposition du conseil communal. Ils sont laïques. Pour l'instruction et la préparalion des instituteurs, le pays a 5 écoles normales primaires.
Depuis une vingtaine d'années, il s'est formé successivement à la campagne, dans toutes les provinces, des écoles secondaires de puijsans (Bondehoiskolcr) , dont il y a aujourd'hui (en 1872) près d'une cinquantaine et dont le nombre va en croissant. Ce sont des institutions privées et indépendantes de l'administration publique, bien que le Gouvernement ait commencé à les snbvenlionncr. Les jeunes gens de 16 à 18 ans et au delà qui les fréquentent, n'ont à subir aucun examen, ni d'entrée, ni de sortie. Tout en développant en partie l'instruciion primaire, on tend essenliellement et systématiquement à éveiller l'esprit et à vivifier le patriotisme, à faire naître le respect et le désir de linstruclion à l'aide de leçons libres et animées, familières et essentiellemcnî orales sur l'antiquité, la mythologie et l'histoire de la pairie, sur les phénomènes de la nature, etc., à l'aide du chant en commun, de chansons apprises par cœur, d'entretiens vifs et instructifs. Bref, la liberté, l'indépendance individuelle et le réveil de l'intelligence en forment le principe.
On a commencé à y organiser également des
cours semestriels analogues pour des jeunes flUes villageoises.
Les écoles publiques secondaires sont entre les mains de l'État. A côté des écoles publiques il existe cependant aussi beaucoup d'écoles secondaires priA'ées. Dans le Danemark . les écoles publiques latines (lycées, collèges), qui préparent les élèves pour l'université, sont au nombre de 12; elles sont en même temps des écoles des sciences exactes (Realsdnilen}. c'està-dire elles ont en même temps les classes des lettres et les classes des sciences. Chaque école est dirigée par un recteur qui fait également des cours. Les dépenses des écoles secondfiires s'ont couvertes en parlie par les revenus de nonibreuses fondations spéciales, en partie par l'État. Le tolal des dépenses a été, en 1860- 1861. d'environ 200,000 rd.; en 1872, d'environ.250,000 rd.
Outre de nombreuses écoles spéciales privées, il y a beaucoup d'écoles spéciales publiques, telles que l'académie royale des beaux-arts, l'école supérieure vétérinaire, agronomique, forestière et d'arpentage , l'école polytechnique, les écoles normales primaires, les écoles militaires, les écoles de navigation, etc. Les dépenses, en tant que les fonds particuliers de ces établissements n'y suffisent pas, sont couvertes par l'État.
Le Danemark n"a qu'une université, celle de Copenhague. Elle comprend des facultés de théologie , de droit et d'économie politique, de médecine, de philosophie (lettres), de mathématiques et des sciences naturelles (sciences); elle compte 57 professeurs. Le nombre des étudiants est de 800 à 1,000. Elle est entretenue exclii.<ivement sur ses propres revenus qui consistent en partie en biens-fonds. Ses dépenses annuelles montent à environ 200.000 rd. A côté de l'université, subsiste un établissement à part, nommé comimuimUé, qui, avec son revenu annuel d'environ 100.000 rd., est destiné à fournir des bourses aux étudiants peu aisés et des subventions à diverses institutions d'enseignement.
En résumé , sans compter les revenus des fondations particulières de certaines institutions, ni le fonds général d'enseignement, ni les dépenses communales, l'État dépense annuellement environ 300,000 rd. au profit de l'enseignement public et des sciences. Il consacre de plus tous les ans une somme pareille en subventions au théâtre royal de Copenhague (50.000 rd.). à l'école vétérinaire (près de 50,000 rd.). à l'académie royale des beauxarts, aux bibliothèques publiques, musées et collections.
Les résultats de l'enseignement public en Danemark peuvent être considérés comme trèssatisfaisants. L'obligation de fréquenter l'école, jointe à la gratuité de l'enseignement, a fait qu'il est très-rare de trouver quelqu'un qui ne sache pas lire et écrire.