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DÉCHIFFREMENT

b, l. g, k, p, q, X. z. les plus rares des consonnes.

Anglais. Les seuls monogrammes sont: /,«; y se présente fréquemment comme final; o se redouble et partage cette propriété avec e, dont on le distinguera facilement si l'on fait attention qu'il se trouve toujours uni à/ dans le bigramme of; on le voit souvent aussi avec iv; e se distingue des consonnes doublées parce qu'il se répète plus que toutes les autres lettres.

Italien et espagnol. L'italien, qui a beaucoup de rapport avec l'espagnol, se distingue de cette dernière langue par la longueur de certains mots et l'abondance des redoublements dans les lettres médiales. 0 est la plus répétée de toutes les lettres; e^ i, viennent ensuite, cette dernière double quelquefois , de même que o, u. — En espagnol, oest très-souvent suivi des; « de e; mais l'un dans l'intérieur des mots, et l'autre principalement à la fin: les monogrammes sont a, 0, y.

Français. Les mots français se terminent plus ordinairement par e, qui est souvent suivi de s ou de nt; ou, se rencontre dans les mots de quatre syllabes; les voyelles, e surtout, se répètent plus que toutes les autres lettres ; il n'y a pas de mots sans voyelle ; un mot d'une lettre est toujours une voyelle ou une consonne apostrophée; q est toujours suivi de ic.

Gomme c'est en français que nous donnerons un exemple de déchiffrement, nous arrêtons ici nos remarques sur cette langue.

Si nous voulons déchiffrer l'avis dont nous avons donné le chiffre d'après le système de Jules César, et que nous reproduisons ici :

«Bxlnpk gz hlep op qxpgde egd haiVlp qpzpfdp zage elgdaze cgtx pef fpybe op ep ypffdp pz ydlusp».

Voici comment nous nous y prendrons, tout en faisant remarquer au lecteur qu'il pourra trouver d'autres moyens par l'expérience et l'étude.

Nous faisons une liste verticale des lettres que contient la dépèche, en marquant le nombre de fois que chacune d'elles s'y trouve répétée; nous trouvons ainsi:

fois.

fois.

1 fois.

Remarquons que le p se présente seize fois ; c'est donc très-probablement une voyelle, et probablement aussi une. Examinons si cette hypothèse est fondée, prenons les mots les plus courts: op. ep, pz. Sip est un e, supposons, pour abréger notre démonstration, q\ie pz représente en, puisque c'est un des mots français de deux lettres commençant par e; s sera alors un n; op, ep, seront donc l'un des mots ce, de, je, le, me, te, se, seuls bigrammes de la langue française terminés par e. Mais nous voyons dans la rûissive op, précédant immédiatement

ep, qui n'a que deux lettres; et il n'y a que le seul mot f/e qui puisse précéder un bigramme: donc, si p est un e, dans le mot op, o sera un d.

Cherchons maintenant ce que signifie e du mot ep, ce n'est pas une voyelle; e se remarque à la fin de beaucoup de mots dans la dépèche, nous pouvons présumer que c'est un s; ep signifie donc se jusqu'à preuve contraire.

Voici encore un bigramme, gz, dans lequel nous connaissons la dernière lettre qui est ?i, d'où nous concluons que g ne peut être qu'une voyelle , et par suite gz sera l'un des quatre mots an, in, on, un (les seuls qui finissent par n). Nous rejetons in qui ne veut rien dire; an ne vient jamais en français après un mot de la longueur de bxlnpk; il ne nous reste donc plus que on et un. G est donc o ou u; mais lequel? Nous ne pouvons encore nous prononcer. Prenons un mot qui le renferme et choisissons, autant que possible, un mot qui contienne les lettres présumées reconnues, soit zage. Substituons dans ce mot les lettres connues, nous aurons 7iaus: naus ressemble assez à nous; nous concluons que g est un u, et nous ajoutons même que a est un o.

Nous connaissons: 7^, z, o, e, g,

Qui sont . . . e,n,d, s, it.

Prenons le petit mot egd, la troisième lettre d sera un c ou un r, car il n'y a que sur ou suc qui puisse avoir cette forme. Nous le verrons plus tard.

Dansjje/, les deux premières lettres sont es , nous sommes amenés à penser que la dernière est un t, car le mot est forme le seul trigramme français commençant par es.

Prenons à présent des mots plus longs , soit lia/dp. Nous connaissons a/dp qui nous offre otce ou otre; ce dernier seul peut être admis; le mot devient donc h.... otre qui n'a que deux analogues en français notre, votre. Or, comme nous l'avons vu, n est représenté par z, donc h est nécessairement un v. Nous pouvons donc ajouter aux lettres ci-dessus, au heu de/, d,h, leur valeur t, r, v.

Le mot ypffdp ne contient plus que y d'inconnu; substituons les valeurs connues, nous aurons y.... etlre, qui ne peut signifier que mettre ou lettre: après se lettre ne veut rien dire; tout nous porte à croire que y est un m. — Le mot que nous venons de déchiffrer nous traduit presque qpzpfdp, car nous trouvons q.... enêtre ow fenêtre; de même ^rjj/jjrcJe devient fxeurs ou fleurs; de même encore fpybe se présentera comme temhs ou temps.

Nous avons déchiffré les lettres p, y, o, d,f, z, a, e, g, q, b, h, x; essayons, avec cette clef, de déchiffrer toute la missive. Par la substitution des valeurs inconnues en celles qui le sont, nous trouvons: pllnek un vise de Jleurs sur votre fenêtre, nous slurons cuti est temps de se mettre en marnse. Tout cela n'est pas aussi obscur qu'il le semble au premier abord. Ne voit-on pas, en effet, avec un peu de perspicacité, que l, c, t sont mis pour a, q, i, et qu'on trouve ainsi: nous sauro/is qu'il est temps. Mais pllnek un vase defleurs, se traduit encore, à priori, par placez, etc.; se mettre en marnse

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