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DIVISER POUR RÉGNER

temps synonyme de persécutés. De nos jours, si la religion est encore une cause d'exclusion ou un prétexte (très-peu religieux, d'ailleurs) pour priver un citoyen de la jouissance des droits politiques, elle ne motive plus guère des persécutions. M. B.

Comparez : Culte, Grande-Bretagne (chap. Culte), Pologne, Tolérance.

DISTRIBUTION D'ÉCRITS. Voy. Colportage.

DIVAN. Le nom de divan s'applique à toutes les salles où les souverains musulmans et leurs premiers ministres tiennent conseil d'État ou donnent audience; il se dit encore des tribunaux où les juges rendent la justice. Par extension, on a donné aussi le nom de divan aux membres d'un conseil et d'un tribunal, et l'on nomme membres du divan, les ministres et les magistrats qui ont le droit d'y assister.

Dans le principe , les souverains présidaient toujours le divan, mais, dans la suite, ils ont délégué la présidence à leurs premiers ministres. C'est le divan qui, en Turquie, constitue le gouvernement. Dans ce sens, ce mot est synonyme de Sublime - Porte , Porte ottomane, Empire du Croissant. On dit : les ordres du divan, le divan à décidé, etc.

Lorsque le padichah ne préside pas le divan en personne , c'est le grand vizir , et en son absence le kiaya-beig, son lieutenant, ou un caïm-ékam qui le préside. — Ce divan se composait autrefois du grand vizir et de six pachas à trois queues ou vizirs ordinaires : le moufty avec les deux cadhis-el-askers y étaient appelés, lorsqu'il fallait consulter la loL Depuis Sélim III, le divan a été porté à douze membres, parmi lesquels la volonté absolue du sultan a pu apporter des changements. Henry Legeay.

DIVISER POUR RÉGNER. De tout temps, ' la ruse a été la ressource du faible, et il est des circonstances où la morale la plus pure ne saurait en blâmer l'emploi. Lorsque la faiblesse résulte du nombre des ennemis , on rétablit régalité en les divisant, si l'on peut. C'est instinctivement qu'on a recours à ce moyen : on connaît la légende du combat entre les Horaces et les Curiaces, d'après laquelle l'unique survivant des Horaces a vaincu ses trois adversaires en les séparant.

Ce qui peut être justifié dans un cas de légitime défense , ne saurait être approuvé lorsqu'il s'agit d'asseoir une domination. D'abord, nous ne voyons pas trop dans quelles circonstances l'usurpation du pouvoir souverain ou les conquêtes soient conformes aux préceptes d'une saine morale. De pareils actes eu petit nombre, il est vrai, paraissent avoir été suivis de bous elFcts : mais l'utilité n'est pas encore adoptée par la conscience publique , comme Tunique crt^e/-mMî de nos actions. D'ailleurs, c'est avant d'agir qu'il faut peser la moralité d'une entreprise; or, l'utilité n'est souvent

établie avec évidence qu'après une série d'années. Kous en coucluons qu'on ne doit prétendre arriver ou se maintenir au pouvoir qu'avec l'assentiment général, et alors il n'y a aucune raison de fomenter la division.

Voilà pour les principes, examinons les faits. Le précepte de politique pratique qui forme le titre du présent article, s'applique aA'ant tout aux relations extérieures. Un État a intérêt à ce qu'il ne se forme pas une coalition dans le but de lui nuire , de lui enlever une province ou de lui imposer une humiliation quelconque. Comment peut-il empêcher l'union hostile de se constituer? Le plus sûr moyen serait de s'attacher par l'intérêt l'un des pays qui menacent de devenir ses adversaires. Lorsque les intérêts ne se prêtent pas à des arrangements de cette nature, on use quelquefois d'un moyen dangereux et en tout cas discutable : ou a recours aux passions et on soulève celles sur lesquelles on a quelque prise. On parlera au nom de la religion, ou au nom des principes — absolutistes ou libéraux; on fera valoir la communauté de race ou de nationaUté, on excitera l'amour-propre , on suscitera des motifs de jalousie, sans compter les arguments ou mobiles spéciaux que les circonstances peuvent inspirer ou faire surgir. Les liens de famille entre les princes n'exercent presque plus d'effet sur les événements.

Dans la poUtique intérieure, le diviser pour régner trouve également son application. Mais si, vis-à-vis de l'étranger, on n'obtient des résultats favorables qu'en agissant avec uuegrande prudence, à l'intérieur, le jeu doit être caché avec plus de soin encore. Dans un État constitutionnel où le peuple est souverain, on ne peut guère agir que sur les élections. Quelques gouvernements emploient , il est vrai , des moyens brutaux , la menace et l'abus de l'autorité qu'ils tiennent des lois; mais cette méthode est grosse de plus d'une sorte de dangers. Moins dangereuse, mais non sans péril, est l'influence qui s'exerce par la voie d'une corruption subtile ou clandestine.

Dans les pays à gouvernement absolu, la division est fomentée soit entre les populations appartenant à des religions ou à des nationalités diCférentcs, soit entre les différentes classes de la société. Ici, c'est sur le clergé, là sur laaoblesse, ailleurs, sur la bourgeoisie, les cultivateurs ou les ouvriers, qu'on compte lopins, ou qu'on cherche à gagner, pour s'en faire des alliés. Le gouvernement se donne ainsi des maîtres qu'il est obligé de flatter, et c'est là sa punition bien méritée.

Ce qu'il y a de mieux à faire pour un gouvernement, c'est de satisfaire aux justes exigences des gens raisonnables; il détournera ainsi la masse de la nation de l'union avec l'un des partis extrêmes qui se trouvent dans tout pays , au moins à l'état latent , et qui ne sont pas à craindre tant que l'ensemble des citoyens n'a pas de griefs réels à faire valoir. Lorsque la désaffection s'enracine dans un pays, la division devient un moyen bien peu efficace ; ce n'est, nous le répétons, que par des ré-

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