DIVORCE
formes sérieuses qu'un souverain peut retrouver la popularité nécessaire pour régner en sécurité.
Disons, pour terminer , que ceux qu'on veut désunir doivent avoir présent à l'esprit l'axiome que la Belgique a inscrit sur ses armes : l'union/ait la force. La puissance de ce principe est si universellement reconnue qu'il ne nous reste rien à ajouter. Maurice Blogk.
Comparez: Despote, Morale politique, Salut public , Tyran.
DIVISION. Mode de voter en Angleterre, lorsque l'épreuve par assis et levé a paru douteuse. Ce mode tire son nom du fait que la chambre se divise matériellement , une partie des députés allant dans une autre pièce. C'est une sorte de vote au scrutin.
Comparez: Parlement anglais, Procédure parlementaire. Scrutin, Vote.
DIVISION DU TRAVAIL. Que là division du travail ou la spécialisation des occupations soit une nécessité économique et une condition du progrès , c'est une vérité devenue banale à force d'avoir été répétée, surtout depuis Adam Smith , qui n'en est cependant pas l'inventeur. Mais on ne l'a peut-être pas assez appliquée à la politique, bien que Platon, dans sa Républiqiœ (I, 2), en ait déjà fait ressortir les rapports avec l'organisation d'un État. « Nous ne naissons pas tous semblables, dit-il, mais différents les uns des autres, l'un a plus de disposition pour faire
une chose, l'autre pour en faire une autre
d'où il suit qu'il se fait plus de choses, qu'elles se font mieux et plus aisément, lorsque chacun fait celle pour laquelle il est propre dans le temps marqué, et qu'il est dégagé de tout autre soin. »
Personne ne discutera ce principe qui pai'ticipe de l'évidence d'un axiome ; il est cependant peu d'États où il ne soit plus ou moins fréquemment violé. Tantôt le pouvoir exécutif empiétera sur le domaine législatif, ou le législateur se mêlera d'administrer; tantôt les chambres manqueront àleur devoir de contrôle, les juges chercheront l'avancement plutôt que la justice, et le gouvernement opprimera plus souvent qu'il ne protégera. Bien souvent on ne s'occupera pas de trouver l'homme qui convient à la place, mais la place qui convient à l'homme, et ce ne sera pas la capacité ou l'aptitude, mais le dévouement ou la faveur qui motiveront le choix.
D'où vient que la division du travail n'est pas pratiquée conformément aux véritables intérêts de l'État ? C'est que nombre de personnes mettent au-dessus du bien général quelque chose qui leur est beaucoup plus cher : leur bien individuel. Encore, si, après avoir satisfait à leur intérêt particulier, ou dans les cas où il est hors de cause, ces personnes s'occupaient avec zèle de leur tâche publique, le mal causé par l'intérêt particulier ne serait pas bien grand dans la pratique; mais combien de fonctionnaires ne répondent même pas à ces exigences si modestes !....
Quels sont les moyens de faire cesser cet abus? Créez des institutions ou des lois qui rappellent à chacun son devoir aussi souvent que nécessaire et qui forcent chacun à le remplir; ensuite et surtout, agissez sur l'éducation afin de faire pénétrer de plus en plus dans l'âme des citoyens le sentiment de la justice , d'en imprégner les mœurs et de la faire entrer dans les habitudes des populations. C'est une utopie, dira-t-on; mais l'idéal est toujours une utopie, et c'est seulement en aspirant vers l'idéal qu'on réahse un progrès,
Maurice Block.
Comparez: Abus de pouvoirs. Bureaux, Déni de justice , Fonctionnaires , Machines, Production, Salaire, Travail, Vertus civiques, Villes et Campagnes , etc.
DIVORCE. Le droit de répudiation de la femme par le mari a précédé le divorce chez tous les peuples comme la force précède la justice. Les Perses, les Hébreux, les premiers Romains usaient fort du droit qu'ils s'étaient arrogé. Avec Selon en Grèce, Hérode chez les Juifs. Domitien à Rome, le principe de l'égahté de l'homme et de la femme commença à recevoir une sanction , par le droit accordé à l'épouse de répudier son mari. Les Pères de l'ÉgUse eux-mêmes étaient très-divisés sur cette importante question de l'indissolubihté du mariage, et si saint Ambroise et saint Épiphane admettaient le divorce, saint Augustin le repoussait énergiquement. En 860, le pape Nicolas P', qui voulait contraindre Lothaire P' à reprendre sa femme Teutberge, atHrma avec tant d'autorité la doctrine de l'indissolubilité al)soIue du mariage que le roi finit par céder. Ce fut là une sorte de reconnaissance par le pouvoir civil du principe étabh par la cour de Rome. Plus tard, la rupture des Églises d'Orient et d'Occident et la Réforme divisaient l'Europe en deux camps, les cathohques relevant de Rome, tenant pour l'indissoluiiilité du mariage, les chrétiens grecs et les protestants pratiquant hautement le divorce. Enfin, la loi de 1792 établit le divorce en France. Les dispositions de cette loi rendaient très-facile la rupture d'une union devenue pénible aux deux époux. Elle admettait deux sortes de divorce : le di vorce par consentement mutuel et le divorce pour causes d'incompatibilité d'humeur.
Lorsque deux époux voulaient divorcer et que, par conséquent, le consentement était mutuel, ils devaient convoquer une assemblée de six au moins de leurs plus proches parents ou amis à défaut de parents. Cette convocation pouvait avoir lieu, soit par le ministère d'un huissier, soit sur une simple invitation verbale.
Les deux époux devaient se présenter en personne à l'assemblée et y exposer leur demande. L'affaire était alors discutée et chacune des parties exposait ses raisons. Des observations pouvaient être présentées par les membres de la réunion, et si, une fois la cause entendue, les deux demandeurs persistaient, on dressait un acte ou procès-verbal qui constatait l'inutilité des tentatives de concihation et Tirrévocabilité de la décision des parties.