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AMENDE. — AMERIQUE

tractious, aux contrefaçons, en un mot, aux attentats contre la propriété publique ou privée. Mais on la comprend moins , s'il s'agit de délits contre la slin.'té , la liberté . Ibonneur ou la vie , parce qu'il est assez difficile de saisir des rapports logiques entre le payement d'une sonmie d'argent et le fait que l'on veut punir, les termes réguliers d'évaluation n'existant plus. Il suivrait de là que l'amende, comme peine correctionnelle, n'est pas un moyen parfait de répression, et cela devient plus évident encore, si l'on réfléchit que cette peine a des effets tout autres pour l'homme qui possède et pour celui qui n'a rien. Pour que l'amende soit appliquée avec équité, il est évident que le juge doit avoir la faculté d'en flxer la quotité, suivant la position de fortune du délinquant, mais toujours entre un maximum et un minimum délermiués par le législateur. Il eu est du reste ainsi dans quelques pays, et en Angleterre par exemple, l'adultère est puni par une amende plus ou moins proportionnelle à la fortune du délinquant.

Les punitions disciplinaires, dans les administrations publiques, ne peuvent qu'être pécuniaires; elles se présentent sous la forme d'une retenue sur le traitement, l'employé ayant à continuer son travail; elles ont lieu aussi sous la forme d'une mise à pied pendant un ou plusieurs mois , mais alors l'employé est dispensé, ou plutôt exclu du travail.

Enlin, il y a des amendes dans les ateliers industriels; elles servent à maintenir l'ordre et la régularité indispensables dans les grands établissements, le produit en est versé dans des caisses qui profilent uiiiquement aux ou- VTiers, ces pénalités pécuniaires rendent plus rare le renvoi des travailleurs.

Comparez: Peine, Prison ^ Sanction.

AMENDEMENT. Dans la langue parlementaire, |e mot amendement s'entend de toute proposition de modification à un projet de loi. IJ est, ou le voit, l'une des expressions de l'initiative des membres de la chambre dans les affaires pubhques, et d'après l'étendue de leur droit d'amendement, on peut apprécier le degré de l'influence parlementaire. Sous la constitution française de 1852 ce droit était d'abord réduit à son minimum, mais il fut étendu dans les dernières années du règne de Napoléon III.

L'utilité, ou mieux la nécessité du droit d'amendement est indiscutable, mais il convient que la procédure parlementaire renferme des garanties contre son emploi inconsidéré: il ne faut pas qu'un amendement puisse être voté précipitanunent. Dans le plus grand nombre de cas , le renvoi à la commission , l'ajournement du vote au lendemain suffira.

Comparez: Constitutions françaises. Initiative parlementaire, Loi, Procédure parlementaire, entin les constitutions des divers pays.

AMÉRIQUE. C'est à la chute de l'empire d'Orient , c'est-à-dire à l'époque de la prise de Constantinople par les Turcs, que, suivant la plupart dos historiens, s'ouvre l'ère moderne.

Tout en faisant la part de rémigration byzantine dans le mouvement progressif qui s'accomplit alors en Europe, nous croyons que c'est surtout avec la découverte de l'Amérique (1492) qu'on doit faire commencer l'époque moderne. En préparant une large voie à l'esprit d'entreprises et d'aventures, en excitant les anciennes sociétés européennes à venir se partager les innombrables richesses d'un continent nouveau, en procurant de nouveaux marchés au commerce, en substituant, du moius en partie, les conquêtes de la colonisation aux stériles luttes du passé, il était impossible que la découverte de l'Amérique ne fit pas sortir l'Europe des lieus du moyen âge. C'est en cela que les explorations de Colomb et de ses successeurs l'emportent comme influence civilisatrice sur le mouvement des croisades. Dans celles-ci, issues d'une idée morale pourtant, la civilisation recueille peu d'avantages de la lutte, et le résultat est de créer entre l'Orient et l'Occident un antagonisme religieux, dont huit siècles ne pourront tempérer la violence. L'Amérique, elle, est autrement bienfaisante pour la vieille Europe; elle l'enrichit, elle la retrempe, chacune des nations qui va la frapper du pied, y double son influence et ses forces. Sans parler de l'Espagne, qui lui dut de dominer l'Europe, qu'eussent été sans elle les annales du l'ortugal? Cette impulsion progressive que l'Ancien-Monde reçut de l'Amérique, la verrons-nous se retirer de nous pour retourner à sa source, en d'autres termes, l'Europe est-elle destinée a tomber en décadence et à voir le Nouveau- Monde porter le flambeau de la civilisation? Cette thèse a été soutenue, et, sans en accepter la conclusion, on peut cependant admettre que c'est à un bien grand avenir qu'est réservé le magnifique continent , où une nature gèuéreuse seconde les efforts d'hommes, dont un grand nombre se distinguent par leur énergie et par leur intelligence.

Au point de vue purement géographique, le Xouveau-JIonde se divise naturellement en Amérique du \ord et Amérique du Sud, réunies par l'isthme de Panama. Des iles innombrables, qui appartiennent géographiquement au Kouveau-Continent, deux groupes doivent être mentionnés, lorsqu'on parie des grandes divisions géographiques de l'Amérique ; ce sont: les Terres arctiques, ou les iles qui s'étendent au nord du jN'ouveau-Contincnt; ellef, Anli/ies, que l'usage appelle improprement Indes occidentales.

D'après les calculs de Humboldt, la surface de celte partie du monde, y compris les iles que nous avons mentionnées, s'élève à 38,223,594 kilomètres carrés. Malgré cette étendue, le chiffre de la population ne va guère an delà d'une soixantaine de millions, ce qui doune moins de deux habitants par kilomètre carré. Sur un espace égal, on en attribue à l'Afrique quatre, à l'Océanie six, à l'Asie trente-deux et a l'Europe quatre-vingt-trois.

L'Amérique oflre cette particularité d'avoir moins de population relative qu'aucune autre l)artie du momie et de contenir, en même temps,

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plus de peuples diiréreiits qu'il n'y en a dans aucune des divisions de i'Ancicn-Continent. Suivant VAdas ethnographique du globe, on y parle i;]8 langues di/Férentcs et plus de 2,000 dialectes^

Les peuples du Nouveau-Monde offrent deux ^rdwAcs, ^'mûon?,: peuples américains ou indigènes et peuples d'origine étrangère. Ces derniers composent maintenant la plus grande niasse de la population de l'Amérique , et forment les nations dominantes du Nouveau- Monde.

On peut établir ainsi la statistique des différentes races qui habitent l'Amérique:

Blancs, Européens ou descendants d'Européens établis en Amérique, au moins 45,000,000

Indiens ou Américains indigènes 4,000,000

Nègres ou Africains sans mélange, 6,000,000

Races mélangées de noir, blanc et indien (mulâtres, meslizos, zambos et mélange des mélanges) . . . 8,000,000

Si l'ou considère combien est faible le chiffre de la population africaine sans mélange, si l'on songe que, pendant trois siècles, l'Afrique n'a pas versé moins de 14 millions dhorames sur les rivages des deux Amériques, on ne peut manquer de voir là les preuves des funestes effets de l'esclavage.

Les Espagnols, les Anglais et leurs descendants, les peuples d'origine africaine, les Portugais et Irlandais, sont les nations étrangères les plus nombreuses. Viennent ensuite, sous le rapport du nombre, les Allemands et les Français. Les Hollandais et les Danois y sont encore moins nombreux. Mentionnons encore les Suédois, qui dominent dans l'île Saint-Barthélémy, et plusieurs miUiers de Basques et d'Italiens, qui se sont principalement étabhs dans l'Uruguay et dans quelques-uns des États orientaux de la Confédération argentine. Il n'est pas sans utilité de faire ressortir que le nord de l'Amérique appartient plus particulièrement à la race saxonne ou germanique, et le sud à la race latine.

Quant à la race indigène, on en constate tous les jours la diminution. Elle recule devant l'Européen et on trouve les débris de ses tribus la où la population n'a pas encore pénétré et là où elle est clair-scmée.

Le christianisme étend son influence sur tout le Nouveau-Monde , depuis les terres arctiques jusqu'à la l'atagonie, et offre les subdivisions suivantes: l'Église catholique, domiiiante dans l'empire du Brésil et dans toute l'Amérique ci-devant espagnole; ÏÉglise épiscopalc ou anglicane, l'Eglise presbytérienne ou réjormée et l'Église luthérienne, dominant dans les ÉtaLs-Unis et dans l'Amérique anglaise, avec les sectes des Méthodistes, des Quakers et des Baptistes, pour ne nommer que les plus nomhreuses; l'Église grecque orthodoxe c&l établie dans l'Amérique autrefois russe;

1. Nous donnons ces chiffres, surtout en ce qui conceriiu le nombre des langues, mais sans les garantir. Nous pensons que plus d'une fois on aura confondu un dialecte avec une langue.

le mosaïsme est professé par un petit nombre d'individus, répaudus particulièrement aux États-Unis, aux Antilles anglaises, néerlandaises et françaises et dans les Guyanes; le fétichisme, en'ln, sous diverses formes, se rencontre parmi les tribus sauvages.

Quand les Espagnols la découvrirent, l'.^mérique offrait toutes les nuances de gouvernement, depuis le despotisme paternel des Incas jusqu'à l'indépendance absolue dont jouit chaque membre de certaines tribus encore existantes. On a remarqué que le gouvernement de presque toutes les nations indigènes se présente toujours sous des formes adoucies, qui contrastent singuhèrement avec le despotisme qui règne en Asie et en Afrique, même parmi les nations les plus policées. Si le florissant empire du Pérou était régi par un despotisme théocratique; si l'on trouvait chez les Muyscas, uu pontife et un roi absolu, le gouvernement des Nalchez était théocratique, et celui du puissant empire mexicain ressemblait plus à celui de nos monarchies féodales du moyen âge qu'aux empires despotiques de l'Asie. Tlascala, Cholula et Huetxocingo étaient des républiques, ainsi que cette foule de petits États établis sur les côtes orientale et septentrionale du Brésil.

Actuellement, la plupart des nations indigènes du Nouveau-Monde sont des républiques démocratiques, chez lesquelles rien ne se décide qu'à l'unanimité des voix, et que régissent des chefs tantôt électds, tantôt héréditaires. Quelques-unes, réunies ensemble, formaient ou forment encore des confédérations, telles que la fameuse confédération des Cinq- Kations, celles des Sioux, des Arrapahoes, etc. Le gouvernement des Osages, des Kansas, des Pauis, des Missouris, des Mahaws, des Otos et de plusieurs autres nations, est une espèce (Uoligarchie républicaine. Celui des Araucans présente un mélange d'aristocratie et de démocratie, et celui des Tcherokis offre d?jà une imitation de l'administration intérieure des États-Unis, tandis que les Otomakos et les Yaruros, sur le territoire de la république de Venezuela, vivent pour ainsi dire en famille, avec la propriété indivise.

Les colonies américaines, anglaise, française, espagnole, néerlandaise, danoise et suédoise, présentent, à quelques modiflcations près , les formes administratives de leurs métropoles.

Les États-Unis constituent nn État fédéral dont chaque membre se gouverne librement pour tout ce qui concerne les relations civiles et municipales, mais ayant remis à une autorité centrale de régler tout ce qui regarde la défense commune, la politique extérieure, les douanes et les postes. [Voij. États-Unis.)

La constitution républicaine de l'Union américaine a servi de modèle à cette foule d'États qui se sont formés des débris des colonies espagnoles; on sait que la monarchie constitutionnelle du Brésil constitue seule une exception à cette règle. [Voy. Brésil.)

Au point de vue politique, l'Amérique peut

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être divisée eu deux grandes sections: YAmérique indépeyidante et lAmérique coloniale.

L'Amérique indépendante comprend:

Les États-Unis (voy.) , fondés par dancienncs colonies anglaises ;

Le Mexique (voi/.), État qui s'est formé, eu 1810, de presque toute la vice-royauté du Mexique et d'une fraction de la capitainerie générale de Guatemala;

Les républiques de l'Amérique centrale, issues de la capitainerie générale de Guatemala, moins quelques fractions de son territoire, et divisées, depuis 1839, en cinq républiques: Guatemala, San Salvador , Honduras, Nicaragua et Costa-Rica [voij. ces mots);

Les républiques Colombiennes, formées de la Nouvelle-Grenade [voy.], de l'Equateur (voy.) et de Venezuela (voy.) , les deux premières issues du démembrement de la vice-royauté de Santa-Fé, la dernière de la capitainerie générale de Caracas;

Les républiques Péruviemies , comprenant la république du Pérou (voy.) et celle de la Bolivie (voy.), toutes deux sorties de la viceroyauté du Pérou;

Le Chili (voy.), autreMs capitataerie générale du Chili;

La république oula. confédération Arge^itine (voy.), isstie de la plus grande partie de la vice-royauté de la Plata;

L'Uruguay (voy.), qui s'est formé de la partie orientale de la vice-royauté de la Plata ;

Le Paraguay (voy.) ayant même origine que la précédente et dont le fondateur fut le célèbre docteur Francia;

L'empire du Brésil (voy. Brésil); Lu république de Haïti (^oy.)etla république Dominicaine qui se partagent rUe de Saint-Domingue.

Ajoutons à cette éuumération les nationalités indépendantes des Araucans , les Criks, les Apaches, les Sioux, les Algonquins, les Esquimaux , qui sont les nations les plus importantes.

L'Amérique coloni.vle comprend:

L'Amérique anglaise, composée du Dominium (voy.), dans l'Amérique du Nord; de la Jamaïque, la Barbade, Saint-Christophe, Antigoa dans les Antilles; partie de la Guyane; Demerara et quelques possessions d'une moindre importance;

L'Amérique espagnole, qui compte Icsiles de Cuba et de Porlo-Rico;

L'Amérique française, comprenant partie de la Guyane, les iles Martinique, Guadeloupe, les Saintes, Marie-Galande , Saint- Pierre et Miquelon;

L'Amérique néerlandaise, composée d'une partie de la Guyane, des iles Suint-Eustache , Saba, Curaçao, etc.;

L'Amérique danoise , formée du groupe du Groenland, des iles Sainte-Croix, Saint-Thomas et Saint- Jeun dans les Antilles;

L'Amérique russe , qui ne se compose plus que des iles Kodjak, Sitka, des Aléoutes, etc.;

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