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ENCOURAGEMENTS. — ENCYCLIQUE

vernement doit se charger aussi de ce que les particuliers isolés ou associés ne sauraient exécuter par eux-mêmes. Ce dernier principe laisse la porte ouverte à bien des immixtions, bien des interventions de l'autorité publique; il comporte dans tous les cas une interprétation tantôt plus large, tantôt plus étroite, selon les temps et les lieux. Un pays centralisé ou une contrée où règne le self-government, une époque de barbarie ou de civilisation, ne sauraient être soumis à la même loi.

Un pays est d'autant mieux organisé que ses habitants se passent plus radicalement de l'intervention administrative. Le vrai citoyen , comme le vrai patriote, pratique le se{f help; il fait lui-même ses affaires. Voilà l'idéal; mais la réalité, comme on sait, en est pins ou moins éloignée. Partout, sur le continent européen, en Angleterre, aux États-Unis même, le gouvernement se croit obligé de dépasser le minimum de ses attributions naturelles. Ici son intervention est rare, timide; là elle est journalière . envahissante. D'où vient cette difTérence? Uniquement de ce que le concours de l'administration est repoussé par les mœurs civiques dans telle contrée, tandis que dans l'autre il est sollicité à tout proiios — et souvent mal à propos — par les habitants.

Cherchons d'abord à nous rendre compte des arguments qu'on peut faire valoir, sinon contre l'intervention administrative en général , du moins contre cette forme particulière qu'on appelle encouragement. Nous verrons ensuite ce qu'on peut dire en sa faveur.

11 y a d'abord les arguments moraux, philosophiques : Nous sommes des hommes . et il est de notre dignité de marcher sans lisières.

Les économistes ajoutent : Le meilleur encouragement, c'est le profit que nous attendons d'une entreprise.

L'exposé des arguments pratiques exige quelques développements.

L'administration ne donne jamais ses encouragements sans imposer quelques conditions, et avec juste raison. Il s'agit d'atteindre un résultat considéré comme bon et utile. Généralement l'autorité préfère l'un des moyens de l'obtenir. Quelquefois ce moj'en est réellement le meilleur entre tous, l'administration est entourée de tant de lumières! Elle n'a qu'à vouloir s'éclairer pour que la scipuce et l'expérience se mettent à sa disposition — nous allions dire à ses pieds. Mais on n'use pas toujours de ces facilités; il est des administrateurs qui ont l'esprit étroit, qui sont à cheval sur les '-précédents» et craignent les innovations; alors les conditions auxquelles les encouragements sont accordés maintiennent dans la routine ceux-là même dont on voulait stimuler le progrès.

Cette sorte d'encouragements ne peut donc que décourager.

Ce n'est pas tout. Même dans l'hypothèse où le moyen de l'administration est l'un des meilleurs, comme l'autorité ne peut pas prévoir tous les cas , l'application inconsidérée de la règle peut produire bien des inconvénients. Kous ne saurions ici passer en revue les

différents pays pour indiquer quelles sout les formes qu'y affectent les encouragements et pour examiner si on les distribue avec parcimonie ou avec prodigalité; il sufTit de dire que les encouragements peuvent être divisés eu :

Dispositions législatives ou réglementaires;

Institutions entretenues par l'État;

Subventions de toutes espèces;

Récompenses honorifiques.

Quelquefois l'une seulement de ces quatre catégories est appliquée , souvent plusieurs à la fois. Ainsi, prenons, à titre d'exemples, l'industrie manufacturière et l'agriculture.

Les dispositions législatives et réglementaires en faveur de l'industrie sont: les droits protecteurs, les lois sur la propriété industrielle, etc.; en faveur de l'agriculture on a établi des dispositions relatives aux irrigations et au drainage, l'exemption du droit de patente et de l'impôt des portes et fenêtres, etc.

Les institutions entretenues ou fondées dans l'intérêt de l'agriculture et de l'industrie sont: des écoles spéciales, des expositions, des concours, des haras, des courses.

Les subventions affectent des formes plus variées encore. Ce sont des fonds mis à la disposition de sociétés, des primes, des publications, des missions, des expériences publiques, des avances.

Enfin . les récompenses honorifiques sont des médailles , des décorations et. dans quelques pays, aussi des titres de conseiller et autres.

Les lettres, les arts et les sciences, l'instruction publique , les voies de communication /garantie d'intérêt), etc., jouissent également d'encouragements. Nous ne saurions les blâmer d'une manière absolue ; nous demandons seulement que la distribution s'en fasse avec justice, discernement et mesure. Nous considérons les encouragements comme des dépenses de luxe, mais nous pensons qu'un pays riche peut bien se permettre de jouir d'un luxe qui contribue à former le goîit , à répandre le savoir et à activer la production.

Du reste, si dans des pays très-avancés le gouvernement doit intervenir le moins possible, dans les pays plus ou moins arriérés, l'intervention du gouvernement peut être un stimulant puissant du progrès , comme le prouve en ce moment le Japon, comme l'ont prouvé autrefois les Incas, les czars de Russie et tant d'autres gouvernements. Maurice Block.

ENCYCLIQUE. Ce mot, dérivé du grecâY>«»>xÀioç (de iy pour bi. dans, et de xuxXoç. cercle), désigne une lettre que le pape adresse au clergé et aux fidèles pour défendre les dogmes de l'Église romaine lorsqu'ils sont attaqués trop vivement, ou pour exposer quelque point de discipline ecclésiastique.

La lettre encyclique du pape Grégoire XVI, en date du 15 août 1832. parait avoir été particulièrement faite à l'adresse de certains écrits sortis de la plume de l'abbé de Lamennais.

Le cardinal l'acca ayant, par ordre du pape adressé plusieurs exemplaires de cette ency-

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