D'où vient donc qu'on disait alors
Guatavua Adolphus Rex, Wer v>as hat versteck's.
Seraient-ce ses ennemis qui auraient inventé ce laot? M. B.
1. Des historiens estimables soutiennent que ce chiffre d'un million est purement légendaire. Les 14 armées existaient plutôt sur le papier que dans les camps. Mais s'il y a exagération dans les chiffres, le raisonnement de l'auteur n'eu est pas affecté. (Voy. d'.iilleurs plus loin , chap. III.) M. B.
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très États, proportion intermédiaire entre celles adoptées par l'Angleterre , qui entretenait peu de soldats, et les autres puissances du Nord qui en entretenaient davantage. La préparation aux guerres qui peuvent surgir exige qu'une fraction de cette armée soit à même d'être réunie dans des camps d'instruction ou dans des lieux de rassemblement autres que leurs garnisons habituelles: cette fraction montera au dixième au moins de l'efTectif. Satisfaire à ces deux conditions ne suffirait pas. L'armée organisée à l'intérieur, comme nous venons de le dire, devient trop faible dès que la guerre éclate; car, si alors un ou deux dixièmes, employés à s'instruire, à se préparer à la guerre , peuvent immédiatement entrer en campagne, les huit dixièmes restants sont nécessaires pour le maintien de l'ordre ou à très-peu près. Il faut donc pouvoir augmenter rapidement l'efTectif existant : c'est ce que l'on appelle passer du pied de paix au pied de guerre. Ce passage devra être ménagé avec adresse pour qu'il se fasse sans secousse, condition d'autant plus nécessaire qu'il faudra au moins doubler l'effectif. On y parvient par l'entretien des cadres, formation permanente et légale en officiers, sous-oiïiciers , caporaux et hommes hors rang, au milieu de laquelle il suffit de jeter de jeunes soldats pour que ceux-ci y prennent promptement l'esprit et l'aptitude militaires. Cette possibilité d'augmentation subite facilite la mise sur pied d'armées actives et leur direction sur l'extérieur.
Toute armée se divise en combattants et en non-combattants; parlons d'abord des premiers.
Combattants. Tous les combattants ne peuvent pas être réunis en un seul groupe. Ils sont trop nombreux et de nature diverse. En raison de leur taille ou de quelque aptitude ou préférence, les uns combattront à pied, les autres à cheval, les troisièmes avec les machines. Ainsi, le premier fractionnement dans une armée sera celui des armes ; U y aura de l'infanterie , de la cavalerie , de l'artilierie, et pour loger et défendre ces trois armes, ainsi que pour leur faire franchir les obstacles, une quatrième arme, le génie; cette quatrième arme servira à pied et manœuvrera comme l'infanterie, mais elle sera détachée par fractions minimes. Napoléon I*"' demande , dans ses Mémoires , les proportions suivantes entre les différentes armes: l'infanterie étant représentée par 1 , la cavalerie sera '/s, l'artillerie '/s. 'es troupes du génie '/^o, les équipages militaires '/30. Sauf pour la cavalerie, dont certaines guerres ont semblé présager la dimiiiulion d'importance, ces proportions forment encore base. Comment nue armée scra-t-ellc constituée? Elle sera partagée en unités de manœuvre et en unités tactiques, c'est-ù-dire en divisions et en bataillons ou escadrons : c'est par divisions qu'on manœuvrera dans les camps; c'est par bataillon et escadron que l'on s'instruira et que l'on combattra en détail. Le bataillon ou escadron, commandé directement par
un ofïicier dénué de porteurs d'ordres, ne devra pas , rangé en bataille , dépasser dans son étendue la portée de la voix humaine, car il faut que son chef, placé à une aUe , puisse se faire entendre à l'autre aile. II y aura également des unités administratives : le régiment qui réunira plusieurs bataillons ou escadrons et la compagnie qui sera une fraction du bataillon ; cette dernière sera telle que son chef (capitaine) puisse suivre avec sollicitude le caractère, l'instruction, le service de chacun des ' hommes qui la composent, c'est-à-dire qu'elle comprendra 100 à 150 soldats. Ces unités administratives ont pour but de centrahser les dépenses et de rendre plus faciles à la fois les achats et les justifications. L'existence de ces diverses unités et le fractionnement échelonné qui en résulte ne suffiraient pas encore si, entre les chefs de ces unités et au-dessous d'eux, il n'y avait une hiérarchie convenablement ménagée.
La division se partage en brigades, qui contiennent 2 ou 3 régiments; au-dessous du général commandant la division , il y a donc des généraux commandant les brigades et des colonels commandant les régiments. Un régiment comporte de 3 à 5 bataillons ou escadrons; le colonel a donc au-dessous de lui plusieurs chefs de bataillon ou d'escadron. Le bataillon, qui ne peut guère dépasser 800 hommes, 1,000 au plus, comprend de 6 à 8 compagnies , et le chef de bataillon dirige 6 à 8 capitaines. Le capitaine a besoin d'aide , car il conduit au feu et administre sa compagnie: il aura un lieutenant et un sous-lieutenant, deux sous-officiers comptables et quatre sergents , pour commander chacun une des quatre sections de la compagnie ; deux caporaux , chefs de chambrée , seconderont chaque sergent de section. Du caporal au général de division, il y a dix grades; un principe essentiel d'organisation, c'est que ces grades soient accessibles à tous, et qu'un engagé volontaire puisse devenir général. Malgré cette latitude, un pareil succès restera rare, et en tous cas, celui qui l'obtiendra, surtout en temps de paix, ne portera les épaulettes à étoiles qu'à un âge assez avancé. Or , il importe que l'armée possède des colonels et des généraux dans la force de l'âge , n'ayant pas encore atteint cinquante ans ; on y parviendra en donnant le grade de sous-heutenant à des jeunes gens de vingt ans, remplissant certaines conditions d'instruction.
L'armée sera répartie sur le territoire en raison des ressources des' diverses portions de ce territoire. Mais les troupes demeurerontelles à poste fixe sur un point ou changerontelles de résidence de temps à autre, quittes à être remplacées par d'autres dans la localité qu'elles abandonnent? Les faire demeurer, c'est les laisser agglomérées ensemble et les habituer à leurs chefs, très-propres alors à les mener en guerre; les faire voyager, c'est les isoler davantage et des autres troupes et des mêmes chefs, mais les empêcher de prendre des habitudes sédentaires. On les maintient
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ainsi mieux dans cette demi-insouciance si propice à l'état du soldat.
Non-combaltants. Les non-combattants sont aussi indispensables à une armée que des troupes de soutien à l'artillerie ou que des serviteurs à une maison nombreuse. Il faut que ceux qui risquent leur Aie pour la patrie le fassent le cœur léger, certains d'accomplir un devoir, de faire un acte honoré et de trouver au retour la sépulture pour eux et des secours pour leur famille s'ils meurent, les soins médicaux s'ils reviennent blessés ou malades, le repos et la nourriture s'ils regagnent le camp avec une simple fatigue. A laisser ces noncombattants , médecins , infirmiers , boulangers, sans organisation, ce serait s'exposer à des mécomptes, à des désaccords, comme il en survient entre les rouages d'une même machine qui ne reçoivent pas la même impulsion. On les organisera donc militairement , ce qui les soumettra à la même obéissance que les combattants. Leur constitution militaire les dotera d'ailleurs d'une plus grande mobihté , et, malgré les entraves apportées par la présence des voitures, ils pourront suivre les troupes et participer aux événements de guerre dans la mesure de leur rôle. Les accessoires comprendront non-seulement les annexes de chaque arme, tels que train d'artillerie, train du génie, équipages militaires, compagnies d'armuriers, ponts portatifs , ambulances , objets de campement, etc., mais aussi ce que notfs pourrions appeler le personnel et le matériel parlant, par exemple les interprètes, une imprimerie, une lithographie, une photographie, une télégraphie électrique mobile, etc. En un mot, tous les besoins qu'une civilisation avancée a fait surgir ou a appris à satisfaire doivent se reproduire dans une armée , ce diminutif de la nation , chaque fois qu'ils ont trait à la vie en plein air.
m. MODES DE BECRDTEMENT EN DSAGE.
On entend par recrutement l'ensemble des moyens ou le système par lequel on amène des jeunes gens de leur foyer sous les drapeaux.
Le recrutement est à une armée ce que la nourriture est au corps de l'homme: si la nourriture cesse d'être saine, celui-ci dépérit; si le recrutement fonctionne mal , celle-là périclite.
L'entrée dans les rangs de l'armée peut être, pour les soldats nationaux, volontaire ou forcée.
L'enrôlement volontaire se fera par amour de la gloire ou en vue des avantages immédiats ou éloignés qu'offre le service militaire. L'enrôlement volontaire a lieu avec ou sans prime.
L'enrôlement volontaire avec prime est celui qui se pratiquait pendant la guerre de Trente ans, pendant les règnes de Louis XIV, de Louis XV , de Louis XVI, c'est-à-dire de Gustave-Adolphe à la Révolution française, et qui composait à lui seul le mode à peu près exclusif du recrutement. Appliqué à un grand pays où la condition du peuple est généralement bonne, il tombe promptemcnt dans Je
raccolage et n'amène sous les drapeaux que la lie de la population; pratiqué sans bonne foi, il ahène les enrôlés eux-mêmes qui ne redeviennent jamais libres en dépit de leur contrat, et produit la désertion.
L'enrôlement A-olontaire sans prime ne se voit guère que dans les États libres; il décèle en général une vocation militaire nettement accusée, quoiqu'un chagrin ou un dépit, même seulement le désir de porter un uniforme brillant, puisse porter un jeune homme às'en-
Dans tous les cas, l'enrôlement volontaire n'a jamais été qu'un moyen insuffisant pour recruter des armées nombreuses. Louis XIV n'en a pas tiré annuellement plus de 20,000 hommes , et sans ses régiments de garnison , ses essais de milice, ses régiments étrangers, il se fût trouvé dans l'impossibilité de compléter son armée. Les fameux engagements volontaires de Paris en 1792, dont on a fait tant de bruit, ont produit en tout 5,000 soldats. La Restauration qui, obligée de promettre l'abolition de la conscription, dut, au moins par mesure temporaire, proclamer l'enrôlement volontaire comme la source principale du recrutement, se vit dans la nécessité d'y renoncer. En etfet, de 1815 à 1848, ce mode de recrutement n'a jamais fourni en France plus de 10,000 hommes par an dans les années ordinaires et plus de 28,000 dans les années où la guerre était imminente, comme en 1831.
Et pourtant des écrivains, des hommes d'État , ont préconisé l'emploi exclusif de volontaires pour former l'armée permanente , et cela de nos jours encore. Suivant nous , c'est une utopie. Jamais l'armée d'un grand pays ne pourra s'alimenter ainsi, à moins que son effectif ne diminue beaucoup' ; il faudrait pour cela plus d'esprit militaire qu'il n'en a jamais existé, et plus d'instinct patriotique que nos sociétés industrielles modernes ne semblent capables d'en posséder.
Quant au recrutement forcé , on conçoit combien ses formes peuvent varier: examinons celles qui se sont présentées le plus souvent.
Il y a d'abord le recrutement dans le sein d'une caste. Dans les pays où il existe une caste mintaire, c'est elle qui doit pourvoir l'armée du nombre de soldats nécessaire ; elle y parviendra par un recrutement forcé dans son sein , et même , si le pays se trouve menacé , tous les hommes en âge et en état de porter les armes qu'elle contient devront marcher. L'ancienne Egypte nous otTre un exemple de cette situation : la caste militaire y venait hiérarchiquement après la caste sacerdotale, possédait le tiers des propriétés territoriales et jouissait en outre d'une solde pendant la durée de la guerre. L'Inde aussi avait sa caste militaire. Les chevaliers romains formèrent, au moins dans les premiers temps de la république, une espèce de caste militaire, et au moyen âge, l'obligation du service de
1. C'est en cffut ce que l'opinion publique demande avec une insistance croissante. M. B.
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guerre imposée en échange d'un fief, obligation devenue proraptement héréditaire , constitua un ordre de clioscs semblable. Aujourd'hui, surtout depuis que l'organisation des confins militaires de l'Autriche a été modifiée, on trouverait à peine quelques vestiges de cette organisation dans les pays de l'Europe. {Voj. Castes et Indelta.)
On doit mentionner en second lieu les recriUements par désignation arbitraire, par exemple parmi les jeunes gens de 18 à 25 ans. Les familles voient dans ce cas leurs enfants à, la discrétion du magistrat qui représente l'État, et si ce magistrat manque d'honnêteté ou a le caractère fantasque, il commet des abus, des injustices. On n'oserait de nos jours revenir à ce mode de recrutemeut contraire aux principes de l'égalité civile. Il a existé chez les Romains, où les tribuns choisissaient pour' leurs légions les citoyens qui paraissaient les plus robustes; mais alors le service n'aA'ait qu'un temps et la légion disparaissait avec la guerre qui l'avait fait mettre sur pied. Il a existé en Prusse , où l'on servait à vie sous Frédéric le Grand, chaque régiment possédant un district assigné dans lequel il se recrutait en nationaux au gré de l'otricier supérieur envoyé dans ce but avec recommandation de réclamer les plus robustes et les plus grands. Il a existé momentanément en France, sous Napoléon P', en 1813, pour la formation des régiments de gardes d'honneur, dont chaque cavalier, fils de bonne famille , fut désigné d'office par le préfet de son département. Enfin, il a duré jusque vers 1870 en Russie.
Le recrutement par désignation arbitraire , au lieu d'être individuel, comme nous venons de le présenter ,peut s'exercer collectivement; par exemple , quand un bataillon ou un régiment de milice ou de garde nationale , après avoir servi à Fintérieur suivant sa destination normale, est ensuite envoyé à Fextérieur, soit en entier, soit en partie, pour grossir une armée active.
Dans des cas exceptionnels on peut avoir recours à ce qu'on nommerait le recrutement (la leoce] en masse. Si l'on appelle une nation entière aux armes, alors quiconque se sent en état de porter une pique ou un fusil doit se présenter. Sauf lorsqu'il s'agit de sauver son indépendance, il faut se garder de recourir à ce moyen, qui épuise la population; et même dans ce cas de danger iumiinent, le gouvernement doit ajourner le plus possible cette nécessité extrême. La France Fa employée une fois, en 1793, et la Convention n'a pas craint de décréter la levée pe/-ma«c«^e (tant que Fennemi souillerait le territoire) de tous les Français non mariés ou veufs sans enfants, guet que fût leur âge; on peut juger de la perturbation apportée dans la vie d'un pcui)le, par cette mesure beaucoup trop radicale, surtout après une réquisition de 300,000 hommes âgés de 18 à 40 ans, qui avait eu lieu au mois de février de la même année. L'Allemagne a recouru, en 1813, et la France de nouveau en 1870 à la levée eu masse.
Une autre forme à mentionner, c'est le recrutement général graduel. Nous entendons par ce terme un système de recrutement dans lequel tout citoyen se trouve atteint , pendant la totalité de sa vie adulte et valide , au service miUtaire, seulement dans des catégories différentes qui Féloignent de plus en plus de la chance de faire la guerre, au fur et à mesure qu'il prend de l'âge. C'est le système actuel de la l'russe , où chaque citoyen fait partie de l'armée de 20 à 32 ans [voy. Prusse). L'avantage de ce système, c'est qu'il fait passer chacun, quelles que soient sa naissance et sa fortune, sous le niveau de l'obligation du service militaire, et le force à remplir ses devoirs envers la patrie. Son inconvénient est de retenir le citoyen trop longtemps , si ce n'est dans l'armée permanente , du moins dans la landwehr, et d'entraver ainsi dans une certaine mesure la liberté individuelle et Fesprit d'industrie qui en résulte.
C'est le recrutement partiel au moyen d'un tirage au sort qui a été jusqu'à présent le mode le plus général. Ce mode de recrutement ménage la population, en ne prenant qu'un nombre limité de jeunes gens et en rendant liberté complète à ceux que le sort ne désigne pas ; ce sont deux avantages réels. En outre, le tirage au sort, bien réglé, établit une ligne de justice, très-favorable au maintien de la bonne harmonie entre les familles, principalement dans les campagnes, où Fou se défend aussi ardemment quand il s'agit de donner ses enfants à l'État que lorsqu'il s'agit de lui livrer son argent.
Le recrutement par des élèves-soldats ne fournit qu'un faible contingent aux armées où il est en usage. Des enfants, placés dans la dépendance du gouvernement , peuvent être élevés en vue de la carrière mihtaire, et immatriculés de gré ou de force comme on fait en Russie pour les fils de soldat devenus eufants de troupe. Le fameux corps des janissaires, créé en Turquie à la fin du quinzième siècle , et qui a duré jusqu'en 1826, fut constamment complété de la sorte: les enfants élevés pour devenir janissaires n'appartenaient même pas à la race turque, c'étaient de jeunes captifs chrétiens instruits dans la religion musulmane, et naturalisés par ce fait même. Le sultan qui créa ce corps avait pensé que cette origine en rendrait les membres plus dévoués au souverain, mais il n'obtint que des hommes dévoués à eux-mêmes, capricieux, exigeants, faisant et déposant les empereurs, metlant, par leurs discordes , la Turquie à deux doigts de sa perte. De 1781 à 1789, on s'est occupé, en France, de la création iVécolcs nationales destinées à élever les enfants de la campagne, de manière à leur donner le goût de l'état militaire, mais, au s(u-tir de ces écoles, on leur laissait une certaine latitude i)0ur s'engager; plusieurs mémoires ont été alors publiés sur ce sujet. Pour utiliser les élèves des écoles nationales pendant leur éducation, on les employait à faire les corvées pour l'entretien des chemins. Jusqu'à présent, soit dans le recrutement
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volontaire , soit dans le recrutement forcé , nous n'avons envisagé que l'emploi de soldats nationaux. Il est possible également de lever et de mettre en ligne des soldats étrangers; deux modes de recrutement s'offrent à ce sujet. L'un, c'est le recrutement par achat. Acheter des esclaves et en faire des soldats forme un moyen assez simple de recrutement. Il n'a pu être employé çue dans des circonstances exceptionnelles ou dans des contrées encore barbares. Après la bataille de Cannes, Rome acheta et arma 8,000 •esclaves. Les fameux mamelucks d'Egypte étaient originairement des esclaves achetés aux Mongols par les sultans ayoubètes. Aujourd'hui la garde noire de l'empereur du Maroc se recrute ainsi , au moins partiellement , puisque ce souverain revendique dans ce but , en payement de droit d'entrée, plusieurs des nègres que chaque caravane amène du Soudan. Une pareille troupe peut être dévouée; mais il faut la ménager pour qu'elle ne fasse pas comme les janissaires.
Le second peut être appelé le recrutement par location; au lieu d'acheter un homme , on louera ses services pour un temps déterminé. C'est l'ancien emploi des mercenaires, si usité au sortir du moyen âge , pendant les guerres de Trente ans et de Sept ans , et qui a duré jusqu'au début du dix-neuvième siècle. C'est un usage qui s'est heureusement perdu.
Si la location des services, au heu de se faire individuellement , s'opère collectivement, par groupe , on dit qu'elle a lieu jmr capitulation; celles des Suisses avec l'ancienne France ont joui d'une certaine renommée. Le prix de la location, ou capitulation, se composait d'une •prime d'engagement , d'une solde convenue et de certains privilèges et garanties. De nos jours les lois suisses interdisent les capitulations.
Il n'y a plus que ce qu'on appelle les légions étrangères, troupe très-peu nombreuse et partant n'offrant aucun péril.