Administration de l'armée française
Une armée se compose d'un grand nombre d'hommes ; il faut pourvoir aux besoins de ces hommes dans les diverses positions où ils peuvent se trouver et pendant le temps entier où le drapeau les abrite. Il faut les habiller, les armer, les équiper, les nourrir, les soigner en cas de maladie, leur payer une solde. Cette énumération montre la complication de l'administration d'une armée.
Divers services administratifs, dont il a été question ci-dessus parmi les non-combattants, achètent, gèrent, manutentionnent et distribuent, au nom de l'État, les diverses allocations accordées aux militaires. L'intendance miUtaire dirige et surveille ces services. Elle surveille également le conseil d'administration de chaque régiment; mais ce conseil agit de lui-même sous sa propre responsabilité pécuniaire. L'existence de ces conseils, qui ne remonte pas au delà du règne de Louis XYI, constitue la plus grande dilTéreuce entre l'administration mlUtaire actuelle et celle du temps de Louvois; aujourd'hui le colonel, non-seulement n'est plus propriétaire de son régiment, mais ne décide pas seul avec son trésorier et son major; le conseil comprend sept membres pour un régiment, et parmi lesdits membres, il y a un chef de bataillon et un capitaine de compagnie qui représentent la partie active du commandement et peuvent défendre les intérêts du soldat et assurer, administrativement parlant , une bonne préparation de guerre.
Les conseils d'administration n'ont d'ailleurs qu'un faible maniement de fonds à la fois et toujours peu d'argent en caisse, par la faculté qu'ils ont de déposer au Trésor . par somme ronde de 1,000 francs, l'argent qui les embarrasse. C'est le trésorier qui manie ces fonds, mais sans avoir la clef de la caisse du conseil; ' cette caisse porte deux clefs, nécessaires toutes deux pour l'ouvrir, et confiée l'une au président du conseil, l'autre au major.
La comptabilité de chaque corps, vérifiée trimestriellement par le sous-intendant, est vue dans son ensemble par l'intendant de la division à l'époque de son inspection administrative, puis définitivement arrêtée par l'inspecteur général.
Toutes ces comptabilités parviennent au ministère de la guerre; où elles sont l'objet d'un examen nouveau et attentif. Le ministère reçoit aussi la comptabilité de chaque établissement militaire, et puis il a la sienne propre, relative aux dépenses générales, à celles de son personnel, à celles de divers secours accordés à des veuves ou orphelins de militaires ou même à de vieux militaires sans pension ou dans le besoin. Ces comptabilités sont eu dernier heu soumises à la révision de la cour des comptes.