‹ Dictionnaire général de la politiqueChapitre 96 sur 557 · BARRICADES. — BAVIERE · texte numérisé non relu

BARRICADES. — BAVIERE

Vienne et Dresde, les leurs en 1848 et en 1 849. Mais en Allemagne, pas plus qu'en France, les barricades n'ont été un moyen d'obtenir autre chose qu'un résultat de courte durée.

Nous n'avons pas à parler ici des barricades élevées dans les villes ouvertes pour s'opposer à la marche de l'ennemi. Sauf dans le cas où une ville ouverte [voy. ce mot) fait partie d'un plan stratégique, elle ne devrait jamais être défendue, car ce serait causer de grands maux sans aucune utilité pour le pays.

BASTILLE, se disait autrefois de toute fortification extra-muros , temporairement construite pour le siège ou la défense des villes , et rappelle particulièrement, aujourd'hui, le château fort élevé, sous Charles Yl (1380), dans le quartier Saint-Antoine.

Bien que l'idée première de la Bastille eût été d'en faire une défense contre les agressions du dehors, nous passerons sous silence son rôle historique comme position militaire. Ce qu'il importe de faire connaître ici, c'est la Bastille, prison d'État: envisagée sous ce point de vue, elle est une des pages importantes de l'histoire de l'ancienne monarchie française.

Hugues Aubriot , qui dirigea la construction de la Bastille , en fut aussi le premier prisonnier; mais la poHtique n'était pour rien dans son incarcération. Soupçonné d'hérésie, accusé, jugé et condamné par des prêtres, il ne fit que passer par la prison royale, et alla subir la détention perpétuelle à laquelle il était condamné , sous les verrous de l'éveque de Paris. Les prisonniers d'État ne commenceront à inscrire leurs noms sur les registres de la Bastille, que lorsque se sera ouverte la lutte de la royauté contre les grands vassaux de la couronne. Nous y trouverons alors de puissants seigneur^, comme Jacques d'Armagnac, duc de Nemours (1477); plus tard, la vie politique s'étant infiltrée dans les couches populaires, on y verra également figurer de minces bourgeois et jusqu'à des prolétaires. Mais jusque vers le miUeu du dix-septième siècle, la Bastille ne ferme guère ses portes que sur des gentilshommes ou de grands dignitaires. Ils ont , en grand nombre, laissé une légende de leur captivité dans cette prison, et celle du cardinal Balue n'est pas la moins populaire, si elle n'est pas la plus intéressante. Louis XI, qui frappa si rudement ce prince de l'Église, ne fit cependant guère usage de la Bastille. Il avait ses prisons et son bourreau à lui, et des nombreux condamnés politiques de son règne Jacques d'Armagnac et Balue sont, à peu près, les seuls qui subirent le régime de la Bastille. Richelieu, qui continua la politique de Louis XI. fit emprisonner et exécuter nombre de gentilshonmics à la Bastille. Son successeur Mazarin rendit à la liberté la plupart des prisonniers du cardinal-duc, et substituant la ruse à la violence dans le gouvernement de la France, n'usa que médiocrement de Yembastillement. C'est sous Louis XIV que commence la grande époque des proscriptions politiques et religieuses, et c'est aussi ù partir de son règne que la Bastille re-

gorge de prisonniers. Fouquet et le mystérieux personnage, connu sous le nom de Yhomme au masque de fer, se détachent tout d'abord de cette foule qui s'augmentera des dissidents à la bulle Unigenitus. Jansénistes, protestants, convulsionnairesmème encombrent les cachots de la prison royale; et si la régence du duc d'Orléans ralentit un peu l'abus des lettres de cachet, cet abus devient bientôt une sorte de passe-temps entre les mains des maîtresses de Louis XV. Ils étaient nombreux encore sous le règne de Louis XVI, et Turgot et Malesherbes tentèrent vainement de faire rendre à la liberté ceux au moins contre lesquels on ne pouvait invoquer la raison d'État. Le faible monarque, circonvenu par des conseillers qui ne voulaient rien céder aux idées nouvelles, sacrifia ses ministres, et laissa à la Bastille la triste prérogative de représenter l'absolutisme royaL Mais cet absolutisme avait fait son temps, et, lorsqu'au 14 juillet 1789 tomba la Bastille sous les efforts de la population parisienne et des gardes-françaises, on dit que la cour fut frappée de stupeur; la monarchie leur semblait avoir été atteinte en plein cœur. Ils ne se trompaient pas : les ruines de la vieille monarcliie allaient bientôt s'unir à celles de la forteresse qui, durant tant de siècles, avait, aux yeux du peuple, symbolisé la toute- puissance des rois.

BAVIÈRE., Le royaume de Bavière est, après la Prusse , l'État le plus important de ï empire allemand. [Voy. ce mot.)

Le point de départ de la formation du royaume bavarois est le duché de Bavière conféré à titre de fief par l'empereur Frédéric Barberousse à Otton de Wittelsbach (1180). Les descendants de ce prince ont peu à peu étendu le territoire, établi (I50G) l'ordre de primogéniture pour les successions, et acquis le Palatinat qui leur donnait le rang et les pouvoirs à! électeurs. (Voy. ce mot.)

La composition actuelle du royaume est le résultat des événements qui ont agité le commencement de ce siècle. C'est dans le traité de paix de Lunéville (1801), dans la décision des états de l'empire, du 25 février 1803, dans le traité de Presbourg de 1805, dans l'acte de 180G, qui crée la confédération du Rhin, dans les traités de Vienne (1809) et de Paris (1814), que se trouvent les titres d'acquisition des nouvelles provinces de la Bavière. Dans ces divers actes, 83 territoires comptant parmi les États de l'empire, c'est-à-dire relativement indépendants, ont été annexés au royaume créé au !«'' janvier 1806, qui a dû, il est vrai, céder en échange la partie du Palatinat située sur la rive droite du Rhin.

La population de la Bavière est de 4,861,402' (1871) âmes; elle est composée principalement de Bavarois, de Franconiens et de Souabes. Le culte catholique est celui de la majorité des habitants, il compte 3,439,000 adhérents; puis

1. Population en 1818, 3,707,96G ; 1840, 4,370,977; 1852, 4,559,452; 1861, 4,ti89,837.

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