‹ Dictionnaire général des eaux minérales et d'hydrologie médicale (volume 2)Chapitre 102 sur 310 · MATÉRIAUX · texte numérisé non relu

MATÉRIAUX

réparations. Ici les émanations sulfureuses donnent naissance, au contact des surfaces, à de l'acide sulfurique, mordant très énergique; là ce sont les sels sodiques contenus dans la presque totalité dos eaux, et dont, pour quelques-uns (carbonate, bicarbonate, sulfate, etc.), on a à combattre les propriétés pénétrante, grimpante et nitrifiante.

Le choix et l'appropriation des matériaux présentent donc un Intérêt marqué dans cette sorte de construction. Les Romains, ces constructeurs si habiles dans la recherche, si versés dans l'emploi des matériaux de la contrée où ils édifiaient, ont apporté pour leurs thermes une rare intelligence. La pénétration des massifs maçonnés, la corrosion des surfaces, deux choses toujours à combattre dans les bains, ont été de leur part l'objet d'efforts remarquables. Partout ils rendaient les massifs compactes, non pénétrables, par un judicieux usage des matériaux destinés à hâter la formation d'hydrosilicates terreux très résistants. Ils les garantissaient, d'autre part, par le recouvrement continu des surfaces. On sait avec quelle rare habileté ils opéraient ce recouvrement par des planches de marbre, par des dalles compactes et jointives, scellées étroitement au moyen de crampons et de gougeons engagés à double T, de bronze fort.

Ils ont, dans l'emploi des massifs et semelles de bétons, montré une entente remarquable dans l'art de construire pour la destination. On est saisi d'admiration, quand on recherche avec quelle connaissance approfondie des matériaux ils savaient diversifier la composition de leurs bétons pour lutter contre la pénétration des massifs et contre l'attaque des surfaces. On.eri a trouvé, dans les substructions des thermes galloromains de Luchon, un exemple frappant. Dans les piscines aristocratiques, les planches ou revêtements de marbre blanc de Saint-Béat reposaient sur une couche de 12 à 15 centimètres de béton fin, gris blanc, très compacte, entièrement conservé, empâtant des cristaux de feldspath qui en formaient les noyaux. Mltf. J. François et E. Chambert ne purent arriver à reproduire ce béton qu'eu employant des galets roulés de granit porphyroïde des montagnes de Crabioule et d'Oo, en les broyant et les associant à de la chaux hydraulique. L'usage de cette variété de granit pour béton fin aurait sans doute échappé à ces deux constructeurs sans le fait signalé ci-dessus.

L'exemple des anciens est à suivre dans les constructions therm'ales. Il convient avant tout de rechercher dans la contrée tous les matériaux pouvant servir à réaliser avec économie la non-pénétration des murs et massifs maçonnés, et l'inaltérabilité des surfaces par les vapeurs et par les sels minéraux que renferment les eaux.

Nous avons aujourd'hui des composés hydrofuges dont on tire un excellent parti dans les soubassements. On combat le grimpement des

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sels en établissant les murs sur une semelle continue de bitume. Ces moyens réussissent dans le cas de construction en crypte. Le bitume s'y emploie non-seulement comme semelle, mais aussi pour enduit fouetté à l'extérieur et pour dallage.

La conservation des surfaces, point capital dans les bains, peut se réaliser, selon la nature des eaux, par des revêtements de lave ou de faïence émaillée, de carreaux d'Orange, de planches de marbre, d'ardoise, soit aussi par application de stucs formés au moyen de silicates, ou de silico-aluminatcs de Kublmann, convenablement associés à des bases ou à des carbonates terreux.

On doit, pour les murs et massifs maçonnés, préférer l'emploi des chaux hydrauliques ou hydraulisées, et construire à bain de mortier, afin d'éviter les vides. Sous le rapport de l'impénétrabilité des massifs, la construction par encaissement, quand elle est praticable, offre des avantages incontestables. La construction monolithe obtenue avec le béton fin, ou avec le pisé hydraulique de M. Goignet, paraît devoir présenter de bons résultats.

Dans les constructions thermales, plus peut-être que pour les travaux à la mer, la connaissance et l'emploi rationnel des matériaux sont indispensables pour garantir la bonne conservation des ouvrages et pour réduire la fréquence et l'importance des réparations. C'est pour avoir négligé ce côté de la question, pour avoir livré ces constructions à des hommes trop nouveaux, que souvent on a eu à remanier des établissements de date récente. L'épreuve en a été trop coûteuse pour que l'on évite d'y revenir.

MATIÈRES animale, glaireuse, grasse, organiques, végétoanimale, verte de Pricstley. Voy. ORGANIQUES (MATIÈRES).

matlock (Angleterre, comté de Derby). A 2 milles du village de ce nom, sur la Derwent et le chemin de fer Central, dans une vallée pittoresque.

Bicarbonatée calcique. Tempér. , 20° centigr.

La source, composée d'une quantité de filets d'eau limpide, revêt ses bords et les objets qu'on lui soumet d'une couche calcaire. Scudamore, en 1819, y a trouvé du gaz acide carbonique libre et quelques chlorures et sels de chaux en petite proportion. Saunders avait déjà donné à ces eaux de simples propriétés délayantes. M. Lee les regarde comme des eaux pures, et M. Glover déclare que c'est un contre-sens de les ranger dans les eaux minérales. Une belle installation et les agréments d'un site romantique attirent dans cette station beaucoup de personnes qui trouvent là d'ailleurs toutes les gradations désirables du bain soit frais, soit thermal.

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jiaeriexne (La) (Italie, Savoie). Cette 'province, riche en mines de houilles, a des sources chlorurées sodiques, l'une thermale à Échaillon [voy. ce mot], l'autre à Pontamafrey, dans le voisinage de Saint- Jean. La première seule est utilisée.

Sur le mont Cenis, entre l'hospice et le lac, coule une source d'eau ferrugineuse, découverte en 1783 par Bonvoisin.

MECiXA-BontBAROX' (Espagne, prov. de Grenade). Dans une dépendance de la chaîne des Alpujarras.

Ferrugineuse bicarbonatée. Tempér. , 17° centigr.

MÉD.&G1 i ou JOSE (France, Puy-de-Dôme, arrond. de Thiers). Sur les bords de l'Allier et à une petite distance du village de José.

Bicarbonatée mixte [ferrugineuse). Tempér., 15° à 16° centigr.

Trois sources: Gros-/Jouillon, des Graviers, Petit-Bouillon.

L'analyse qui suit a été exécutée avec l'eau de la source des Graviers, la seule fréquentée.

Eau : un litre.

Gram.

Acide carbonique libre l ,336

Bicarbonate de soude 1 ,290

— de potasse 0,290

— de magnésie 0,942

— de strontiane ?

— de protoxyde de fer 0,013

— de protoxyde de manganèse ?

Sulfate de soude 0,248

Phosphate de soude traces

Arséniate de soude 0,002

Borate de soude ?

Chlorure de sodium 1,116

Silice 0,063

Matière organique traces

(Bouquet, 1855.)

Examinée à la source, l'eau minérale répand une odeur sulfuro-bitumineuse assez prononcée.

Les eaux de Médague ne possèdent point d'établissement thermal. Elles peuvent être utilisées dans la dyspepsie, la chlorose, la gravellc ; mais elles paraissent être employées surtout à la suite des fièvres intermittentes, et même dans les fièvres intermittentes rebelles, dont elles feraient cesser les accès, suivant M. Nivet. Les gens du voisinage les prennent souvent à des doses excessives ; elles peuvent alors déterminer des superpurgations fâcheuses. On remarquera la proportion notable de chlorure sodique qu'elles contiennent.

medewi (Suède, gouvern. de Linkôping). Village près duquel se

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