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MÉDICAMENTS ASSOCIÉS AUX EAUX MINÉRALES

trouvent quatre sources. Le Hochbrunnen, les sources de Y Amiral, de Y Intendant, et celle de Gustave- Adolphe. Sulfurée calcique. Tempér. ?

SODRCE HOCHBRUNNEN.

Eau : un litre.

Cent. cub.

Acide carbonique )

— sulfbydrique | *8'8

Gram.

Sulfate de soude 0,001

— de chaut . 0,048

Chlorure de sodium t « < . . 0,033

Carbonate de chaux 0,032

— de magnésie 0,017

— de fer 0,02"

Matière extractive. . 0,001

0,159 (Berzelius.) Source de l'Intendant.

Sulfate de soude 0,0086

Chlorure de sodium * 0,0086

Bicarbonate de soude 0,0238

— de chaui 0,0392

— de magnésie . . . . « 0,0419

— de fer , . , . 0,0237

Silice 0,0067

Acide sulfbydrique . * * 0,0035

(LïCHNELL.)

On emploie ces eaux dans les affections rhumatismales, dans les scrofules et dans plusieurs étals morbides dépendants du lyinp'iatisme. Des boues, riches en éléments ferriques, se trouvent dans le \oisinage ci leur sont souvent associées comme topiques. Un établissement hospitalier et des entreprises particulières les desservent. Elles sont fréquentées depuis longtemps.

MEDIA. Voy. Castellamare.

MÉDICAMENTS associes aux eaux minérales , << Autant que

» possible, dit M. Pâtissier {Manuel des eaux miner, natur., 1834), il a faut s'abstenir de médicaments, et laisser aux eaux, à l'air pur, au ré- » gime, toute leur action sur les malades. » Cette prescription est très judicieuse généralement parlant; elle se subordonnera néanmoins à une infinité de circonstances appréciables dans la pratique, et qu'on ne peut déterminera l'avance. Nous appellerons l'attention sur deux points de vue d'hydrologie médicale rentrant dans ce sujet. L'un est d'une importance très relative, puisqu'il tendrait à seconder l'activité de certaines eaux thermales, ou à en modifier la nature, par l'addition de sulfure de

potasse dans un cas, de substances émollientes, comme le son, l'amidon, etc. , dans d'autres. Nous signalons cet usage parce qu'il est assez répandu, le dernier surtout, près des sources minérales fortes, et qu'on peut l'utiliser en vue d'effets sédatifs. La seconde considération a trait à l'emploi du mercure dans la syphilis, concurremment avec le traitement par les eaux sulfureuses. M. Fontan a affirmé devant l'Académie de médecine (Recherches sur les eaux miner, des Pyrénées, etc. , 185fr), que les malades ne salivent jamais, quand ils suivent un traitement mercuriel, en faisant usage des eaux sulfureuses de Ludion en boisson et en bains. Celte remarque, appuyée sur des faits cliniques et sur une théorie que nous examinons ailleurs [voy. Mercurielll (Intoxication)], a été reproduite par d'autres observateurs, et constamment près des sources dans la composition desquelles entre l'élément sulfureux. Déjà le soufre avait été préconisé par Hecker comme efficace dans la salivation mercurielle. M. Fontan et d'autres médecins ont vu ce ptyalisme, lorsqu'il existait à la suite d'un traitement par le mercure, s'arrêter sous l'influence des eaux sulfureuses. En admettant que l'expérience ne vienne pas contredire des résultats aussi satisfaisants, leur valeur n'échappera à personne.

vu m< \ 1 io\ thermale. Nous entendons par médication l'application d'un traitement déterminé, dans le but de remplir des indications particulières. Tout problème thérapeutique comporte donc ces trois termes : traitement, médication, indication. La médication est la mise en œuvre du traitement ; les indications sont l'objet de la médication. On peut dire encore que la médication se trouve placée entre un subjectif, qui est le traitement, et un objectif, qui est l'indication.

Ces trois termes peuvent, dans un cas donné, présenter une extrême simplicité. Par exemple, lorsqu'un individu pléthorique se plaint d'étourdissements, l'indication est de détourner l'afflux sanguin qui s'opère vers la tête; la médication choisie sera l'émission sanguine; le traitement sera une application de sangsues à l'anus.

Les eaux minérales comportent dans leurs applications des problèmes beaucoup plus compliqués. Le traitement qu'elles représentent est luimême fort complexe. Un article spécial doit être consacré à l'exposé des éléments dont il se compose, agents médicamenteux, procédés balnéothérapiques, adjuvants variés, conditions hygiéniques spéciales [voy. Traitement thermal]. La médication que constitue la mise en œuvre de ce traitement n'est pas moins complexe, nous allons essayer de la faire connaître. Quant aux indications auxquelles cette dernière est adressée nous avons dû également développer dans un article spécial les caractères multiples et différents qui leur appartiennent [voy. Indications].

Ainsi, bien que formant un tout relatif par leur but final, le traitement, la médication et les indications ne nous en offrent pas moins chacun un sujet d'étude très particulier, qu'il nous importait de scinder, tout en insistant sur leur corrélation mutuelle, de telle sorte que l'article médication thermale est, à proprement parler, le complément de l'article traitement thermal, et se trouve complété lui-même par l'article indications.

Si nous voulions présenter un tableau dichotomique des effels thérapeutiques des eaux minérales, nous placerions en tête : 1° la médication thermale prise dans son caractère le plus général ; 2° les médications d'ensemble et spéciales, qu'elle peut fournir, médications altérante, résolutive, etc.; 3° des médications secondaires et plus spécialisées encore, telles que la médication tonique, la médication purgative, elc.

La médication thermale peut elle-même, jusqu'à un certain point, être individualisée. L'introduction dans l'organisme de principes multiples, d'une origine identique et de nature analogue, apportant au sein de nos tissus des éléments nouveaux pour les mêler aux phénomènes les plus intimes de la nutrition ; l'emploi d'agents balnéo-lhérapiques qui multiplient sous mille formes les modes d'application à l'économie de l'eau et de la thermalité ; les conditions hygiéniques que crée autour des eaux minérales le changement de milieu, d'habitude, de régime, tout cela offre un caractère précis dans son ensemble et particulier dans sa généralisation.

Ce point de vue cependant est trop élevé par lui-même, et trop éloigné des indications que présente la pratique, pour entrer en ligne décompte, autrement que pour une simple définition. L'idée de la médication thermale considérée en elle-même n'aurait donc guère, à nos yeux, d'autre intérêt que celui de rassembler en quelques traits des caractères qui réclament des déterminations plus formelles, pour se prêter à des applications miles.

D'un autre cùlé, admettre des eaux excitantes, toniques, purgatives, des laxalives | toniques, des purgatives excitantes (Chenu), etc., ce n'est pas désigner des médications, mais c'est simplement reconnaître les propriétés physiologiques de telles ou telles eaux minérales. Aucune d'entre elles n'est exclusivement purgalhc, ou tonique, ou excitante, et l'action purgative, ou tonique, ou excitante, n'est jamais l'objet exclusif de la médication [voy. Purgatives (Eaux)].

Il nous semble donc que, si l'on veut définir utilement la médication thermale, il faut s'efforcer de saisir les principaux caractères qui lui appartiennent, dans un ordre de généralisation correspondant à celle des indications qui lui sont le plus habituellement relatives. Ces indica-

tions en effet, nous l'avons déjà fait remarquer, sont rarement simples, et ne sauraient être remplies que par une médication complexe. Cherchons donc les attributs de la médication thermale dans un ordre d'idées conforme à ses applications.

Nous dirons en conséquence que la médication thermale comporte les médications suivantes : altérante, reconstituante , substitutive, résolutive et sédative. Et si nous voulons donner immédiatement une idée de la valeur pratique de ces dénominations, nous ajouterons : altérante, elle s'adresse surtout aux états diathésiques, en vertu de propriétés spéciales qui semblent neutraliser l'action morbide qui constitue les diathèses ; reconstituante, elle s'adresse surtout aux phénomènes généraux de la nutrition, c'est-à-dire à l'élaboration du sang et à l'assimilation des principes immédiats; substitutive, elle s'adresse aux grandes surfaces, muqueuses et périphériques, pour les modifier dans leur texture et dans leur activité; résolutive, elle s'adresse aux appareils d'organes euxmêmes ou aux productions morbides, en introduisant des changements intimes clans la perforation des tissus; sédative, elle s'adresse particulièrement au système nerveux et aux phénomènes dynamiques.

Cependant ce sont des exemples que nous présentons plutôt que des définitions. En effet, il est peu de termes qui se prêtent plus difficilement à une définition que ceux que nous sommes obligés d'employer ici.

Dire qu'une médication est altérante, c'est assurément donner à entendre que son mode d'action est des plus intimes et des plus obscurs, et l'on se laisse facilement entraîner à y rapporter une foule d'actions thérapeutiques dont le sens précis nous échappe. Cependant, lorsque nous voyons les eaux chlorurées sodiques de Bourbonne ou de Kreuznach modifier profondément une constitution scrofuieuse, en éteindre les manifestations, et imprimer à une organisation profondément altérée une direction nouvelle ; ou bien les eaux sulfureuses de Ludion, de Cauterets ou d'Amélie, interrompre des manifestations cutanées ou muqueuses, que l'on rapportait à une diathèse herpétique ; ou bien les eaux de Vichy enrayer la goutte la plus caractérisée, la réduire à sa plus simple expression, nous avons raison de dire que nous assistons à une médication altérante, et cette expression est prise par chacun dans son vrai sens.

La médication reconstituante est également plus facile à déterminer dans ses effets définitifs que dans son essence. Cependant elle est un des caractères les plus généraux de la médication thermale, en même temps qu'un des moins contestables. Sans doute, les eaux à caractères formels, les bicarbonatées sodiques et les chlorurées sodiques fortes, surtout si le fer les accompagne, les sulfurées elles-mêmes, sont les représentants les

Uict. des Eaux miner. — T. II. 2~>

plus actifs de cette médication. Mais chacun des agents du traitement thermal, tels que nous les avons émimérés ailleurs, y prend sa part ; et c'est à cette action si commune, à laquelle les bains les moins minéralisés, les simples circonstances de séjour et de régime, ne sont pas plus étrangers que les eaux les plus médicamenteuses et les traitements les plus méthodiques, c'est à cette action si commune que le traitement thermal doit ses effets salutaires, dans une foule de cas où on l'emploie de la manière la plus banale et la moins réfléchie.

La médication substitutive, si manifeste dans certaines applications simples, comme le traitement ordinaire de certaines phlegmasies, l'ophthalmie, la pneumonie, etc., est beaucoup moins saisissable dans les applications des eaux minérales. Cependant le traitement des affections catarrhales, celui des dermatoses, de beaucoup d'affections intestinales, n'est autre qu'une médication substitutive, dont les eaux de toutes les classes peuvent être les instruments : ainsi les Eaux-Bonnes, celles de Cauterets, d'Enghien, dans la bronchite chronique; ces mêmes eaux, Ludion, Schinznach, dans les affections eczémateuses; celles de Hombourg, de Wiesbaden, de Niederbronn, de Karlsbad, de Vichy, etc., dans la dyspepsie, la diarrhée, les flux biliaires, etc.

La médication résolutive est celle dont les caractères sont les plus simples, bien que le mécanisme n'en soit pas beaucoup mieux défini. Nous voyons les engorgements abdominaux disparaître par l'usage des eaux de Vichy, de Karlsbad, de Kissingen ; les engorgements scrofuleux, par celles de Bourbonne, de Salins, de Kreuznach.

Enfin la médication sédative, beaucoup moins simple que son nom ne semble l'indiquer, appartient surtout à des eaux thérapeutiquement peu caractérisées, comme les sulfatées calciques ou mixtes, Ussat, Encausse, Foncaude, Bagnères-de-Bigorre; ou faiblement minéralisées, comme ÏVéris, Bains, Aix en Provence.

Mais ces divers caractères de la médication thermale que nous séparons ici pour les dogmatiser, se réunissent et se combinent le plus souvent ensemble. La médication substitutive se joint à la médication altérante dans bien des dermatoses. Le traitement de la phtliisie suppose l'intervention multiple d'une médication altérante ou reconstituante pour modifier la constitution, substitutive pour éteindre le catarrhe, résolutive pour enlever les engorgements du tissu pulmonaire. Les eaux de Vichy ne sont pas moins résolutives qu'altérantes dans le traitement de la goutte, que reconstituantes dans celui des cachexies paludéennes.

Telles sont les idées d'ensemble qu'il convient de se faire de la médication thermale, une et multiple à la fois, non moins remarquable dans sa généralisation que dans ses spécialisations.

Si, dans son rôle de médication altérante, elle se rattache aux médications les plus considérables et les plus actives, et dépasse de beaucoup toutes celles que la thérapeutique met à notre disposition ; si, comme médication résolutive ou substitutive, elle rivalise avec les agents les plus énergiques de la matière médicale, nous la voyons, sur le terrain de la médication reconstituante, nous reproduire les ressources que nous trouvons dans les grandes pratiques de l'hygiène. Opposition remarquable, et qui fait qu'un traitement identique, ne différant que par de simples nuances d'appropriation, peut se trouver adressé aux altérations les plus graves dont l'évolution de l'organisme puisse être menacée, comme à de simples modifications de la santé, auxquelles on ne saurait même assigner de caractère pathologique.

Les eaux de Bourbonne s'adaptent aussi bien aux altérations scrofuleuses les plus caractérisées, qu'à un simple rhumatisme, ou encore à une légère nuance de lymphatisme chez un enfant. Les eaux de Vichy conviennent également à un engorgement du foie avec cachexie paludéenne, ou à une gravelle invétérée, ou à une dyspepsie profonde, ou à un de ces états de l'économie où l'urine trop acide ou bien des digestions un peu lentes constituent à peine un dérangement de santé proprement dit.

Appellera-t-ou banale cette appropriation, sous des formes quelque peu différentes il est vrai, d'une médication précisément identique, à des cas si divers? Non sans doute. Dans toute action thérapeutique, il y a deux termes qui sont solidaires l'un de l'autre : la propriété du médicament et l'action de l'organisme. On pourrait dire que, jusqu'à un certain point, c'est l'organisme qui fait la médication. La saignée éteint les forces d'un individu et relève celles d'un autre ; l'air de la mer vivifie l'un et jette l'autre dans la prostration; l'opium procure le sommeil ou l'insomnie. Ce que l'on appelle idiosyncrasie dans l'état physiologique, crée, pour chaque état pathologique, un terrain spécial qui reçoit à sa manière et élabore suivant un génie particulier toute action thérapeutique qui vient à lui être adressée.

C'est ainsi qu'il faut envisager les applications de la médication thermale. C'est de ces considérations encore que l'on peut déduire son action prophylactique. L'analyse de leur marche montre que la plupart des maladies chroniques ont été précédées, par suite tantôt de la prédominance constitutionnelle, tantôt de circonstances hygiéniques, d'une longue période, parfaitement saisissable, durant laquelle l'organisme, balancé pour ainsi dire entre la santé et la maladie, succombe s'il est livré à lui-même, tandis qu'une intervention appropriée et opportune eût pu le retenir et le ramener.

356 MEHADIA.

On trouvera le complément de cette étude aux articles : Eaux minérales, Hygiéniques (Conditions), Opportunité, Traitement thermal, et surtout à l'article Indications.

MEHADIA (Étals autrichiens, provinces danubiennes). Bourg du Bannat, à 25 kilomètres d'Orsova, dans une vallée des Karpathes supérieures, sur les limites de la petite Valachie et de la Servie.

Chlorurée sodique (sulfureuse). Tempér., 33°, 8 à 55° centigr.

On compte, tant dans celte localité qu'aux environs, vingt-deux sources minérales, qui sourdent soit sur les bords, soit dans le lit même du torrent la Tserna, d'un sol schisteux et calcaire. Dix d'entre elles servent aux usages médicaux ; nous donnons leurs noms avec leurs températures :

1° Herculesquelle ( source d'Hercule). . . .

2° Karlsquelle (source de Charles). ,

3° Ludwigsquelle (source de Louis)

4° Carolinenquelle (source de Caroline). . . 5" Kaiserquelle (source de l'Empereur) . . . 6° Ferdinandsquelle (source de Ferdinand)

7° Badequelle (source des Bains)

8° Francisciquellc (source de François). . .

9° Schwarzequelle (source Noire)

10° Augenbadquelle (source des Yeux)....

Degrés cent.

Le tableau suivant indique les analyses des principales sources de Mehadia :

Eau : un litre.

Acide carbonique libre.

— sulfhydrique

Azote

Hydrogène carboné...,

Chlorure de sodium. , — de calcium.

Sulfate de chaux. . .

Carbonate de chaux. .

Silice

Iodure et bromure de calcium.

Karlsquelle.

Ludwigs-

Kaiser-

Ferdinands

quelle.

Cent. cub.

Cent. cub.

Cent. cub.

Cent. cub.

traces

Gram.

Gram.

traces

traces

traces

traces

(Ragsky.)

Le professeur Uagsky, en publiant l'analyse de ces eaux en ÎK/H, avait déjà fait remarquer qu'elles contiennent à peu près les mêmes principes fixes, et que quelques-unes se distinguent par la nature et la

MEHADIA. 357

proportion de leurs éléments gazeux. C'est ainsi qu'où ne trouve pas d'hydrogène carboné et qu'il y a à peine des traces de gaz acide sulfhydrique dans les sources d'Hercule et de Charles. Le Froncisciquelle est de toutes celle qui réunit le plus de matières fixes et de gaz dans sa composition. On a rapproché, par une analogie assez exacte à certains égards, quelques-unes de ces sources de celles d'Aix-la-Chapelle, et d'autres de celles de Wiesbaden [voy. ces stations]. La prédominance des sels sodiques clans les eaux de Mehadia et celles qui leur sont comparées peut légitimer le parallèle. Mais il n'en est plus de même au point de vue de la solfuration, démontrée par les analyses de M. Liebig comme étant due à un monosulfure de sodium pour ce qui regarde Aix-la-Chapelle, tandis que le gaz hydrogène sulfuré libre fait tout le caractère du Ferdinandsquelle, la plus sulfurée de celles dont nous traitons dans cet article.

La source la plus abondante parmi celles que nous avons désignées est YHerculesqaelle, lequel fournit un débit capable d'alimenter un moulin ; comme plusieurs des autres sources, il est presque exclusivement employé à l'usage externe, en bains et en douches. Le Karlsquelle et le Badequelle, ce dernier malgré son nom, sont fréquentés au contraire pour la boisson seulement. Il est une autre source, celle des Yeux (Augenbadguelle) , usitée d'une manière particulière en applications topiques.

Les bains se prennent presque toujours dans des piscines et souvent à une assez haute température. Il y a néanmoins des installations de baignoires isolées. Le refroidissement de ces eaux, la plupart très thermales, s'effectue, soit dans des réservoirs spéciaux, soit dans les baignoires mêmes. Il y a des appareils de douches. On ne signale pas d'autres dispositions propres à utiliser la chaleur native et la minéralisation importante des sources de Mehadia.

Leurs indications varient sans doute d'après la composition des diverses eaux de celte localité, et surtout selon que l'élément sulfuieux fait défaut ou se manifeste à côté des chlorures de sodium et de calcium qu'elles renferment en si notable proportion. Cependant on peut les raitacher à quelques traits généraux ressortant de leur analyse chimique et de leur thermalilé. « L'eau de toutes les sources de cette localité, dit M. Rolureau (Des princip. eaux miner, de l'Europe, 1858), n'agit pas de la même façon sur le tube digestif : les sources d'Hercule et de Charles, lorsqu'on les emploie à l'intérieur et à faible dose, constipent ; elles sont au contraire laxatives lorsqu'on les prend à la dose de quatre ou cinq verres, le matin à jeun, et de quart d'heure en quart d'heure... Les autres sources, qui sont sulfureuses chlorurées, produisent l'action excitante et tonique des eaux minéralesà la fois chlorurées, sulfureuses

358 MEINBERG.

et thermales. » D'après ces bases, on a pu recommander les eaux de Meliadia : 1° Dans les formes goutteuses du rhumatisme chronique, voire même dans la goutte atonique, avec déformation des articulations; 2" dans les paralysies, même consécutives à des affections congeslives ou hémorrhagiques des centres encéphalo-rachidiens, mais à la condition d'une date déjà ancienne ; 3° dans les cas de blessures de guerre ou d'accidents iraumatiques, réclamant une action franchement résolutive ; L\° dans toutes les affections qui se rattachent au lymphatisme ou à la diathèse scrofuleuse; 5° contre la pléthore abdominale, à laquelle on relie les hypertrophies du foie et de la rate, certaines affections de l'estomac et la suppression des hémorrhoïdes.

Le caractère sulfureux de quelques-unes de ces sources les a désignées pour le traitement des catarrhes des voies respiratoires, pour la cure des maladies de peau, et en particulier de celles qui dépendent de la syphilis à sa seconde ou à sa troisième période. M. iîotureau reproduit l'opinion du docteur Klein, qui aurait vu plusieurs fois guérir à Mehadia des ulcères et des tubercules de la peau, d'origine syphilitique probable, et qui avaient résisté au traitement mercuriel et ioduré le plus habilement formulé et le plus scrupuleusement suivi. De pareils résultats méritent confirmation. Nous en dirions autant des cas d'albuminurie relatés comme ayant plusieurs fois donné des succès inattendus par l'emploi à l'intérieur du Ludwigsquelle.

Il est à regretter que, malgré sa situation riante, le spectacle d'une belle végétation et surtout la diversité de ses ressources thérapeutiques, la station de Mehadia ne passe point pour un séjour agréable. Les aménagements y sont suffisants, mais on a peu fait au point de vue des distractions. Ce sont cependant les bains les plus fréquentés par les Hongrois et les populations danubiennes. Le gouvernement y a établi un poste thermal pour les militaires blessés ou malades de cette partie de l'empire d'Autriche.

Des restes nombreux et des inscriptions témoignent que les Romains exploitaient les sources de Mehadia, et les avaient placées particulièrement sous la protection d'Hercule. On désigne encore souvent ces eaux sous !a dénomination commune de Bains d'Hercule {Herculesbader).

MEIDLINC; (Autriche). Station du chemin de fer de Vienne à Triesie.

Source sulfureuse. Sans indication d'analyse et de température, avec établissement de bains.

MEINBERG (Allemagne, principauté de Lippe-Detmold). Village dans une vallée, à 16 kilomètres de Pyrmont.

Sulfatée mixlf et sulfurée sadique. Tempér., 7", 9° et 12" centigr.

ME1NBERG. 359

Eau : un litre.

Source Source Source

ancienne. sulfureuse. chlorurée.

Gram. Gram. Gram.

— dépotasse 0,002 0,001 0,005

— de magnésie 0,142 0,214 »

— de chaux 0,034 1,033 1,669

— de stroutiane 0,001 0,002 »

Chlorure de sodium » » 5,078

— de magnésium » 0,128 0,782

lodure de magnésium » » 0,001

Sulfure de sodium 0,003 0,008 ».

Alumine 0,001 0,001 0,001

Carbonate de chaux 0,055 0,266 0,748

— de magnésie 0,019 0,021 0,064

— ferreux 0,009 0,001 0,001

— manganeux 0,001 » »

Silice 0,007 0,014 0,001

Matière organique azotée 0,008 » »

Lit. Lit. Lit.

Acide carbonique 1,310 0,081 0,370

— sulfhydrique » 0,021 »

(Brandes.) Le nombre des sources est assez grand; mais ce qui les distingue c'est un dégagement très notable de gaz acide carbonique, en particulier dans le Neubrunnen (nouvelle source), qui a sensiblement la même composition que l'ancienne (Altbrunnen). On évalue la quantité de gaz qui s'écbappe de ces sources à 57 000 litres par jour. Graefe assure qu'il n'est pas possible d'y constater la moindre trace de gaz hydrogène sulfuré. Quant à la température de ces eaux, elle varie, dit-on, d'après les saisons dans lesquelles on l'observe, et augmente, l'hiver, à la suite des grandes pluies ou par la fonte des neiges, vraisemblablement en raison d'infiltrations souterraines.

C'est surtout à l'emploi du gaz acide carbonique, sous divers modes d'administration, que cette station est consacrée. L'inhalation s'y pratique, soit par voie sèche, soit par mélange du gaz avec l'eau sulfureuse projetée ou vaporisée dans une pièce disposée;) cet usage. On donne également des bains et des douches à l'aide du gaz carbonique. Il y a même une pratique désignée sous le nom de Sprudelbadern , proprement bains de jaillissement : elle consiste à faire arriver le gaz par un système de tuyau criblé de trous et de robinets au milieu d'une baignoire remplie d'eau et dans laquelle est plongé le malade. On a en vue par ce moyen de soumettre la surface de la peau à la double action du bain et d'un nombre infini de bulles gazeuses.

C'est la source sulfureuse (Schwefçlquelle) qui serl le plus ordinaire-

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