MOELLE ÉPINIERE (MALADIES DE LA
sur les centres nerveux en vertu des rapports de l'action réflexe avec la
myotilité.
Par contre, on a vu le même traitement thermal avoir moins prise sur les affections de la moelle où l'asthénie dépasse un certain degré, où il semble que les foyers de force motrice et réagissante soient complètement épuisés; tels sont les troubles profonds d'innervation que laissent les excès vénériens, de fortes pertes séminales, la convalescence trop prolongée de fièvres graves, la contention d'esprit exagérée, les émotions ou les passions tristes, quelques affections convulsives, et même le défaut d'action imposé pendant longtemps à une région du corps. L'état d'affaiblissement général que plusieurs de ces causes produisent a été décrit sous le nom d'irritation spinale, entre autres qualifications; on en a attribué l'ensemble à une congestion de la moelle et de ses enveloppes, aussi bien qu'à une perturbation du système nerveux tout entier, sans altération matérielle. Ce dernier point reste encore indécis. En résumant une savante discussion sur le traitement des paralysies à la Société d'hydrologie médicale de Paris (Annales, t. II, p. 286), JM. Moutard-Martin a émis l'opinion qu'on regarde peut-être à tort comme purement nerveuses certaines paraplégies dues à des abus de plaisirs. Dans deux cas de cette espèce, l'autopsie était venue lui démontrer des lésions de la moelle qui tendraient à faire rentrer cette classe de paraplégies dans les paralysies avec altération organique, et donneraient la raison des insuccès signalés de toutes parts à leur endroit. Quoi qu'il en soit, d'un commun accord, les eaux minérales passent pour inefficaces dans la plupart des maladies du centre rachidien qui rentrent dans cette catégorie.
Cependant, en ceci comme en bien des questions afférentes à la pratique hydro-thermale, il ne faudrait pas adopter une opinion extrême et absolument décourageante: MM. Boullay et Gillebert Dhercourt ont cité des faits très heureux où l'hydrothérapie a triomphé d'affaiblissements des membres inférieurs, avec diminution de la sensibilité, survenus sous les influences étiologiques déjà énumérées, et qu'on pouvait peut-être rapporter à une hypérémie de la moelle (Annales de la Société d'hydrol., t. II, p. 197-217). Or, il ressort des observations de nos confrères que le traitement hydrothéiapique a agi alors comme essentiellement tonique et reconstitutif. Ce que l'on obtient par l'emploi intelligent de l'eau froide peut certainement se représenter près des sources minéralisées et thermales, la cure étant dirigée d'après les données de l'expérience, et s'aidant du concours des conditions hygiéniques adjuvantes au traitement. Exciter l'innervation, reconstituer l'état général, ainsi se formulerait cette médication dans le plus grand nombre de circonstances où elle est applicable. Il est presque inutile d'ajouter qu'elle aura d'autant