OPPORTUNITÉ
l'œil sont assez évidents pour marquer plusieurs d'entre elles d'une sorte de spécificité, aucun d'eux pris à part n'établit suffisamment la relation de cause à effet. C'est toujours, en pareil cas, ainsi que le prescrit M. Desmarres [Traité théorique et pratique des maladies des yeux, 1855), l'examen général du malade qui doit décider de la marche à suivre dans le traitement. Les eaux minérales n'excluent pas les moyens locaux dirigés contre l'inflammation. Mais elles interviennent avec d'autant plus d'avantage que celle-ci a pris un mode passif, et qu'il ne reste qu'à achever la cure en combattant le vice diathésique, ou à prévenir les récidives par l'amélioration ou un changement favorable de la constitution. On en référera donc sur cette question aux rapports possibles entre les diverses diathèses et les agents thérapeutiques dont nous nous occupons. [ Voy. Herpétisme. Lymphatisme. Scrofule. Syphilis].
Certaines eaux fortement sulfurées, comme celles de Schinznach par exemple, ont été prescrites en applications topiques dans les conjonctivites chroniques; mais elles n'agissent alors que par substitution, à la manière d'un collyre irritant.
oppexau (Allemagne, duché de Bade, cercle du Rhin moyen). Au pied du Kniebis. )
Ferrugineuse bicarbonatée . Tempér. ?
La source d'Oppenau, quoique très fréquentée, n'a encore été, que nous sachions, l'objet d'aucun examen chimique. Elle jaillit dans la cave de l'établissement, qui renferme douze cabinets de bains très bien installés. On y donne en outre des bains de bourgeons de sapins.
OPPORTUNITÉ. Nous avons exposé dans un article particulier les Indications des eaux minérales. La connaissance de ces dernières laisse encore indécise celle de Y opportunité : nous désignons ainsi l'époque convenable, ou opportune pour l'application du traitement thermal. Nous n'avons pas besoin d'insister sur l'importance de cette considération. Le résultat d'une médication dépend souvent du moment où elle est appliquée, et le traitement des maladies chroniques ne suppose pas sur ce sujet des règles moins sévères que celui des maladies aiguës.
L'opportunité du traitement thermal peut se définir par la formule suivante: Les eaux minérales seront appliquées exclusivement dans les périodes stationnaircs des maladies chroniques. — Leur emploi sera proscrit dans leurs périodes d'activité.
Quelques autres remarques suffisent pour faire ressortir la signification et l'importance de celte formule.
Les maladies chroniques se présentent sous l'une ou l'autre des conditions suivantes : ou elles suivent une marche continue, ou elles se montrent sous forme de manifestations passagères.
464 ORB.
La continuité de la inarche des maladies chroniques ne suppose que rarement un état régulièrement uniforme ou une progression constante. Dans l'un et l'autre cas, on observe des temps d'arrêt, dus, soit à l'interruption des causes morbides, soit à une influence thérapeutique, soit à l'intervention de l'organisme lui-même. Une maladie indéfiniment croissante, et qui n'offre pas de ces temps d'arrêt, est en général absolument au-dessus des ressources de l'art.
Ce sont ces groupes stalionnaires, où la cause pathologique semble sommeiller, où l'évolution morbide s'arrête, qu'il faut choisir pour l'application des eaux minérales. L'étude de la phthisie et de son traitement par les eaux minérales nous fournira ultérieurement les exemples les plus frappants, et en même temps les plus impérieux, de cette règle.
On comprend qu'en signalant des périodes d'activité des maladies chroniques, nous n'avons nullement entendu parler de l'état aigu, qui préside au développement d'un certain nombre de maladies chroniques, el dont la considération sert d'exemple banal aux contre-indications les plus formelles des eaux minérales. On comprend également que le point de vue actuellement exposé s'étend bien au delà des accidents aigus qui peuvent survenir dans le cours des maladies chroniques.
Les maladies chroniques ne procèdent souvent que par manifestations transitoires. C'est là le fait ordinaire d'affections diathésiques ou constitutionnelles : il en est ainsi de la goutte, des coliques néphrétiques dans la gravelle, des rhumatismes, des névroses, de certains exanthèmes, et même de certaines affections qui ne présentent pas le même caractère constitutionnel, telles que les catarrhes des muqueuses respiratoire ou urinaire eu particulier, des calculs biliaires, coliques néphrétiques, etc.
L'opportunité du traitement thermal est encore plus facile à saisir dans les cas de ce genre. Elle est d'autant plus précise que la maladie est actuellement plus silencieuse, et qu'un temps plus long s'est écoulé après ses manifestations passées, ou pourra s'écouler, d'après les prévisions qu'il est permis d'établir, avant ses manifestations futures.
Nous pouvons assurer que de l'inobservance des règles que nous établissons dépendent presque constamment les résultats stériles, et surtout les résultats nuisibles, que l'on peut reprocher à l'emploi des eaux minérales, et que lorsqu'on voudra s'y soumettre avec exactitude, on ne manquera pas d'obtenir du traitement thermal tous les effets favorables que l'on sera en droit d'en attendre dans un cas donné.
ORB (Bavière, basse Franconie). Près de salines importantes, dans une vallée profonde. Deux sources de même composition, émergeant d'un terrain calcaire.
Chlorurée sadique. Tempér. , 14° à 15° centigr.