‹ Dictionnaire général des eaux minérales et d'hydrologie médicale (volume 2)Chapitre 142 sur 310 · PASTILLES OU DRAGÉES D'EAUX MINÉRALES · texte numérisé non relu

PASTILLES OU DRAGÉES D'EAUX MINÉRALES

quée par Darcet, inscrivit cette préparation sous le nom beaucoup plus

exact de pastilles de bicarbonate de soude.

La réputation toujours croissante des pastilles de Vichy, aidée en cela par l'industrialisme, ne pouvait tarder d'attirer l'attention de quelques propriétaires de sources, et alors on vit prôner sous le nom de pastilles et de dragées un grand nombre de médicaments dans lesquels on fit entrer des principes propres aux eaux minérales. Un mot ne sera peut-être pas de trop ici pour bien faire comprendre l'importance que la thérapeutique doit attacher à ces préparations. Mais d'abord nous laisserons de côté les pastilles de Vichy, parce que les moyens qui servent à les obtenir diffèrent essentiellement de tous les autres [voy. Vichy].

Les pastilles médicamenteuses sont, on le sait, des mélanges de sucre, d'eau, de gomme adragante, et d'une substance douée de propriétés quelconques. Il est reconnu qu'une partie de sucre exige, pour être convertie en pastilles, la dixième partie environ de son poids d'eau, soit 100 grammes de liquide pour 1000 grammes de sucre. Or, comme la proportion de principes naturels des eaux minérales serait, dans l'eau destinée à des pastilles, tout à fait insignifiante, on a imaginé de remplacer celle dernière par les dépôts spontanés des sources. De ce nombre sont les pastilles à base de fer.

Les personnes qui se livrent à ce genre d'industrie recueillent les dépôts rouges ocracésqui se sont formés sur les parois intérieures des puits ou des réservoirs des sources minérales ferrugineuses. Elles les dessèchent à une basse température, les mettent en poudre et les incorporent dans le sucre amené en consistance pâteuse au moyen d'un mucilage de gomme adragante. On obtient ainsi des pastilles rougeâtres qui sont réputées représenter le fer des eaux minérales: c'est là une erreur qu'il importe de faire disparaître. Les dépôts ocracésdes sources n'ont d'abord pas une composition constante et surtout aussi simple qu'on le suppose à priori. Presque toujours on y constate, outre l'oxyde de fer qui en forme la partie dominante, de l'arséniate de fer, des carbonates de chaux et de manganèse, du sulfaie et du phosphate de chaux, des quantités plus ou moins grandes de silice et de matière organique dans des élats différents de ceux préexistant dans les eaux.

Sous le rapport particulier du fer, rien ne rapproche ces dépôts spontanés des eaux minérales elles-mêmes : dans les premiers, le fer est presque en totalité à l'état de sesquioxyde insoluble, et par conséquent difficilement assimilable ; dans les eaux, au contraire, le métal existe à l'état de bicarbonate de protoxyde soluble, et, parlant, doué de propriétés actives. Quelques industriels trouvent même plus simple de préparer des pastilles d'eaux minérales ferrugineuses avec l'oxyde rouge de fer des phar-

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