METRA
pour L'exportation et pour la salle d'aspiration. De ce réservoir l'eau est conduite à l'aide d'un tuyau dans un autre bassin silué au bord du lac, el qui est destiné à alimenter les baignoires et les douches: L'eau est échauffée artificiellement, dans des chaudières closes.
L'établissement comprend seize cabinets de bains, et huit salles de douches. Les bains se prennent soit avec l'eau sulfurée pure, soit avec l'eau mitigée; dans ce dernier cas, on utilise l'eau douce d'une source venant d'une prairie voisine et amenée dans un réservoir spécial. Les eaux de Pierrcfonds sont encore employées en inhalation suivant la méthode dite de pulvérisation [ voy. Inhalation].
La source ferrugineuse de Pierrefonds, qui n'est considérée jusqu'à ce jour que comme un très petit accessoire de la médication sulfurée, se trouve dans la partie la plus reculée du parc. Elle est renfermée dans une espèce de guérite en planches, où quelques rares malades viennent y puiser.
Les eaux de Pierrefonds, qui se rapprochent de celles d'Enghien, présentent les applications ordinaires des eaux sulfurées faibles et froides. Nous ne retrouvons ici ni les ressources fournies par une haute thermalité, ni l'action excitante que les sulfurées sodiques les plus fixes des Pyrénées empruntent à leur propre sulfuraiion.
C'est dans les affections catarrhales de l'appareil respiratoire que les eaux de Pierrefonds paraissent avoir été le plus employées ou du moins le mieux étudiées. M. Sales Girons a publié sur ce sujet quelques observa lions intéressantes, et a insisté surtout sur l'inhalation sous forme de pulvérisation {Traité des salles de respiration nouvelles). Les eaux étaient employées concurremment en boisson et souvent en bains.
PIETRA. (Italie, Toscane). Dans le Val-di-Chiana.
Ferrugineuse bicarbonatée. Tempér., 15" centigr.
Eau : 16 onces. Eau : un litre.
Pour. cnh. Cent. citb.
Acide carbonique 7,854 = 314,1
Grains. Gram.
Sulfate de magnésie 3,199 = 0,313
— de chaux indét. indét.
— de calcium 0,533 = 0,052
Carbonate de magnésie 4,268 = 0,418
— de chaux 14,9 $0 == 1 ,463
— ferreux 2,132 = 0,028
(GlULI.)
Ces eaux sont prescrites en boisson dans la dyspepsie et les obstruelions abdominales; en bains et douches dans la leucorrhée.
534 PIETRAPOLA.
pietrapola (France, Corse, canton dePrunelli). A 80 kilomètres de Bastia et /18 de Coite, au bord d'une petite rivière et dans une vallée très agréable.
Sulfurée sodique. Tcmpér. , de 32 à 58° centigr.
Dix sources dont voici les noms avec la température de huit d'entre
elles.
Grande source , 55
Petite source 55,5
Source Pozzo Spiritolo 58
— de la Doccia 57
— voisine de la Doccia 43
— de la Leccia 39
— du Plateau 35
— de TOcchiera 43
Toutes ces sources, assez rapprochées les unes des autres, jaillissent du granit et ont sans doute la même origine. Leur débit est très abondant. L'analyse de l'une d'elles, exécutée à Paris avec de l'eau transportée, a donné, par litre :
Grnm.
Bicarbouates de chaux et de magnésie 0,200
Carbonate, silicate et sulfate de soude 0,080
Sulfure de sodium 0,021
Chlorure de sodium 0,060
Sel de potasse traces sensibles
Acide silicique et glairine 0,020
0,281 (0. Henry.) La situation des sources de Pietrapola, leur nombre, la variété de leur température et enfin leur minéralisation qui se rapproche beaucoup de celle des eaux sulfurées pyrénéennes, font vivement désirer que l'on entreprenne sur les lieux une analyse suivie à leur égard, le travail de M. Henry pouvant être considéré seulement comme une indication.
Jusqu'à il y a une vingtaine d'années, ces eaux étaient restées sans installation, quoiqu'elles semblent connues depuis longtemps. On y trouve aujourd'hui un établissement bien organisé avec piscines, baignoires, appareils de douches, et bassin de réfrigération.
On combine l'usage interne et externe des eaux de cette station. Il est assez remarquable que les bains, pris plus souvent dans les baignoires que dans les piscines, où la température est relativement assez élevée, soient conseillés deux fois par jour, un le matin et l'autre le soir. La tolérance de cette pratique semble indiquer qu'on n'a pas à redouter les effets d'excitation très fréquents par l'emploi des eaux sulfurées sodiques, en général, et Pietrapola doit être mis sans doute au rang de Saint- Sauveur, Molitg, La Preste, etc. Justement réputées par leurs propriétés sédatives. En effet, nous trouvons les étals névropathiques, l'hystérie, la
PILLO. 535
chorée, les spasmes, les névroses du col utérin, parmi les principales indications de ces eaux. Elles conviennent encore dans le rhumatisme à forme nerveuse. On comprendrait moins la réputation dont elles jouissent dans le traitement de la scrofule, si M. le docteur Cariotti ne faisait observer qu'elles s'approprient surtout aux manifestations éréthiques de celle diathèse et aux accidents dépendant de l'influence de la puberté. Il en sera de même des affections cutanées et des paralysies, dans lesquelles elles réussissent d'autant mieux qu'il s'agit de troubles de l'innervation concomitants ou primordiaux. Enfin on les recommande comme résolutives dans les maladies des os et des articulations, reliées au lymphatisme. Elles agiront, comme toute médication sulfureuse, contre la cachexie syphilitique.
La saison la plus favorable pour prendre les eaux de Pietrapola est du 15 mai au 15 juillet. On en compte une seconde en automne.
Cette station, par l'impurtancede ses sources, mériterait plus de développement qu'elle n'en a reçu.
PIGV\ (ancien comté de iNice). Dans la province de San-Remo, source sulfurée sadique. Tempér. , '22° cenligr. , que M. Abbene croit minéralisée par la décomposition des sulfates qu'elle contient. Le même chimiste y a soupçonné la présence d'iodures. Ces eaux sont employées dans les maladies de la peau et les affections lymphatiques.
PIGNOL ou PIGXIEN (Suisse, canton des Grisons). Bains à th kilomètres de Coire. Altitude : 3230 pieds. L'analyse qualitative de ces eaux y signale de la soude, de la magnésie, et du carbonate de fer. Température non indiquée. On s'en sert en bains et en boissson. Établissement bien installé et fréquenté.
PILLO (Italie, Toscane). Dans le Vai-d'Elsa, à proximité de Montajone.
Chlorurée sodique. Tempér., \U° centigr.
Eau : 16 onces. Eau : un Ulre.
Pouc. cub. Cenl.cub.
Acide carbonique 9,424 = 508,8
— de chaux 1,06b = 0,104
Uilorure de sodium 70,'J00 = 6,948
— de magnésie 0,533 = 0,052
— de calcium 0.533 = 0,052
Carbonate de soude 23,450 = 2,298
— de chauv 6,930 = 0,679
— ferreux 0,333 = 0,052
l'GlULI.)
Ces eaux, en raison d'une proportion de gaz acide carbonique qu'elles
contiennent, sont facilement tolérées en boisson et s'emploient comme laxatif dans les maladies de l'appareil digestif. On les prescrit aussi contre la gravclle, et en bains, dans les maladies rhumatismales et goutteuses.
PILSE\ (Étals autrichiens, Bohème).
Ferrugineuse sulfatée. ïempér. , 10°centigr.
Eau : 16 onces. Eau : un litre.
Grains. Grain.
Sulfate de magnésie 1,0436 = 0,1 'iO
— de chaux 0,9064 = 0,130
— députasse 0,1736 = 0,024
— de fer 0,3979 = 0,057
— de manganèse.... 0,0504 = 0,007 Chlorure de magnésium ... . 0,0716 = 0,010 Silice 0,1714 = 0,022
(Pleischi.).
On remarque l'absence complète de l'acide carbonique dans celle analyse.
Ces eaux 1res abondantes, dégagent une odeur sulfureuse, due a la décomposition des sulfates. On les emploie comme toniques et reconstituantes dans la chloro-anômie et les affections qui s'y rattachent. Il y a un établissement de bains.
PINAC. Voy. BàGSÈRE&tDE-BIGORRE.
PISCIARELLI (Deux-Siciles, roy. de Naples).
Ferrugineuse sulfatée. Tempér., 75° cenligr.
Les sources de ce nom prennent leur origine à Montesecco, entre le lacd'Agnano et la Solfatare, dans les environs de Naples, au milieu d'un sol volcanique. L'eau en est reçue dans un bassin entouré d'un petit bâtiment, où elle n'a plus que 38° cenligr. Celle eau, d'après Attumonelli et Ronchi, contient une proportion considérable de sulfate d'alumine, de fer, avec un peu de sulfate de chaux. Il s'y dégage également beaucoup de gaz acide carbonique, ce qui lui a fait donner le nom de Solia, bouillonnement. On l'emploie en boisson, et associée à du lait, dans les cas de leucorrhée, d'hémorrhagies passives, et en général dans toutes les indications des eaux martiales, mais en tenant compte de ses propriétés styptiques et en ménageant les doses.
PISCINE. La piscine, alueus, baptisterium des anciens, est un bassin, entouré de gradins faisant siège, dans lequel plusieurs personnes prennent le bain en commun.
La balnéation en piscine a joué autrefois un rôle important. Les anciens ne pratiquaient pas autrement l'immersion plus ou moins prolongée. Nous avons indiqué au mot APPROPRIATION imi.hmai.e comment,
claiis les périodes romaine et gallo-romaine, l'installation des piscines était hiérarchiquement appropriée aux institutions sociales.
La piscine des anciens affectait le plus souvent la forme rectangulaire. Quelquefois les extrémités en étaient rachetées par des contours semicirculaires. Le pourtour était garni de gradins servant de siège. La construction était établie par massifs de béton dont les surfaces étaient revêtues, selon la destination, soit en marbre, soit en dalles jointives de calcaire compacte ou de schiste.
Un grand nombre d'anciennes piscines, qui ont résisté aux attaques des hommes et du temps, ont été utilisées au moyen âge, quelquesunes, jusqu'à nos jours (Amélie-les-Bains, Italie, Espagne, etc.).
Depuis le xvir siècle, le bain en commun a fait successivement place à la piscine de dimension réduite (2 à 6 places) ou BAIN DJE FAMILLE, puis à la Uaignoike [voy. ces mots]. Mais il s'est perpétué sur un grand nombre de points (Plombières, Luxeuil, Bains, Néris, Amélie-les-Bains, bords du Rhin, Espagne, Suisse, Italie, Orient, etc.), soit par force d'habitude prise, soit par nécessité reconnue du traitement.
Depuis un certain nombre d'années, la piscine a repris une place sérieuse dans la balnéation. Elle a été introduite ou développée dans plusieurs stations (Ludion, Amélie, Aix-les-Bains, Néris, Louèche, etc.). Le bain de famille a également reçu quelques nouvelles applications. Ce mouvement tient à la remarque judicieusement faite par un grand nombre de praticiens, que, pour certaines variétés d'eau, comme pour l'immersion prolongée, la piscine présente des avantages marqués sur la baignoire.
Nous comptons aujourd'hui trois sortes de piscines, savoir : La piscine ordinaire ; Le bain de famille ;
La piscine gymnastique, ou bassin de natation.
La piscine ordinaire comprend de 15 à 25 places. Sa forme est quadrangulaire ou circulaire. Les plus anciennes portent au pourtour des gradins-sièges de 0"\30 à ()"\65 de hauteur, sur 0"\33 à 0 '",50 de plat. D'autres, plus récentes, ont les gradins remplacés par un siège à dossier incliné, ou banquette ; on y accède par des marches. En développant ces marches, on réunit dans la même piscine les gradins et la banquette, afin d'aider les malades dans les déplacements et les poses obligés. La profondeur d'eau de la piscine ordinaire est de 0in,90 à 1 ",10.
Les voûtes sont basses ou surélevées, suivant que l'on veut ou non déterminer une buée, que l'on règle d'ailleurs par une ventilation rapide.
Parmi les piscines nouvelles, on cite, pour leur commodité et leur lionne appropriation, celles de Ludion, d'Amélie-les-Bains, de Néris, de Royat.
Une des conditions essentielles de l'appropriation de la piscine, c'est la propreté de l'eau utilisée. Ici, le renouvellement constant, en quantité suffisante pour fournir une fois au moins le volume total pendant la moyenne d'une immersion, ou d'une série, est indispensable.
Le bain de famille ne diffère de la piscine ordinaire que par ses dimensions réduites, de manière à ne recevoir que de 3 à 6 malades par immersion.
La piscine gymnastique, ou de natation, affecte des dimensions beaucoup plus considérables et une profondeur d'eau plus grande que la piscine ordinaire. On doit, en effet, y réaliser l'immersion avec exercice du corps, en vue d'une indication toute spéciale.
Ce mode de piscine prend une place intéressante dans la médication liydroihermale et tend à se généraliser. On cite les bassins gymnasliques de Néris, de Luchon, d'Amélie-les-Bains, d'Aix-les-Bains, etc.
La forme du bassin gymnastique est presque toujours rectangulaire, les angles étant rachetés par des quarts de cercle. Les marches d'accès sont sur l'une des faces extrêmes. Le sol eu est incliné de manière à faire varier la profondeur d'eau à laquelle on donne 1 mètre à l,n,20 au pied des marches d'accès, et 1U1,65 à 2 mètres à l'extrémité opposée. La voûte en est surélevée, la ventilation facile pour éviter l'accumulation de la buée; car la température moyenne de l'eau n'y est que de 28 à 32 degrés centigrades.
Nous compléterons cet article en donnant le résumé d'une discussion qui a eu lieu à la Société cl 'hydrologie médicale de Paris (voy. Annales, t. 1), sur les piscines et leurs meilleurs modes d'application.
Le bain de piscine constitue un mode de la balnéation thermale qui peut, comme le bain en baignoire, rendre des services particuliers au point de vue, soit de la thérapeutique, soit de l'administration économique des eaux, et dont l'importance varie suivant la nature des eaux minérales et celle des maladies qu'on y traite.
Parmi les conditions qui, au point de vue thérapeutique, semblent appartenir spécialement aux piscines, il faut signaler, comme les pluscertaines et les plus importantes, la prolongation du bain et la facilité de l'exercice dans le bain. La durée du bain, nécessairement limitée à un temps assez court, et par l'ennui et par des inconvénients plus sérieux, peut être prolongée suivant le besoin dans la piscine. Par l'exercice, il faut entendre non-seulement la natation là où elle sera possible, une gymnastique appropriée là où elle se trouvera indiquée, mais encore