‹ Dictionnaire général des eaux minérales et d'hydrologie médicale (volume 2)Chapitre 165 sur 310 · POUGUES · texte numérisé non relu

POUGUES

élé bien établie que depuis les travaux de Wollaston et de Marcel sur les eaux des mers. C'est qu'on ne connaissait pas auparavant le moyen de séparer cette base de la soude. Les indications fournies par ces chimistes ne tardèrent pas à être suivies, et peu de temps après on mit hors de doute que les sources minérales contenaient, comme les eaux des mers, de la potasse.

L'origine de cet alcali est des plus faciles à comprendre, du moment qu'on sait qu'il fait partie du plus grand nombre des terrains. On est même surpris que les eaux minérales ne contiennent pas davantage de potasse que de soude, les silicates de toutes les formations géologiques étant considérés jusqu'à présent comme plus riches en potasse qu'en soude.

Dans les analyses d'eaux minérales, la potasse est inscrite hypotbéliquement à l'état de bicarbonate, de sulfate, de chlorure, de bromure, d'iodure, quelquefois même de silicate; pour la doser voici le procédé qu'on suit.

On fait bouillir pendant une demi-heure environ 1 ou 2 litres d'eau avec un excès d'eau de baryte. On sépare par le filtre les carbonates de baryte, de chaux et de magnésie, le sulfate de baryte, qui se sont formés, et dans la liqueur refroidie on verse une solution saturée de carbonate d'ammoniaque qui précipite tout l'excès de baryte. La liqueur, filtrée de nouveau, est évaporée jusqu'à siccité avec addition d'acide chlorhydrique afin de convertir la soude et la potasse en chlorures de sodium et de potassium. Ces sels sont dissous dans une petite quantité d'eau distillée, et on verse dans la solution du chlorure de platine. On fait évaporer au bain-marie jusqu'à siccité, et le résidu broyé est placé dans un flacon avec de l'alcool pur et concentré. Le chlorure de platine et de sodium se dissout dans l'alcool, tandis que le chlorure de platine et de potassium reste sous la forme d'une poudre jaune. Celle-ci, suffisamment lavée par décantation, est jetée sur un filtre taré, séchée à l'étuve et enfin pesée ; connaissant le poids du chlorure de platine et de potassium il est alors facile de déterminer la proportion de la potasse.

Le plus souvent le dosage de la potasse est complémentaire de celui de la soude (voy. ce mot).

POUGUES (France, Nièvre, arrond. de Nevers). A 15 kilomètres de celte ville, 225 de Paris. Chemin de fer de Lyon par le Bourbonnais.

Bicarbonatée calcique. Tempér. 12° centigr.

Deux sources dont une seule, celle de Saint-Léger, la plus ancienne et la plus abondante, est utilisée en boisson. La deuxième, découverte en 1833, se mêle avec une partie de la première et sert aux bains et aux douches après avoir été échauffée par la vapeur.

564 PO UG 11 ES.

SouncE Saint-Léger.

Eau : un litre.

Lit.

Acide carbonique 0,33

Grain.

Bicarbonate de chaux 1 ,3269

— de magnésie 0,9762

— de soude avec traces de sel dépotasse. 0,6362

— de fer 0,0206

Sulfate de soude 0,2700

— de chaux 0,1900

Chlorure de magnésium 0,3500

Matière organique solublc (glairine) 0,0300

Phosphates de chaux et d'alumine. traces

Acide silicique et alumine 0,0350

3,8349 (Boullat et 0. Henry, 1837.)

dette source exhale une odeur sulfureuse assez prononcée, ce qui tient sans doute à la décomposition des sulfates par de la matière organique.

M. Mialhe y a constaté, depuis, une proportion très notable d'iode. L'eau de Pougues présente de l'analogie, sauf une plus forte minéralisation, avec celle de Conlrexéville.

Il existe à Pougues un établissement thermal composé de vingt-six cabinets; treize ont deux baignoires; deux autres, une pour chaque sexe, contiennent les ajutages pour l'administration des douches, y compris les douches de vapeur. Il y a en outre un service hydrothérapique complet et des appareils de gymnastique pour les enfants scrofuleux et les jeunes personnes chlorotiques.

On exporte de celte station une quantité considérable d'eau minérale puisée à la source Saint-Léger. Mais, comme elle arrive trouble à la surface du sol, on a pris, depuis quelques années, l'habitude de la sursaturer de gaz carbonique provenant de la source. Malgré cette précaution, et après avoir séjourné pendant quelque temps dans des bouteilles, elle laisse déposer une proportion sensible de carbonate terreux.

Les eaux de Pougues, légèrement purgatives à dose élevée, sont généralement bien tolérées, môme par les estomacs irritables ou douloureux. Leur usage détermine quelques phénomènes d'excitation qui nous paraissent analogues à ceux qu'occasionnent toutes les boissons gazeuses. Elles développent l'appétit, excitent légèrement les organes urinaires et, dans quelques circonstances, amènent de l'agitation, de l'insomnie. De Crozant nous paraît avoir exagéré les phénomènes de ce genre, à la portée physiologique desquels il a cru devoir attribuer l'action thérapeutique des eaux de Pougues, et c'est à tort qu'il a rangé celles-ci

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