POUGUES
parmi les eaux excitantes. Ce sont des eaux digestives, peu actives du reste, et plutôt sédatives, comme le prouvent leurs applications les plus spéciales.
Celles-ci se rattachent à deux ordres de faits : les gastralgies ou dyspepsies gastralgiques, c'est-à-dire douloureuses, et les catarrhes des voies urinaires. Les eaux de Pougues réussissent très bien en effet dans les affections gastralgiques et douloureuses de l'estomac, accompagnées de troubles plus ou moins prononcés dans la digestion. C'est dans les cas de ce genre que les eaux bicarbonatées sodiques fortes, et particulièrement Vichy, si salutaires aux dyspepsies non douloureuses, deviennent mal applicables. (V. les observations rapportées par de Crozant
dans : De l'emploi des eaux min. de Pougues 1846, et le livre de
M. F. Roubaud: Pougues, ses eaux minérales, 1860.)
Les eaux de Pougues sont employées avec avantage dans la gravelle, mais spécialement dans les gravelles phosphatiques, accompagnant les affections catarrhales de l'appareil urinaire. Elles s'accommodent parfaitement à l'état douloureux des reins et surtout de la vessie, et modifient assez bien l'état catarrhal. Mais elles sont beaucoup moins efficaces visà-vis la gravelle urique dialhésique que les eaux bicarbonatées sodiques. Elles peuvent être utilisées encore dans les coliques hépatiques non calculeuses, ou bien lorsque la fréquence des attaques ou l'état habituellement douloureux de la région cystique rend difficile l'application d'un traitement plus actif. Elles ne se trouvent indiquées contre les engorgements du foie que lorsqu'il existe encore un état subaigu, ou que l'engorgement est douloureux, de date peu éloignée, ou que l'état des voies digestives les réclame préférablement à des eaux plus fortement minéralisées ou plus excitantes.
Les eaux de Pougues ont en outre été vantées contre la scrofule. De Crozant a publié sur ce sujet des observations intéressantes [Union méd., 1857). M. Roubaud signale également des succès dans le traitement des manifestations scrofuleuses. Mais l'hydrothérapie, immersions et bains froids, douches froides, frictions, ont été combinées avec l'usage des eaux, et nous croyons avec M. Pâtissier {Rapport à l'Ac. de méd. sur le service des établiss. , 1854), que la part de ces dernières dans les résultats du traitement a été très faible.
Il faut noter qu'il s'agissait d'enfants appartenant à l'assistance publique, et très propres à subir facilement une influence superficielle, sinon radicale, de la part d'un semblable traitement.
Enfin ces eaux sont encore usitées dans le catarrhe utérin, les lièvres intermittentes, le diabète. Mais on pourra rencontrer, dans la plupart des cas de ce genre, des médications mieux appropriées et plus actives.