SCHMIDT
Plusieurs sources jaillissent en cet endroit, sur la rive droite du Danube, au pied du mont Saint-Thomas, et sont plus ou moins riches en sels magnésiens. Elles possèdent une minéralisation qu'on n'est généralement pas habitué à rencontrer, même dans les sources les plus franchement sulfatées magnésiennes. On les range parmi les eaux Amères (voy. ce mot). Cette boisson, à la dose de 125 à 250 grammes, procure des effets franchement purgatifs.
D'autres sources, à la température de 25° centigr., mais dont la composition n'est pas déterminée, servent à l'usage des bains dans le voisinage.
Les eaux de Grau étaient connues à l'époque romaine, sous le nom de Aquœ Strigonienses.
CiRA\DE¥ROL (France. Puy-de-Dôme, arrond. d'Issoire). A 23 kilomètres de celte ville.
Ferrugineuse bicarbonatée. Tempér., 10°, 5 à 13° centigr.
Trois sources : Source de la Tour-Rognon, 12°, 5 à 13°; Source de \ errières, 10°, 5; Source innomée, 11°, 5.
L'analyse quantitative des eaux de ces trois sources n'a pas encore été faite. D'après M. iNivet, elles auraient toutes les propriétés des sources qui existent dans le département du Puy-de-Dôme, c'est-à-dire qu'elles
GRASVILLE-L'HEURE. 45
dégagent de l'acide carbonique à leur point d'émergence et qu'elles déposent de l'oxyde de fer sur le sol.
On les prescrit dans le pays, comme stimulantes, aux personnes dont les digestions sont lentes et laborieuses. Les sources de Grandeyrol portent aussi le nom de Mmitaigut, bourg près duquel elles sont situées.
GRA1XDRIF (France, Puy-de-Dôme, arrond. d'Ambert). A 10 kilomètres de cette ville.
Bicarbonatée calcique. Tempér. , 10° centigr.
Eau : un litre.
Gram.
Bicarbonate de soude 0,09'J
— de magnésie. . 0,101
— de chaux 0 332
— de fer 0,009
Sulfate de soude 0 005
Chlorure de sodium 0,004
Silice o',0 45
(Baudijï.)
Cette analyse diffère de celle indiquée par M. Nivet et Y Annuaire des eaux de la France, au sujet du bicarbonate de fer. MM. Lecoq et Baudin ont obtenu d'un litre d'eau 0,005 d'oxyde ferrique ; or, cette proportion équivaut à 0,009 de bicarbonate, et non à 0,001, comme on l'a écrit.
L'eau de Grandrif est employée seulement en boisson, et surtout pour combattre les fièvres intermittentes invétérées; ce qui fait supposer qu'elle contient un principe arsenical.
grawille (France, Manche). Chemin de fer de Cherbourg.
Bains de mer.
GRASVILLE-L'HEURE (France, Seine-Inférieure, arrond. du Havre). A 6 kilomètres de cette ville.
Ferrugineuse crénatée et iodurée? Tempér. ?
Eau : un litre.
Gram.
Bicarbonate de chaux j
— de magnésie j ' >^90
Chlorure de calcium 0,211
— de sodium 0 700
— de magnésium 0,086
— de potassium 0 060
Bromure alcalin traces
Hydriodate d'ammoniaque 0 012
Sulfates de soude et de chaux 0014
Silicate de chaux et d'alumine 0,088
Peroxyde de fer combiné avec l'acide crénique. . . 0,042
(0. He.nky, 1842.)
L'eau de cette source a été analysée ultérieurement par MM. Leudet et Duchemin. Comme M. O. Henry, ils ont constaté l'existence d'une proportion très notable d'iode qu'ils ont inscrit à Fétat d'iodure de potassium ; cette hypothèse est en effet plus probable que celle de M. O. Henry. Ce dernier chimiste la considère comme une eau iodurée ferro-crénatée non gazeuse, et comme telle il la croit susceptible de très bons elfeis dans son application médicale. Il est seulement à regretter que son débit soit aussi peu abondant, car elle coule à l'état de filet.
Nous ne savions pas que l'eau minérale de Grasville-i' Heure ait été l'objet d'une exploitation spéciale. Dans tous les cas, les auteurs modernes, et surtout Y Annuaire des eaux de la France, n'en font pas mention.
GRAUS (Les). Voy. OLETTE.
GRAVELLE. Si l'on veut instituer le traitement, thermal ou autre, de la gravelle, il faut commencer par déterminer d'une manière précise à quelle sorte de gravelle on a affaire.
Il se présente, en effet, deux gravelles, qui peuvent servir de type à toutes les autres, et dont la nature est tout à fait opposée. L'une est la gravelle urique, et l'autre la gravelle phosphatique. La première est aussi la gravelle acide, et la seconde la gravelle alcaline. On peut encore appeler celle-là gravelle diathésique , et celle-ci gravelle catarrhale. On rapprochera de la gravelle urique la gravelle oxalique, et de la gravelle phosphatique quelques autres plus rares et plus ou moins caractérisées.
Gravelle urique. — La gravelle urique, la plus fréquente de toutes, sans aucune comparaison, et la seule peut-être qui mérite, à proprement parler, le nom de gravelle, a encore été appelée gravelle goutteuse, pour exprimer les rapports qui existent entre sa palhogénie et celle de la goutte, rapports effectivement très intimes, bien qu'il faille cependant se garder d'identifier l'une avec l'autre. Dans les deux maladies, l'état morbide, évidemment diathésique, c'est-à-dire constitutionnel et héréditaire, se manifeste sous des formes très différentes, il est vrai, mais dont l'expression finale est l'élimination de principes azotés en excès, sous forme d'acide urique ou d'urates. Seulement, dans un cas, ces produits, qui ne sont pathologiques que par leur proportion, s'éliminent par la voie naturellement destinée à celte excrétion, et aussi sans effort, sans réaction; car les phénomènes douloureux dont le rein peut devenir le siège doivent être considérés comme purement accidentels, et n'appartiennent nullement à l'essence de la maladie. Dans la goutte, au contraire, l'élimination de ces mêmes principes ne s'opérant pas par ses voies naturelles, cherche une issue, la trouve vers un siège d'élection déterminé,
les articulations, mais ne l'atteint pas sans un effort violent de tout l'organisme, une réaction vive; en un mot, ['accès de goutte. Sans doute, il y a dans le génie de ces deux maladies quelque chose de fort différent : cependant nous* devons reconnaître que, dans les deux cas, le fait pailiogénique le plus lointain auquel nous puissions remonter est la combustion imparfaite de l'urée dans le sein de nos tissus.
Quant à la coïncidence de la goutte avec la gravelle, nous croyons qu'on l'a singulièrement exagérée, et nous n'admettons nullement, avec M. Rayer que, sur cent goutteux, quatre-vingt-dix-neuf soient affectés de gravelle. \\ ne faut pas s'attacher, pour juger cette question, aux caractères de l'urine pendant la durée d'un accès de goutte. C'est l'urine du rhumatisme, de la fièvre et de toutes les réactions violentes dont l'organisme est le siège. La gravelle se rencontre à peine chez la moitié des goutteux, et encore ne se monlre-t-elle, chez le plus grand nombre d'entre eux, que très accidentellement, et non pas habituellement, comme chez la plupart des graveleux eux-mêmes.
Le traitement de la gravelle, et ceci est en rapport avec la conformité apparente de leur pathogénie , se rapproche beaucoup de celui de la goutte. Au fond, les indications sont les mêmes. Les eaux bicarbonatées sodiques sont spéciales dans l'une comme dans l'autre; et comme le traitement de la gravelle est beaucoup plus simple et plus facile que celui de la goutte, nous estimons que toutes les eaux bicarbonatées sodiques notablement minéralisées conviennent à peu près également à la première.
Bien que le traitement de la gravelle soit essentiellement un traitement interne, nous croyons que les moyens balnéo-lhérapiques ne doivent pas être négligés, alors du moins que la maladie offre quelque peu d'intensité, et s'accompagne de phénomènes douloureux.
Celte dernière circonstance en particulier réclame instamment les bains et quelquefois les douches. Dans l'immense majorité des cas, les douleurs rénales de la gravelle, coliques néphrétiques ou autres, reconnaissent pour cause la présence de graviers dans la substance du rein, ou leur accumulation dans la partie plus large de l'appareil excréteur. Ce passage ou cet arrêt de corps étrangers, lorsqu'il se prolonge ou s'aggrave d'une manière particulière, ne se fait pas sans entraîner quelques modifications dans la texture du rein : congestion sanguine des tissus, irritalion des surfaces, enfin imminence ou commencement de néphrite, peu intense en général, à cause de sa nature purement accidentelle et en quelque sorte traumatique, mais qui oblige à restreindre l'usage interne des eaux, el indique d'insister sur les moyens externes.
C'est à Vichy que se fait, sur une grande échelle, le traitement de la
gravelle urique. La multiplicité des sources, qui permet de varier la médication suivant les cas, et le développement donné aux agents du traitement externe, expliquent la recherche de cette station thermale, quand bien même on n'aurait pas raison d'attribuer à la constitution de ses eaux une efficacité particulière. Cependant, nous sommes portés à croire que, dans la plupart des gravelles uriques, les autres eaux bicarbonatées sodiques, Vais, le Boulou, Vic-sur-Cère, Vic-le-Comte, Ems, etc., conviennent également. Nous n'entendons parler cependant que des eaux notablement minéralisées et franchement sodiques.
Dès que les premiers signes de la gravelle se montrent, ou seulement la disposition à cette maladie, c'est-à-dire des urines acides avec excès, jl faut recourir à un traitement approprié, ne fût-ce qu'à titre préventif. Or, en dehors du régime, diététique en particulier, dont l'influence est considérable lorsqu'il est suivi avec sévérité et continuité, double condition très difficile à réaliser, nous ne connaissons d'autre traitement effectif de la gravelle que les eaux minérales. Le bicarbonate de soude, dont les effets sur les manifestations de la maladie sont souvent si immédiats et si tranchés, n'exerce en réalité qu'une action superficielle et tout à fait insuffisante sur la maladie elle-même. Les eaux minérales transportées, celles de Vichy surtout, plus minéralisées que les autres, seront toujours préférées au bicarbonate de soude et aux sels extraits des eaux minérales.
Mais, à défaut même d'urgence, un traitement thermal simple exerce toujours une action plus vive et plus durable sur la disposition à la maladie. Dans ces cas légers, des eaux moins caractérisées que Yichy et non formellement bicarbonatées sodiques, telles que Cuntrexéville, Fougues, pourront suffire. Mais, vis-à-vis d'un état réellement diathésique, lors même que les manifestations seraient encore légères, ces eaux sont certainement insuffisantes : ce n'est pas alors qu'elles sont indiquées.
Lorsque la gravelle existe depuis un certain temps et à un degré formel, il faut recourir aux eaux de Vichy, de préférence aux eaux analogues. On doit faire usage de l'eau minérale en bains et en boisson. Dans les cas simples, on prescrit généralement les sources de la Grande-Gi^ille et des Célestins. Si quelque circonstance étrangère à la gravelle paraît indiquer quelque autre des sources de Vichy, on n'hésitera pas à en user, celle des Célestins ne possédant nullement la spécialité d'action qui lui est communément attribuée dans la gravelle , pas plus que dans la
goutte.
Les effets du traitement sont très variés. Lorsque l'urine est habituellement sédimenleuse, colorant ou incrustant les parois des vases, on la voit en général perdre très rapidement ces caractères; mais si la maladie
GRAVELLîE. , 49
est caractérisée par l'issue, à intervalles, de graviers plus ou moins yros ou de sables purs, il arrive souvent que le traitement provoque tic semblables éliminai ions, à des époques variables de sa durée, quelquefois après sa terminaison.
Lorsqu'il existe des douleurs rénales, le traitement est le même. Les douches locales sont ordinairement très utiles. Si les douleurs sont vives, avec exacerbalioos faciles, il faut tempérer le traitement, recourir aux sources les moins excitantes de Vichy, à des doses peu élevées. S'il y a eu des coliques néphrétiques, il faut toujours prendre garde de les rappeler par un traitement trop actif. Les douches seront le plus souvent écartées alors. Si elles se reproduisent faciles et fréquentes, on voit quelquefois le traitement thermal les réveiller avec une telle facilité, que l'administration en devienne fort difficile. C'est dans les cas de ce genre que les eaux plus douces A'Ems, de Saint-Alban, de Sail, que celles surtout de Contrexéville ei de Fougues, et peut-être encore de préférence les sources dégénérées des Pyrénées-Orientales, à la Preste, à Olette, à Molitg, seront indiquées. Quant aux eaux à peine minéralisées de Sehlangenbad et iïEvian, si elles se recommandent par la facilité de leur administration, il est permis de douter qu'elles soient applicables à la gravelle, autrement qu'à titre de médication purement symptomatique.
On voit quelquefois des coliques néphrétiques, comme dans d'autres cas, des coliques hépatiques, un accès de goutte, survenir après l'issue du traitement. Cette circonstance est souvent en rapport avec une réussite aussi complète que possible de la médication.
Durant l'usage des eaux de Vichy et des autres eaux bicarbonatées sodiques, l'urine perd toujours son excès d'acidité; elle devient habituellement neutre, quelquefois alcaline ; quelquefois aussi elle demeure modérément acide pendant la durée du traitement, sans que ces diverses circonstances paraissent affecter en rien les résultats de ce dernier. Rien, dans la constance ou le caractère de ces changements de l'urine, n'autorise à penser que celle-ci devienne propre à dissoudre aucune espèce de graviers ni même de sédiments. Les expériences de laboratoire, relatives à l'action dissolvante des sels alcalins ou des eaux minérales sur les graviers uriques, n'ont jamais fourni que des résultats fort peu significatifs. Or il est évident que les urines auront beau s'alcaliser, et elles deviennent rarement alcalines, d'une manière très prononcée et un peu durable, les qualités dissolvantes qu'on pourrait leur prêter sont encore bien éloignées de celles qui doivent appartenir à une dissolution alcaline ou à une eau minérale pure (voy. Satukation. Urines). Nous ajouterons une simple observation : c'est que les eaux minérales, dussent-elles irnpri-
Dict. des Faux MINER. —T. II. 4
mer aux urines des qualités véritablement dissolvantes, ceci ne rendrait aucunement compte de leur action sur la diathèse, c'est-à-dire sur la cause pathogénique de la gravelle.
Les effets thérapeutiques des eaux de Vichy, qu'il est impossible de ne pas prendre pour type de celte médication, sur la gravelle, sont des plus tranchés. Elles ne parviennent pas sans doute aisément à la détruire d'une manière iihsolue. Un étal diathésique qui résulte, en général, ou de transmission héréditaire, ou de conditions hygiéniques persistantes, souvent de ces deux circonstances réunies, ne peut guère se déraciner entièrement par une médication quelconque. Mais voici ce que l'on obtient.
Les douleurs rénales disparaissent le plus souvent ; au moins subissentelles une grande diminution. Les coliques néphrétiques sont enrayées à peu près constamment. Les manifestations graveleuses se réduisent, dans des proportions diverses, mais considérables, et l'on peut à peine appeler une maladie quelques apparences passagères de sable, sans douleurs, sans dérangement appréciable de santé, et presque toujours provoquées par des écarts de régime ou des circonstances fortuites. Tels sont les résultats ordinaires du traitement.
Cependant il y a des cas où la production des graviers, et ce sont en général des graviers lisses, arrondis, rosés ou rougeàtres, nombreux et habituels, résiste avec opiniâtreté au traitement thermal. Mais on voit au moins disparaître alors les douleurs rénales, si communes en semblable circonstance. Quant aux cas où l'ensemble des manifestations douloureuses ou autres persiste, on en trouve encore presque toujours l'explication dans l'existence de causes morbides opiniâtres, et que des traitements passagers sont impuissants à surmonter; ou bien encore dans la mauvaise direction du traitement, dans sa durée ou sa répétition insuffisante. Nous avons pu attribuer, par exemple, la persistance de coliques néphrétiques à l'insistance inopportune sur les eaux de Vichy, alors que des eaux moins actives, comme Contrexéville, ou Pougues, ou Saint- Alban, ou Sail, en auraient sans doute fait justice.
Il ne faut pas oublier en outre que ce n'est qu'après plusieurs reprises, c'est-à-dire après plusieurs années, le traitement thermal n'étant généralement suivi à tort qu'à des époques déterminées et limitées, qu'on peut parvenir à surmonter la disposition vicieuse de l'organisme. Enfin, il importe, pendant ces longs intervalles, d'en prolonger l'action à l'aide des eaux minérales transportées.
Les phénomènes douloureux, dans la gravelle, ne siègent pas toujours dans les reins. Il existe quelquefois des phénomènes dysuriques, accompagnant ou non un état catarrhal. Quand ces accidents sont prononcés, il est rare qu'ils soient facilement compatibles avec l'usage des eaux for-
teinent minéralisées, Pougues, Saint-Alban, la Preste, seront alors employées de préférence à Vichy.
Ce (|ne nous venons de dire de la gravelle urique s'applique également à la gravelle oxalique, infiniment plus rare et presque toujours unie à la précédente. Cependant M. Rotureau prétend que la gravelle oxalique doit être éloignée des thermes de Karlsbad, fort appropriés pourtant à ladiathèse urique [Des principales eaux minérales de l'Europe, 1858). Une telle assertion, dont nous n'avons pas trouvé de trace dans lesauteurs allemands, demanderait à être confirmée. Quant aux applications de ces eaux à la gravelle, applications fort analogues à celles de Vichy, mais qui ne s'élèvent pas au même degré d'appropriation, nous renverrons à l'article Karlsbad.
Gravelle phosphatique. — Le traitement de la gravelle phosphatique est en réalité le traitement du catarrhe des voies urinaires, car, d'accord avec M. Raoul Leroy (d'Étiolles) (Etudes sur la gravelle, 1857), nous n'admettons guère la gravelle phosphatique isolée du catarrhe. Les eaux bicarbonatées sodiques trouvent encore ici d'utiles applications : mais les eaux à bases calciques, telles que Contrexéville ou Pougues, ou les eaux sulfureuses dégénérées, telles que la Preste ou Molitg, ou les eaux très faiblement minéralisées, telles que Schlangenbad ou Evian, conviennent plus spécialement. >ous devons donc renvoyer pour cette étude aux articles Rein (Maladies du) et Vésigal (Catarrhe).
GRÈCE. Le sol de la Grèce moderne emprunte la majeure partie de ses caractères à des actions volcaniques. La présence de roches primitives dans la composition des montagnes non-seulement de la chaîne centrale, mais surtout dans celles des îles, le grand nombre des cavernes et la fréquence d'émanations sulfureuses à travers les fissures souterraines, sont autant de preuves remarquables de celte origine De nombreuses sources minérales, offrant une grande variété de nature et d'éléments chimiques, se rencontrent aussi dans toutes les provinces, et se rapportent à des conditions géologiques correspondantes. Beaucoup d'entre elles furent célèbres aux époques antiques. Un peut regretter l'abandon dans lequel la plupart sont laissées aujourd'hui.
M. le professeur Bouros, dans un travail lu au Congrès scientifique de Pise en 1839, et qu'il a bien voulu nous communiquer, considère ces eaux minérales sous quatre divisions que nous nous faisons un devoir de reproduire.
1° Eaux sulfureuses thermales.
La plus importante au point de vue médical se rencontre dans la partie septentrionale de la Grèce, sur la roule dePatraziki à Lamia. Sa température dépasse 5l)u centigr. en divers points du vaste bassin naturel qui
la reçoit. On ne saurait négliger sa minéralisation, dans laquelle le chlorure de sodium, parmi les principes fixes, et le gaz acide carbonique, d'autre part, entrent pour une proportion notable et la rapprochent de celle des eaux d'Aix-la-Chapelle et d'Uriage, ainsi que le démontre l'analyse suivante :
Eau : un litre.
Sulfate de magnésie 0,210
— de chaux 0,244
Carbonate de chaux 0,625
— de soude 0,228
Silice 0,360
Matière extractive 0,240
Ceut. culj.
Gaz acide carbonique 750,00
Gaz hydrogène sulfuré 1050,00
Jusqu'à ce jour cette source n'a point reçu d'aménagement convenable.
On trouve plusieurs sources dont la composition a beaucoup de rapports avec la précédente, dans l'île de Négrepont, au bord de la mer. Leur abondance est telle que sur un espace de 20 kilomètres carrés environ, il est signalé plus de vingt griffons d'eaux thermales, lesquelles accumulent d'énormes dépôts calcaires dans leur voisinage'. Il est à remarquer aussi que les tremblements de terre en ont souvent changé la situation elle parcours. Toutes s'échappent volumineuses et comme par éruption. L'une d'elles fait tourner un moulin. Leur température s'élève jusqu'à 91°, 22 centigr. M. le professeur Landerer a donné l'analyse de ces eaux, connues de toute antiquité sous la désignation de thermes à'Œdepsg.
Eau : un litre.
Gra m.
Chlorure de sodium 8,100
Carbonate de chaux 0,245
— de soude 0,504
Sulfate de magnésie 1,348
— de chaux 0,360
Silice 0,240
Oxyde de fer 0,120
Cent. cul).
Gaz acide carbonique 400,00
Gaz hydrogène sulfuré 1 600,00
Sur le continent, existe également une source qui avait donné son nom
GHECB. 53
au lieu fameux des Thermopyles. lille jaillil au pied du mont OEia, el se jette dans la mor. Sa température varie entre 65° et 67°, 5 cenligr. Llle ne diffère pas, eu égard à son analyse chimique, de celles qui viennent d'être indiquées, et M. le professeur Boums appelle l'attention sur ce fait, que les trois sources minérales de Patraziki, des Thermopyles et d'Œdepse occupent, géographiquement parlant, une même ligne, de l'est à l'ouest.
Enfin, en diverses régions de la Grèce, particulièrement dans cette partie du Péloponèse qui s'étend vers le golfe Saloniqne et clans le côté oriental de la péninsule de Meltana, au milieu de vestiges volcaniques, se font jour beaucoup de sources sulfureuses. Leur température atteint 31°, 25 centigr. Leur composition reste à déterminer, mais les habitants de ces contrées les dénomment d'après l'odeur caractéristique d'hydrogène sulfuré qu'elles dégagent.
Au bord du golfe de Fatras, non loin de Lépanle, et dans l'île de Milo, des eaux chaudes et sulfureuses rappellent encore des traditions mythologiques, mais restent également sans emploi.
2° Eaux salines thermales.
Au premier rang des sources dites salines que compte la Grèce, se place celle de Kythnos, dans l'île de Thermia. Les propriétés chimiques de ces eaux chlorurées sodiques, les applications médicales auxquelles prêtent leur composition et leur thermalité, et la sollicitude dont elles ont été l'objet de la part du gouvernement hellénique, leur assignaient une mention toute spéciale [voy. Kythnos].
Dans la même île, on trouve une source composée comme la précédente, mais moins considérable et à peu près abandonnée.
L'île de Santorin a des eaux que le sulfate de magnésie minéralisé plus spécialement, d'une température de 35° centigr., désignées sous le nom de Plaça, et qui semblent avoir été anciennement exploitées. Il en est une autre, plus thermale (47°, 5 centigr.), également saline, et qui, comme plusieurs sources pareilles, dans les mêmes lieux, subit toutes les vicissitudes dues à la proximité de la mer.
L'île de Milo, dont la formation volcanique paraît se continuer jusqu'aux temps modernes, est riche en fontaines thermales. Il n'en est qu'une seule qui mérite d'être mentionnée. Les insulaires la fréquentent et la connaissent sous le nom de Bains de la saline, à peu de distance du port de 5'anagia. Une grotte naturelle abrite un réservoir d'eau que 31. le professeur Bouros a constaté comme ayant 36°, 25 centigr. de température. Les sulfates et carbonates calciques sont les principaux éléments de sa composition chimique. Il est à remarquer qu'à cinq cents mètres de celte source, le sol laisse échapper, eu plusieurs endroits, des jets de
salses ou boucs minérales et chaudes, dont l'apparition dépend vraisemblablement de phénomènes volcaniques.
Dans l'île de Serpho, on a signalé une source thermale et saline.
A 10 kilomètres de Corinthe, sur le bord du golfe qui porte ce nom, plus loin en face du golfe d'Athènes, et dans la partie orientale du Péloponèse, plusieurs localités doivent leur désignation à des eaux chaudes qui les distinguent et que les anciens Grecs utilisaient.
3° Eaux salines froides.
Elles sont très répandues en Grèce, et les habitants s'en servent volontiers comme médicaments purgatifs. On les a peu étudiées au point de vue chimique. Quelques-unes méritent d'être signalées à cause des restes de constructions antiques découvertes autour d'elles, et qui témoignent d'une réputation très reculée. Ce sont celles qu'on rencontre soit au port de Munychie, dans l'Attique, soit dans l'île d'Égine, ou au port de Nausia, dans l'île de Paros. M. le professeur Rœser a dressé le catalogue d'un certain nombre de ces sources de même nature, mais dont la composition n'est pas encore suffisamment connue.
h" Eaux ferrugineuses thermales.
L'île de Thermia possède une source ferrugineuse bicarbonatée et chaude; mais on en connaît une, également thermale, et plus chargée encore en éléments ferriques, située dans l'île de Milo, à une heure de distance de Panagia, s'écoula nt abondamment sur la plage même. Elle a de 56° à 60° centigr., et elle dépose un sédiment ocracé considérable.
On lui assigne les principes suivants :
Eau : un litre.
Gram.
Carbonate de fer 1 ,922
— de chaux 0,486
Chlorure de calcium 0,097
— de sodium 9,000
Sulfate de chaux , 0,316
— de magnésie ",423
M. Bouros ajoute que cette eau contient du bromure de sodium et une proportion indéterminée de gaz acide carbonique. Il exprime le regret qu'une source, si fortement minéralisée et très appropriée au traitement des maladies atoniques, demeure à découvert et manque de toute installation.
A Santorin, parmi les roches ignées et sur le point précisément où semble exister le volcan sous-marin auquel se rattache l'origine de cette île singulière, il son dans la mer même une immense quantité d'eau thermale. Si l'analyse qui en a été donnée est exacte, ces eaux sembleraient les plus ferrugineuses que l'on connaisse. Sur un litre il a été trouvé :
GRÉOULX. 55
bicarbonate de fer, 2sr,559. Leur température a 56° centigr. à la surface, cl l'on pense qu'elle atteint celle de l'eau bouillante dans les profondeurs. Celte source inlra-marine est bien connue des navigateurs, grâce à cette particularité que les bâtiments laissés a. l'ancre en ces parages sont rapidement nettoyés et comme remis à neuf dans toute leur doublure de cuivre. On suppose qu'un excès d'acide libre se combinant avec le carbonate d'oxyde de cuivre, il en résulte un bicarbonate facilement soluble dans l'eau.
Le professeur Roescr a noté l'existence de deux sources ferrugineuses dans le Péloponèse, mais les renseignements manquent à leur sujet.
Dans le cours de ces dernières années, M. Landerer, professeur de chimie à l'université d'Athènes, s'est attaché à remettre en lumière un certain nombre de sources minérales de la Grèce, tombées dans l'oubli le plus profond, malgré les services qu'elles pourraient rendre encore à la médecine. Les analyses qu'il a publiées prouvent qu'il n'y a aucune exagération à les comparer aux thermes les plus renommés de l'Europe, et l'on doit désirer qu'une administration intelligente favorise la restauration des principales d'entre elles.
«REIFSWAL» (Prusse, Toméranie).
Bains de mer dans la Baltique, et trois sources chlorurées sodiqucs froides, avec établissement de bains. Pas d'analyse publiée.
i.itioiiA (France, Basses-Alpes, arrond. de Digne). A 67 kilomètres de cette ville.
Sulfurée calcique. Thermale.
Deux sources : Source ancienne ou (traîner, tempér. 38°, 7 ; Source nouvelle, tempér. 20° à 23°, qui sortent du calcaire néocomien. On a observé qu'après les grandes pluies, leur température diminuait en même temps que leur débit devenait plus considérable, ce qui prouve qu'il s'y mêle alors des fdets d'eau froide.
Source ancienne. Eau : un litre.
Gram.
Carbonate de chaux 0,155
— de magnésie 0,059
Sulfure de calcium 0,050
Sulfate de soude 0,1 50
— de chaux 0,156
Chlorure de sodium 1,541
— de magnésium 0, 1 95
Iodure et bromure 0,064
Acide silicique 0,120
Alumine 0,049
Matière organique 0,029
2,629 (Grange.)
56 GRÉOULX.
SOUIICE NOUVIïl.l.K.
Acide carbonique ) . , .
- sulfhydrique \ qu^t- mdet.
Azote traces
Giam.
Bicarbonate de potasse 0,206
Sulfure de calcium 0,044
Sulfate de chaux 0,218
— de soude 0,148
Chlorure de sodium 1 ,290
— de magnésium 0,180
Silice et alumine 0,040
Oxyde et sulfure de fer 0,01 1
Matière organique 0,020
2,210* (Boullay et 0. Henry.)
La source Gravier dépose une matière organique riche en barégineet en glairine, qui est utilisée en cataplasmes et en frictions.
Il existe à Gréoulx un établissement thermal assez fréquenté, alimenté par une quantité considérable d'eau minérale, puisqu'on l'estime à 1200 litres à la minute, à la température de 38°, 7 d'après beaucoup d'auteurs, et de 37°, 5 d'après M. Grange. L'établissement est vaste, commode. Bains, étuves, douches, piscines, hôtel, tout est réuni sous le même toit. On y trouve des baignoires de marbre blanc, pourvues d'une manière continue par la source. Une piscine assez vaste permet la natation et est munie de deux fortes douches. Les bains de vapeur sont établis dans des cabinets voûtés où les vapeurs sont concentrées. Ces cabinets sont précédés d'autres pièces chauffées et à l'abri de l'air extérieur. Le malade s'y tient assis dans un fauteuil, et les pieds dans l'eau chaude, et de là est reporté dans son lit pour achever la sudation.
Les eaux de Gréoulx sont certainement dignes d'attention. Leur température, facile à ramener à celle du bain tempéré, leur extrême abondance, qui permet d'administrer des bains à courant continu, leur sulfuration notable et leur qualité chlorurée, nous représentent les conditions d'une excellente médication. .Malheureusement la littérature de Gréoulx est très peu propre à nous éclairer sur les véritables applications de ces eaux.
M. Jaubert a publié un Guide des eaux de Gréoulx (1858), où, pour tout renseignement médical, nous trouvons le tableau de cinquantetrois maladies différentes, sans compter vingt formes de dermatoses, dans lesquelles ces eaux auraient été employées avec succès depuis cinq ans ; encore l'auteur assurc-t-il que celle nomenclature pourrait être étendue davantage. Un ancien auteur, Darluc, a publié, dans le siècle dernier,